La Chasse-Pinte La Reine du Sébaste 6.8%

cprdsQuand un néophyte demande des bières de microbrasseries, la Chasse-Pinte est probablement la dernière à me venir à l’esprit.  Intéressante oui, mais rarement on semble s’adresser à l’explorateur débutant, au profit d’y inclure des ingrédients boréals et hétéroclites.

Ici on aurait à faire à un hybride entre une anglaise très houblonnée et une belge épicée et aromatisée; par contre au nez ça semble être une ambrée bien caramélisée et houblonnée.  Lourde et intense malgré une gazéification assez légère, on s’approche du sarrasin et au citron (à la recette) qui apporte plus de saveur que d’acidité, puis on poursuit dans le bizarre lors de l’aftertaste de rousse anglaise à laquelle on aurait ajouté de la mélasse.

La cote : B-

Parce que si on oublie que c’est une bière spéciale, on se dit qu’elle est juste un plus goûteuse.

La Chasse Pinte Brassin Special Gruit avec myrique, armoise, poivre des dunes, achillée et thé du Labrador 5.1%

cpbsgB  Ça le fait sans le houblon.

Content du nez parce que ça reste une bière bizarre, mais une bière avant tout, forestière et acidulée.  Suite du bois (d’épinette sucrée) et de bran de scie en bouche avec un poivre absent, contrairement au thé du Labrador qui fait preuve de grande franchise.  Côté finale, l’armoise et la gomme de sapin se mêle dans une cohérence remarquable qui s’éteint de manière un peu trop tranquille à mon goût, mais certes très confortable.  Les gruits sont souvent trop mouvementés mais ici la retenue lui fait très bien.

La Chasse Pinte Brassin Spécial White Stout 5.6%

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Chasse Pinte a beau vouloir être spécial, ce n’est pas la première fois que je le dis mais il pourrait rester relativement conservateur pour une fois.

C- Un marché de niche.

Une autre Chasse Pinte, une autre bière qui ne fera sûrement pas dans les règles de l’art, car même dans le style peu commun de la white stout il est rarement de rencontrer une bière aussi trouble, ce qui est toutefois prévisible juste à en voir la lie qui n’arrive pas totalement à se décoller du fond de la bouteille.  Au nez aussi on est en territoire peu explorer car c’est à s’y méprendre une odeur de café fraîchement torréfié qui s’en échappe;  À l’aveugle et bouillant, nul doute qu’on pourrait croire que c’est une boisson noire de déjeuner.  C’est peut-être ainsi craintif qu’on goûte, et bien que c’est toujours le café qui mène, l’amertume est contrôlée… pour l’instant car il serait facile de croire que ça ne s’arrêtera pas là.  Mais non, on reste dans le même sentiment en finale, assez longue d’ailleurs.  Est-ce que c’est une bière agréable alors?  Peut-être, si on aime beaucoup le café ou bien que l’on veut apprendre à le connaître davantage, quant à l’amateur moyen de bière, laissez-moi douter du succès d’une telle bière, surtout pour quelqu’un qui ne connaitrait pas le style de la white stout et qui pourrait être loin de la moyenne dans ce type.

Brasserie Coopérative La Chasse Pinte Blonde à l’Armoise 6.3%

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L’armoise, un ingrédient d’une bizarre potion magique?  En tout cas ça donne une drôle de couleur à cette « blonde ».

C  Plus pour le défi que le décor.

Agressive, on croirait sentir du maïs vert, du muguet, de l’orange non mûre et du seigle.  C’est donc une bière pour les courageux même si dans l’ensemble c’est floral et tropical.  Calme, faiblement effervescente et moins goûteuse, elle passe mieux en bouche mais la finale est hétéroclite au possible avec du sapin, du thym, du pamplemousse et des houblons qui font très IPA.  Suspecte, peut-être que je m’habituerais à l’armoisier mais dans celle-ci, ça sonne la sorcellerie (pas pour rien que ça porte un nom comme « mugwort » dans la langue de Shakespeare.  Peut-être que Chasse Pinte gagnerait à risquer un peu moins parfois (mais pas tout le temps non plus!).

La Chasse-Pinte Saison au Sarrasin 6%

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Ce qui est plate avec la Chasse-Pinte, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre.  Ce qui est le fun avec la Chasse-Pinte, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre.

B  Mauvaisement bonne.

Pour une fois, Chasse-Pinte ouvre les hostilités avec une couleur très opaque presque inquiétante, mais un nez sur le bord d’être standard, avec à peine une petite pointe mystérieusement végétale (conifères), du sucre belge et  du parfum.  Continuant sur cette douce lancée, on passe rapidement à la finale sur le sucre et le grain épicé qui ne fait pas trop rye – c’est du sarrasin après tout.  Très bonne, le défaut est qu’elle est tellement typée qu’elle est plutôt un mauvais choix à présenter au néophyte.

J’ai horreur de penser à cela mais Chasse-Pinte, ça vous tenterait pas de sortir une gamme un peu plus conservatrice?  Continuer les belles tentatives par contre!