L’Esprit de Clocher Cap Requiem Double IPA 8%

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La cote OO : A-

Requin ou sirène?  On la coule dans notre abyme volontiers.

Dans le monde des IPAs, surtout commerciales, on a souvent droit à un liquide jaune ou orange des plus limpides et à la limite du fluorescent.  Ce n’est pas du tout le cas dans cette Cap Requiem trouble et d’un cuivre très terne.  Olfactivement toutefois, elle fait très propre avec son houblon étincelant d’oranges arrondi par un fleuri vanillé de pensées.  La rondeur se poursuit en bouche et la céréale s’impose par son sucre tandis que l’amertume se fait attendre.  Une fois en gorge, le constat est immédiat : une IPA (double) hyper féminine, qui passera dans le gosier des plus sensibles en amertume.  Facile donc, l’amertume n’est palpable qu’en toute fin et ce de manière dangereusement séduisante. Spécialement à 8%.

Au Québec, l’attrait des IPAs est toujours indéniable.  Comme Noctem, certains en ont fait leur marque de commerce, , certains comme La Fosse leurs plus gros vendeur avec la Double du Transcon et comme cette voisine portneuvoise, l’Esprit de Clocher sait viser très juste pour sa première nouveauté disponible en growler.  L’été est définitivement arrivé à Neuville, et le fleuve m’appelle.

 

 

L’Esprit de Clocher Saison Citron’Ale Saison Citron-lime 5.1% 27 IBUs

ecscaNouvelle offrande en temps de COVID-19, n’en suffisait pas plus pour sortir la raison #jeboislocal.

Cote OO : B

Pas toujours humide en saison belge, on attend déjà les prochains excursions de la micro de Neuville sur le vieux continent.

Si à la vision de citron-lime vous vous figuriez du Sprite, on y est pas là du tout; c’est davantage le citron qui sort, et qui se mélange particulièrement bien au poivre noir de la levure saison.  La bouche est assez lourde en grain, et flirte avec le miel de l’orge tout en gardant le lien avec le citron, et finalement la lime qui amène encore plus d’acidité au mélange.  La finale est à la fois ronde et sèche, voire très sèche en aftertaste alors que le poivre noir remonte et le houblonnage vert ressort.  Légère et pour le printemps plutôt que l’été, l’Esprit de Clocher nous amène à autre part qu’une bière trop fruité, ce qui ne plaira pas nécessairement aux amateurs de « jus » de bière, mais avec un bel impact des levures le beer geek y trouvera son compte.

L’Esprit de Clocher Down Under IPA Australe 6%

ecduDe mémoire, l’appelation australe est assez peu commune au Québec (utilisé par Noctem par contre), alors ça donne quoi à Neuville?

La cote OO : B-

On ne se sent pas à l’envers down under.
Sans savoir ce qu’amène le houblon Vic Secret dans ce nez, il y a assurément un brin d’inconnu : pas le vert d’une harvest ale, pas les agrumes d’une american pale ale, mais principalement du melon de miel et d’eau.  Et malgré qu’à l’œil elle n’est qu’à peine trouble, on s’attend à une IPA crémeuse à la NEIPA.  La bouche va un peu dans ce sens, un tantinet plus amer que votre NEIPA de tous les jours cependant; la finale fera donc foi de tout.  Celle-ci se veut assez simple et très verte, longue et rasant un plancher d’amertume sans toutefois le toucher.  Remarquable donc?  Pas nécessairement, mais une IPA toute simple et sympa parfaite pour un vendredi soir.

Esprit de Clocher Revisite des classiques (Major Tom, Magie Blanche, Porte-Bonheur et Arbre de Vie) Juin 2019

ec_juin2019_2Ceci est une chronique pour geeks.  Et de la déculpabilisation de l’auteur.  On visite une microbrasserie et on se cherche une raison pour essayer une palette… pourquoi pas revisiter des grands classiques pour faire changement, sans nécessairement en faire l’étude exhaustive.

 La Belle Gourmande

La re-cote OO : B-
Pour cette belle gourmande, il faut savoir qu’elle est brassée pour les fêtes de Neuville (qui vaut certainement une visite; j’y ai découvert mon boucher et mon maraîcher préféré).  Elle vise donc peut-être davantage l’amateur de bière de festival plus légère.  Est-ce que l’épi de maïs sur la bouteille est perceptible, où c’est seulement de l’auto-réalisation?  J’irai plus pour la seconde hypothèse, mais au moins elle a plus de caractère qu’une bière à l’eau.  La bouche quant à elle est mince, mais assez opaque et pas vraiment aqueuse.  Et puis l’amertume est bonne.  Et puis la finale est ronde.  Pas totalement légère donc, mais rien pour effrayer le débutant.  Une bière qui vise son but, mais le beer geek ne sera pas impressionné.  On aime quand même pour ce qu’elle est, simple.

La Porte-Bonheur

La re-cote OO : B
Très franchement, cette rousse irlandaise ne m’a jamais impressionné mais au comptoir, elle semble être une des favorites du public.  Et l’inspiration de cette chronique.   Elle pourrait avoir changer après tout…  au nez en effet elle répond aux attentes : du bon malt tout juste bien contrebalancé par les houblons, dans un liquide plus foncé que le nez pourrait ne laisser présager.  Mais pas de surprise en bouche où le malt est encore plus fort et collant, tout juste avant d’attendre la limite du sucré.  Bonne finale bien égale, en fait si la Rickard’s Red était bonne c’est ce que celle-ci goûterait.  Et sans être pour déclarer cette bière géniale, je comprends sa popularité.  Une bière rassembleuse, où la balance prime sur tout le reste.

La Major Tom

La recote OO : B+
Une dès fièreté du brasseur, et une IPA une peu dans sa niche à part.   Et certainement pas la IPA où on doit s’attendre à une effusion d’houblons tropicaux; c’est une IPA anglaise, à part entière.  Au goût elle pourrait décevoir le hophead, mais par une fois qu’on l’avale où l’on comprends c’est quoi une vraie pale ale entière : douce, mais amère.  Approchable, plus que n’importe quelle APA trop poussée.  Pousser un peu le bouchon, j’irai jusqu’à érudite, mais sympathique.  Mais je reviens à approchable.

L’Arbre de Vie

La recote OO : B+
Chaque beer geek a de ces bières dont la mémoire est plus forte que le goût.  Nostalgie, mémoire particulière, avec qui on l’a bue, quand on l’a bue, etc.  Pour moi, l’Arbre de Vie est une telle bière.  Ça prendra tout un tour de force mental donc pour faire abstraction d’une mémoire si forte que je ne peux pas encore en parler.  On commencera donc de manière négative : au nez elle sera une déception pour ceux qui accroche sur le terme « scotch ale FUMÉE »… fumée peut-être mais hyper subtile dans le brûlé aussi.  Peut-être moins subtile que par le passé mais les habitués l’apprécie probablement ainsi.  Moi aussi.  Gustativement c’est la douceur d’abord, le grain chauffé par la suite.  Peu de développement mais beaucoup d’amabilité.  La finale est plus sèche surtout par la fumée en crescendo, où le grain semble plus fumée/grillée que par le passé.  Et puisqu’il faut lui trouver un défaut, on ira avec le manque de sucre pour le côté scotch ale, mais chose certaine l’amateur de bière fumée qui sait apprécier la subtilité sera y trouver son compte!

 

L’Esprit de Clocher L’Arbre de Vie Scotch Ale Fumée à l’Érable 2019 7.5%

ecavscf2019Avec son nez à mi-chemin entre la torréfaction du grain et la râche d’érable, on sent immédiatement qu’on est en territoire bien balancé.  La bouche l’est sûrement toute autant : le grain perce à travers l’érable et ça peut donner l’envie de goûter au copeaux de bois qui sortent de l’arbre lorsqu’on entaille.  La finale est encore plus boisée, toujours sans être sucrée et c’est l’orge qui revient en finale pour indiquer que le sirop n’est pas le maître à bord.  Là où cette bière fonctionne foutument bien, c’est dans les secondes, troisièmes et subséquentes gorgées où le bois est encore plus perceptible et où on est loin de s’écoeurer d’une bière trop sucrée.  C’est donce une bière 100% sylvicole peut-être encore mieux réussie que la version 2018.

La cote OO : B++

Parce que c’est aisément la bière que je vais amener chez l’ami Claude pour qu’il l’ouvre avec moi devant la bouilleuse.  Probablement la meilleure bière au sirop.h

L’Esprit de Clocher Le Vent du Large Gose Acidulée 3.8% (2019) (revisite)

ecvl20192 ans moins 2 mois après sa sortie initiale, l’Esprit de Clocher retourne en mer au gré de leur Vent du Large, qui à l’époque avait sû me charmer.  Qu’en est-il de leur seconde édition et tant qu’à devoir se sacrifier à y goûter, pourquoi pas essayé la version vieillie en cellier, en sachant for bien que la gose n’est pas un style très approprié pour le vieillissement?

À tout seigneur tout honneur, commençons donc par la petite nouvelle qui se veut résolument plus trouble que l’édition vieillie.  Le nez, toujours aussi bien arrondi par les levures, vient peut-être rassurer celui qui pourrait trouver le style trop tranchant.  Pour la gustative, c’est le sel qui attaque fermement et chaudement, alors que la gazéification semble un peu moins serrée qu’à mon souvenir.  La finale revient le sel donner un coup de main à l’orge qui jusqu’alors avait été plus que discret, dans une longueur suffisante pour le style.  Le constat général?  Outre le houblon qui semble moins présent (au niveau du goût d’orange) c’est le même exercice de confort rafraîchissant.

La cote OO : B

Parce que c’est la bière parfaite que l’on ouvre dans un spot de pêche que l’on a pas visité depuis plusieurs années, et qui même s’il ne produit pas la pêche miraculeuse des pêche miraculeuse saura plus que bien satisfaire la nostalgie du pêcheur-buveur.

Puis l’on va à la version vieilli.  Ce qu’on remarque immédiatement, c’est le côté des levures qui est beaucoup moins présent; un peu normal peut-être donc de les voir flotter en partie à la surface.  Au goût même chose alors que les houblons sont plus perceptible mais où l’ensemble est définitivement plus austère.  La finale est par contre plus ronde, mais au lieu du grain c’est encore une fois le citron confit du Sorachi Ace qui vient napper le tout, de manière pas mauvaise du tout.

Est-ce que le vieillissement vaut la peine?  Si on a la place pour se le permettre, oui, pour voir à quel point le temps peut altérer les différents éléments de la bière. Pas au point d’être une meilleure bière, mais une bière différente et surtout intéressante.

Saint-Exupéry aurait capoté : les 2 Ros(é)es des Dunes Blanche à l’Hibiscus et au poivre des dunes 5%

ecrd2C’est l’histoire de la comparaison de 2 blanches, l’une fraîche et l’autre d’un an et 4 mois.  Tout en sachant que la blanche n’est pas vraiment un style de prédilection pour le vieillissement.

Au visuel, on a toute une différence après 5 minutes : la version frâiche est plus pale et sa mousse semble encore totalement intacte.  Au nez, l’aînée présentement légèrement plus pointu que la cadette, et présente davantage le poivre des dunes qu’à mon souvenir (pas une surprise d’en trouver moins à l’olfactive de la fraîche justement.  Pour le goût, ce sont les houblons qui me sautent aux papilles, ainsi que le liquide beaucoup plus vivant qu’au visuel.  L’hibiscus se gardait quant à lui beaucoup plus pour la finale, facile finale d’ailleurs mais avec le poivre un peu plus retiré et l’hibiscus qui me rappelle l’agua de Jamaica du Mexique (en gros, du thé froid de fleur d’hibiscus).

En retournant à la plus jeune, on constate par opposition que le liquide est une peu moins vivante, mais que les saveurs sont plus posées et tranquille.  La finale affiche peut-être un peu plus de povire des Dunes, mais ce qu’on remarque particulièrement c’est que les saveurs sont plus unies, moins dissociées.  Est-ce que ça fait de la fraîche une meilleure version?  Un retour à la première m’indique que oui, car c’est bien d’être vivante mais plus fort ne veut pas toujours dire meilleur.

On attend donc?   Non.  Si j’avais à noter je reconduirait ma note originale à B+ pour la fraîche, et à B- pour l’aînée.  Bon, d’accord, c’est bien pour l’esprit scientifique mais même si l’immobilier de votre cellier le permet, il y a d’autres styles qui s’y prête mieux.  Ceci dit ça me rappelle aussi à quel point la Rosée des Dunes est une alternative intéressant à la blanche coriandre/orange.   Dégustées en hiver alors que le thermomètre affiche moins vingt-deux sous zéro, j’ai presque l’intention que le temps des sucres et le printemps arrive…

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L’Esprit de Clocher L’ambre des Dunes Mild au poivre des dunes 3.8% 20 IBUs

ecad2L’anglaise mild n’est pas la pas la plus commune des bases  sur laquelle bâtir une bière agrémentée d’un ingrédient hors norme; il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité et sauter dans l’auto le jour de son bièrenissage.

Immédiatement coulée et encore très froide, il est facile de faire le lien à la Rosée des Dunes de la même Neuvilloise, avec un petit côté épicé entre poivre et herbes sauvages.  Sous ce poivre, on a évidemment à faire avec une bière assez maltée, mais pas autant que la couleur pourrait le laisser paraître.  Du moins jusqu’à ce que le liquide se soit réchauffé, alors qu’on découvrira un nez plus standard à l’hommage au malt qu’est la mild anglaise.  L’entrée en bouche se poursuit sur l’élan du poivre des dunes qui en vient presqu’à être minéral et végétal, puis suffit d’avaler pour retrouver l’orge, le biscuit, le grain à peine caramélisé anglais.  Côté aftertaste cet ambre restera dans la légèreté – il ne titre qu’à 3.8% après tout.  À l’instar du nez, une fois réchauffée et bien oxygénée, il sera possible de découvrir une bière alliant la convivialité d’un pub anglais et l’originalité du monde brassicole québécois.

ecad1Si vous disposez de poivre des dunes, l’expérience vaut la peine de goûter à la bière après avoir mâché un bout de ce chaton d’aulne vert, car vous y découvrirai alors une bière encore plus épicée (finalement oui le poivre noir vient à l’esprit) mais avec une finale encore plus éclatée entre le biscuit sablé et la viande fumée bien poivrée.

Toutefois, avec ou sans poivre en accompagnement, il est agréable de découvrir que l’Esprit de Clocher sait vraiment s’y prendre avec les bières de style anglais, ou à tout le moins avec la mild.  On ne peut donc espérer qu’ils continuent d’explorer le filon.

La cote OO : B+

Parce que c’est encore un sans-faute pour l’Esprit de Clocher de Neuville qui sait allier confort et originalité.  On la déguste volontiers avec un fish and chips indien (où le poivre noir est abondant) asperger d’un trait de citron.

L’Esprit de Clocher Sur le Parvis Édition Spéciale Vin d’Ogre vieillie 6 mois en barrique de whisky 10%

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On pourrait dire qu’Orge Overdose n’est pas objectif devant l’Esprit de Clocher.  Si vous parvenez à mettre la main sur une bouteille, vous comprendrez..

A++  Ça c’est chien.

Un seul respir, un seul respir c’est tout ce que ça prend pour risquer de tomber en amour.  Exit les houblons de l’Édition normale pour laisser un mélange de moka, de vanille et de vin d’orge plus traditionnel à peine caramélisé.  Pesante, très pesante sur la langue, l’amertume monte ensuite d’un cran mais c’est toujours le baril qui arrondit les sensations sans toutefois les diminuer.

Déjà à ce stade, avant même de l’avaler, on peut dire que si Catherine de Russie avait pu y gouter, on parlerait aujourd’hui de Barleywine Impérial Russe.  Voyons donc la finale : collante d’abord mais surtout, surtout c’est dès qu’elle coule en gorge qu’on atteint la grâce, et les mots me manquent l’espace d’un instant… Raisin, moka brun pâle et extase, c’est mon meilleur vin d’orge à vie avec une amertume qui se construit au fil des gorgées.

ecspvogre1On se calme.  On prend 5 longues minutes pour s’assurer de ne pas être sur le hype de la nouveauté.  On y revient avec la tête froide.

Mais oui, le trip se poursuit; aussi contemplatif que merveilleux, avec un aftertaste qui joue longuement dans le gâteau.  Mais tout n’est pas que fanfare et ballon, car on a ici droit à un potentiel crime contre l’humanité : à seulement 28 bouteilles disponible, l’Esprit de Clocher n’a plus le choix, elle se doit de refaire l’expérience mais en bien plus gros volume.  Dans la région de Québec, côté finition en barrique on parle souvent de la Vieux Champion de Ras L’Bock mais ce vin d’Ogre pourrait très bien lui ravir la palme.  Il l’a déjà fait dans mon cas.

L’Esprit de Clocher Octopus Black IPA

B eco  Loin d’être kraken, succulente lorsque servie en sauce vierge.

Avec son nez qui crie la torréfaction autant que sa couleur, cette pieuvre est à s’y méprendre avec une stout si ce n’était du houblonnage qui au lieu d’être à tendance américaine éhontément tropcial comme beaucoup d’autres black IPA, se veut plus feuillu.  Toujours crémeuse en bouche, une fois que le liquide se rend sous la langue c’est le haut-parleur à 12 :  « OUBLIE PAS, JE RESTE UNE IPA! » avec une excellente amertume toujours à tendance anglaise et allemande.  Pour la finale, le grain redouble d’ardeur et c’est un combat mouvementé houblon contre grain, ou contrairement à la moyenne des back IPA le grain s’en sort gagnant.  Pour ceux qui préfèrent les bières noires aux IPAs, c’est une bière passerelle tout à fait efficace; par exemple pour l’Irlandais qui ne jure que par la Guinness et qui ne comprend pas les américains avec leur trip d’IPA.

Et bien personnellement, préférant les stouts et porters aux IPA, facile de trouver mon compte dans cette IPA à 75 IBUS qui surprend par sa douceur et son alliance onctuosité, torréfaction et amertume.