Broadway Don Juan Rhum+Cognac Bière brune extra forte vieillie en fût de chêne 10.5% (embouteillée 3 mars 2017)

bwdjrcA  Pas plus sage, différente.

Quand one dit qu’un parfum peut faire une bière…chêne, cerise, bleuets, sirop de pêche, ultra méga fruité quoi.  Pas certain de savoir quelle bière se cache là-dessus mais ce n’est probablement pas important.  En bouche plus neutre, expansive et puis les céréales sont mordantes, mais pas suffisante pour battre les fruits.  La finale de son côté est de raisin, de raisins secs aussi, mais avec la fraîcheur d’une bonne amertume (pour une brune).  Puis enfin on termine l’expérience avec du grain plus standard qui sans la noisette s’approche d’une brune anglaise.  L’alcool est forte évidemment mais c’est principalement plus réconfortant que chaud, avec le côté cognac qui réverbère encore plus que l’édition 2016.

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.

Broadway Don Juan Brune extra forte vieillie en fût de chêne Rhum+Cognac 10.5%

bdjv

Le profond génie de Broadway.

A  Avec l’âge la sagesse, mais ce n’est pas parce qu’on est sage qu’on peut pas s’amuser.

L’odeur est sucrée, très certainement, mais avec beaucoup de profondeur: sucre candi, caramel, cassis, groseille, raisin, vanille et j’en passe.  Une fois à l’intérieur, elleest plus directive de son raisin et son goût belge; là où l’édition normale m’avait laissé tiède celle-ci, avant même la finale, m’emballe totalement.  En gorge, c’est encore plus belge et raisin, avec un passage sur le stout et l’amertume qui se démarque alors que jusqu’ici c’était l’aventure du sucre.  Puis on replonge pour une seconde gorgée et c’est reparti: gadelles, prunes, violettes africaines… si l’Imperial Russe de Frampton Brasse est un grandiose stout québécois, Broadway a sensiblement le même génie avec sa brune Don Juan vieillie.

Broadway Don Juan Bière Brune extra forte Quadruple 9.5%

bdjC+  Un beau parcours mais beaucoup de courbes pour un chemin somme toute assez simple.

Brune et belge à la fois, on sent l’impact du malt et du pain au levain, qui donne une touche d’amertume très appropriée.  Très effervescente (spécialement pour une brune) le caractère anglais nous fait traverser la manche, spécialement lorsqu’on avale une bonne part de grain sucré et presque chocolatée.  La finale voit le café prendre des aspects de vanille comme si Don Juan avait séjourné en fût de chêne.  Une brune dénaturée, tantôt belge tantôt stout, mais que je garde comme bière de rareté que de tous les jours.

La recette mentionne curaçao, coriandre et anis… ah, d’accord.