Naufrageur Pilsner Impériale Vieillie en fût de Téquila 9%

npiLa cote OO : A-

Le mystère est la seule vérité.

Vanille…. et quoi d’autre?  Un peu de bière sûre en prime, un peu de mangue, aussi sans le côté poivré et cactus qu’on peut parfois sentir dans les bières vieillies en fût de téquila.  En bouche c’est tout sauf une pilsner, ça s’approche plus d’une bière un peu sûr profonde et profondément fuckée – d’accord, bizarre.  La finale est exactement dans le même ton, du yogourt à la mangue et à la mangue qui se termine sur un élan d’orge.  Puis finalement le poivre et le houblon à peine vert.  Le genre qui nécessite une suite de gorgées dans lesquels on trouvera toujours quelque chose de supplémentaire à chaque fois.  Le tout baignant dans un liquide frisant les dix pourcents, on va finir par divaguer sur son existence… cogit ergo sum.

Tête d’Allumette Impériale Gasket de tête stout russe 9%

taigdtsrSur feu de bois, une stout impériale russe de la meilleure brasserie de tout le Kamouraska doit livrer.

La cote OO : B+

Pour une fois, Tête d’Allumette réussit dans la sobriété.  Sauf au niveau du pourcentage d’alcool.

M’attendant à la tourbe souvent rencontrée dans les bières de la tête d’allumette le nez est différent, mais tout de même à la hauteur des attentes de par son orge en parfaite zone « goldilock » : par tro sucré, bien vanillé, habilement torréfié, boisé finalement et un je-ne-sais-quoi de mystérieusement indéterminé.  À l’intérieur le moka se dévoile, puis la chaleur de l’alcool qui parait au-delà du 10%; pour la finale c’est la même chose mais le mystère perçu au niveau du nez y est toujours.  Il faudra donc passer à la seconde gorgée pour tenter d’élucider le mystère, sans trop de succès.  On en fait quoi donc de cette offrande de Tête d’Allumette.  On la boira facilement dans un verre ballon devant le foyer, en plein blizzard si possible.

L’Emporium Castafiore Witbier Impériale houblonnée 7.6%

emp_mars_2020La cote OO : B+

Dans les hautes branches (de l’oranger).

Une witbier se doit d’être fruitée, mais est-ce qu’une witbier impériale se doit d’être impérialement fruitée?  C’est certainement le cas ici avec de l’orange bien appuyée par le blé, tandis que la bouche est plus amère qu’une wit normale, mais encore emportée par l’orange.  La finale est ronde et longue, pas trop houblonnée et installe facilement les gorgées qui suivront.  Un peu plus sèche et bien montée, un bon chant qui monte dans les champs et l’orangeraie.

Dieu du Ciel Immoralité IPA américaine impériale Edition DDH Cryo 9.2%

ddciddhcD’emblée, je dois dire que l’Immoralité standard ne m’a jamais été de bonne augure, à un point tel que je n’ai jamais compris le buzz autour de celle-ci.  Vivement les nouvelles éditions de ce genre pour remettre le status quo en question.

La cote OO : B

Parce que l’appetit vient en mangeant?

Double Dry Hop et joyeusement parsemée de sédiments, bien qu’au visuel on a plus que l’IPA traditionnelle avec un nez bien arrondi qui démontre bien la hauteur du 9.2%.  Les IBUs ne font pas de doute sur les côtés de la langue non plus, on se prépare donc à rentrer les lèvres par en dedans, ce qui ne survient que partiellement en milieu de finale, tandis que l’aftertaste a un poids d’abord léger, puis modéré.  Très franchement rien qui ne mérite un méga-buzz mais bien faite, à la hauteur de la moyenne faites par les micros qui penchent par-dessus tout pour le houblon (le Noctem par exemple).  Sa force se trouve également dans les secondes et troisièmes gorgées où le sucre fait bien le travail aussi.

Broadway Lord Sherlock Stout Impériale vieillie en fût de chêne 9%

bwlsPour l’amateur de profil olfactif de stout impérial velouté, sucré et rempli de raisin sec, de dattes et de pruneaux, on est très bien servi.  Toujours aussi douce pour la langue, le grain est un peu plus torréfié – et par le fait même moins sucré – ce qui corse l’expérience sans choquer.  La finale est un retour définitif de la vanille qui reste le chef d’Orchestre de cette symphonie de stout où l’alcool sait chauffer sans brûler.   Il ne reste donc qu’à dire Bravo à Broadway, malheureusement pas assez volubile.  Toutefois, quand ils parlent, ce n’est pas pour dire des niaiseries ou mièvreries.

La cote : A-

Parce qu’elle est certes excessive mais bien balancée.  Trop peut être mieux que pas assez.

À l’Abri de la Tempête Sable Noir Imperiale Lager noire à l’avoine 9%

atpsnB  Plaire en restant mystérieuse.

Ni trop amère ni trop sucrée, olfactivement c’est bien réussi dans tout ce qu’il y a de plus stout à l’avoine, où l’orge est aussi bien marqué.  L’intensité de la torréfaction est aussi bien démontré augoût en voguant sur des nuages de chocolat, d’amandes, de bois aussi.  Enfin, crémeuse et affirmative en aftertaste, à la limite d’être sèche elle amène un peu de café et de vanille.  Peut-être mieux construite qu’à mon goût c’est une bière qui challenge mais qui ne décoit pas.

L’Arsenal Major Beaulieu Imperial Stout Cerise Série l’Arsenal du maitre 2017 9.5%

ambisc

Autant au niveau du contenant que du contenu, L’Arsenal se révèle comme l’une des meilleures nouvelles micros québécoises en 2017.

A  Commencer par la base.

Sous son couvert crémeux et invitant, l’odeur de cerise semble sucrée, spécialement pour un type de bière plutôt torréfié mais qui ne semble pas l’être beaucoup dans le verre.  Très crémeuse, le goût de cerise est très fortement amorti; on se retrouve donc avec une stout plus que douce où la vanille est probablement la saveur la plus facilement perceptible.  Lorsqu’on l’avale on penserait avoir droit à la même chose mais non, après 2-3 secondes la cerise revient, pour se conclure dans un aftertaste où le cacao est langoureux.

Une fois de plus, c’est une stout toute en douceur où le fruit supporte plutôt que mène, à un tel point qu’après plusieurs gorgées on en oublie totalement le fruit pour se replier sur une merveilleuse, merveilleuse stout.

Le Lion Bleu Saison Tournevent Saison Impériale 8.1% 35 IBUs

lbstB-  Parce qu’il y a aussi des grand-mères dans la campagne de Belgique.

Légèrement trouble, au nez ce sont les notes houblonnées qui dominent tropicalement, entre belge et IPA où l’amertume semble sous contrôle.  Avec des écorces d’orange très puissantes, le passage de caramel et d’abricot est généreusement amiable malgré qu’on soit loin de la saison habituellement plus poivrée.  Avec un alcool bien soutenu, c’est plus chaleureux que dans le respect du style alors on pardonne plus facilement.

Beau’s Haters Gonna Hate Kölsch impériale 7.1%

bhghB-  Les rois les plus juste ne passent pas obligatoirement à l’histoire.

Pour une kölsh c’est ce à dont je m’attends : une blonde sur les stéroïdes de par son grain, pas très sucré et très agricole.  En bouche la fraïcheur se poursuit, on sent toujours l’intensité du grain, qu’on pourrait même dire très légèrement acidulée, aussi doté d’une amertume juste suffisante.  La finale est encore plus houblonnée et assez intense; l’aspect impériale se fait enfin sentir.  C’est un beau ménage que ce duo orge-houblon, et cette bière le démontre bien, par contre mis à part le plus au taux en alcool ce n’est pas une kölsch qu’on retiendra nécessairement (contrairenement à celle de Kruhnen par exemple).

Microbrasserie du Lièvre Brassin du Chasseur Jackalope Brune Impériale 7.2% 28 IBUs

mdlj

Pourquoi un bouchon, qui ne voudrait pas la terminer?

A-  Sur une grosse poêle en fonte un peu noircie.

Superbe nez de caramel, très originale car à mi-chemin entre la nut brown sans les noix et la scotch ale sans le sucre.  L’orge s’en sort bien aussi, lente et calculée avec une montée d’amertume très contrôlée.  La bouche me laisse toutefois sur mon appétit mais l’aftertaste se charge de me faire revivre les sentiments vécus au nez, cette fois-ci en format gustatif.  Dans une légèreté peu commune pour le style, c’est une bière rustique que je verrais bien servie avec des grosses saucisses tout bœuf du supermarché.  Le nom de « brassin du chasseur » est donc parfaitement choisi.