Brasserie Dépareillée Pimp My Limo Bière Limonade d’inspiration saline vieillie en fût de whiskey 5.2%

bdpmlwSi la limonade et le tequila font bon ménage, qu’en est-il du fût de whisky?  D’accord pour le whisky sour, mais ça semble moins naturel.

La cote OO : B-

Parce que bien c’est bien mais mieux c’est mieux.

D’emblée, la différence avec celle vieillie en fût de téquila est marquante : bien arrondie, avec le sel plus que contrôlé, difficile de savoir par le nez vers quelle direction on se dirige.  À la gustative, on y découvre du bois d’abord, puis l’acidité de la chose; pas certain à ce point que le tout fasse bon ménage.  La finale est toutefois très arrondie et sans crier au génie il est facile d’apprécier cette version amadouée de la Pimp My Limo; cependant sa faiblesse réside dans le fait qu’elle est moins bonne que l’originale, et à des années-lumière de la superbe fusion « pimpée à la téquila ».

Artisanal Brew Works (Saratoga Springs NY) Whole Lotta Trouble Whiskey cask Belgian Quadrupel 11.5%

abw45La cote OO : A

Parce qu’elle se courbe entre liqueur et bière, mais va surtout droit au cœur.

Même si elle n’a pas beaucoup d’odeur pour une bière finie en fût de whiskey, on peut tout de même sentir qu’elle mettra le grain à l’avant-plan.  Tel un coup de poing en pleine bouche, le sucre et le fruit (la figue) explose sur les papilles, en se terminant de manière autant lourde que chaude.  Artisanal Brew Works ne font pas dans la demie-mesure et cette Whole Lotta Trouble s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la place.

 

Stroudwater Bourbon Whiskey 45%

stroudwater82%  Une bonne pousse à qui ne manque que le tuteur et le temps.

Bizarrement jeune au nez, mais sans les défauts parfois vus dans la jeunesse.  Côté goût, c’est le maïs qui mène rondement sans toutefois éviter une trappe de ciment poussiéreux, avant la finale plus standard (et proche du single malt) qui se dirige dans une bonne direction mais de manière pas totalement convaincu.  Rien pour tomber amoureux mais on va essayer de s’en rappeler pour y revenir une fois majeure et vaccinée.

Stroudwater Rye Whiskey 45%

stroudwater82.5%  Correct pour le néophyte.  De la dégustation et de la microdistillerie.

Doucement parfumée, le seigle est sur le côté fancy de la poussière et du bonbon, qui n’a rien à voir avec leur rhum plus qu’ordinaire.  Même chose en bouche où le bois très jeune – sûrement de premier remplissage – amplifie le taux d’alcool légèrement supérieur à la moyenne des rye.  La finale est encore plus dans le bonbon et côté aftertaste c’est assez long merci.  Rien d’extraordinaire mais pour une micro débutante ça peut être ok en attendant de faire vieillir plus longtemps leurs spiritueux.

Liquid Riot Old Port Oat Whiskey aged 19+ months

81.5%  Un dernier coup de coeur pour ne pas craindre la suite.

Eeeeeeeech.  Désolé, mais ça respire la jeune microbrasserie avec du carton et beaucoup de plasticine pour enfants.  Pas beaucoup d’attentes donc, ce qui tombe bien car c’est tout aussi brouillon en bouche, malgré que bizarrement ça doit bien marcher en cocktail.  Puis on tourne un coin, pour se retrouver en finale de bois et de vanille dans une chaleur qui s’étire, spécialement sur le devant de la langue.  Pas mauvais pour débuter mais je m’attends à mieux pour les autres whiskeys de l’établissement.

lr4

Simple Malt Vin d’Orge Réserve maturation en fûts de whiskey 9.99%

smvorB+  Un bon relaxant pour soirée d’hiver, format bière.

Avec sa mention « sucre d’orge pour adultes », après leur Wee Bit Heavy Scotch Ale j’ai un peu peur.  Or, le nez est discret (pour un vin d’orge) avec son caramel et la cerise, tous deux onctueux.  En bouche, le goût colle sous la langue mais pas sur les joues, avec son orge décuplé et peu de caramel – tant mieux, ça fait changement.  La finale est toujours très forte en grain, plus vineuse que liquoreuse (l’effet du chêne frais?), et l’aftertaste est comme il se doit des bons barleywine, à savoir presqu’éternel.  À force de gorgées, le sucre s’atténue et le bois devient plus perceptible, alors je dis bravo malgré le prix un peu élevé (11$).  Toujours pas une bière de tous les jours (outre le vin d’orge de l’Esprit de Clocher, y en a-t-il vraiment?) mais une belle gâterie par saison froide.

Gristmill Distillers Rusty Piton 100% NY Corn Whiskey Batch 2 Bottle #54

rpm

85%  Bien que les moonshines sont maintenant très communs, même si celui-ci s’inscrit dans cette veine, son petit côté sucré vient un peu le sortir du lot.  Et tant qu’à en avoir un (un must dans mon armoire à whisky), aussi mieux qu’il soit fait près de la maison.

Tout ce qu’on peut s’attendre d’un corn whiskey : du maïs (and lots of it), du vinaigre et un peu de poussière.  Rien de nouveau mais super franc.  Puissant en bouche, c’est le courant de la Ausable River qui se déchaîne pas mal plus que le pourcentage d’alcool pourrait le laisser croire.  La finale est toute de maïs, bien sucré, et assez longue pour un whiskey qui n’est pas vieilli.  En conclusion, rien d’extraordinaire donc une belle petite valeur sure.

Bear Gully Classic Corn Whiskey Batch A2312 40%

bg70%  Un dénie total du bon goût ou d’une direction quelconque.

La surprise commence dès le début : l’odeur est davantage celle de la vodka que du whiskey, même si le maïs est assez présent.  Est-ce qu’on l’a trop distillée?  Un peu florale mais côté nez c’est à peine passable.  Et ce que les papilles recoivent n’est pas un réconfortant goût de whiskey blanc mais le piquant de tequila.  On relance le tout en finale avec du téquila, de la vodka et un peu de whisky.  Intéressant pour le côté sucré et floral mais autrement que pour certains cocktails, ce « whiskey » n’est pas un whisky.

Iron Smoke Apple Wood Smoked Whiskey (Batch 2 5/12/14) 40% 35$

irw85.5%  Pour une fois je verrais davantage une belle fille suave qu’une tête de mort sur la bouteille.  Un whisky un peu sucré comme le Palm Ridge et un fond de grain blé-orge-seigle qui me fait penser aux whiskies de Finger Lakes Distilling.  Peu de fumée par contre.  Seigle épicé en bouche, si épicé qu’on pourrait croire à un whisky cask strength à 60% d’alcool, mais peut-être est-ce l’influence de la fumée qui justement se présente de manière très subtile?  La finale est longue, toujours fumée mais celle-ci est davantage un doux brûlé que de l’intense carbonisation ou d’animale tourbe.  Un aftertaste fruité conclut le tout qui est loin d’être mauvais, mais que j’aimerais voir avec un plus long vieillissement et un peu plus de fumée.  Pour la seconde batche d’une distillerie toutefois c’est loin d’être honteux.