Une bataille de fruits : Unibroue VS Simple Malt

Dernières belles journées d’été pour la terrasse en bord de Fleuve en belle compagnie.  On regarde la carte, et on se laisse inspirer par le soleil en prenant deux bières à base de fruits.  Comment se mesurent-elles l’un et l’autre?  Voyons…

fruitsUnibroue Éphémère Fraise-rhubarbe 5.5%

À l’images des autres Éphémères de la mythique Unibroue, c’est une base de bière assez sèche démontrant peu de blé qui présente une fraise beaucoup plus volubile que sa sœur rhubarbe.  Encore plus sèche en bouche la rhubarbe ajoute son grain d’acidité sans mettre trop de saveur, avant une finale plus ronde, en restant loin de la tarte aux deux fruits.  Pas la meilleure des Éphémères, mais une bière correcte d’été.

La côte OO : B-

Simple Malt Sorbet Berliner aux framboises 3.5%

Précédée par un nez gêné de crème glacée à la fraise des plus sexy, la bouche est encore plus parfumée et ronde, avec un grain qui semble assez loin.  Pour la finale, c’est de la super framboise qui ne fait ni sirop ni trop sucrée, mais c’est un peu trop rectiligne dans la mesure où le liquide s’apparente à un jus de fruit où l’on pourrait s’attendre à croquer des pépins de framboises.  Trop loin comme berliner weisse ou ne subsite que le fruit, ce n’est pas une mauvaise boisson en autant qu’on ne recherche pas une bière mais bien un jeu.

La cote OO : B-

Donc qui gagne entre les deux?  Ni l’une ni l’autre, Unibroue manquant de fruit tandis que Simple Malt en présente trop.    On concluera donc que le gagnant est le buveur à la recherche d’un éclat d’été dans le verre.

Simple Malt Réserve maturation en barrique Scotch Ale Wee Heavy Rehaussée 10.5% 52 IBUs

smsawhrMis à part ses reflets rougées, difficile à croire que c’est une scotch ale plutôt qu’une stout très noir.  Encore difficile d’y croire au nez car malgré qu’elle est sucrée, c’est du sucre d’orge tel que leur vin d’orge, en version moins houblonnée c’est toute.  On goute donc un peu dubitativement pour accueillir en bouche un liquide très lourd, pas trop visqueux et teinté de ce qui ressemble à du bruyère à l’image des single malts des Highland.  La finale n’amène rien de neuf outre la chaleur de l’alcool et un grain un tantinet plus torréfié.  Goûtée après leur magnifique Noire Truculente elle ne pouvait que décevoir, et prise séparement mis à part le bref élan de fleuri en bouche on pourrait se demander à quoi a servi le séjour en baril.  Toutefois il ne s’agit pas de la pire des scotch ales et au-delà de l’analyse elle se boit volontiers et facilement.

La cote OO : B

Parce que suffit d’oublier l’évaluation et la critique pour plutôt la classer dans les bières de confort et que c’est très bien ainsi un vendredi soir de grosse semaine.

Simple Malt Réserve maturation en Barrique Noire Majestueuse Truculente 11.75% 66 IBUs

smtvSi la perfection existe en matière de nez de stout, celle-ci est sûrement près de la frontière alors que s’aligne les céréales sèches, le fruité de raisin sec, la vanille du fût, le bourbon et sa corde de bateau sèche… éblouissant sans contredit. Avec autant d’ingrédients on ne pouvait s’attendre à une bouche particulièrement légère et c’est avec véhémence qu’arrive la torréfaction douce du grain dans un mélange qui semble pour l’instant bien loin des 66 IBUs mais assez près du 12% d’alcool aussi.  La finale est ensuite fruitée puis très chocolatée/remplie de cacao, qui s’étire et s’étire et s’étire avec une finale d’épice du bourbon (le Ridgemont Rerserve).  Est-ce qu’il s’agit d’une bière parfaite pas toute à fait car j’y aurais aimé un peu plus de vanille en finale mais chose certaine dans les meilleures que Simple Malt a à offrir et qui n’a rien à envier à 99% des bières noires québécoises.

La cote OO : A+

Parce que si l’édition non vieillie vous avez charmer, dites-vous que c’est comme si elle vous présentait sa jumelle encore plus riche.

Simple Malt Blonde d’Abbaye d’Oka 5.9% 31 IBUs

smbao

Bon, oui, ça fait très belge de ‘’s’acheter’’ le nom d’un Abbaye pour sa bière, mais tant que le goût y est…

Peut-être plus fruitée que la blonde d’Abbaye belge traditionnelle, le nez en est pas moins rempli de levure et de pain; ça demeure suave comme la nectarine de son nez.  Au goût c’est toujours un voyage de levures mais surtout de fruit à la dry hopping.  La finale est plus belge, avec un sucre candi retenu et un houblonnage soutenu.  Ce n’est pas la Floreffe ou la Grimbergen mais ce n’est pas une bière dénuée d’intérêt non plus, avec une amertume qui démontre qu’elle est fait de ce côté-ci de la grande mare.

La cote : B-

Parce qu’il n’y a pas de miracle dans cette bouteille, mais pas de péché non plus.

Brasseurs Illimités Simple Malt Saison Belge 6.2%

bismsbB  Comment ça rime facilité et simplicité?

Rectiligne au nez, c’est tout ce que l’on peut demander d’une saison avec du citron et du poivre blanc assez facile.  En bouche, ça peut ressembler à une blonde pour son côté grain mielleux tout en étant plus sec comme certaines saisons.  Toujours dans la simplicité, on conclut le tout en gardant le focus sur le grains, que l’on semble privilégier plutôt que les levures.  Son étiquette parle d’une valeur sûre et c’est vrai, passe-partout à la limite.  Ce n’est pas la Saison Dupont mais une abordable Saison de printemps.

Simple Malt Medley Scotch Porter Impériale 10.9%

smmsp Tout est dans le nom.

C’est quoi ce mélange d’épices de porter, de caramel de scotch ale et de chocolat de stout?  En bouche les épices (cardamome, réglisse et cannelle) sont assez fortes en goût mais pas en amertume.  La finale est l’affaire du caramel presque raisin sec avec un soupçon de cannelle, de clou de girofle et de cassonade qui subsiste très longtemps en aftertaste.  Un nom entre plusieurs genre, un goût aussi, mais la somme n’est pas dénuée de sens.  Un beau… Medley… quoi.

Simple Malt Scotch Ale Réserve Wee Heavy Écossaise maturation en fût de bourbon 10.5%

smsrpB  La vérité sur l’étiquette : « Pour les adeptes de l’éventail des sucres qui croyaient que Brasseurs Illimités avait peut-être atteint la limite du possible ».

Caramel très intense, on croirait à du vin d’orge, du moka, de la vanille boisée et du raisin typique.  Elle est où la ligne entre la scotch ale à 10.5% et le vin d’orge à 10%.  Profond et crémeuse même si un peu rectiligne, c’est de la pâte de chêne auquel on a ajouté du sucre, ce qui en fait une boisson très pesante où le sucre à la crème et la tire d’érable la polarise définitivement vers le sucre.  Trop sucrée pour moi, on doit plutôt l’apprécier comme une liqueur de malt auquel on a ajouté un peu d’amertume de grain, avec une belle chaleur d’alcool.

Simple Malt Triple Bière blonde d’Abbaye 9.3% IBU 45

smbba

« Riches saveurs de malt »… malt peut-être mais riches faudrait pas charrier.

C+  Davantage Golden Retriever que moine.

Tranquille blonde, les houblons sont vraiment loins mais le grain l’est aussi.  C’est assez sucré mais pas le candi des belges non plus, donc pas beaucoup d’action, seulement une belle trame de fond olfactive.  L’amertume non poussée se poursuit au goût mais ça reste en surface sur langue, avant la finale où l’alcool ne se goûte pas.  Je conclus donc à une bière BLONDE d’abbaye, qui ne me donne pas l’impression d’être sur le vieux continent mais dans l’été québécois où tout de même elle ne jure pas trop.

Simple Malt Vin d’Orge Réserve maturation en fûts de whiskey 9.99%

smvorB+  Un bon relaxant pour soirée d’hiver, format bière.

Avec sa mention « sucre d’orge pour adultes », après leur Wee Bit Heavy Scotch Ale j’ai un peu peur.  Or, le nez est discret (pour un vin d’orge) avec son caramel et la cerise, tous deux onctueux.  En bouche, le goût colle sous la langue mais pas sur les joues, avec son orge décuplé et peu de caramel – tant mieux, ça fait changement.  La finale est toujours très forte en grain, plus vineuse que liquoreuse (l’effet du chêne frais?), et l’aftertaste est comme il se doit des bons barleywine, à savoir presqu’éternel.  À force de gorgées, le sucre s’atténue et le bois devient plus perceptible, alors je dis bravo malgré le prix un peu élevé (11$).  Toujours pas une bière de tous les jours (outre le vin d’orge de l’Esprit de Clocher, y en a-t-il vraiment?) mais une belle gâterie par saison froide.

Simple Malt Série Légendaire Maltus Inspiration Islay Liqueur de malt 11.9%

miaB  Sur la fameuse île d’Écosse mais pas dans le champs de tourbe; ou sinon peut-être mais dans une fabrique de baril (qui n’existe probablement pas, le bois est rare sur Islay).

Pas autant tourbé que brûlé, le baril est carbonisé et le sucre est bien contrôlé, un peu comme les stouts le sont quand elles goûtent le café.  En bouche le brûlé profond semble retenir des chevaux qui piaffent d’impatience, ce qui est confirmé par la finale où le sucre d’orge s’exclame très fort au travers du caramel qui s’allonge et s’allonge.  Ce qui fait qu’on goûte et regoûte et reregoûte, davantage que la version originale.  J’aime bien mais c’est beaucoup plus une bouteille à partager qu’à vider seul au coin du foyer.

À partager pour l’expérience, mais aussi parce qu’à 27$ la bouteille, ç’en est pas une que l’on calle.