Le Naufrageur Avignon NEIPA au Thé du Labrador 5.2%

naEst-ce que le thé du Labrador va se goûter ici?  Ça ne serait pas la première fois qu’il passe un peu inaperçu.

La cote OO : B+

La cuisine boréale en version sucrée et brassicole.  Qui colle.

Sans le savoir, cette NEIPA semble vouloir répondre immédiatement à mon défi, car le pif présente dès l’ouverture le thé du Labrador, salé, cendré et boréal à la fois.  Plus raisonnable, la bouche envoie un peu d’orange, de poire jaune et l’astrigence du thé, dans de brèves volutes avant que le thé colle aux parois de la gorge.  C’est certainement la bière au thé du Labrador la plus évidente que je connaisse, mais c’est à se demander pourquoi les autres n’y vont pas à fond, car elle est vraiment digeste.  Est-ce que la NEIPA est le meilleur style pour lui coller?  S’il ne l’est pas, j’aimerais gouter les autres.

Le Naufrageur Gose-sur-Mer Bière sûre à l’eau de mer 4.25%

ngsmUne bière avec une certaine réputation avec un concept d’eau de mer qui ne pourrait mieux trouver que la gose… or la réalisation est comment?

Pas vraiment la plage de Carleton-sur-Mer olfactive mais peut-être plus profond des terres de Goslar en Allemagne, mais c’est loin d’être un défaut que de respecter son style.  L’attaque est ensuite salée, très, très, très, très salée (dans les plus salée que j’ai goûté à ce jour) et à ce point on s’attend presque à la shot de tequila cruda.  Au lieu, on avale un liquide qui maintient le cap de sel en ramassant un peu d’algue au passage, pour s’amarrer au port de Gaspésie à des milliers de kilomètres de l’olfactive.  Un peu habitué, les papilles perçoivent une certaine amertume en seconde gorgée et la finale semble plus ronde mais on aura beau la prendre d’une manière ou d’une autre, c’est une gose somme toute assez simple mais très salée.

La cote OO : B-

Parce que le sel ça ajoute du goût, mais en grande quantité ça peut le masquer.  Par contre, un petit détour sur le barrachois de Carleton-sur-Mer n’est pas la pire des destinations non plus.

Le Naufrageur Ale amérindienne Sumac Blanche aux petits fruits 4.6%

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L’étiquette parle de jeune prune jaune; je ne l’aurais pas trouvé tout seul mais en le lisant je ne peux être que d’accord, je suis transporté dans le prunier du milieu chez mon père.

Les blanches (ou les sûres) aux petits fruits sont monnaie courante maintenant, par contre du sumac?  Il faut essayer.  C’est donc une bière qui a tout de l’apparence d’une sûre (ou plus simplement un jus) de fruits, ce qui n’est pas nécessairement le cas du nez qui démontre une bonne part d’orge et de houblon à l’avant du fruit.  La bouche est assez calcaire – ici on semble avoir migré sur la Berliner Weisse, et le fruit sûr poursuit le même chant.  La finale est plus éclatée par contre, avec du fruit, du houblon, un brin d’herbe ou de végétal (probablement le sumac)  puis une acidité rafraîchissante.  Bien que l’aftertaste est court, c’est une blanche à essayer autant par curiosité que par plaisir.

La cote : B+

Parce que boire une bière aux fruits c’est bien, mais boire une bière de petits fruits hors du commun c’est mieux.

Le Naufrageur Québec Love IPA 100% Québécoise 6.3%

nqlPour une IPA 100% québécoise on pourrait s’attendre à une bière amère trop poussée ou un peu bizarre; ici ce n’est pas le cas avec le nez d’une IPA toute à fait dans les normes à l’instar de la 60 Minutes IPA de Dogfish Head des cousins américains.  Le choix de houblons semble à quelque part entre le fleuri et l’agrume, assez facile et abordable (le tout recouvert d’une mousse compacte pour le genre).  À la gustative encore, on est généralement assez tranquille entre houblon et grain, tandis qu’en finale on est pleinement houblon sans nécessairement être pleinement amer.  Pour finir, ce sont les mêmes houblons qui rappellent certaines Harvest Ale (La Coquette de l’Esprit de Clocher par exemple) et qui concluent une IPA qui ne se révèle pas être comme de la musique québécoise que l’on écoute seulement le 24 juin à la Saint-Jean.

La cote : B

Parce que c’est une IPA qui est québécoise parce qu’elle est bonne, et non pas qui est bonne parce qu’elle est québécoise.

Le Naufrageur Série Boisée Carrick 2015 Scotch Ale vieillie en fûts de rhum 10%

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J’aurais fait un autre pari que de prendre une bière sucrée (scotch ale) avec un baril de finition sucré (rhum).  J’aurais été dans l’erreur.

A  10 mois de magie à Carleton-Sur-Mer.

Pas nécessairement ultra-punchée au niveau rhum, c’est du sucre d’érable qui s’empare des narine et donne une scotch ale très québécoise.  Pour les papilles, on chatouille d’aspects boisés, torréfiés et d’un sucre tellement bien amadoué avec des essences d’érable, dans une texture juste assez visqueuse pour rappeler une stout impériale russe à tendance de raisin sec.  Boom et reboom de caramel pour la gorge, à ce point c’est sans contredit une des meilleures scotch ale où le sucre est à l’avant-plan sans tomber sur le cœur, grâce aux fruits et une lointaine péninsule de houblon.  Une bière qui cache et contrôle ses secrets.

La Naufrageur Swordfish Ale Brune Forte 6.7%

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J’aime les histoires de bateaux du Naufrageur.  Inutiles, mais intéressantes.  Et ça vaut mieux qu’un mot jeu de mots ou une mauvaise BD.

B  Un bateau pirate qui donne le sens de « fort » dans « brune ale forte ».

Derrière un soupçon de caramel c’est un olfactif de brune à la limite de la nut brown ale (sans les noix).  Avec un souffle de houblons bien dissimulé, le navire avance traditionnellement mais sûrement tout en gardant son équilibre de caramel parfait et de levures belges souples et distingués.  Bien dosée, le lourd navire ne fait pas de vagues mais avance en gorge sans aucun effort, et on apprécie la croisière.

Naufrageur Ale Amérindienne Double Blanche Tanaisie 7.2% 70 IBU

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La tanaisie aurait des propriétés insectifuges et toniques.  La parfaite bière de chasse donc.

A-  Le monde merveilleux du Naufrageur.

Parfum bien présent mais doucement féminin de vanille et d’herbes indéterminées.  Juste à l’odeur (qui me rappelle un peu leur cervoise) Naufrageur me confirme leur expertise dans le style « bières boréales ».  Pour le goût c’est funky mais pas extra-terrestre, où c’est plus double branche qu’herbe bizarre.  Côté amertume, c’est soutenu et la finale est plus tranquille – on est habitué rendu là.  Pour une double blanche, c’est jamais la première que je servirais à un belge pur laine mais à un touriste ouvert aux choses du Québec, pourquoi pas.

Le Naufrageur L’Étape du Phare Bière session 3.5%

netdB-  Une bière de session, mais pas d’études.

Très odoriférante pour une bière de soif, c’est très IPA avec des houblons pamplemousse et orange, un peu floral et un peu coco aussi.  En bouche c’est de la cannelle qui précède l’amertume qui perdure en finale, pas mal mieux balancée d’ailleurs.  C’est donc une IPA de soif légère, que l’on doit boire principalement sans y penser, ayant ses moments et avec des points en plus pour avoir réaliser autant d’intensité avec aussi peu d’alcool.