Vrooden (Collab Les Coureurs des Boires) Kaimiskas Alus Lithuanian Farmhouse 6% 10 IBUs

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Peut-être pas les plus « design » et « cool » mais j’aime beaucoup les étiquettes colorées et représentatives de Vrooden.

La cote OO : B

À l’image des éditions des Coureurs des Boire : jamais ennuyante, toujours intéressante.

Ça ressemble à quoi une bière fermière lithuanienne?  Au nez, si l’on se fie à Vrooden, à une bière davantage menée par le malt sucré que les levures fermières qu’on apparente aux farmhouse belges.  Presque caramélisée au nez, la bouche est sèche e bien gouteuse de malt, sans tomber dans la vienna lager ou la dunkel; plus sèche, on ne sait où se diriger avant de l’avaler et d’y trouver des levures pas trop loin des kveiks, ici présentée non pas en version bien houblonnée mais foutrement bien maltée.  Au final c’est la noisette qui s’en sort, et c’est désormais certain à ce point, si ce présent de Vrooden est le moindrement fidèle au style il faut se douter que les lettons affectionnent le malt, et ça parait (pour le mieux) dans celle-ci.  Pas très loin de la dunkel allemande, c’est un beau détour de la norme qui valait l’exploration.

Labrosse Le Pionnier Farmhouse Ale 6%

llpLa cote OO : B+

Le coteau de mon oncle Gaétan, en campagne bien sûr et coiffé d’épinette et de sapin.

Le genre de bière qui fait prendre le verre et sentir.  Déposer, re-prendre le verre et re-sentir.  Puis redéposer, re-re-reprendre le verre et re-re-re-sentir.  C’est quoi ça?  Oui, le poivre noir de la sentir, un brin de brett et du floral, mais dans un mélange certes très… mélangé.  Mais dans le bon sens.  En bouche, toujours les levures – pas très loin de la helles – et une bonne amertume, spécialement pour une farmhouse.  Puis du cuivre à la vienna lager.  En gorge, elle se veut plus douce et montre à nouveau le bout de brett même si on serait surprise de les voir à la recette (elles ne sont pas explicitement mentionnées).  L’aftertaste vient ceinturer le toutefois pas les aiguilles de sapin, pas très loin de l’arbre de noël, qui fait comprendre enfin ce qu’on avait du mal à comprendre.  Vraiment c’est bien fait et le choix de l’aiguille de sapin pour s’assembler avec la farmhouse était certes risqué, mais à la fin payant.  Pour l’une des 4 premières bières originales de Labrosse, c’est très bien parti.

Great Adirondack (Lake Placid NY) Shoveling the Lawn Farmhouse Ale – Saison 4.9%

ga_march20_2La cote OO : A

De la saison à grosses pelletées.

Très saison au nez et assez verte, c’est un champs frais de trèfle au printemps.  La bouche est bien ronde et très maltée, pour une saison la recette semble hyper réussie avant même de l’avoir avalée, ce qu’on fait pour constater un peu de poivre mais bien du poivre vert.  Juteuse à souhaite, très puissante et probablement ma meilleure de Great Adirondack à ce jour (et aussi dans mes meilleures saisons tout court), avec du citron et de la levure tout bien balancés.  Enfin Great Adirondack sortent du « c’est correct » pour offrir une saison assez « textbook » mais extrêmement bien fignolée.

Ray Brook Brewing Co (Ray Brook NY) Été Vert Saison Farmhouse 6.1%

rayb4Comme Ray Brook ne semble rien faire à la légère, le verre est encore sur la palette qu’on a hâte d’y goûter. 

La cote OO : B

Parce que même si elle est mêlée, elle est efficace.

Aussi limpide qu’une NEIPA, on ne sait pas trop quoi espérer de cette saison fermière, alors on y plonge rapidement le nez pour y trouver une bière qui fait assez belge, sucrée mais pâle pour l’odeur qu’elle livre. Côté goût, elle est autant indéterminée mais le citron des levures saison se fait bien sentir.  La finale voit quant à elle les bretts prendre presque sauvagement le contraire; si jusqu’alors on avait droit à une bière d’équilibre ce n’est plus le cas à ce moment.  Le constat reste donc difficile à établir : Saison, fermière ou brett?  Brett fermière, et bien qu’un excellent départ j’aurais tendance à appuyer encore plus les bretts pour la transformer en été jaune.

Sebago (Gorham ME) Black Metal Dark farmhouse with cranberries 6.2%

sebago6La farmhouse noire est parfois une bière dont le rayon d’action est assez étroit pour demeurer le moindrement fidèle.  Dans cette métalleuse, on commence bien avec du poivre noir et pas trop de canneberges;  « accueillante fermière » est d’ailleurs un euphémisme pour la décrire.  En bouche, la même canneberge pousse et pousse en se mélangeant à l’orge et aux houblons pour former un ensemble des plus cohérents, doté d’un aftertaste à la longueur de son développement de saveurs.

La cote OO : B+

Parce que c’est à la même hauteur que les meilleurs stouts aux cerises.  Ce n’est pas parce qu’elle est foncée qu’elle cache son jeu.

Flora Hall (Ottawa ON) Farmhouse Saison 6.2%

fh1La cote OO : A-

Parce que pour l’amateur de saison, le mystère de la popularité des IPAs est entier lorsque l’on peut goûter à de si belles démonstrations du genre.

Bien qu’au nez je m’attendais à quelque chose d’un peu trop apprivoisé, malgré un manque de typicité au niveau des levures cette saison me semble bien fraîche, donc dans l’esprit du style plutôt que de ses flaveurs.  La bouche est assez conforme, alors qu’après quelques secondes le poivre noir s’exprime bien, tout en fraîcheur et douceur.  La finale est encore meilleure, alors qu’on se croirait en campagne belge, pas très loin mais pas collé sur l’abbaye.  Il en résulte alors une superbe, superbe bière – à mon humble avis, la meilleure de la maison – qui sera encore meilleure avec l’été qui va finir par s’installer un jour.  Et vive les tulipes.

Ölvisholt (Selfoss Islande) Skadi Farmhouse Ale 7.5%

olvi_skadiAvec de l’orge qui ressemble advantage à une bière ambrée, mais comme le poivre l’est au nez, le goût et surtout la texture est un peu trop douce en bouche.  On se fie donc au petit côté de sucre candi belge et le petit élan d’épice pour raviver la fine gazéification du liquide.  Il est toutefois de se sustenter de la caramélisation du grain hyper profonde de la finale toute belge mais peut-être un peu moins fermière que la moyenne.

La cote OO : B

Parce que c’est une autre bière islandaise qui semble très précise, bien que dans ce cas on ne visait peut-être pas le cœur de la cible Farmhouse.

Dunham No Tahoma Farmhouse Pale Ale Sauvage 5.9% 58 IBUs

dntfaParce que oui, les pales ales sont parfois assez pâles, celle-ci dès le visuel mais spécialement à l’olfactive qui ramène aux farmhouse beers (ou à tout le moins, la définition que je leur donne).  Le parfum d’houblonnage d’agrume survole donc un fond de levures funky modéré, qui fait penser aux meilleures de l’Américaine Green Bench.  L’amertume détonne mais aussi se calme rapidement en bouche et laisse toute la place à la gazéification et au grain frais, toujours funky.  Côté finale, c’est celle d’une IPA peu amère qui migre enfin sur la Farmhouse, spécialement au fil des gorgées subséquentes où elle devient de mieux en mieux balancée.

La cote OO : B+
Parce qu
’à défaut d’être hyper standard au niveau du goût, elle est aussi sinon plus ensoleillée que son étiquette.

Le Castor Farmhouse Cerise 6.5%

cfcEn avouant un faible pour les krieks, comment résister à cette version fermière?  On commence donc à être charmés avec la cerise assez marasquin (sucrée) oui mais aussi des levures qui sans être bretts sont bien présentes.  Toujours aussi sucrée en bouche, la très bonne gazéification vient contrebalancer l’intensité des saveurs, qui emprunte tantôt de la kriek, puis de la brett et même un peu de la rousse caramélisée.  Belge mais avec l’acidité en bonus, l’ensemble est rafraîchissant, fermier, et pas trop épicé.

La cote OO : B+

Parce qu’elle est profonde, longue à décortiquer, contemplative; une bière qui demande et commande le silence entre les gorgées.

Beltway Brewing Co (Sterling VA) Grimm Liquid Crystal Farmhouse Pale Ale 5.5%

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Une bouteille plus colorée que le contenu.

C+  Pas de faute, ça ne donne pas de point non plus…

Pas vraiment le nez d’une saison mais plutôt celui d’une IPA (ou à tout le moins, celui d’une pale ale avant celui d’une farmhouse.  Toute aussi amère pour les papilles, pour la profondeur on repassera, tout comme le grain qui est trop absent de l’équation.  Enfin, bien qu’avec plus de présence l’aftertaste ne laisse que le souvenir du pamplemousse dans cette bière pour débutants qui n’ont pas peur de l’amertume.