Albion L’Ancêtre Porter Moderne 5% (revisite 16 octobre 2020)

Cote OO : A

Vive la nudité.

Comment réussir son porter?  Faut que ça sente.  Comme celui-ci de l’Albion, peut-être donc des maîtres des bières anglaises au Québec.  On est donc accueillit par le grain, le grain et le grain, un peu de raisin sur le bord de l’impériale russe qui aurait emprunté le côté épicé du porter.  La finale est encore plus dans le grain, avoisinant la cacahuète par moment.  Un merveilleux porter quoi, hyper simple, mais qui ne cache rien.  Ou en montre beaucoup.  Ou les deux.  Merci Albion, tout un show.

L’Alchimiste Écossaise (revisite 2020) 5.5%

aeMis à part quelques vieilles bouteilles de fonds d’étage de dépanneur, il faisait longtemps qu’on avait pas remarqué de bouteille de la Joliettoise.  En espérant que les nouveaux proprios ont su insuffler une nouvelle passion qui semblait manquer ces dernières années…

La cote OO : B

Au royaume de l’excès la personne normale doit aussi être appréciée.

« Posée » résume bien autant le visuel brun neutre, la mousse plus ou moins généreuse et le nez d’orge caramélisé de cette Écossaise qui pour l’instant, ne semble pas être plus originale que son nom.  Le grain se veut un peu plus lourd sur les papilles, et le sucre bien retenu, laissant même passer certaines notes de cola.  La finale est malheureusement un peu trop aqueuse mais le goût (qui s’intensifie après la seconde gorgée) et juste, précis, et apporte un très bel équilibre à l’ensemble.  Est-ce que c’est vers ce genre de précision que la nouvelle équipe de l’Alchimiste se dirige, il faudra attendre pour le dire, mais le choix de scotch ale pour montrer un tel contrôle est assez judicieux, et en fait une scotch ale légère qu’on boira assez rapidement merci.

L’Esprit de Clocher : la bataille des Capitaines (Le Vent du Large Février 2019 vs Avril 2020) 3.8%

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Pas de la condensation, mais vraiment plus opaque que la vieille édition.

Un an plus tard, le Capitaine reprend le large, mais à quoi ressemble le bateau de celui qui a passé un an et des poussières en cellier?

Première différence marquante : l’instant de prendre la photo, d’une édition vieillie plus moussante et limpide l’odeur semble trappée sous la surface et elle semble beaucoup plus salée.  Probablement parce que le houblon Sorachi Ace a coulé par le fond avec les mois de vieillissement.  Quant à l’aspect plus laiteux de cette bière sûre, on le trouve beaucoup plus facilement dans la version jeune.

En bouche l’aînée est plus sèche que la cadette et moins salée que son nez laissait présager.  Moins goûteuse que par les souvenirs aussi, on passe donc à la plus jeune moins cinglante, plus salée mais aussi plus vivante de son houblon qui amène une touche de petites fleurs blanches en sortie.  La seconde gorgée sera donc fatidique au jugement de la version vieillie : le long séjour en cellier n’a pas été des plus bénéfiques – il fallait peut-être s’y attendre avec ce type de bière et ce taux d’alcool aussi.

Constat finale?  Ne pas la laisser vieillir.  La meilleure pêche est faite directement sorti du port.  Et pour ce qui est la plus jeune, c’est une bière digestive parfaite à la suite d’un lourd repas, qui nous fait aimer les bières légères et où la simplicité l’emporte.

Le Presbytère Fond de Tonne II Blend de Porter Baltique et Rousse vieillie 8 mois en fût de Scotch Laphroaïg lot #148 (revisite) 8.5%

pfdt2Bien que très bien, le fond de tonne avec porter baltique m’avait laissé un peu de recul versus la version « rousse seule ».  Il faut néanmoins conclure à nouveau pour être sur… pas nécessairement un mal, l’édition avec porter baltique quoique moins bonne est certes très valable.

La cote OO : B

La magie est  brisée mais pas le bon goût.

Moins senteuse que leur Marche Impériale, le moka est au rendez-vous, d’abord chocolaté puis franchement vanillé (malgré que le séjour est en fût de Laphroaig, vraisemblablement en fût de seconde main de bourbon auparavant).  À la gustative, elle apporte le raisin rouge de certaines porter, mais pas assez de malt à la rousse.  Le Laphroaig, avant la finale, est plutôt tranquille, mais sort… en sortie… de manière plus distinguée et plus maîtrisé que les bières en finition de Laphroaig habituel (par exemple, celles de la Brasserie Générale).  Une bonne sortie du Presbytère, mais pas autant que leurs versions plus simples, à savoir leur Rousse des Islays et Marche Impériale.

Big Slide Brewery (Lake Placid NY) Giant Double IPA 8.3% 83 IBUs (revisite 2020)

bsbgiLa cote OO : B

Géant dans le politiquement correct, à la limite de l’hypergigantisme.

Si à l’époque je n’avais été impressionné, le nez aussi verte qu’orange – aussi cocotte de houblon qu’un mélange pamplemousse-line – déclare d’emblée : oui, une IPA.  Avec une bonne colonne de malt et une forte tenue au nez que seulement une double IPA peut apporter.  La bouche s’installe confortablement avec un brin de malt mielleuse, mais derrière la langue l’amertume semble  faire son nid.  Elle couve d’ailleurs confortablement son houblon en finale, à une hauteur d’amertume juste entre élevée et « amère pour le trip d’être amère ».  Par contre, elle gagnera un peu en réchauffant et sans parler d’une bière pour gagner des concours (elle serait la meilleur double de l’État de New York en 2017), on peut dire qu’elle est joyeusement ronde et bien faite.

Lake Placid Pub and Brewery (Lake Placid NY) Ubu Ale 7% (revisite)

ubu_revisiteIl serait inutile (et frauduleux) de ne pas le dire: Lake Placid Pub and Brewery garde une place spéciale dans mon cœur, et leur bière phare, la UBU ale, garde une peu la même chose.  L’exercice de la regouter en growler (donc pas produite à Ithaca pour l’embouteillage mais bel et bien au 3e étage du pub du village olympique) en est un où la subjectivité sera le principal but à atteindre.

La cote OO : B+

Leçon de céréale, english-style.

Bien couverte par la mousse, la couleur bien foncée mais pas toute à faite opaque peut encore attiser la curiosité du néophyte en ce qui touche le style « english strong ale » assez populaire dans le nord de l’état de New York et la région des Finger Lakes.  Le nez est hyper malté à la manière des scotch ales, le caramel en moins.  Pour ce qui est de l’orge, il fait sans contredit très anglais et s’étire longuement à l’olfactive, tandis que sur les papilles, elle s’incruste profondément et avec juste ce qu’il faut de belle chaleur.  La finale est presque liquoreuse, mais revient sur l’orge et des houblons qui font ressortir de l’amertume à la manière d’un pale ale qui aurait traîné un peu longtemps en Écosse.  La meilleure de Lake Placid Pub and Brewery?  Non, mais celle que je dois regouter à chaque fois et 100% objectivement, à défaut de dire qu’elle se trouve dans le top 10 américain de quiconque, elle devrait faire partie des « must » pour ceux qui s’intéressent aux bières fortes anglaises.

Saint-Arnould Blanche des Anges 4% (revisite)

sabarLa cote OO : B-

Parce que si vous trouvez les blanches trop lourdes, voici peut-être votre solution.

L’étiquette mentionne « blanche » et non « blanche de blé » et c’est le feeling qu’on a olfactivement : de l’orange, du sucre mais aucun grain.  Le liquide est pour sa part bien pétillant en bouche et à la limite du « sec », pas vraiment de sucre ce qui n’est pas un défaut nécessairement.  C’est enfin la coriandre qui vient clore, en faisant oublier l’orange et en camouflant toujours le grain.  Une bonne bière oui, mais ne pas s’attendre à la blanche typique, simplement quelque chose de plus sec.

Saint-Arnould P’tit Train du Nord Bière Blonde American Pale Ale 5.5% (revisite)

saptdnrC’est juste moi ou bière blonde c’est beaucoup trop générique versus American Pale Ale?

La cote OO : B-

Parce qu’on ne se rappellera pas du numéro de wagon, mais probablement de la gare.

Pour une bière amère qui supposément vieilli mal et qui a séjourné environ 2 ans en cellier, on ne peut pas dire que le nez a pris un mauvais tournant : autant de grain que de houblon paisiblement orangé.  La bouche est assez ronde – spécialement pour une american pale ale – mais l’amertume semble se cacher, pas très loin d’ailleurs.  Pourtant, une fois avalée, au-delà d’un houblonnage plus herbe qu’agrume rien pour ne faire peur aux néophytes… ou pour plaire aux hopheads toutefois.  Pas mauvais, facile à dire mais p’tit train va loin, livre sa marchandise mais c’est un peu tout.

À la Fût Bête Noire Stout à l’avoine 4.8% (revisite)

alfbnrevLa cote OO : B

Parce qu’un homme simple se satisfait dans la simplicité.

Ne me demander pas pourquoi, mais j’aime bien une oatmeal stout par temps de canicule.  Et comme la ptite bête noire d’À la Fût est assez facile à dénicher.

Du raisin de l’impériale russe, de l’orge bien sucrée, de la vanille et du café bien tassé; aux narines la bête se veut plus généreuse qu’agressive.  Pour l’amertume une fois sise sur les papilles réveillent les sens et on sent les soubresauts de la torréfaction du grain, le tout dans une texture facilement apparentée à l’avoine.  Pour la finale, on migre d’abord sur le moka puis le cacao, mais c’est avec un baiser d’orge plus naturelle et nue que cette stout nous laissera.  La meilleure stout au Québec non mais avec beaucoup plus de caractère que d’autres dans le frigo des dépanneurs, c’est une bête que l’on ramène facilement à la maison un soir où l’on veut un peu d’action douce.

Esprit de Clocher Revisite des classiques (Major Tom, Magie Blanche, Porte-Bonheur et Arbre de Vie) Juin 2019

ec_juin2019_2Ceci est une chronique pour geeks.  Et de la déculpabilisation de l’auteur.  On visite une microbrasserie et on se cherche une raison pour essayer une palette… pourquoi pas revisiter des grands classiques pour faire changement, sans nécessairement en faire l’étude exhaustive.

 La Belle Gourmande

La re-cote OO : B-
Pour cette belle gourmande, il faut savoir qu’elle est brassée pour les fêtes de Neuville (qui vaut certainement une visite; j’y ai découvert mon boucher et mon maraîcher préféré).  Elle vise donc peut-être davantage l’amateur de bière de festival plus légère.  Est-ce que l’épi de maïs sur la bouteille est perceptible, où c’est seulement de l’auto-réalisation?  J’irai plus pour la seconde hypothèse, mais au moins elle a plus de caractère qu’une bière à l’eau.  La bouche quant à elle est mince, mais assez opaque et pas vraiment aqueuse.  Et puis l’amertume est bonne.  Et puis la finale est ronde.  Pas totalement légère donc, mais rien pour effrayer le débutant.  Une bière qui vise son but, mais le beer geek ne sera pas impressionné.  On aime quand même pour ce qu’elle est, simple.

La Porte-Bonheur

La re-cote OO : B
Très franchement, cette rousse irlandaise ne m’a jamais impressionné mais au comptoir, elle semble être une des favorites du public.  Et l’inspiration de cette chronique.   Elle pourrait avoir changer après tout…  au nez en effet elle répond aux attentes : du bon malt tout juste bien contrebalancé par les houblons, dans un liquide plus foncé que le nez pourrait ne laisser présager.  Mais pas de surprise en bouche où le malt est encore plus fort et collant, tout juste avant d’attendre la limite du sucré.  Bonne finale bien égale, en fait si la Rickard’s Red était bonne c’est ce que celle-ci goûterait.  Et sans être pour déclarer cette bière géniale, je comprends sa popularité.  Une bière rassembleuse, où la balance prime sur tout le reste.

La Major Tom

La recote OO : B+
Une dès fièreté du brasseur, et une IPA une peu dans sa niche à part.   Et certainement pas la IPA où on doit s’attendre à une effusion d’houblons tropicaux; c’est une IPA anglaise, à part entière.  Au goût elle pourrait décevoir le hophead, mais par une fois qu’on l’avale où l’on comprends c’est quoi une vraie pale ale entière : douce, mais amère.  Approchable, plus que n’importe quelle APA trop poussée.  Pousser un peu le bouchon, j’irai jusqu’à érudite, mais sympathique.  Mais je reviens à approchable.

L’Arbre de Vie

La recote OO : B+
Chaque beer geek a de ces bières dont la mémoire est plus forte que le goût.  Nostalgie, mémoire particulière, avec qui on l’a bue, quand on l’a bue, etc.  Pour moi, l’Arbre de Vie est une telle bière.  Ça prendra tout un tour de force mental donc pour faire abstraction d’une mémoire si forte que je ne peux pas encore en parler.  On commencera donc de manière négative : au nez elle sera une déception pour ceux qui accroche sur le terme « scotch ale FUMÉE »… fumée peut-être mais hyper subtile dans le brûlé aussi.  Peut-être moins subtile que par le passé mais les habitués l’apprécie probablement ainsi.  Moi aussi.  Gustativement c’est la douceur d’abord, le grain chauffé par la suite.  Peu de développement mais beaucoup d’amabilité.  La finale est plus sèche surtout par la fumée en crescendo, où le grain semble plus fumée/grillée que par le passé.  Et puisqu’il faut lui trouver un défaut, on ira avec le manque de sucre pour le côté scotch ale, mais chose certaine l’amateur de bière fumée qui sait apprécier la subtilité sera y trouver son compte!