Le Grimoire Désérables Ambrée à l’Érable 7%

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Une bière qui semble être restée prise dans les débuts kitschs du renouveau de la micro au Québec, dans tout ce qu’il y a de plus kétaine.  Et ordinaire.

C+  Quelque chose de trop mince devient transparent.

Sans être trop érable pour les narines, au premier plan on trouve davantage les houblons anglais et l’orge ambrée qui y sont; il convient donc de la laisser respirer longtemps pour finalement y sentir un peu de sucre dur.  On retrouve ce même élément en bouche, somme tout anodine, avec une finale decevante au pas possible, un peu sucrée et où les houblons sont perdus dans le lot.  Quoique semi-agréable, comme beaucoup d’autres produits du Grimoire ça reste une bière facile à ne pas voir (malgré son étiquette ringuarde) où l’on peut la rencontrer.

Le Grimoire Désérables Ambrée à l’Érable 7%

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Désirable / Désérables, t’as pognes-tu?  Une bière qui semble rester prise dans les débuts commerciaux de la micros au Québec, dans ses aspects les plus kétaines.

C+  Quelque chose de trop mince devient transparent.

Sans être trop érable pour les narines, au premier plan on trouve davantage les houblons anglais et l’orge ambrée qui y sont; il convient donc de la laisser respirer longtemps pour finalement y sentir un peu de sucre dur.  On retrouve ce même élément en bouche, somme tout anodine, avec une finale decevante au pas possible, un peu sucrée et où les houblons sont perdus dans le lot.  Quoique semi-agréable, comme beaucoup d’autres produits du Grimoire ça reste une bière facile à ne pas voir (malgré son étiquette ringuarde) où l’on peut la rencontrer.

Le Grimoire La Noire Sœur bière noire au chocolat (stout) 5%

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Tellement kitsch que ça en est presque beau.

C-  Quand on mélange cuillèrée à table pour tasse.

Fallait-il un jour s’attaquer à l’un des pires jeux de mots du Québec au niveau des noms de bières.  Au reste dans le même genre de subtilité avec un nez de cacao qui efface toute trace possible d’orge ou de bière en général.  En bouche, la pointe d’amertume semble arrivé des houblons, mais le cacao est tellement fort qu’on se retrouve avec la même expérience qu’au nez.  Et c’est la même chose en finale qui a bien beau jouir d’une bonne longueur mais qui est toujours aussi prise par l’ingrédient en beaucoup trop grande concentration.  Et c’est un peu dommage car la bière si lointaine, si lointaine qui se cache là-dessus ne semble pas être dépourvue de sens.  Bien que somme toute elle reste buvable, une autre bière du Grimoire à ignorer à l’épicerie.

Le Grimoire L’Ivrest Bière blanche au blé 5%

giB  Bin, c’est bien!

Contrairement à l’Ivrest à la framboise, le nez semble normal, ni artificiel ni lourd en orange et en coriandre.  En bouche, bien oui, ça reste une belle blanche, légère et à la limite du sûrette avec du blé bien vert.  Finale de coriandre moulue un tantinet léger.  La faiblesse (parce qu’il en fallait bien une) est l’aftertaste beaucoup trop court.  Maintenant, venant du Grimoire il est facile d’être déçu; c’est donc une belle surprise qui sans tomber dans le panthéon des blanches québécoises, s’en sortira bien lorsque comparé à la moyenne.

Bière Intempestive Extra-Mi-Forte

tddaEn tant que critique, ce n’est jamais amusant de « planter une bière » (bien, peut-être parfois).  Intimidant même lorsque l’on doit retourner dans la microbrasserie qui l’a conçue, même si les brasseurs sont généralement compréhensifs.  Même chose lorsque le temps de pointer certains défauts: la réponse « ah oui, alors pars-toi z’en donc une microbrasserie » peut être valide.  Mais bon, le sujet de cette chronique, je le traîne depuis un bout et c’est le temps que je ventiles.

Commençons dans le vif du sujet par une liste de questions:

C’est quoi une « pugnace bière forte »?
À quand la bière avec une etiquette toute noire, Metallica Black Album Style?
Il est où le pourcentage d’alcool?
Le contenu, le contenant ou l’historique?

L’une des plus incriminantes: cher Trou du Diable (qui autrement font des bières hallucinantes comme la Dulcis Succubus), qui visez-vous en inventant des types de bière comme « bière illuminée » ou une « bière universelle », l’artiste hipster à la recherche d’un breuvage poétique ou les tripeux?  Certes, vos bouteilles sont belles et colorées, mais avec vos noms non significatifs et vos descriptions ésotériquement inutiles, quand je peux lire que la Albert 3 Le Singe de l’Espace vise tout d’abord les zoophilbmwes, ça ne m’incite pas à l’acheter.  Et le clin d’oeil à Jean Chrétien est bien amusant, mais pourquoi affubler le tout de nom de « bière pugnace ».  Ça veut dire quoi tout ça?  Quand je rentres dans mes établissements favoris de bières de microbrasserie, j’ai généralement trop soif pour retourner tous les bouteilles.  Je suis peut-être rétrograde, mais je  risque davantage de sélectionner une bière qui présente ses couleurs, parce qu’avec les cannettes et les bouteilles foncées (un must pour éviter l’effet skunk du soleil sur mon breuvage préféré) difficile de juger du style sans sa couleur..

Ceci dit, de l’autre côté, il y a tout de même une balance à respecter.  Considérons par exemple la Grognarde: être bref c’est important, mais il faut savoir attirer le regard un minimum.  À moins d’être un bon beergeek, comment être attiré par une étiquette qui a l’air d’être fait à la série pour économiser le plus possible.  Au moins on a mis le minimum mais il y a moyen de rendre le tout un peu plus vivant.   Et encore, le Bien & le malt mettent le pourcentage d’alcool, ce qui semble être une règle d’or – ou même une loi – au Québec.  Ce qui n’est pas requis aux États-Unis.  Suis-je le seul à savoir s’il boit une bière (ou plusieurs) à 5 ou 10% d’alcool?

rebaleMais encore faut-il parler de la bière.  Qquand je regarde certaines bières d’Unibroue, je me rappelle presque davantage de mes cours d’histoire de secondaire 4 que le goût de leur splendide Fin du Monde.  Un petit peu d’histoire oui mais je bois une bière, je n’écoute pas History Channel.  Mais bon, tant qu’à, j’aime mieux l’histoire de Trois-Pistoles que celle du grand-père du vigneron, tel que déjà vu sur certaines bouteilles de vin.

Enfin, il y a mauvaise description et manque de description, mais aussi la catégorie « c’est mon neveu de 13 ans qui a fait mes étiquettes ».  Ici, au Québec, impossible d’outrepasser à peu près tous les produits de la Schoune.  Mauvais graphisme, images en cut-and-paste mal fait, ou bien image carrément ringarde,  avec en tête du proue du kétainisme la Reb’Ale, qui marie fille de calendrier de garage des années 80 et jeu de mots digne du même étudiant de secondaire 2.  Et malgré qu’on m’a dit qu’en plus leurs produits restent pour « une clientèle plutôt restreinte », je n’ai qu’à me fier à leurs étiquettes pour rester loin de leur création.  Encore une fois je suis premier niveau, mais comme depuis longtemps connu dans les vins à la SAQ, une belle étiquette est souvent le premier facteur d’achat.  Peut-être pas le seul pour moi, mais comment croire à la qualité d’un contenu quand le contenant en a peu ou pas?

deserablesEt tant qu’à rester dans le domaine des étiquettes dessinées de 13 ans, que dire de celles du Grimoire?  Bon, un peu mieux designées, mais disons que les filles ringardes et autres images ne servent pas bien à vendre… autant que le « poème » descriptif qui décrit aussi bien la bière que les pires textes du Trou du Diable.  Le tout affublé de certaines des pires jeux de mots de l’industrie (Désérables, Malt Aimee, Noire Soeur), ça ne fait pas très professionnel, spécialement pour une bière qui se trouve dans la plupart des épiceries du Québec!  Finalement, bravo pour la mention « Édition limitée »… limité à mon petit magasin de bières de micro préféré, mais aussi chez mon boucher et à l’épicerie près de chez moi.

alfmAlors si c’est fabriqué avec passion, chers microbrasseurs (ou macros comme Unibroue) d’une part donnez-vous la peine de faire quelque chose à la hauteur de votre fierté, mais restez de bon goût et sachez être descriptifs.  Des bons exemples: Dieu du Ciel ont une belle ligne, facilement identifiable, qui a certains échecs mais qui en général sont très belles et bien complètes (par exemple la Rigor Mortis).  Sinon, dans le format plus limitatif de la cannette, À la Fût (oui, j’ai sû passer par-dessus le très mauvais jeu de mots) font des bières qui sont colorées, bien décrites et attirantes, le tout dans un format qui semble économiquement avantageux.

Il ne faut pas toujours se fier aux apparences.
Il faut lire un peu sur le sujet pour ne pas passer à côté de trésors bien cachés derrière d’horribles etiquettes.

Mais un beau visuel, ça restera toujours l’un des meilleurs appâts.  Pour la bouffe, la bière et les blondes.

Boulevard Brewing Tank 7 Farmhouse Ale 8.5%

tank7C+  Pour l’air climatisé au bureau plutôt que la grosse journée de travail physique, quand c’est le cerveau que l’on veut mettre à off.  Agrume et blé sans vraiment de surprise, olfactivement c’est unidimensionnelle mais bien conçu.  Un peu acide à la limite de la sour ale, la haute carbonation assure une fraîcheur accrue au goût acide de tête de fougère et de pamplemousse. Une bonne saison, juste pas suffisamment distinctive.

Microbrasserie le Grimoire La Vie de Chateau bière ambrée au rhum brun 7%

grimC-  10 points pour le courage, moins 8 pour la profondeur de l’expérience.  Au nez est-ce une bière ou un gâteau moka?  Le goût confirme la bière mais la vanille trône tout de même de mainière trop imposante.  Quand les petites bierettes estivales à la lime tombent sur le cœur il pourrait s’agir d’une bonne option, mais pas vraiment pour une bière de dégustation comtemplative.

Microbrasserie Le Grimoire La Mise à Prix Édition limitée ambrée au whisky 8%

grimC-  Une méchante feuille de route.  Très vanillé, un peu boisé, le nez me fait revenir au concentré de cerises que je sentais dans mes premiers bourbons.  Très sucrée en arrivée, suivi d’un croche amer avant un goût de whiskey encore plus sucré.  Un peu bizarre et éparpillé, l’attaque de vanille est très insistante même si l’ensemble est un peu trop hétéroclite.

Microbrasserie le Grimoire Grimousse bière rousse 5%

grimC-  La Poune aussi l’était.  Peu original mais efficace, le nez est un beau mélange d’amertume et de caramel.  En bouche, le houblon est d’abord plus franc puis suivi de blé, de manière calme mais assurée.  La finale est par contre un peu pauvre, et me fait conclure à une bière qui n’est rien pour écrire à sa mère.