Pie Braque Série Passagère Vin d’Orge 9.5% 60 IBUs

pbvoCote OO : A-

Orange comme l’étiquette, chaude comme le soleil.

M’attendant à plus de houblon – les vins d’orge québécois sont souvent à l’américaine – dans cette offrande de Pie Braque, on retrouve de l’orge à la Vienna Lager ainsi que de la citrouille et du caramel.  « Pourquoi changer cette bonne recette alors » semble dire la bouche bien caramélisée et un tantinet metallique , avant la finale exactement dans le même ton.  Pour la résumer, je dirais qu’il s’agit d’un vin d’orge viennois, chaud dans sa finale enveloppante et digne de son taux d’alcool frisant les 10%.  À l’étiquette on parle d’houblonnage continu de 90 minutes avec Chinook, Cascade, Centennial, Loral et Simcoe mais pour un hopbill aussi complet, la magie est l’accord de ceux-ci avec le superbe malt derrière ce bon vin.

Broadway Élixir de Belphégor Bière brune extraforte (vin d’orge) vieilli en fût de chêne Extra Old Stock 10%

bwebLa cote OO : B-

Pas toutes les bières sont comme les bons vins.

Quesséça?  Old ale en version extra, extra extra old stock, où le grain semble avoir pris un drôle de tournant, à la limite du sanitaire… malgré son séjour contrôlé en cellier, je me demande un peu qu’est-ce qu’il lui est arrivé avant d’atterrir à la maison.  On passe outre le nez étrange de bois mouillé mais encore à l’intérieur, la old ale puissance 10 détonne; heureusement derrière la langue le liquide semble plus posé et on peut espérer mieux pour la finale et les gorgées subséquentes.  En effet, la finale est pas mal plus à la hauteur de mes attentes, ronde et très liquoreuse, même si je reste avec certains questionnements pour le piquant étrange sur le bout de la langue.  Le genre de bouteille à trouver à nouveau pour voir s’il lui est arrivé quelque chose de plus ou moins bonne.

Microbrasserie du Lièvre El Diablo Vin d’orge 10% (2018)

Dans la série « revisitons les classiques » … et quel classique!  Facile sur l’une des 3 marches du podium du vin d’orge québécois.  La mousse est toujours aussi compacte et la couleur d’un superbe rouge, mais que dire du nez très bien balancé et peu houblonné qui permet à l’orge de s’exprimer pleinement… c’est excessif et presque sexuel comme pif.  Pas très lourde comme d’autres vin d’orge, on poursuit la découverte du grain mielleuse, intense et juste grillé comme il le faut avant la très puissante finale où l’on comprend pourquoi le nom El Diablo est efficace, du nez jusqu’à l’aftertaste éternellement long et assez amer.  Pour les adeptes et non les débutants.

La cote OO : B+

Parce qu’elle est moins distinctive que par le passé, mais ça reste une de ces bières à prendre dans un verre ballon en l’étreignant fort fort question de l’avoir un peu plus chaude.

Coaticook L’Entourloupe vin d’orge 9.6% 54 IBUs

ceA  Un gaulois c’est fort.  Un gaulois sur la potion magique alors…

Trop limpide et transparente à mon goût pour une bière qui se veut intense, mais à tout le moins le nez est très juste avec un concentré de jus d’orge très profonde et légèrement houblonné. La bouche est très gouteuse et moins lourde que bien d’autres vins d’orge; ça commence donc très bien l’aventure des papilles qui bénéficient de la céréale bien séchée sans être brûlé.  Évidemment, l’aftertaste est long.  Très long.  Mais pas trop long.  En fait c’est une incursion d’abord sucré, puis un peu fruité et enfin si l’orge était liquide c’est l’image que je m’en ferais d’un verre.  J’avoue, à 54 IBUs et avec son nez, je craignais un vin d’orge un peu trop américain et sans dire qu’il est totalement anglais, c’est un vin d’orge comme il ne s’en fait pas sufisamment.  Probablement la meilleure de Coaticook à ce jour.

Broadway Elixir de Belphégor Vin d’Orge en fût de chêne 10%

bedbA-  Belphégor est russe?

Avec un nez d’orge et de raisins secs autant poussé, surprenant d’aussi y trouver de la noisette, spécialement pour un vin d’orge.  Même chose en bouche: avec l’orge encore plus fort et la vanille du fût, on est facielemnt prêt pour une finale fruitée très longue en aftertaste.  En matière de style, on est peut-être plus près de la stout russe, mais avec un tel goût c’est un vin d’orge approchable (même malgré son taux d’alcool) qui en texture est assez fidèle à ce dont on peut s’attendre.  Un barleywine dans le style des meilleurs barleywines, simplement pas dans la même gamme de goût.

Broadway Elixir de Belphégor Vin d’Orge en fût de chêne 10%

bwdbA-  Belphégor est russe?

Avec un nez d’orge et de raisins secs autant poussé, surprenant d’aussi y trouver de la noisette, spécialement pour un vin d’orge.  Même chose en bouche: avec l’orge encore plus fort et la vanille du fût, on est facielemnt prêt pour une finale fruitée très longue en aftertaste.  En matière de style, on est peut-être plus près de la stout russe, mais avec un tel goût c’est un vin d’orge approchable (même malgré son taux d’alcool) qui en texture est assez fidèle à ce dont on peut s’attendre.  Un barleywine dans le style des meilleurs barleywines, simplement pas dans la même gamme de goût.

Un conte de 2 églises sur différentes fondations : comparatif vertical du vin d’orge de l’Esprit de Clocher (2015 vs 2017)

D’un côsp1té, Sur le Parvis Vin d’Orge début 2017, de l’autre son « ancêtre » de fin 2015.  On a donc une bouteille de presque 2 ans en cellier, et une autre de 8 mois en tablette (réfrigérée) de dépanneur.

Simplement au visuel, les différences  sont subtiles mais bien là : la mousse de l’aînée est plus fugaçe mais aussi plus compacte.  Côté couleur, c’est à la benjamine de tenir un brun plus profond. Au nez, c’est une belle démonstration du vieillissement : du côté de l’édition 2015 le caramel a sû prendre la place que le houblon a toujours sur la 2017; le grain y semble plus collant et sucrée.

On y va donc d’une première gorgée de la cadette, et c’est plus ou moins les mêmes notes que lors de ma première évaluation : chaude mais pas trop, c’est un bon bouillon intense mais pour l’été, spécialement grâce à son aftertaste bien houblonné à l’instar de certains vins d’orge américains.  On laisse ensuite une minute passer afin de donner une pause aux papilles et l’on replonge dans la même édition, pour être moins brusqué par la plante amérisante.

sp2Une autre minute plus tard, on passe aux choses sérieuses (ou plutôt, plus sérieuses).  L’édition vieillie est beaucoup plus ronde (et moins pétillante, il fallait s’en douter) et plus profondément ancrée dans le malt.  Même chose en finale, où l’on retrouve presque le côté noix du grain.  L’amertume est certes moins profonde mais tout de même présente.  Deuxième gorgée et le constat est maintenant évident : le temps a très bien fait son œuvre ou du moins a permis d’accorder cette bière déjà très belle à mes goûts de vin d’orge un tantinet plus porté sur la chose anglaise.

Avant de conclure, on reviendra aux deux verres de manière séparée, et surprise, le côté plus amer de la 2017 est plus calme.  Pas de surprise du côté de la 2015 par contre, et définitivement, si je mettais B+ à l’édition « normale », l’édition vieillie se mérite très facilement un A-.  Et dire qu’il m’en reste une au cellier.  À l’an prochain!

Microbrasserie du Lac Saint-Jean Frappabord Vin d’orge vieillie en fût de brandy 11%

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Une bière pour travaux de longue haleine.

B+  Excessive pour un peu du pire mais surtout du meilleur.

D’un satin rouge venant probablement du brandy, le visuel ensorcèle avant le nez super compote de pomme et de rhubarbe aussi intense que sexy, aussi sucrée qu’alléchante.  Doux le baril de chêne pour les papille avec sa vanille qui monte au nez et fait oublier le fruit, le tout sur un fond de caramel.  On continue par le chêne qui finalement triomphe sur la vanille, en partageant le combat avec du houblon qui semble très bien choisi.  Intense et peut-être un peu trop lourde pour son propre bien, mais dans le genre des géants du taux d’alcool, il s’agit d’un vin d’orge plus joli que menaçant.

Riverbend Vin d’Orge 8.6%

rvo

Je reste convaincu que le vin d’orge est l’un des types de bière les plus difficiles à bien réussir.

C+  Idéal Sport, Crown, RC… cola.  Facile à approximer peut-être.

Par sa couleur quasi-rougeâtre, cette bière sait attirer l’œil contrairement au nez qui est plus que délicat – voire faible.  Avec son caramel fruité, ce vin n’inspire pas confiance; pas qu’il soit traître mais simplement trop gêné.  En bouche le caramel est toutefois très puissant et toujours sucré, mais malheureusement bien court.  Pour les houblons, c’est bien herbacée mais comme dans tant d’autres vins d’orge, on est ok, sans plus.  C’est rare que je le dis mais plus de caramel svp.

Brouhaha Gaz de course vin d’orge 11.9%

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Enfin une bière de Brouhaha, qui me semble plus pub que brew. 

B+  Derrière une couleur particulièrement fonçée pour une barleywine, le nez se révèle fortement houblonné et plus près de l’IPA que du vin d’orge.  En bouche les raisins prennent bien leur place même si l’amertume demeure, et pour ce qui est de la finale on fait converger les voies d’IPA et de Barleywine dans un vin d’orge américain.  Dotée d’un aftertaste de pâtisserie et de gelée de baies, c’est une bière où l’on a sû contrôler le houblonnage tout en gardant la pédale profondément enfoncée dans l’alcool et le caramel.  Un beau bravo pour un style qui me fait parfois peur.

Difficile de donner moins de détails sur le contenant mais belle illustration par contre.