Boon Kriek Lambic 4%

Cote OO :  B-

Sans dire gratuite, allons-y avec très généreuse.

Moins d’alcool égal plus de fruits?  Probablement car ici, comparativement aux versions à 8 et 6.5% de Boon, la cerise est déchaînée et très dessert.  Voluptueuse mais excessif une fois au contact des papilles, plus aucune retenue et probablement trop gratuite, il faut donc les aimer sucrée.  Très sucrée.  Même en finale où l’on verra facilement pour y tremper un gâteau forêt noir trop amer.  Le public visé en serait donc un de bière trop fruitée pour leur propre bien, on la gardera donc pour les pâtisseries. 

Boon Oude Kriek Boon à l’ancienne 6.5%

Cote OO : B-

À force de bouger beaucoup on enveloppe moins.

Décidément plus crémeuse que sa sœur « parfaite » cette Boon se veut plus aussi plus fruitée et loin de ce qu’on peut appeler une lambic.  Le sucre est moyen en bouche et en la gardant plusieurs secondes là, on découvre la cerise un peu plus juteuse, et certes très balancée, et ce jusqu’en finale.  Bon, à quel part, ça reste une bière fruitée avant tout mais une saprée bonne bière fruitée, plus pimpante mais un peu moins enveloppante que la version de Lindemans.

Boon Kriek Mariage Parfait 2017 8%

Cote OO : B

Oui.  Parce que non.

Si ce n’était de la bonne réputation de Boon, ce nez 110% cerise serait trop jus – voir trop sirop Hush Puppy – pour sembler naturel.  Toutefois, en humant plus longtemps, on ne détecte pas seulement le fruit mais aussi l’écorce de celui-ci, un brin végétal qui se prend bien dans tout ce fruit.  La gustative confirme qu’on est loin du sirop, en nous faisant penser à de la grosse cerise très noire pas très sucrée, en moins en finale où l’union du fruit et du caractère sec des levures de lambics (et Lambeek) est à son paroxysme.  Est-ce que toutes les bières à la cerise/griotte se doivent d’être sucrée? Non.  De l’autre bord, ça fonctionne aussi.

Lake Drum Brewery (Geneva NY) Kriek Lambic Sour 5.1%

ld6À l’opposé de leur Rouge des Flandres, la couleur de leur kriek est bien teinté mais au nez la cerise est en arrière-plan pour laisser une olfactive indéterminée.  En bouche, comme leur rouge on est davantage dans le territoire oud bruin et pour ce qui est de la cerise on passe la bouche pour ne la voir qu’en finale où le bois est léger mais bien dur.  Difficile de ne pas l’aimer malgré son manque de cerise.

La cote OO : B

Parce qu’avec son acidité bien contrôllé, c’est une très belle kriek d’intro un peu comme la mort subite.

Revisite : À la Fût Rouge de Mékinac Inspiration Rouge des Flandres Kriek 5.4% (brassée en septembre 2018)

alfrm2018Quand on parle d’un grand classique : avant même que les bières sûres et encore plus loin que le terme « kriek » ne soit réellement connu au Québec (sauf peut-être du côté de Schoune) il y avait la « Co-Hop V Rouge de Mékinac » . Très certainement l’un des très grands classiques québécois, une revisite s’imposait.

Au nez c’est la même cerise aigre qui saute aux papilles, et l’aspect âpre mais aussi presque crémeux se reconnait facilement.  Olfactivement du moins on a pas l’impression qu’elle a changé vraiment (tant mieux!).  Le fruit explose en bouche et est plus sec que par mon souvenir, une sensation probablement dû en partie à la gazéification qui semble assez importante.  La finale est toutefois à la hauteur de mes souvenirs, passant d’abord par le vinaigre balsamique en gelée avant de voguer tranquillement sur le caramel et les cerises toujours aucunement sucrées.

La cote OO : A+

Parce qu’au début je pensais lui mettre « juste un A » mais qu’en respirant elle se complexifie et se solidifie sur les papilles pour me convaincre à quel point elle devrait faire partie de toute bonne dégustation servant à montrer le grand savoir brassicole québécois.

Ommegang (Cooperstown NY) Rosetta Kriek 5.6%

B  Droite au fond.

Tout autant de manière subtile que profonde, c’est de la cerise noire qui flatte le nez.  Ce même fruit revêtit son écorce pour les papilles, et passe même par l’écorce du grain d’orge pour amener une finale un peu éparse.  La cerise juteuse revient quant à elle en finale qui une fois de plus allie profondeur et facilité.  Toute en intensité, dans les meilleures d’Ommegang.

ork

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.

Schoune Lambic Kriek 5%

slk

On s’en fous-tu de la couleur?

A+  Venez pas me dire que le Québec n’a pas de profondeur brassicole.

Plus lambic que kriek, c’est funky à souhait, acide sans être acerbe, mais plus orange que rouge et moins fruitée que prévue.  Et à quelque part dans tout ça, quelque chose de leur Gueuze Spontanée (les levures?).  La finale est astringente avant que les cerises explosent et me rappellent du clafoutis et des poptarts  aux cerises, le tout accompagné de rhubarbe et de chêne.  Dans la trempe de la Rouge de Mékinac d’À la fût, une très grande bière de Schoune où ça goûte plus que le simple fruit ou du sirop.  J’avancerais même qu’il s’agit de ma meilleure kriek tout pays confondu.

Lindemans Kriek Lambic Belgian Cheery Beer

klA-  De la tarte liquide, sans les grumeaux passés au blender.

Un peu plus foncée que la Lindemans Framboise, veut, veut pas, je dois comparer.  Super cerise, c’est le petit fruit avec de la grosse écorce, mais comme sa sœur Framboise on oublie un peu que c’est une bière.  Pas beaucoup de développement en bouche alors qu’on continue sur la cerise dans une belle longueur ou l’amertume est totalement absente.  Toujours en comparer à sa sœur, ça devient un jeu de préférence de fruits, où j’y préfère la cerise, mais par son éloignement au moindre feeling de bière, je ne peux lui donner plus haut qu’un A-.

Dunham Kekriek (aux cerises du verger Tougas) 6%

dkC+  À force d’être sur les freins à chaque courbe, on manque presque la ligne d’arrivée.

Pas super évidentes au nez, les cerises sont plus présentes que l’orge qui semble absente de cette liqueur aux fraises et qui manque aussi de carbonation.  Mieux balancée en bouche, le blé et la cerise font bon ménage, même si le fruit s’impose en finale, sans être trop acide ou trop sucrée.  Beaucoup plus subtile et retenue que je ne l’aurais pensé, côté asaissonnée, il se fait beaucoup mieux, mais pire aussi.