Schoune Blanche de Québec 4.1%

sbdqIgnorer les bières de la Schoune (outre peut-être ses bières aux fruits, dont leur magnifique kriek) est sûrement pardonnable tellement leurs bouteilles sont anonymes.  Toutefois, la qualité peut être au rendez-vous (outre leurs « lambics » leur P’tite Gueuze devrait être essayer par tout « trippeux » québécois) et généralement orienté vers la Belgique, cette blanche devrait être bien sympa… du moins on l’espère (en espérant pas une autre bière du genre La Part du Diable).

Le blé est au rendez-vous olfactif mais ses comparses orange et coriandre semblent avoir sauter leur tour;  s’il y a 4 épices (même s’il n’en figure qu’une seule à la liste des ingrédients) on s’est probablement garder d’en mettre en généreuse quantité.  En bouche toutefois l’orange ne fait pas de doute, à se demander si l’on a pas ajouter du jus à peine sucré, mais encore à ce point les fines herbes sont tenues en échec.  Derechef en finale, si l’on veut une Blanche dans la plus pure représentative nord-américaine de la witbier, la coriandre fait sérieusement défaut.  En se concluant par le citron accompagné d’estragon faiblement brûlé, on ne peut conclure que dans une Blanche abordable mais certes pas la plus typique; toutefois si on oublie le style, c’est une blanche facile, pas assez typée mais facilement buvable.

La cote OO : B-

Parce que c’est une blind date qui ne nous fait pas courir vers la porte, mais pour qui il risque d’y avoir peu d’étincelles.

Brasseurs sur Demande (Quebec, QC)

bsd2Vendredi après-midi, concluant une semaine assez mouvementée merci.  Ayant besoin de repos mais ayant la curiosité à « on » on réfléchit : pourquoi pas visiter la petite négligée de Québec?  Blottie dans un quartier mi-résidentiel mi-industriel de Québec, derrière un bloc appartement typique, Brasserie sur Demande.

À l’intérieur on découvre l’espace juste nécessaire d’un mini pub qui concorde avec le fond de cours dans lequel il se trouve : rien de très très fancy mais tout semble efficace.  Avec 9 bières à bon prix au menu et des palettes de dégustation, on va passer outre le nom plus ou moins attirant de cette microbrasserie pour s’asseoir et déguster.

Amenés par la sympathique serveuse, on voit et hume les généreux verres tandis qu’autour la clientèle  est intéressante, entre hipsters et quincagénaires de Limoilou.  Mais il ne faudrait pas penser que cette faune commandera des bières ennuyeuses dans le genre « on a une rousse, une blonde, une blanche et une noire » .  Voir plutôt berliner weisse à l’anis étoilé, stout au thé chaï et Double NEIPA.

On la visite pourquoi?  Certainement pas pour la vue ou le design, mais parce que c’est simple et efficace.  Et sympa.  Et parce que les Brasseurs sur Demande sont maintenant beaucoup plus qu’un brasserie pour faire des bières identifiées à une épicerie ou à d’autres commerces.

La Korrigane Microbrasserie

Un beau dimanche midi.  Avec toutes les microbrasseries disponibles dans la « basse-ville », où aller?  Pourquoi pas essayer l’une des originales?

korrigmmOn entre donc à la Korrigane.  Immédiatement le coup d’œil plait : cozy avec l’équipement de brasserie bien visible et une ardoise bien rempli.  Dans l’endroit, des étudiantes en ergonomie qui planche sur un travail entre 2 verres, de vieux habitués et des festifs.  On prend donc place au divan question de relaxer dans un atmosphère qui n’a pas l’air forcé et plutôt organique.

korrig2

Évidemment, on prendra les verres de dégustation, et les 10 bières en lignes, où l’on remarque aucune IPA.  Pas vraiment une déception mais une surprise.  Ceux-ci arrivent donc, généreusement rempli pour un bon début d’après-midi…

Alors, à quoi s’attendre à la Korrigane?  Si l’on en juge par cette sortie, de la belle variété aux niveaux des styles, certaines explorées avec sobriété, d’autres un peu.  Quelques moins bonnes bières aussi, mais vaut mieux essayer beaucoup pour réussir souvent.  Ce qui fait aussi penser que même si la Korrigane est l’une des microbrasseries de Québec qui parle le moins fort, elle n’en reste pas moins qu’avec un super bon vocabulaire.  Un endroit où il est grand temps de pousser la porte pour découvrir les élixirs de la brasseuse.

Korrigane Capitaine Centennial Pale Ale Américaine Monohoublon Québec 5.3%

korrig2Avec l’orange du centennial qui rugit de manière aussi forte, pas étonnant que l’orge va se tapir, ne laissant qu’un bout de sucre traîner à la vue des narines.  En bouche toutefois, il lève la tête afin que l’on aperçoit son visage de miel, le tout dans un paysage d’amertume contrôlée un peu hors-champs pour les APAs.  Encore plus agrume, l’amertume ne sort qu’en longue finale.  Un peu prévisible, elle plairait toutefois aux amateurs du style.

La cote OO : C+

Parce qu’elle est monohoublon, mais monocorde aussi.

Le Roquemont Microbrasserie

roq4À une dizaine de minutes de la station Duchesnay, en coupant par le bois, on finit devant ce qui semble un gros relais de motoneiges (pas de surprise à voir ce type de véhicule dans le stationnement donc).  À quoi ressemble les bières qu’on peut bien y servir?

À l’entrée, on peut constater immédiatement la faune qui semble aussi locale que touristique, avec un nombre impressionnant de tables réservées pour un vendredi soir.  Sous un toit en cèdre pressé à l’intérieur qui est dans le même thème que l’extérieur, on se sent chaudement enveloppé par l’atmosphère (et les abat-jours en chaudière d’eau d’érable) et je me dit que le service va être old fashioned.  Je m’attends presque à me faire recommander le steak haché à la carte en me faisant appeler « mon beau ».  Mais non, une belle carte, assez variée mais surtout soignée et où la bière est bien représentée (dans la sauce de leur excellente poutine par exemple).  Je commande donc un premier « flight » qu’on amène dans des verres plus que généreux; il va falloir en laisser ou bien attendre avant de reprendre la voiture ou le skidoo.  En accompagnement des bières, sur la table est posé un généreux panier de chips maison, une belle tactique pour alimenter la soif.

roq2Mais revenons sur le service justement.  À l’entrée ma serveuse aussi sympathique que professionnelle m’explique bien la carte.  Plus tard, elle me parle des bières, avec une franchise rarement rencontrée – non, je n’y crois pas quand on me dit que toutes les bières sont bonnes – alors quand elle me dit que l’une d’elle est ordinaire mais qu’elle vise les clients moins connaisseurs, je suis charmé.  Elle me parle aussi des recettes de bière, de comment le staff découvre les bières, elle me parle même des manières pour attirer ma blonde dans le coin (les sentiers de la vallée du Bras-du-Nord sont parfaites pour un bol de plein-air… et après une marche aussi longue, quel meilleur arrêt que le Roquemont?).  Parfois, j’ai l’impression que les serveuses de microbrasseries sont engagées pour leur look en premier, et bien que ce ne soit pas la seule exception, au Roquemont j’ai eut droit au meilleur des deux mondes.  C’est rafraîchissant.

roq3Parlant de se rafraichîr… côté bière?  Une belle sélection, variée et pas seulement orientée sur un type de bière (lire ici qu’il n’y a pas 5 IPAs sur 10 bières « parce que c’est à la mode »).   Certes, pas tous des coups de circuits.  Par exemple, les deux seules qu’on peut ramener à la maison sont loin d’être mes préférées.  Par contre, pas d’échec et au sommet de mon palmarès, leur scotch ale à l’érable, certainement l’un des meilleures bières de ce type au Québec (on est loin de la Tord-Vis ici).  Et dans les bières à essayer, leur IPA à l’argousier est un must pour ceux qui auraient pû avoir été déçu par celle de Dieu du Ciel.

Alors pour une alternative à peine plus cher que le Ti-Oui reconnu internationalement, en visite du dimanche ou sur la route de la Réserve Faunique de Portneuf, un petit croche pour se rendre au Roquemont est un 2 minutes ô combien bien investi.  Et à une quarantaine de minutes de Québec, ça reste un petit joyau assez bien caché.  Ce n’est pas seulement les concessionnaires de la côté joyeuse qui valent le détour par St-Raymond.

La Souche Microbrasserie

souche1Ces petites distilleries urbaines qui se donnent un hook de bois… l’équivalent quétaine pour moi de donner une dégustation de scotch au son de la cornemuse en parlant de haggis, comme si l’histoire de ce spiritueux s’arrêtaient il y a un siècle.  Toutefois, tant qu’à tomber dans le stéréotype, autant y tomber corps et âme… jusqu’à son nom.  Côté decor, j’ai vu mieux mais j’ai vu pire : entre vieille batisse retappé à la va-vite et fausse campagne en ville, c’est simple, et très loin d’être péteux.  Un peu, normal, à 2 pas du Cégep de Limoilou, il faut essayer de connecter avec les étudiants gauchistes.

Toutefois, il faut savoir outrepasser le stéréotype facile.  Comment?  En deux temps, ou plutôt 2 menus.  Tout d’abord, le menu du pub est surprenant, et les bouchés savent attiser la soif.  Sérieusement, même pour ceux qui préfèrent le vin à l’orge, leur menu (spécialement les entrées) vaut le détour à lui seul.  Le service, quant à lui, est efficace. Mais comme je n’y suis pas là pour la bouffe…  Le menu bière : étoffé.  Profond.  Mais aussi instructif : des noms qui sonnent historiques ou géographiques relatant une partie de l’histoire du vieux Limoilou, le tout brièvement mais bien expliqué dans leur carte.  Sinon, puisqu’à tomber dans les jeux de mots, la bière nommée « Même chose » est un joyeux clin d’œil; allez demander le même verre que vos amis maintenant.

Au cours des prochains jours vous lirez donc mon exploration de cette carte où le brasseur semble bien apprécié le style belge, pas nécessairement mon style préféré, mais comme ma meilleure note va à une tripel, j’ai dû bien aimé.  Et avec autant de variétés, difficile de ne pas trouver souche à son pied.