Kichesippi Beer Co (Ottawa ON) Heller Highwater Helles 19 IBUs

khhLa cote OO : B

Elle est où l’ambassade de l’Allemagne à Ottawa? Un bâtiment assez austère sur Waverley pour les geeks amants de la capitale.

Si un style peut s’affubler le terme « beurré » ça pourrait être la helles avec ses levures fleuries et rondes, certainement démontrées dans cette blonde allemande pas très loin de la kölsch pas son orge moelleuse et mielleuse.  Malgré cette rondeur, elle se veut rafraîchissante en arrivée, à la limite du craquant, et assez légère pour une bière de tous les jours ou « sur le side » dans le tracteur lors de la première courte.  L’orge blond mielleux est d’ailleurs la clef du reste de cette bière qui ne montre ses houblons qu’en finale – houblons à tendances germaniques il va sans dire.  Simple certes, mais juste qu’à preuve du contraire, une buvabilité supérieure à la majorité des cream ales qui traînent dans la capitale.

Collective Arts (Hamilton ON) Ramsack the Universe IPA 6.8%

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Un peu douchebag comme illustration mais impact visuel assuré malgré tout.

La cote OO : B-

RamsackED the Universe.

Le Galaxy et le Mosaïc travaillent fort pour donner une bière des plus prévisibles (2/3 agrumes 1/3 vert).  À la gustative c’est le côté lime-orange qui sort plus que le reste, et le corps est imposant – rien de nouveau avant de l’avoir avalé mais beaucoup, beaucoup de tenue en bouche.  La finale est plus tempérée mais rien de substantiel pour l’amateur de nouveauté.    On ne peut malgré tout dire qu’il s’agit d’une bière mal fignolée et si l’on reculait d’une dizaine d’années, ça serait un bel annonciateur de la mode des IPAs agrumés.  Rien de magique, et à 5$ la cannette, je préfère encourager le produit local, mais je la bois volontiers.

Collective Arts Brewing (Hamilton ON) Mango Tangerine Sour 6%

camtsLa cote OO : C-

“Aromatisée” dans le mauvais sens du terme.

Pas loin du floater à en voir la couleur, tandis que l’odeur fait douter du moindre sentiment de bière à l’intérieur de cette sour qui ne paraît aucunement sûre.  Sans être laiteuse, la bouche est forte… trop forte et en retournant sur le contenant, on ne parle pas de bière au fruit mais de « bière » … disons! « forte » à 6% disons! « aromatisée » en effet.  La finale est laiteuse mais c’est beaucoup, beaucoup trop proche d’un punch aux fruits pas très loin du floater.  Comme jus oui, sinon non.

Tooth and Nail (Ottawa ON) Vier De IV Anniversary Ale 2019 (blend of barrel-aged Porter and stouts with Brettanomyces) 6.8%

tnvdivLa cote OO : B+

Laissez faire le sucre des pasty stouts, voici comme fêter un anniversaire!

Comme bien des stouts, cette offrande de Tooth and Nail paye davantage aux patients ou au meilleurs tacticiens qui ne la servent pas tout fraîche sortie du frigo; elle livre alors beaucoup de moka, un peu d’épice (muscade) du chocolat au lait et un peu de cola – à ce dernier chapitre on pourrait croire que les bretts seront plus présentes pour la suite.  Presque sûre, expansive et somme toute assez légère en texture, elle me ramène à certaines sour stouts (celle de Brothers en Virginie par exemple), mais pas autant que la finale frôlant l’oud bruin si ce n’était du moka et du chocolat (cette fois-ci noir en finale).  Pour un assemblage, pas d’éléments disparates, une stout un peu sûr qui vise (et atteint) un large éventail d’amateurs de bière.

Tooth and Nail (Ottawa ON) Revelry Winter Festbier 5.6%

tnrDiscrète comme dessin d’étiquette, mais fancy et bien representative d’une bière d’hiver.

La cote OO : B-

Petit festival tranquille.

Bière de festival d’hiver, c’est quoi au juste?  D’aspect maltée, le nez est rempli d’orge caramelisé à faible teneur en épice communément attendu dans tout ce qui s’approche d’une bière portant le nom « hiver » à quelque part sur l’étiquette.  C’est encore plus une oktoberfestbier en bouche, probablement avec une faible touche de muscade et de cannelle.  La finale est encore plus recouverte d’épices un peu indéterminées, mais l’aftertaste est assez court, voir trop.  Simple et un peu mince, une festbier pour ceux craintifs des bières de noël trop lourdes.  Simplement trop simple.

Tooth and Nail (Ottawa ON) Indiscretion Specialty Ale with Fruit and Spices 8.8%

tniCerises, canneberges, cannelle, clous de girofle, zeste d’orange, hibiscus et églantier… plus une liste d’ingrédients est longue, plus elle fait peur.

La cote OO : B+

Enlevez-moi ça le caramel salé ou les cupcakes à 4$ l’unité : de la grosse pâtisserie sale maison bien réconfortante.

Pas surprenant de la voir aussi opacte quand on considère tout ce qu’elle contient, de la sentir aussi débridée, principalement par l’églantier qui mélangé au reste rend le tout particulièrement florale.  La cannelle pique le bout de la langue tandis que derrière celle-ci, c’est l’orange et la cerise qui dépeigne la toile de fond.  En sortie, le gâteau de noël sort de manière unilatéral, apportant de la farine en aftertaste.  « Too much »?  Oui.  Mais certainement bien montée, une bière qui remplacera facilement un dessert après un bon pain de viande ou du bœuf madras avec des onions bhaji épicés en accompagnement.

À la Fût Triporter Assemblage Collaboratif (Sawdust City Brewing Gravenhurst ON) Quadrupel 11.05 & L’Porter Western 7.8%

alftLa Belgique et l’Angleterre dans une collabo québéco-ontarienne?  Why not bout d’viarge!

La cote OO :  A-

Un porter de printemps : frais et sucré.

Malgré qu’on y voit le mot quadrupel directement après le mot assemblage, ce sont les bretts et les épices de la porter qui montent au nez.  Elle arrive ensuite de manière assez sûre et fruité, on est un peu plus en territoire quadruple (pour le sucre) et on semble avoir un autre liquide en bouche que sous le nez.  Puis on avale pour retourner à la stout, surtout après environ une dizaine de seconde où seulement l’orge et les bretts ressortent.  Un superbe assemblage pour les amateurs de stouts sures, où la partie quadrupel est plus difficile à capter mais où l’on a aussi droit à une bière profonde, complexe et simple à la fois.  De l’inattendu de l’univers des cowboys de St-Tite pas du tout, mais un beau, un maudit petit voyage de papilles.

Chronicle Brewing (Bowmanville ON) Hero’s Handbag English Mild Ale 4%

La cote OO : B+

Parce que simple qu’est le style de la mild mais il faut savoir la maîtriser.

Très dominée par le grain, Chronicle sort ici des bières sûres pour une incursion d’abord très profonde en champs d’orge; ça part bien et ça part fort.  Une fois sur la langue, il y a un petit élan d’amertume mais le grain revient en sortie de manière hyper stable, avec exactement tout ce que l’on peut rechercher d’une malt avec bien du biscuit et tout plein de malt.  Parfois, les brasseries hétéroclites peinent à revenir aux classiques, ce qui n’est pas le cas pour Chronicle avec cette mild.

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Chronicle Brewing (Bowmanville ON) Blood for the Blood God Cherry Kettle Sour 5.0%

c1La cote OO : B+

Parce que c’est loin d’être du sang royal (donc très rouge).

Même si la couleur ne respecte pas vraiment la bière renheitsgebot, le nez pas très cerisé respecte bien les céréales et ça commence bien.  En bouche, la cerise est encore marquée et bien équilibrée, et joue de belles notes un peu variantes.  On conclut cette belle sour avec juste ce qu’il faut de cerise, de noyau de cerise et d’acidité sèche en se disant « coudonc, ça se boit tout seul! ».  Une superbe entrée en matière chez Chronicle, manquerait juste un peu de levures sauvages et on aurait un produit stellaire.

Chronicle Brewing (Bowmanville ON) Ales from the Crypt Blackcurrent Sour 4%

c1La cote OO : C+

Parce que le fruit ne devrait jamais passer avant le grain.

Pour une sour, ce sera probablement énormément sucré à en juger par le nez, et à voir sa couleur ça sera probablement être « trop énormément ».  Le fruit est hyper marqué en bouche à l’image du fond d’un yogourt aux fruits des champs mais on en oublie même que c’est une bière sûre, et encore plus une bière proprement dite.  La finale est la preuve qu’il y a des limites au fruit (qu’on a atteint ici) mais étant donné qu’elle reste aussi agréablement puérile et facilement buvable il faut bien pardonner un peu… mais pas trop.