Ras L’Bock Vieux Dale Old Ale Sauvage 2019 Elevée en barils de chêne 8.1%

rbvdL’old ale, un autre de ces styles qui n’a jamais percé le marché québécois de la micro.  Pas qu’on ait l’impression qu’il le fasse un jour, mais toujours un  must à essayer lorsqu’on en croise.

La cote OO : B+

La quarantaine : encore jeune pour être wild mais qui se dirige vers la sagesse.

Sauvage d’abord, bien que la couleur y est au nez l’orge est surpassée par les levures qui sont certes intéressantes et se mélange bien à la vanille du baril.  La bouche est un peu molle – comme il se doit généralement pour une old ale, et le grain est à la limite du poussiéreux.  On se colle donc un peu plus sur le style comme le grain sur nos dents, et la finale est vineuse à souhait, tirant vers le caramel funky, le cognac et la prune mauve.  Si j’avais un souhait en général, j’opterais pour moins de levures sauvages, mais il s’agit d’un caprice pointilleux car elle est déjà très bonne telle quelle.

Au fil des gorgées, on découvre un aspect vineux qui dépasse de beaucoup le 8.1%, s’apparentant davantage à une bière au nord des 11.9% et qui décolle un peu de la old ale.  Alors moins de respect de style mais plus de diversité qui fitte avec le reste aussi, résultant en une bière qui hormis la gazéification s’apparenterait à un jeune armagnac (celui du Tariquet vient en tête).

 

Woodland Farm Brewery (Utica NY) Wild hunt old ale 8.7%

wfwhLa cote OO : B+

Dans le sens original.

Ce ne sont certainement pas les fruits qui sont vieux dans cette old ale remplie de cerise noire et d’un certain fond vineux de chêne.  Pas si sauvage (wild) mais tout de même dans la forêt noire, alors qu’en bouche on reconnait la old ale dans son caractère de jus de chêne.  Retour du moka et de la cerise en clôture de cette belle fusion, et pour une old ale wild, elle nous ramène à l’origine du mot et non du synonyme moderne de dénaturé.

Broadway Élixir de Belphégor Bière brune extraforte (vin d’orge) vieilli en fût de chêne Extra Old Stock 10%

bwebLa cote OO : B-

Pas toutes les bières sont comme les bons vins.

Quesséça?  Old ale en version extra, extra extra old stock, où le grain semble avoir pris un drôle de tournant, à la limite du sanitaire… malgré son séjour contrôlé en cellier, je me demande un peu qu’est-ce qu’il lui est arrivé avant d’atterrir à la maison.  On passe outre le nez étrange de bois mouillé mais encore à l’intérieur, la old ale puissance 10 détonne; heureusement derrière la langue le liquide semble plus posé et on peut espérer mieux pour la finale et les gorgées subséquentes.  En effet, la finale est pas mal plus à la hauteur de mes attentes, ronde et très liquoreuse, même si je reste avec certains questionnements pour le piquant étrange sur le bout de la langue.  Le genre de bouteille à trouver à nouveau pour voir s’il lui est arrivé quelque chose de plus ou moins bonne.

Brasserie Générale Old ale Assemblage Brett et Bourbon 8%

bgoaLa cote OO : B+

Parce que l’audace doit payer même avant le résultat final.

Pour une batch de Brumaire qui a supposément mal viré, le nez est super intéressant; pensez old ale sur l’acide et presque teintée de rouge.  Les bretts prennent un tournant sur la sour en arrivant sur les papilles, mais le crasseux de la old ale tient bien et s’agrippe autant qu’elle peut.  Dans le même ton, c’est l’orge qui s’accroche lui aussi pour conclure une bière parfaite pour le beer geek, à peaufiner pour avec une belle bombe potentielle.

MonsRegius Medusa Fermentation Mixte Assemblage old ale et mild 7.3%

medusaLa cote OO : B-

Parce que la recette en disant plus long que la description.  Et venant de MonsRegius, un manque d’originalité à comparer au reste de la gamme.

Comme la old ale est un style qui manque critiquement de popularité au Québec, une incursion en territoire d’assemblage est peut-être un bon moyen d’amadouer les palais de la vieille province.  Olfactivement on la retrouve avec une minuscule pointe de houblon surannée et d’un bizarre sous-nez fromager qui semble sortir de nulle part; pas nécessairement attirant mais rien de rebutant non plus.  La bouche est malheureusement un peu trop neutre et prend une éternité à sortir; vinaigre balsamique ultra faible et orge terne… il faudra attendre la finale pour être conquis.  Celle-ci est juste ô combien plus sauvage et de l’autre côté, ancrée dans un style old ale qui aurait vieilli.  Pour ce qui est de la mild, on la retrouvera peut-être à l’attaque des gorgées subséquentes mais en version discrète, tout comme l’ensemble de cette bière dont la mélodie est bonne mais le volume trop faible pour bien en profiter.

George Gale & Co Prize Old Ale 9% Bottled in 1996, achetée et bue en 2017!

ggpoa

Le bouchon en miettes était à prévoir.  Peut-être pas la tige de l’ouvre-bouteille brisée.

A pour l’expérience, B+ Pour le goût?  Et puis zut, A- pour l’ensemble (note donnée après un « cool-off period » de 24h). Parce que ce n’est pas le risque de régurgiter qui empêche les scientifiques et aspirants astronautes d’embarquer à bord du vomit comet.

Très puissante de ses effluves, l’orge caramélisée est très solide et on sent que c’est déjà une old ale dans tous les sens du terme.  Faut évidemment oublier toute trace de carbonation.  Le 9% se sent aussi et me porte à penser vin d’orge, mais très purement anglais.  En bouche cependant c’est super, super super astringent, très vineux (orge vinaigrée?)  et peut faire peur au point de penser que cette bière n’est plus propre à la consommation.  La finale vient toutefois (et totalement) corriger le goût en apportant un peu de raisin et de la torréfaction qui fait picoter le bout de la langue.  On se retrouve avec une bière évidemment à des milles du plus proche sentier bas mais en attendant 24h, si tout va bien avec mon système digestif, au-delà d’une expérience ultra-mémorable pour un prix dérisoire (moins de  7$USD) le goût en aura amplement vallu la peine aussi, ne serait-ce que pour goûter une bière depuis 21 ans en bouteille.

La Memphré Ralph Merry Old Ale affiné sur copeaux de chêne 7%

mem2A-  Tout un show de variété.

Simplement au nez, c’est plus varié que la somme de 50% des bières qui se vendent en épicerie.  Au-delà du bois qui ne fait pas de doute, du caramel, du brain de scie d’érable et de la confiture de framboise, le tout dans un ensemble assez foncé.  En bouche, elle demeure profonde et tranquille, avant que le fruit s’intensifie et fasse éclater le bois; les houblons sont vraiment bien choisi.  Pour ce qui est de la seconde gorgée, je ne sais par quelle interaction mais on pourrait croire qu’il s’agit d’une autre bière, celle-ci pas mal moins fruitée.  Un succès pas nécessairement pour les débutants mais qui reste très facile à boire.  Jusqu’à maintenant la meilleure de la Memphré, c’est une toute une bière qui en vaut la peine.

Côté graphisme, j’ai toujours été de l’école « less is more ».  Avec ce logo, on frappe vraiment dans le mille en ce qui me concerne.

Le Bien et le Malt La Grognarde Old Ale No 00504 7.1%

bmg L’Angleterre au Québec?

Étrange : une bière brune très anglaise par son caramel diamétralement opposé à ses houblons qui font très bière canadienne.  Caramel, cerise et lointain eucalyptus, le caramel est arrogant, crasseux (grognard?) mais les houblons se débattent toujours, et finissent par prendre le dessus en finale.  Mais l’aftertaste est conçu de caramel qui vire à la sève de chêne.  Un calcul qui semble conservateur mais qui est tout de même aventureux, avec par moment un feeling du vieux continent.

C’est beau un peu de mystère mais côté étiquette, c’est un peu trop minimal.