Brouhaha Arrakis Saison au poivre des dunes 4.5%

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Peut-être que c’est parce que ça m’a trop marqué dans ma jeunesse, mais c’est Tremors que cette cannette!

La cote OO : B-

Parce qu’elle rappelle bien que le poivre des dunes québécois est un poivre « à part ».  Dans cette version, du bon côté. 

Belle mousse bien dense mais déception de ne pas y voir des chatons de poivre; le nez vous dira la même chose alors que les levures sont bien présentes mais pas le poivre noir usuel.  À défaut d’être habituel au niveau des effluves on ne peut pas dire que le côté rafraîchissant ne semble pas au rendez-vous.  Au goût, le poivre si particulier se présente et accentue le houblonnage qui semble assez élevé, surtout alors que ce n’est pas la marque de commerce de la saison.  Même chose en finale : pas très longue mais bien goûteuse, c’est avoir mis trop de poivre dans sa sandwich aux tomates pain blanc dégusté à la fin du rang de roches à ramasser sous un beau soleil de printemps.

Saint-Exupéry aurait capoté : les 2 Ros(é)es des Dunes Blanche à l’Hibiscus et au poivre des dunes 5%

ecrd2C’est l’histoire de la comparaison de 2 blanches, l’une fraîche et l’autre d’un an et 4 mois.  Tout en sachant que la blanche n’est pas vraiment un style de prédilection pour le vieillissement.

Au visuel, on a toute une différence après 5 minutes : la version frâiche est plus pale et sa mousse semble encore totalement intacte.  Au nez, l’aînée présentement légèrement plus pointu que la cadette, et présente davantage le poivre des dunes qu’à mon souvenir (pas une surprise d’en trouver moins à l’olfactive de la fraîche justement.  Pour le goût, ce sont les houblons qui me sautent aux papilles, ainsi que le liquide beaucoup plus vivant qu’au visuel.  L’hibiscus se gardait quant à lui beaucoup plus pour la finale, facile finale d’ailleurs mais avec le poivre un peu plus retiré et l’hibiscus qui me rappelle l’agua de Jamaica du Mexique (en gros, du thé froid de fleur d’hibiscus).

En retournant à la plus jeune, on constate par opposition que le liquide est une peu moins vivante, mais que les saveurs sont plus posées et tranquille.  La finale affiche peut-être un peu plus de povire des Dunes, mais ce qu’on remarque particulièrement c’est que les saveurs sont plus unies, moins dissociées.  Est-ce que ça fait de la fraîche une meilleure version?  Un retour à la première m’indique que oui, car c’est bien d’être vivante mais plus fort ne veut pas toujours dire meilleur.

On attend donc?   Non.  Si j’avais à noter je reconduirait ma note originale à B+ pour la fraîche, et à B- pour l’aînée.  Bon, d’accord, c’est bien pour l’esprit scientifique mais même si l’immobilier de votre cellier le permet, il y a d’autres styles qui s’y prête mieux.  Ceci dit ça me rappelle aussi à quel point la Rosée des Dunes est une alternative intéressant à la blanche coriandre/orange.   Dégustées en hiver alors que le thermomètre affiche moins vingt-deux sous zéro, j’ai presque l’intention que le temps des sucres et le printemps arrive…

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L’Esprit de Clocher L’ambre des Dunes Mild au poivre des dunes 3.8% 20 IBUs

ecad2L’anglaise mild n’est pas la pas la plus commune des bases  sur laquelle bâtir une bière agrémentée d’un ingrédient hors norme; il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité et sauter dans l’auto le jour de son bièrenissage.

Immédiatement coulée et encore très froide, il est facile de faire le lien à la Rosée des Dunes de la même Neuvilloise, avec un petit côté épicé entre poivre et herbes sauvages.  Sous ce poivre, on a évidemment à faire avec une bière assez maltée, mais pas autant que la couleur pourrait le laisser paraître.  Du moins jusqu’à ce que le liquide se soit réchauffé, alors qu’on découvrira un nez plus standard à l’hommage au malt qu’est la mild anglaise.  L’entrée en bouche se poursuit sur l’élan du poivre des dunes qui en vient presqu’à être minéral et végétal, puis suffit d’avaler pour retrouver l’orge, le biscuit, le grain à peine caramélisé anglais.  Côté aftertaste cet ambre restera dans la légèreté – il ne titre qu’à 3.8% après tout.  À l’instar du nez, une fois réchauffée et bien oxygénée, il sera possible de découvrir une bière alliant la convivialité d’un pub anglais et l’originalité du monde brassicole québécois.

ecad1Si vous disposez de poivre des dunes, l’expérience vaut la peine de goûter à la bière après avoir mâché un bout de ce chaton d’aulne vert, car vous y découvrirai alors une bière encore plus épicée (finalement oui le poivre noir vient à l’esprit) mais avec une finale encore plus éclatée entre le biscuit sablé et la viande fumée bien poivrée.

Toutefois, avec ou sans poivre en accompagnement, il est agréable de découvrir que l’Esprit de Clocher sait vraiment s’y prendre avec les bières de style anglais, ou à tout le moins avec la mild.  On ne peut donc espérer qu’ils continuent d’explorer le filon.

La cote OO : B+

Parce que c’est encore un sans-faute pour l’Esprit de Clocher de Neuville qui sait allier confort et originalité.  On la déguste volontiers avec un fish and chips indien (où le poivre noir est abondant) asperger d’un trait de citron.

Saint-Pancrace Saison des Dunes 6.3%

spsddPour une bière dont les levures sont poivrées et qui contient aussi du poivre des dunes, olfactivement elle est davantage citronnée qu’épicée, spécialement lorsque le couvert de mousse est intact.  La bouche est toutefois douce et un peu agricole, on doit alors la garder longuement en bouche avant que le poivre ne vienne piquer le dessus de la langue.  On poursuit dans la douceur pour la finale, puis soudainement le houblon vient violemment jouer du coude.  On prend donc la seconde gorgée en se disant qu’on est maintenant préparé pour l’amertume.. et c’est définitivement le cas car la bouche de grain et de citron sucré dure beaucoup plus longtemps.  Somme toute, une bière à long développement qui laisse un aftertaste plus amer que mes goûts personnels mais la base sous les houblons est assurément remplie de surprises.  À déguster la tête claire et avec du temps en avant de soi.

La cote : B-

Parce que c’est un beau cours pour apprivoiser l’amertume, mais le style en souffre un peu.

La Chasse Pinte Brassin Special Gruit avec myrique, armoise, poivre des dunes, achillée et thé du Labrador 5.1%

cpbsgB  Ça le fait sans le houblon.

Content du nez parce que ça reste une bière bizarre, mais une bière avant tout, forestière et acidulée.  Suite du bois (d’épinette sucrée) et de bran de scie en bouche avec un poivre absent, contrairement au thé du Labrador qui fait preuve de grande franchise.  Côté finale, l’armoise et la gomme de sapin se mêle dans une cohérence remarquable qui s’éteint de manière un peu trop tranquille à mon goût, mais certes très confortable.  Les gruits sont souvent trop mouvementés mais ici la retenue lui fait très bien.

L’Esprit de Clocher La Rosée des Dunes Blanche de Blé à l’Hibiscus & Poivre des Dunes 5% 12 IBU

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« Rosée des Dunes » est après tout un habile pléonasme.

B++  Trois jours d’avance.

En 2017, le printemps arrive le 20 mars à 6h28.  Une soixantaine d’heures avant la nouvelle saison, l’Esprit de Clocher nous conviait à son pub pour sa nouvelle bière.  Blanche de blé?  Déjà vu.  Hibiscus?  Dieu du Ciel répondait déjà à l’appel.  Poivre des dunes?  Superbe sur une pizza margarita avec du romarin.

On s’approche donc du verre et c’est l’hibiscus qui saute aux narines, prenant des teintes de fraises accompagnées de la douceur du blé sous-jacent, question de ne pas faire oublier qu’il s’agit d’une bière et non d’une limonade.  Avec le baiser de l’orange (probablement le choix de houblon), l’amertume est ensuite rapidement contrebalancée par le poivre qui n’apporte aucunement de piquant mais une teinte végétale hors du commun.  Dans le style plus léger, certaine bière lorsque gardée trop longtemps en bouche perdre de leur éclat; ici elle reste vraiment goûteuse… mais il faut aussi penser à la finale.  Justement, le poivre des dunes semble toujours y faire son travail (de mystère) et fleurtant avec l’IPA côté rafraîchissement et la blanche de blé côté structure (le tout bien tenu en laisse avec les flocons d’avoine à la recette).

J’aime la subilité, et bien que ce mélange hibiscus/poivre des dunes pouvait sembler plus ou moins naturel, c’est certes brassicolement très réussi, et supérieur à l’originale d’hibiscus québécoise.  Bonne l’été, mais par son métissage fleur/épice, l’Esprit de Clocher pouvait difficilement trouver meilleure pour son réveil printanier.