Frampton Brasse Cardinal Taschereau weissbier 5%

fbctLa cote OO :  B
Parce que
Gilbert Poulin est un brasseur à part, et à son image sans être la bière la plus funky au Québec, c’en est une extrêmement bien maîtrisée.

Quoique je dis ça mais ce n’est pas comme si sa Rouge des Appalaches et sa Nuit d’Automne n’étaient autant originales que réussies.

Hyper mais alors hyper classique avec toute la banane verte que le style peu apporter… ça parait que Gilbert a fait son « éducation » en Allemagne après tout.  Encore plus intense, la bouche est généreuse, verte et un brin girofle.  Cote finale… aucun doute sur le style avec un peu de levures en prime.  Certes il faut aimer le style donc si c’est votre cas plongez dans cette weissbier d’inspiration résolûment allemande.

Frampton Brasse Stout Impériale russe version « brett » 10.5%

fbsirbrett

Pas seulement parce qu’elle est excellente, mais une bière que je vais me rappeler longtemps, la dernière bue avec Toby a mes pieds.  Un bon gros pitou qui faisait aussi le charme de la micro.  À l’instar de la Ubu Ale, j’attends la « Toby » de Frampton Brasse.

Décembre.  2PM.  -17 Celsius au thermomètre.

Devant le poêle chez Frampton Brasse c’est me sentir un peu chez nous.  On me propose donc une Stout impériale russe qui serait « brett ».  On la commande évidemment pour y trouver du funky olfactif, comme si le moka traditionnel de leur stout était accompagné par un fond de leur Rouge des Appalaches.  Docile en bouche, c’est le grain qui est ascendant en intensité et qui se transforme en chocolat, avant la finale qui me laisse vraiment croire à l’ajout de brett.  Sans le cola de la Oud Bruin, il y a un côté sûrette qui fait belle opposition au toffee chocolaté.  Dommage que la batch est presqu’épuisé, je me serais trouvé un growler à quelque part (j’en ai d’ailleurs un dans mon auto, c’est juste de la bonne prudence).

La cote OO : A-

Parce que si j’avais une Frampton Brasse à servir à l’aveugle pour surprendre et ravir à la fois, ça serait mon choix.

Frampton Brasse Stout Impériale Russe Décembre 2018 Fût de bourbon 10.5%

fbsir2018Très moka, caramélisée et à peine vanillée, le fût de bourbon est loin ou plutôt devait être très sec car le whiskey n’est pas vraiment perceptible.  La bouche est hyper sèche et docile avec de l’orge simple mais bien là.  On conclut enfin par le raisin puis finalement une petite pointe de bourbon, avec un aftertaste chaud (l’alcool) et fruité.  Plus austère que ses précédentes consoeurs, ce n’est pas qu’elle est décevante mais moins variée que les autres.

La cote OO : B

Parce que c’est la benjamine un peu plus ordinaire que ses sœurs aînés.  Ça reste tout de même une famille de beautés.

Frampton Brasse DWP Das Winter Projekt Eis-Rauchbock 2018 11.9% (revisite)

fbdwp2018Tout comme la première qu’on affronte ce projet, le nez se demande ce qui se passe dans ce liquide tantôt quadruple, puis bock, eisbock et enfin rauchbier legère.  En bouche la fumée devient cendre et le grain doit être réchauffé en bouche avant de trouver la bonne vieille bock que l’on connaît bien.  La finale est enfin liquoreuse, comme il se doit puis c’est la chaleur de l’alcool qui semble au nord des 12%, davantage dans la région du 13-14-15.  L’aftertaste est un peu plus rauchbier que rauchbock, quoique l’intensité nous rappelle que c’est une bière où les céréales font rage.

La cote OO : B+

Parce que c’est la bière parfaite pour écouter une partie de football à l’intérieur alors qu’il fait 30 sous zéro à l’extérieur.

Frampton Brasse Bouquet Tropical N.E.I.P.A. 6%

fbbtSi on cherche une bière autre que la oatmeal stout où l’on peut voir que le grain peut adoucir la texture, mais ici avant même d’y avoir gouter on sait que ça sera doux.  Laiteuse et agrumée donc, on est pas loin de la milkshake IPA Côté onctuosité, et pleinement west coast IPA avec de la pêche, de l’ananas, de la mangue et de la nectarine… tout le bouquet quoi!  En bouche, l’amertume monte rapidement mais atteint un plateau, tout comme le goût qui se calme en finale où l’ont sort tranquillement du panier de fruit.    Une bière d’été pour le feeling et le confort.

La cote OO : B-

Parce que ça remplit bien le mandat, sans le dépasser.

Frampton Brasse Nuit d’automne vieillie un an en épicerie et 18 mois en cellier 10%

fbnavDès le nez étonnant, c’est devenu un stout moka moins houblonnée qu’une plus fraîche Nuit d’Automne.  La bouche est très lourde et collante, avec ce même moka café/vanille qui se déplie de manière très longue jusqu’à la finale légèrement plus chocolatée.  L’amertume de son côté est faible et la bière assez laiteuse, un peu moins particulière que l’édition normale mais toujours aussi confortable.  Toutefois, je crois que je préfère toujours la version fraîchement coulée.

La cote : B

Parce que c’est toujours bien mais l’attente n’en vaut pas la chandelle.

Frampton Brasse CollaboBeauce NEIPA 100% Beauceronne

fbc

Dégustée sur place devant la montagne beauceronne.  Comment « paissible » ne pourrait pas me venir en tête.

B-  L’amateur de metal qui écoute du Charles Aznavour.

Sur un fond de miel, le nez très agrume est dépourvu d’amertume, ce qui laisse une place au grain d’orge.  En bouche, la douce texture de fleurs fluide amène un beau sentiment d’amertume grandissant, avec une finale toujours plus houblonnée.  Peut-être plus une bière de texture (très douce pour les papilles) que de profondeur qui saura plaire aux hopheads à la recherche douceur.

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.

Frampton Brasse Rouge des Appalaches (Rouge des Flandres) 6% 15 IBU

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Heureusement, j’en ai eut plusieurs pour finir de l’analyser.

B+  Les produits de marché de niche; là où les extrèmes sont pour les fins connaisseurs.

Plus de 3 mois après l’annonce de sa vie, j’espère qu’elle va être à la hauteur de mes attentes…

Plus transparente que d’autres, sous une robe marron se dévoile de jolies réflections de rouge. L’odeur est celle d’un jus de fruits (punch aux baies) mais on y sent déjà une certaine acidité. Pesante et doté d’une carbonation beaucoup plus haute que l’absence de mousse le laisser croire, les fruits y sont toujours mais de manière un peu plus indeterminés. La finale est astringente et le fruit est toujours aussi mystérieux sous le couvert de vanille. Peut-être trop fidèle au style, elle sera peut-être le genre à gagner des prix mais pour l’expérience générale, ce n’est peut-être pas pour tout le monde. Même si c’est certes très profond et très bien balancée et qu’après quelques bouteilles (dans des soirées subséquentes) on s’habitue que trop facilement.

Frampton Brasse Dorchester English Brown Ale 4.4%

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Si leur Nuit d’Automne est une brune de réconfort, leur Dorchester est une brune de soif.

B+  Parce qu’en Angleterre, il peut faire chaud des fois.

Plus fruité qu’une Nutty Brown, sous l’orge grillée il y a des notes de noix de Grenoble.  En bouche, la texture est plus soyeuse que la moyenne du style, mais côté goût c’est la suite logique du nez.  La finale, encore mieux, présente du grain très profond et montre que bière foncée n’est pas nécessairement synonyme de bière qui goûte le café.  Avec ses petites traces de houblons, elle est aussi beaucoup plus intense que le 4.4% ne le laisserait croire.  Est-ce que cette Dorchester est née de la précédente collab avec l’Isle de Garde?  Si oui tant mieux, car dorénavant à 4.4% elle est encore mieux, spécialement pour clôturer un soir de dégustation brassicole.