Cerveceria de Colima (Guadalajara Mexico) Colimota Cuatro White IPA Pardela 6.5%

cuatroCurieusement, ça « pue » le houblon mais on ne craint pas tellement pour l’amertume car le grain semble très rond.  Elle roule aussi sur les papilles, et l’amertume travaille plus le derrière que le devant et le dessus de la langue.  La finale est légèrement plus houblonnée mais aussi tranquille; le concept « white IPA » fait bien le travail avec son insistance sur le houblon tout en gardant le côté épicé de la witbier. 

La cote OO : B

Parce que le style ne fait pas légion au Mexique, mais qu’il est bien exploité aussi.

Cerveceria Olas Altas (Culiacan Mexico) Dos Pablos India Pale Ale 6.6%

oa_dospablosTrès parfumée et agrumée pour l’olfactive, à l’aveugle (nasal) on se croirait transporté à Portland en Oregon avec tout ce houblon facile mais néanmoins non excessif.  La bouche est d’abords pas trop amer, mais ce n’est que mieux se préparer pour la finale pleinement houblonnée, où le grain est en échec.  Certes excessive, on rencontre pire (ou mieux, selon les goûts) plus haut en Amérique mais une bonne bière pour ceux à la recherche de bonnes IPAs mexicaines.

La cote OO : B-

Car si l’on visait les américaines trop portées sur le houblon, on a bien visé.

Cerveceria Modelo (Mexico Mexico) Corona Extra Juega Mexico 4.5%

coronanormaleIntriguant: je n’avais jamais remarqué que la Corona était faite par Modelo.  On peut donc s’attendre à quoi de plus ou de moins que cette dernière?  Au nez la différence est immédiate, on est loin du grain de la Modelo Especial pour se retrouver avec une bière d’eau et d’un peu de houblon.  En bouche on se fait donner un élan de houblon citronné (qui irait bien avec la lime qu’on voit dans les pubs) mais on reste là.  La finale est encore plus aqueuse et même si l’on voudrait rester poli, on pourrait seulement dire que c’est une bière que ne pourrait que se contenter de « compétitionner » avec les buds et autres bières sans goût de ce monde.

La cote OO : E+

Parce que c’est le symbole de tout ce que je n’aime pas dans la bière; à un certain niveau je préfère être choqué par une mauvaise bière que de boire de l’eau houblonnée.

Cerveza Modelo (Mexico Mexico) Especial 4.5%

modeloAu Mexique, 5 choix: Modelo, Sol, Corona, Tecate… ou chercher beaucoup.  Il fallait donc s’attaquer aux Classiques et en toute franchise, ici ce sera presqu’une réussite du simple fait qu’elle ne goutera pas trop l’eau.

Le nez est un peu bizarre : l’orge semble présente, pas trop diluée, mais il y a quelque chose entre le cactus et le miel qui arrive aussi aux narines.  La bouche est teintée du même goût mais de rien de plus, laissant peu à l’imagination.  La finale est quant à elle plus normale, et l’orge ne manque pas trop.  C’est donc au-delà des espérances en autant que celles-ci ne soit pas trop élevées. 

La cote OO : D+

Parce qu’en matière de bières commerciales mexicaines, c’est peut-être la plus gouteuse.  Et la seule que je commanderais pour la boire en essayant de la goûter.

Cerveceria Wendlandt (Ensenada Mexico) Foca Parlante Stout 5.5%

focaparlante

Oui, c’est l’étiquette qui a fait qu’on l’a choisie.  Mais la bière est pas mal plus que cela.

Ici on ne semble pas faire dans la subtilité d’un grain tendrement grillé; c’est grillé presque brûlé.  Ce qu’on remarque immédiatement au niveau de la bouche, c’est encore une fois à quel point le grain est atteint par la flamme, augmentant l’amertume d’un bon cran.  La finale est légèrement plus calme mais il n’y a pas à dire, c’est un totalement essai sur la torréfaction du grain.

La cote OO : B+

Parce que le volume est fort, mais on ne parle totalement pas de folle manière.  Certes pas la plus originale des proses mais un bon roman juste à point (je suggérerais Independent People de Halldor Laxness).

Cerveza Cucapa Artesana Liquida (Tijuana Mexico) Obscura American Brown Ale 4.8%

cucapaPourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?  C’est ce que semble dire cette bière tendrement léchée par le feu de l’orge.  Malgré le sobriquet « american » c’est du caramel bien végétal qui trône en bouche, précédant la finale moins sucrée mais encore dominée par le grain.  L’aftertaste est plus tempéré pour conclure une bière qui ne remplit pas sa promesse américaine, mais qui livre celle du bon goût.

La cote OO : B

Parce qu’on en revient à la bonne vieille simplicité.  Un bon tube des années 80 qui fait encore « la job ».  J’irai avec « I want a new Drug » de Huey Lewis and the News.

Cerveceria Punta Sur (Cozumel Mexico) Eagle Ray Stout 6.2

puntasur3rdAssez opaque côté mais davantage libertine avec du grain léger, pas trop poussé et qui butine entre le café, le cacao et le chocolat.  En bouche on prend un tournant végétal en s’enfonçant dans les feuilles de palmier pour y trouver un cœur de cacao.  Côté longueur on repassera – c’est court spécialement pour le style mais la balance y est.  Ça semble bon donc?  On dirait plus correcte, mais malheureusement trop oubliable aussi.

La cote OO : C+

Parce que la couleur et un nom d’animal cute ce n’est pas assez.

Cerveceria Punta Sur (Cozumel Mexico) Jamaica Wheat Ibiscus 4 4%

puntasur2Un hommage au jus d’ibiscus commun au Mexique, le visuel n’est pas aussi rouge que le jus et l’odeur est plus atténuée que ce dernier.  À la fois pesante et rafraîchissante, la fleur d’hibiscus vire presqu’à la fraise, et le blé est bien monté en finale, d’une manière cette fois peu commune dans les pays chauds.  En résumé, une bière de blé où l’on explore la longueur et la complexité de cette céréale.

La cote OO : B

Parce que le fleuri ne se trouve pas seulement dans le houblon.  Dans les bonnes à l’hibiscus, une recette à retenir.

Cerveceria Punta Sur (Cozumel Mexico) Malix 4.8%

puntasur_malixDe l’avis du brasseur, l’appelation Malix (un chien bâtard en français) vient du fait que l’on voulait mettre un maximum de saveur dans une bière blonde.  Côté nez le grain fait très « fait maison », ce qui se poursuit en bouche de manière intensément gouteux… c’est tout sauf une bière claire.  Croquante en bouche, la finale est mielleuse et encore une fois super bien marquée. 

La cote OO : B

Parce que ce n’est pas une raison de climat si on ne peut pas faire de bon stock au Mexique.  Punta Sur le fait avec un équipement plus près de la nanobrasserie ou de la brasserie maison, mais avec une passion qui vaut le détour pour cette bâtarde à elle seule.

Cerveceria Punta Sur (Cozumel Mexico)

puntasurDans le royaume des tout inclus et des bateaux de croisière, il peut être difficile de trouver authenticité.  Et pour l’explorateur de bière, le Mexique n’est pas la terre promise des microbrasseries.  Il faudra donc – heureusement – sortir du circuit touristique pour environ 3-4 pâtés de maison pour y trouver la Cerveceria Punta Sur, la seule de l’île, qui ressemble à un petit bar assez simple, rempli de décoration assez kitsch mais surtout d’une carte de bières maison.

À l’intérieur, directement passé le bar, on voit l’équipement de brasserie, somme toute rudimentaire mais au moins on sait que l’on n’aurait pas droit à autre chose que des bières ultra artisanales.  On s’assoit donc pour y trouver une carte limitée (selon 5 bières au menu) mais pour la région, c’est 2 ou 3 bières de plus que les Dos Equis, Sol et Tecate de ce monde.

En parlant au propriétaire autant volubile que gentil, on comprend que l’option de lager n’est pas vraiment approprié pour la microproduction, question de climat.  Par contre comme on goûtera à une stout, une ambrée, une bière de blé à l’hibiscus, une blonde et une… bâtarde, on aura un bon portrait de quoi Punta Sur est capable.

C’est donc certainement une direction à prendre pour l’amateur de bière ou tout simplement celui d’authenticité (leurs pizzas sont d’ailleurs excellentes et valent le détour à elles seules).

« C’est pas la grosseur de l’équipement, c’est ce que tu fais avec »