Matera (Brassée chez Oshlag) Beau Bouquet Pale Ale 5.6%

mbboSouçis de transparence, même si je les aime parfois en version plus anglaise, le générique « pale ale » n’est pas le premier à m’attirer.  Ajoutez-y cependant les mots lambicus et vieillie et j’y tremperai plus que volontierss les lèvres!

La cote OO : B+

Parce les fleurs belges sont certes jolies dans le coin de pays de Matera.

Un choc, plus plutôt une mise en garde : si vous aimez les pale ales mais que les bières sauvages ne sont pas votre tasse de thé, n’y prêtez votre nez.  Des bretts forte, et à l’instar des premières d’À la Fût, on peut constater à quel point ces levures font bon ménage avec les tanins et la vanille d’un fût de chêne.  Sauvage et presque sucrée, la bouche démarre de manière un peu plus normale (disons) puis finalement oui c’est le bouquet de fleur qui s’en suit : de la violette africaine, de la fleur de trèfle, de l’églantier, de l’eau de rose même.  Si les houblons savent triomphé des levures en bouche, elles reviennent en aftertaste, tout comme le chêne assez près de la planche fraîche.  Le titre dit tout, un beau bouquet, que je vois pousser au bout d’une écurie belge.

Oshlag Blanche Thé Labrador 5% (bue chez La Shed Microbrasserie)

SHED_AUG2019La cote OO : A-

Parce qu’une bière à ingrédient n’est pas obligé de goûter cet ingrédient pour être excellente.

Bien que le thé du labrador figure dans le nom, on peut facilement se tromper et y aller avec l’impression « blé du labrador ».  Du grain sucré en bonne quantité, facile et à peine fruité.  On se doute donc que l’amertume du thé fera une contrebalance certaine et c’est plus ou moins le cas à l’arrivée, où les oranges prendront 30 secondes avec le liquide en bouche avec de laisser de la place au thé et aux houblons.  La finale est encore plus fruité mais teinté d’une pointe de thé aromatisé de chez David’s tea.  Très bonne mais surtout bien brassée, une bière de chaleur mais province.

Oshlag Nano IPA 2% (bue chez La Shed Microbrasserie)

SHED_AUG2019À quoi s’attendre d’une bière à 2%?  Découvrons!

La cote  OO : C-

Parce que ça en prend pour les conducteurs désignés.  Les pauvres.

Hyper fleurie, on sent que le choix de houblons est plus important que la céréale… pas très surprenant à ce pourcentage.  Mais il y a un côté colle Lepage difficile à sizer.  Même chose en bouche, on roule sur la langue et dans le mystère, pas très profond mais visiblement opaque; la finale est plus aqueuse et la colle encore moins sèche.  Est-ce le fait de descendre à 2% qui donne cela gustativement.  Un peu de mystère c’est bien, mais peut-être pas à ce point.

Oshlag Brett Cassis 7% 15 IBUs

obcConcept conservateur pour Oshlag qui fait habituellement dans le pas mal plus débridé.

La cote OO : C+

Parce que à qui sont les bretts?  À qui sont les bretts?

Si à l’olfactive on a du cassis qui domine, le côté velouté de yogourt est le bienvenu tandis qu’il semble enlever un peu du sucre.  Fraîche mais toujours portée sur le fruit pas très sucrée, celui qui s’attend à du funky trouvera plus une bonne pointe d’amertume, avant une finale sèche qui livre ce qui semble être du baril de gin vieilli (mais non, ce n’est pas à la recette).  Oshlag ne pouvait faire dans le simple ou l’attendu, mais pour cette Brett Cassis la partie brett est trop lointaine.

Bièrerie Shelton (brassée chez Oshlag) Berliner Weisse Bière Sûre 3.5%

sbw

« À boire avec (…) rien d’autre ».  Rarement j’ai vu autant simple et vrai, en autant que ça tienne cette promesse en bouche…

La cote OO : B+

Parce que personne ne veut se casser la tête autour de la piscine.

Dans un contenant qui encore une fois ne gagnera pas de prix se cache une berliner toute simple et efficace, d’où se dégage du citron tranchant et de la pomme.  Parlant de tranchant, la bouche l’est aussi, amenant du blé vert mais surtout d’une gazéification digne d’une véritable bière de canicule (une autre vérité lue sur le contenant).  Derechef en finale qui fait penser à la Surnaturelle de l’Esprit de Clocher, mais en version plus sèche et moins touchée par les lactobaciles.  Certes facile, mais avec assurance.

Matera Bière de Bouliste Lafontaine (brassée chez Oshlag) Saison de riz 5.4%

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 L’étiquette utilise le terme « pintable ».  Pas très réglo-français pour la décrire mais en effet, on en boirait plusieurs!

Pas toujours obligé de faire complexe pour attirer l’attention : ici on a droit à un mélange d’orangeade et d’estragon qui est peut-être loin du style saison, mais particulièrement franc.  L’orangeade s’assèche en bouche mais on a toujours droit à une bière qui se rapproche plus d’un mix entre l’IPA et la blanche orange-coriandre.  La finale est plus ronde, un point poivre blanc mais ce n’est pas parce qu’on y trouve du poivre que ça en fait une bière vraiment saison.  C’est un peu comme se servir de la levure et dire que c’est saison à part entière.  Ceci dit, prise comme une blanche elle saura bien rafraîchir le palais.

La cote OO : B-

Parce que même s’il est surprenant de ne pas voir l’orange au menu des ingrédients, le bon goût y figure sûrement

L’Espace Public (brassée chez Oshlag) Brett, Pas Brett bière de cachette (collabo Le trèfle Noir) 5%

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Dans ce cas-ci, « bière de cachette » signifie black session IPA.  Pas fort comme nom de style de bière mais  contrairement au Trou du Diable avec certaines de ces bières, la description nous présente à qui on a à faire.

Pour une bière brettée, le nez reflète passablement plus celui d’une black IPA bien houblonnée (probablement l’influence de la couleur de la canette, mais oui on pourrait croire à des mûres).  La bouche aussi est fruitée mais l’orge bien torréfié vient s’allier au houblon pour apporter une amertume assez soutenue quoique pas très variante.  ON conclut avec l’orge un peu plus nue en gorge, et s’il manque le côté brett qui semble trop subtil, c’est un beau rappel que l’orge reste à la base de toute bonne IPA.

La cote OO : B-

Parce qu’il y a double erreur dans le nom avec les mots « brett » et « brett » mais que Guy Mongrain dirait qu’ils n’ont pas bretté sur l’orge.

Oshlag Miettes Bière au pain Hefeweizen 5.2%

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Si l’on se rapproche de la boulangerie, c’est pour avec l’odeur de ce qu’il y a sous la canette.

La bière aux levures de pain ou au goût de pain est peut-être un marché mal exploité; Lagabière le faisait bien avec son ordre de toast et Oshlag l’a déjà réussi par le passé mais qu’en est-il des miettes?  Olfactivement on est plus dans le coté hefe (levure en allemand) que dans le côté boulangerie.  On migre vers le houblon vert et le blé de cette même couleur pour la bouche, où le style allemand est pas mal plus présent que la moindre trace de pain.  On passe donc en gorge où l’on cherche encore le pain, qui ne vit que sous le dessus de la langue.  Pour ce qui est du côté pain donc, on y verra plus de subtilité que de goût, ce qui augmentera la surprise quand l’on verra que de vraies miettes de pain font partie de la recette.

La cote OO : B

Parce qu’il faut la prendre pour une hefeweizen tout simplement et qu’à ce niveau c’est juste assez léger et juste lourde.

Oshlag Stout Caramel Salé 6.5% 30 IBUs

ocsAprès le caramel salé de Lake Placid Pub & Brewery, à quoi peut ressembler une autre bière au caramel salé?  Olfactivement c’est une stout toute à fait dans les règles avec son orge rôtie pas très loin de la milk stout (normal, en voyons lactose au menu des ingrédients il n’y a pas de surprise) et un côté très arrondi de café.  La bouche confirme le sentiment de grain très rôti, malgré que son le 30 IBUs un peu neutre on sent que l’amertume pourrait détonner en gorge.  Ce qui n’est pas le cas : c’est très velouté et que seulement légèrement salé.  Là où Placidoise jouait davantage sur un grain plutôt roux, ici c’est du grain bien noir qui ne coiffe ni n’arrive à court de cette dernière dans la course.  L’équilibre est ce que l’on retient le plus pour une bière qui ne se sert que du sel pour arrondir son caractère et non le dénaturer.

La cote OO : B-

Parce que ça fait changement, mais pas « change for the sake of change ».  Bref, c’est calculé et de bon goût.

Oshlag Kellerbier 5%

okÀ quoi s’attendre d’une Kellerbier?  Une lager de grain léger et un peu plus « basic » avec une faible amertume?  Ici c’est initialement la couleur foncée qui peut indiquer une lager loin d’être commerciale, tout comme l’intense grain qui partage l’olfactive avec le rayon de miel et un houblonnage plutôt européen (et plutôt belge qu’allemand).  Neutre en bouche, la gazéification est faible et la finale est lente, c’est donc une kellerbier qui se termine de manière trop monotone.

La cote OO : C

Parce que ça fait pour dire qu’on boit un style spécifique, sinon c’est une bière de débutant craintif qui fait penser que plus Oshlag sont spéciaux, meilleurs ils sont.  Et ici, c’est tout sauf spécial.