Ommegang Brewery (Cooperstown NY) Gnommegang Triple Blond Ale 9 5%

omm_lastNommée en l’honneur de la levure à sa base (Gnome, réputé pour se brasser rapidement), on y trouve d’ailleurs un nez qui sans être très fruité se veut particulièrement teinté par les levures qui donne un nez légèrement poivré.  On migre par la suite sur l’orange qui passe rapidement en bouche avant la finale bien belge, bien mielleuse et avec un orge qui semble ne pas s’être trop approché de la flamme pour sécher.  Somme toute outre son pourcentage d’alcool une blonde belge un peu anonyme et pour une bière venant d’Ommegang, difficile d’être emballé.

La cote OO : B-

Parce qu’en six pack à prix correct on boit sans réfléchir, mais définitivement pas une bière à servir sérieusement dans un salon de dégustation.

Microbrasserie des Beaux Prés Culbute Triple de style belge 8%

mbpcFull automne, avec sa belle couleur orangée même servie en hiver on voit les feuilles en couleurs dans les arbres.  Pour le nez, en me laissant influencer par la couleur j’y trouve de la confiture de citrouille accompagné de la touche nord-américaine au niveau du houblonnage dans cette bière sucrée comme bien des belges.  Sirop de pêche aussi.  La bouche est évidemment sucrée mais c’est le fruité qui est toujours à l’avant-plan, le tout dans un texture soyeuse mais dans un développement limité.  La finale quant à elle voit davantage de scure, un peu de fruit et un aftertaste bien balancé, dans une chaleur digne du 8%.  À ne pas manquer et l’une des meilleures de la côte de Beaupré.

La cote : A-

Parce que l’ajout de fruit – ou du goût de ceux-ci – dans un style belge n’est peut-être pas nouveau mais lorsque c’est aussi bien exécuté par une micro Québécoise, on ne peut qu’applaudir.

HopEra Trizo Triple Belge 11%

htAvec sa mousse généreuse mais un peu frivole qui disparaît rapidement, on peut rapidement sentir le miel et le pain, et dans certaines effluves des arômes de poire.  En bouche cette trizo se veut très goûteuse, orangée et lourde mais surtout très amère pour le style, c’est une belge du nouveau monde très certainement, avant une finale un peu plus ronde ce qui n’est pas une mauvaise chose – après tout 11% faudrait y goûter un peu.  On conclut donc avec un aftertaste très moyen où l’orange vient compenser l’amertume élévée.  Certes on s’y habitue, mais ça prend beaucoup de gorgées pour le faire.

La cote OO : C+

Parce que ce n’est pas une bière pour ceux qui n’aiment pas la cuisine ou les bières fusion (Belge IPA).

Saint-Arnould Triple du XXIème 9.5%

satxxiConforme du côté couleur et mousse, les houblons qui montent aux narines le sont tous autant, ça fleur la Belgique ecclésiastique à plein nez, pain de la communion et sucre candi compris.  Pour la bouche, c’est de la marmelade d’orange pas trop sucrée qui se maintient très longuement en bouche; avant même de l’avoir avalé, je suis conquis.  En gorge aussi elle ne déçoit pas, passant du grain au sucre au houblon de feuilles sucrées pour se terminer par la marmelade, encore moins sucrée après la vague houblonnière.  En résumé une très belle belge un peu américanisée.

La cote : B+

Parce qu’elle a beau avoir quelques expressions anglaises, son accent belge est encore le plus sexy.

La Chouape L’Égaré Fût de Chêne Triple vieillie en fût de whisky 9.5%

cefcÀ l’instar de cette nouvelle étiquette, les bières de la Chouape sont véritablement pas celles qui s’illustrent le plus dans le paysage brassicole québécois.  Ils ont toutefois des produits très bien construits, et comme leur noire à l’avoine l’Égaré version régulière est l’une des meilleurs dans son style au Québec.  Qu’en est-il de la version vieillie maintenant?

Au nez, le pain et le bré (froment) tout belge qu’on retrouvait dans l’édition se retrouve opposés à la vanille du fût de vieillissement.  Et à l’image du monstre égaré, elle semble aussi très profonde.  On retrouve ensuite la même orange que la version originale, encore une fois plus texturée qu’à la normale par le baril.  Débutant sur une note de whisky (les vieux Ben Nevis par exemple), on ne revient pas totalement en territoire belge en gardant un fruit plus prononcé et attendri par la vanille, qui cache totalement un taux d’alcool assez festif.  Quand une bière fait demander quelque chose du genre « pourquoi les belges vieillies en fût sont si rares? » c’est qu’on est certainement sur un bon filon et en plein G7, on peut se demander pourquoi la microbrasserie de Charlevoix n’a jamais essayé de faire ainsi avec ses Dominus Vobiscum.

Mais pour en revenir à la Chouape, en étant loin d’être la plus volubile des micros au Québec on voit par cette somptueuse belge qu’ils sont très certainement capables du génie, du nez aguichant jusqu’au chaleureux aftertaste qui colle sous la langue.  Une bière qui s’inscrivera facilement dans les meilleures du Québec en 2018, qui a sû jouer d’un baril pour transformer le déjà confortable en ultraconfortable .

La cote :

Parce que si en 2018 les bières en fût de chêne sont supposément dépassées de mode, vive le kitsch.

La Pécheresse Serie des Brasseurs Triple Belge Miel 8.6%

ptb Le côté sucré de la haute Mauricie.

Très standard du côté du nez à peine orangé mais bien vanillé, l’orge y est bien mais très arrondi par les levures à tendance boulangère.  Avec une tenue en bouche digne des plus solides européennes, on reste dans le très belge avec une attaque initiale des houblons belges puis du sucre candi, avec le miel qui s’active finalement non pas pour amener du sucre additionnel mais plutôt du trèfle.  Loin d’être les plus flasheux, au fil des découvertes (spécialement de la série des Brasseurs) on voit qu’il y a un certain haut talent en haute Mauricie.

Microbrasserie Charlevoix 8e jour Triple à la levure de champagne 10% (évalué en 2018)

c8jB+  Avec (beaucoup) de la direction.

Avec ses pommes assez sucrées qui vivovent dans un liquide se rapprochant évidemment de ses Dominus Vobiscum, c’est dès le nez une bière très approchable mais un peu fraîche à la fois.  Suite de la pomme en bouche, cette fois-ci nappée de miel qui disparaït derrière le sucre candi de la bière belge phare qu’est devenue la Dominus Vobiscum.  Plus lourde en finale, le 10% ne fait plus de doute mais on reste malgré tout dans une bière presque légère côté tenue en bouche, avec une amertume bien saisie malgré un style qui le commande plus ou moins.

Une bière complète, sage, étoffée, une bière qui fait demander pourquoi Charlevoix ne sort aussi peu souvent des sentiers battus.

Unibroue Eau Bénite Bière Triple 7.7%

uebB  Dans le temps ça devait être quelque chose.

Avec son aspect de blanche aux agrumes, le nez peut surprendre par son pain et son grain, plus que certainement en territoire belge (avec sa petite touche de levures typiques aussi).  Même chose en bouche en version plus intense, le goût est élevé même si un peu limite, précédant une finale crasseuse et plutôt sèche d’une pointe de houblons.  Bel exercice intéressant en triple fraîcheur, son seul défaut est qu’elle n’amène pas grand-chose de nouveau; on pardonne facilement les pionnières par contre.

Archibald Triple Belge bière hivernale édition limitée 10%

atbC+  L’importance d’inspiration dans « inspiration belge ».

Triple belge de grain mais aussi bien houblonnée avec des notes vertes et oranges de plantes et de fruits; pour le nez je sens que la belge est en territoire américain.  Très pesante, on pourrait croire qu’elle contient une dose plus que généreuse de sucre candi, qui enrobe fortement la langue.  Heureusement une fois avalée, que ce ne soit que pour sa longueur interminable, elle finit par payer.  Une grande bière non, mais dans le portfolio un peu ennuyant d’Archibald, c’est une bière pas authentiquement belge mais surprenante.

Simple Malt Triple Bière blonde d’Abbaye 9.3% IBU 45

smbba

« Riches saveurs de malt »… malt peut-être mais riches faudrait pas charrier.

C+  Davantage Golden Retriever que moine.

Tranquille blonde, les houblons sont vraiment loins mais le grain l’est aussi.  C’est assez sucré mais pas le candi des belges non plus, donc pas beaucoup d’action, seulement une belle trame de fond olfactive.  L’amertume non poussée se poursuit au goût mais ça reste en surface sur langue, avant la finale où l’alcool ne se goûte pas.  Je conclus donc à une bière BLONDE d’abbaye, qui ne me donne pas l’impression d’être sur le vieux continent mais dans l’été québécois où tout de même elle ne jure pas trop.