Vrooden Saison Brett Allemande vieillie en fût 5%

Pas habitué de voir des barriquées à 5% ou moins.  Mais de l’éclatée Vrooden il faut bien essayer.

Cote OO : B

Merci à Vrooden de jamais ne se reposer sur ses lauriers.

On oublie ça la saison et vive les bretts!  De la vanille brettée à profusion et lointaines sont les levures saison, mais on s’en fout un peu.  Les bretts sont intenses sur le côté de la langue mais c’est une saison franche finalement car le poivre sort enfin.  La finale est sauvage et un peu amère, prouvant vraiment que Vrooden sait nous amener ailleurs.  Fleurie et sauvage sont des mots qui peuvent bien aller ensemble, même avec un fond allemand surtout en ce qui semble toucher les houblons.

Vrooden Gose Vieillie en fût 5%

Cote OO : B+

Renaître des cendres, dans du beau bois brûlé.

La gose est une bière qui se sent salée et celle vieillie en fût de chêne de Vrooden est assez typique malgré un vieillissement qui l’est pas mal moins. Le baril est bien vanillé et fait le bon contrepoids sucré au sel, et pourtant en bouche c’est la coriandre ensoleillée (ou bien les houblons à caractères d’agrume) qui triomphent, donnant presque l’impression d’avoir été assaisonnée.  Clôturée par le jeu des minéraux et des tannins, on aurait pu la vieillir davantage ou alors pas du tout (même si l’on préférerait la première option), reste qu’on a droit à tout une gose avec cette offrande de Vrooden.

Naufrageur Pilsner Impériale Vieillie en fût de Téquila 9%

npiLa cote OO : A-

Le mystère est la seule vérité.

Vanille…. et quoi d’autre?  Un peu de bière sûre en prime, un peu de mangue, aussi sans le côté poivré et cactus qu’on peut parfois sentir dans les bières vieillies en fût de téquila.  En bouche c’est tout sauf une pilsner, ça s’approche plus d’une bière un peu sûr profonde et profondément fuckée – d’accord, bizarre.  La finale est exactement dans le même ton, du yogourt à la mangue et à la mangue qui se termine sur un élan d’orge.  Puis finalement le poivre et le houblon à peine vert.  Le genre qui nécessite une suite de gorgées dans lesquels on trouvera toujours quelque chose de supplémentaire à chaque fois.  Le tout baignant dans un liquide frisant les dix pourcents, on va finir par divaguer sur son existence… cogit ergo sum.

Schoune La Part du Diable version double blanche assemblage d’une double blanche belge vieillie 6 mois en fut de Riesling et Sauvignon Blanc 6%

spddLa cote OO : B

Faire confiance et boire sans questionner.

Un peu funky ce qui pourrait faire penser à leur P’tite Gueuze avec du vin (blanc, riesling).  Molle en bouche mais la finale est bien goûteuse, avec l’aspect boulanger de la belge qui se veut très rond et qui évite d’amener un peu du caractère extraterrestre ou de déplacé comme certaines bières de Schoune.  Ça se boit tout seul malgré que le vin est un peu trop fort, mais s’il en reste qu’elle n’est pas très belge standard, plutôt wild quasi gueuze agrémentée de sucre candi.

Noire et Blanche Microbrasserie L’!!! Triple Exclamation Triple IPA brassée avec le miel verge d’or d’Intermiel (vieillie 15 mois en cellier) 10%

nbteLa cote OO : D

Live and Learn.

C’est probablement parce qu’elle a traîné trop longtemps en cellier mais le houblon semble fatigué mais puissant, poivré et un peu rance.  Même chose en bouche, le pissenlit est assez présent mais heureusement, l’orge qui colle sur les dents est mieux balancé.  Çoté finale, le miel assez fleuri est de mise, mais très peu sucrée comme si la seconde fermentation en bouteille avait tout emporter.  Je ne peux malheureusement pas dire que c’est une expérience agréable et même s’il s’agit d’une triple je n’aurais peut-être pas dû attendre si longtemps.

Hopfenstark Boson de Higgs Berliner Weisse Rauchbier Saison vieillie environ 3 ans en cellier 3.8%

hbdhLa cote OO :  A+              

Whatever.  Fraiche, un an, deux an, trois ans.  Whatever.

À quel point une sour ale peut-elle tenir en cellier?  On poursuit l’expérience à 3 ans avec l’une des meilleures bières au monde selon l’auteur de ces lignes.  On y trouvera un nez autant fumé que légèrement vanillé, comme s’il avait séjourner en barrique de chêne neuf un certain moment.  C’est fraîchement et franchement alléchant mais assez différent de la version fraîche.  La bouche est sûre, c’est évident, mais c’est le houblon et les levures qui ressortent plus à ce niveau… sans oublier la fumée pas très dense mais bien visible.  Pour conclure, c’est l’explosion du bois de pommier qui a chauffé l’orge, et qui me raccorde à mes anciens sentiments.  Plus amortie… pour une rauchbier… mais certainement à la hauteur de mes attentes, quoique légèrement plus houblonnée.  Un succès renouvelé donc, même après 3 ans.

Le Presbytère Fond de Tonne II Blend de Porter Baltique et Rousse vieillie 8 mois en fût de Scotch Laphroaïg lot #148 (revisite) 8.5%

pfdt2Bien que très bien, le fond de tonne avec porter baltique m’avait laissé un peu de recul versus la version « rousse seule ».  Il faut néanmoins conclure à nouveau pour être sur… pas nécessairement un mal, l’édition avec porter baltique quoique moins bonne est certes très valable.

La cote OO : B

La magie est  brisée mais pas le bon goût.

Moins senteuse que leur Marche Impériale, le moka est au rendez-vous, d’abord chocolaté puis franchement vanillé (malgré que le séjour est en fût de Laphroaig, vraisemblablement en fût de seconde main de bourbon auparavant).  À la gustative, elle apporte le raisin rouge de certaines porter, mais pas assez de malt à la rousse.  Le Laphroaig, avant la finale, est plutôt tranquille, mais sort… en sortie… de manière plus distinguée et plus maîtrisé que les bières en finition de Laphroaig habituel (par exemple, celles de la Brasserie Générale).  Une bonne sortie du Presbytère, mais pas autant que leurs versions plus simples, à savoir leur Rousse des Islays et Marche Impériale.

Le Presbytère Marche Impériale Stout vieillie 75 jours en fût de bourbon 8.5%

pmiLa cote OO : A

Régularité ecclésiastique à tous les dimanches.

Oooooooooooouh!  Ça pue le bon bourbon ça!  Du gros raisin sans subtilité qui se mélange à de la vanille, que même un vent de 30 km/h ne parviendrait à disperser; on est en même territoire que la russe impériale stout de Frampton Brasse ce qui est loin d’être un mauvais signe.  Dès qu’elle arrive en bouche, elle explose de tout son chocolat et de son bourbon (je dirais de Buffalo Trace) qui devait être très mouillé sur l’ancien fût.  La finale est légèrement plus poussiéreuse et longue, longue… il faut les aimer assez sucrée, mais si c’est le cas, c’est une offrande du presbytère que je prendrais en eucharistie à tous les dimanches!

Le Presbytère Fond de Tonne 11 Blend de porter baltique et rousse vieillie en fût de scotch Laphroaig 8.5%

p_d2009_1La cote OO : B

Comme la stellaire rousse en fait partie, on est assez haut.

Ça c’est un nez qui me plait tout à fait; les bières finitions Islay sont souvent trop fortes, mais ce n’est pas le cas de ce porter intense qui se veut principalement un trip d’orge (une orge overdose quoi).  Rien de l’hôpital du Laphroaig… pour l’instant.  Liquoreuse en bouche mais toujours légère sur le scotch (peut-être n’en sont-ils pas à la première utilisation de ce fût, elle se termine doucement, dans la tourbe jaune d’où ne sort beaucoup de fumée.  Pas ma meilleure version de leur finition d’Islay mais une belle offrande en retenue.

Les Beaux-Prés Max Brett Grisette, Brett C et Amarillo 1 an en fût de chêne 3.3%

bg_dec2019_3La cote OO : B+

De tout pour bien ressortir, mais elle rentre bien.

Pâlote, même pour une grisette.  Mais certes pas pâlote au nez avec beaucoup de bretts et énormement de bois, pas trop vanillé.  Presque sèche – on peut s’attendre de cela d’une grisette – mais la bouche est plus ronde, fruité de compote de pomme et colle sur la langue et les joues.  Pour conclure, on a droit à une vague de funk d’étable toujours mélangée à des copeaux de bois.

En gros, le mélange est un peu bizarre : pas vraiemnt grisette, vieillie mais pas rempli de vanille ou d’un précédent contenu de baril, très légère en plus, c’est le genre de bière fermière que je boirais en plusieurs cannettes sur un patio devant la rivière Chaudière, entre champs et étable.