Saint-Exupéry aurait capoté : les 2 Ros(é)es des Dunes Blanche à l’Hibiscus et au poivre des dunes 5%

ecrd2C’est l’histoire de la comparaison de 2 blanches, l’une fraîche et l’autre d’un an et 4 mois.  Tout en sachant que la blanche n’est pas vraiment un style de prédilection pour le vieillissement.

Au visuel, on a toute une différence après 5 minutes : la version frâiche est plus pale et sa mousse semble encore totalement intacte.  Au nez, l’aînée présentement légèrement plus pointu que la cadette, et présente davantage le poivre des dunes qu’à mon souvenir (pas une surprise d’en trouver moins à l’olfactive de la fraîche justement.  Pour le goût, ce sont les houblons qui me sautent aux papilles, ainsi que le liquide beaucoup plus vivant qu’au visuel.  L’hibiscus se gardait quant à lui beaucoup plus pour la finale, facile finale d’ailleurs mais avec le poivre un peu plus retiré et l’hibiscus qui me rappelle l’agua de Jamaica du Mexique (en gros, du thé froid de fleur d’hibiscus).

En retournant à la plus jeune, on constate par opposition que le liquide est une peu moins vivante, mais que les saveurs sont plus posées et tranquille.  La finale affiche peut-être un peu plus de povire des Dunes, mais ce qu’on remarque particulièrement c’est que les saveurs sont plus unies, moins dissociées.  Est-ce que ça fait de la fraîche une meilleure version?  Un retour à la première m’indique que oui, car c’est bien d’être vivante mais plus fort ne veut pas toujours dire meilleur.

On attend donc?   Non.  Si j’avais à noter je reconduirait ma note originale à B+ pour la fraîche, et à B- pour l’aînée.  Bon, d’accord, c’est bien pour l’esprit scientifique mais même si l’immobilier de votre cellier le permet, il y a d’autres styles qui s’y prête mieux.  Ceci dit ça me rappelle aussi à quel point la Rosée des Dunes est une alternative intéressant à la blanche coriandre/orange.   Dégustées en hiver alors que le thermomètre affiche moins vingt-deux sous zéro, j’ai presque l’intention que le temps des sucres et le printemps arrive…

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Les apparitions surnaturelles

Juillet 2016 et Juillet 2018.  Au niveau des températures moyennes, il n’y a pas photo, mais qu’en est-il pour le vieillissement peu commun de la Surnaturelle de l’Esprit de Clocher?  D’accord, la berliner weisse n’est certes pas le premier – ou le deuxième ou dixième – style qu’on penserait à faire vieillir.  Mais ludique le jeu en reste et voyons si au fil des années celle-ci aurait réagi de quelconque façon au temps passé en cellier.

visiteursOn commence donc par l’édition 2018, certes connue et reconnue.  Même petite pomme aigre et même blé arrondi par des levures pas toutes à fait typique.  La bouche est sèche et pimpante, et la finale toute aussi confortable que par le passé.  Un bon verre facile, rafraîchissant et léger.  On se rappelle pourquoi elle figure aisément dans le top 3 de bières sûres de la région de Québec.

Puis on se tourne vers son aînée de 2 ans, définitivement plus foncée.  Dès le nez, peut-être à la grande surprise, l’acidité est beaucoup moins présente et on se retrouve avec une berliner beaucoup plus douce, comme si la pomme avait laissé de sa place à la cannelle et la vanille.  La bouche est toutefois plus ferme, et la pomme est encore plus présente que dans la benjamine.  Côté finale, on sent que le restant de levures a pris un drôle de tournant aussi, qui sans être rébarbatif est moins invitant.  Spécialement lorsque l’on revient à l’édition la plus fraîche, on voit le manque de balance au niveau du rendu de la bière vieillie.  Est-ce que celle-ci en devient indigeste?  Pas du tout, car elle me rappelle par moment davantage la Russet Rebelle de la Brasserie Générale que la Surnaturelle.

Comme à chaque fois donc, est-ce que l’expérience en vaut la peine?  Non.  À la hauteur d’un « B » versus un « A » pour la version non vieillie, vraiment pas.  Au niveau du nez peut-être mais certainement pas pour la finale.  On ne peut donc que classer ce jeu de comparaison dans la catégorie « le savoir c’est le pouvoir » en se disant que le maximum que l’on devrait la laisser dans le cellier, c’est le temps entre les nouvelles batches.