L’Esprit de Clocher Le Grand-Duc Édition Spéciale vieilli 6 mois en barrique de whisky 9.6% 61 IBUs

ecgdvLa cote OO : B+

La part des anges du monde du whisky, cette fois-ci côté brassicole.

Si le récit du séjour en barrique était conté, on pourrait être certain qu’il contiendrait une grande incursion en forêt, d’abord de chêne vanillé se reposant au Kentucky, suivi d’une migration dans de la plaine de sucrerie québécoise (l’arbre, non l’étendue de pays plat).  C’est de la pornographie olfactive quoi mais passablement plus artistique que certaines bières à l’érable par exemple.  On carriole de plus en plus vers la cabane (à sucre) une fois le liquide en bouche, en détectant assez facilement le côté suave des flocons d’avoine à la recette, puis on avale en découvrant la pointe de moka beaucoup plus palpable dans l’édition non vieillie.  Quant aux gorgées subséquentes, elles livrent davantage la vanille et le je-ne-sais-quoi du fût de spiritueux, et énormément de volupté.  Définitivement une autre édition que l’Esprit de Clocher se devrait d’offrir en plus grande quantité, dont on pourrait mettre au défi n’importe quel amateur de bière à l’érable de troquer l’arbre pour la ruche.

L’Esprit de Clocher : la bataille des Capitaines (Le Vent du Large Février 2019 vs Avril 2020) 3.8%

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Pas de la condensation, mais vraiment plus opaque que la vieille édition.

Un an plus tard, le Capitaine reprend le large, mais à quoi ressemble le bateau de celui qui a passé un an et des poussières en cellier?

Première différence marquante : l’instant de prendre la photo, d’une édition vieillie plus moussante et limpide l’odeur semble trappée sous la surface et elle semble beaucoup plus salée.  Probablement parce que le houblon Sorachi Ace a coulé par le fond avec les mois de vieillissement.  Quant à l’aspect plus laiteux de cette bière sûre, on le trouve beaucoup plus facilement dans la version jeune.

En bouche l’aînée est plus sèche que la cadette et moins salée que son nez laissait présager.  Moins goûteuse que par les souvenirs aussi, on passe donc à la plus jeune moins cinglante, plus salée mais aussi plus vivante de son houblon qui amène une touche de petites fleurs blanches en sortie.  La seconde gorgée sera donc fatidique au jugement de la version vieillie : le long séjour en cellier n’a pas été des plus bénéfiques – il fallait peut-être s’y attendre avec ce type de bière et ce taux d’alcool aussi.

Constat finale?  Ne pas la laisser vieillir.  La meilleure pêche est faite directement sorti du port.  Et pour ce qui est la plus jeune, c’est une bière digestive parfaite à la suite d’un lourd repas, qui nous fait aimer les bières légères et où la simplicité l’emporte.

Esprit de Clocher Surnaturelle brassin Juin 2019

ec_juin2019La bonne vieille Surnaturelle… aucun plaisir ici, ce n’est que sûrement une question de professionnalisme d’explorateur brassicole…

La cote OO : A

Parce que l’été débute avec la visite des extra-terrestres mais elle ne finira pas avant qu’il ne laisse leur trace dans les champs de blé.

Toujours aussi parfumée que par le passé, s’il y a une chose à remarquer dans cette bière et particulièrement dans cette édition, c’est la pureté des ingrédients, et combien à quel point il n’existe pas seulement que les houblons pour apporter la bière aux tropiques.  Évidemment, c’est à grosse gorgée qu’il convient de l’attaquer pour cette fois-ci sentir un peu plus l’impact des lactobacilles à la recette.  Et puis à l’intérieur?  Rafraîchissante.  Satisfaisante.  Comme quoi la légèreté peut faire bon ménage avec le bon sens de l’expression.

Le constat : s’il y a une bière sûre au Québec qui ne mérite pas d’être sous-estimée, c’est sûrement la Surnaturelle, dans sa plus simple et réduite expression.

L’Esprit de Clocher A Bord de l’Atalante Blonde Pislner 5% (revisite)

ecabaLa blonde pilsner n’est certes pas la « go to beer » du beer geek quand il arrive dans une microbrasserie, à moins que c’est l’ouverture officielle ou l’essai de la palette de dégustation au complet (le cas actuel de l’auteur de ces lignes) .

Avec un nez autant prévisible difficile de s’exciter sur son cas…au moins le grain semble profond et les houblons réguliers.  Le grain est encore plus croquant sur les papilles mais le développement des saveurs est somme toute limité.  Encore une fois, on peut lui trouver la qualité de ne pas être très aqueuse, et c’est la même chose en finale où l’orge mielleux étale bien son sucre.

La cote OO : B-

Parce que ça en prend une comme ça par micro et il faut être prêt pour un peu de sucre bien placé.  Une blonde bien orgée qui rassasiera la soif plus que la curiosité.

Revisite: L’Esprit de Clocher Major Tom IPA anglaise 6.2% (édition novembre 2018)

ecmt2018D’emblée, la désignation « anglaise » semble très méritée car les céréales (orge et seigle) et le sucre de ceux-ci sont mis en contradiction olfactives au milieu des houblons bien choisis (et à tendance anglais évidemment).  Un peu neutre en bouche, elle sait s’incruster de manière assez intense, mais pas autant qu’en finale où le grain s’empare de la rétro-olfaction pour ne laisser qu’un soupçon d’amertume.  L’épice du seigle sait bien jouer son rôle (amenant même un peu de graine de tournesol) et fait de cette IPA un judicieux choix pour hopheads à la recherche de variété.

La cote OO : B

Parce que le but de l’exercice réside dans la dualité houblon et grain, mais surtout l’intensité du dernier dans la longueur de l’aftertaste.  L aMajor Tom semble être l’une des petites spéciales favorites de l’Esprit de Clocher et même si elle n’est pas nécessairement dans mon style de prédilection je commence à comprendre pourquoi.

L’Esprit de Clocher La Bonne Étoile 5% (2018)

ecbe2018Dans une Vienna Lager, on peut s’attendre à du grain plus tranchant que celui d’une rousse de tous les jours; mais non, ici c’est très rond mais à la fois aussi limpide.  Pour les papilles aussi car le grain est mielleux, et c’est davantage l’amertume qui est croquante.  Enfin c’est de manière légèrement cuivrée qu’elle s’engage en gorge pour y rester en rétro olfaction pour une bonne durée.  Hyper straight mais parfaite comme arrêt lors d’une balade en vélo, le mot qui revient du début à la fin est franchise.

La cote OO : B

Parce que si l’on cherche une bière de tous les jours, on peut faire appel à la blanche curacao/coriandre, mais quand la Vienna Lager est aussi bien réussie que cette Bonne Étoile, c’est aussi si encore plus sympa.

L’Esprit de Clocher La Surnaturelle bière surette à la camerise 3.8%

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Quelque part, quelque chose d’incroyable attend d’être connu.  Du Carl Sagan sur une bouteille, le geek en moi apprécie presqu’autant que la Boson de Higgs d’Hopfenstark (bon, je suis davantage physique quantique que cosmologie).

La 3e visite des visiteurs… les extra-terrestres aiment Neuville et/ou Neuville aime les extra-terrestres?  Pour ce voyage ils ont certainement amené plus d’une soucoupe de camerise car le liquide rouge/rose s’éloigne dangereusement de la bière normale, ce qui pourrait faire demander à l’observateur « serait-ce la fois que l’Esprit de Clocher va déborder de sa sage retenue.  Le nez vient rassurer car d’accord le fruit est présent mais c’est le petit côté lactobacile rond qui règne, encore plus que dans celle à l’argousier.  D’abord sèche le fruit n’est pas si retenue que ça mais loin d’être éhontément sucré.  Même chose en finale où l’on vient conclure par le même petit côté rond des levures et du blé vert.  Certes, on ne peut s’attendre à une bière avec un aftertaste qui s’étire aussi long que des années-lumière , mais la camerise sait rester sur le derrière de la langue de belle manière.

Et puisque dans le frigidaire de l’Esprit de Clocher il restait toujours celle à l’argousier, il fallait bien comparer un peu.  Plus sèche et un peu moins goûteuse, l’argousier est aussi un fruit plus subtil alors pour les départager, à mon humble avis il faut se rendre à l’aftertaste : si on préfère ses berliner weisse plus sèche, privilégiez la plus pâle des deux.  Si vous voulez davantage explorer la planète du fruit, choisissez la camerise.

La cote OO : B+

Parce que le choix des aliens étaient judicieux, la main est resté tout de même assez légère, mais que la langue de l’argousier était plus compatible avec l’allemand de berliner que la camerise.  Malgré tout, c’est une visite qu’on appréciera facilement lorsque l’on cherche très goûteux et très facile.

L’Esprit de Clocher La Première Nuit IPA au maïs (houblon Nelson Sauvin) 2015 6.1

ec1renuitPlus végétale que trop agrume, le maïs semble lui apporter une belle rondeur et l’approche un peu d’une blonde.  Très présente aux papilles, l’amertume se contrôle bien et laisse la place aux grains de maïs et d’orge qui dansent une belle valse mi-rafraîchissante mi-corsée.  La finale est encore plus près de la IPA quoiqu’en toute fin, on atteint encore un bel équilibre.  Est-ce qu’elle ferait partie d’une rotation régulière selon moi?  Non, mais l’exploration en vaut le jeu de maïs.

La cote : B

Parce que… pourquoi il n’y a pas plus de bière au maïs?

L’Esprit de Clocher : Les 2 Coquettes (2017 vs 2018)

On a donc affaire, séparées d’un an et quelques jours, aux éditions 2017 et 2018 de l’harvest ale annuelle de l’Esprit de Clocher.  Il faut savoir que ce type de bière n’est pas nécessairement la meilleure cible d’un vieillissement en cellier, mais tant qu’à l’avoir…

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Au nez, la 2017 surprend par sa sagesse, apportant tranquillement des notes d’houblons moitié anglais moitié californien.  Le grain de son côté est assez mielleux et bien marqué.  Ce même grain est beaucoup plus reculé chez la version 2018, et pour les houblons on semble être plus varié que la plus vieille des deux, y trouvant herbes, feuilles et bien sûr des agrumes.  Pour la bouche de la 2017, encore une fois je suis surpris de trouver une coquette bien marquée par l’orge et l’orange, avec une amertume plus que bien contrôlée.  Puis on conclue le tout avec de l’acidité à la hauteur de l’amertume, bref pour une bière qui est supposée mal vieillir, pour ce qui est de la première gorgée c’est très bien réussi.

On passe ensuite à la bouche pour la 2018, y trouvant une amertume beaucoup plus marquée et franche que la 2017.  Des nuances oui, mais seulement dans les élans d’amertume.  En gorge cette coquette se veut plus posée, laissant passer le grain plutôt vert merci.

C’est en revenant à la 2017 que je suis confondu et convaincu : qui a dit que le houblon frais était de mauvaise fréquentation en cellier?  S’agit-il alors d’une exception?  Une seule solution alors, d’en acheter une autre pour attendre l’an prochain.  Mais pour revenir à la petite nouvelle, c’est une belle démonstration que la vie de tout bon hophead (foublon?) qui se respecte n’est pas complet avant d’avoir goûté à quelques bonnes harvest ale.

La cote OO : Par soucis de transparence, puisque j’ai eû une petite implication dans la récolte du houblon frais pour l’édition 2018, l’objectivité est trop difficile et c’est pourquoi je m’abstient pour cette édition.  Toutefois il ne faut pas hésiter à y tremper les lèvres, spécialement si l’amertume vous intéresse!

L’Esprit de Clocher La Mauvais Sort Oktoberfest 2018 5.7%

ecms2018Si un afficionado de bières de microbrasseries et son petit frère amateur de bière grand marché doivent trouver un terrain d’entente pour une caisse, l’oktoberfestbier est à considérer.  C’est donc avec un plaisir renouvelé qu’on essaie la version 2018 de la bière automnale cuivrée de l’Esprit de Clocher.

Bien orangée en couleur et avec un nez des plus maltés, on s’éloigne déjà certaines offrandes de la bière des festivités de septembre en Allemagne qui se voudraient trop « grand public ».  Attirante par sa simplicité donc, c’est à grandes gorgées qu’on goûte au liquide assez doux mais bien gazéifié, avec un malt plutôt lent à chatouiller les papilles.  Pour ce qui est du passage en bouche, le mot Équilibre et en tête de liste, suivi de peu par Confort.  Et bien que l’amertume soit plus tranchante en aftertaste, celle-ci ne fait pas déplacée du tout.  Pour reconfirmer, la deuxième gorgée est oui légèrement plus marquée par le malt mais aussi par l’orange, mais tout autant digeste.

Célébrant sa 4e année, cette oktoberfest est différente des 3 dernières éditions mais fait aussi un bon amalgame du côté sec et tranchant du liquide à ses 2 premières années et du côté plus malté et houblonnée de la dernière.  Et en unissant les deux force pour donner 500ml presque toutes bues pour faire l’analyse à coup de grandes et délicieuses gorgées, pas de surprise à voir une note supérieure aux 3 années passées.

La cote OO donc : B+

Parce que ce n’est pas seulement une des trop rares dans le style, mais une des trop bonnes.  Jusqu’à la preuve du contraire, la meilleure oktoberfestbier au Québec.