Microbrasserie de Charlevoix Dominus Vobiscum Lupulus 10%

Cote OO : B+

Certains réussissent mieux que d’autres le saut de boulangerie à la pâtisserie.

Veloutée, du pain habituellement retrouvé dans la bonne vieille Vobiscum, ici la micro de Charlevoix a passé à la pâtisserie d’un gateau foncé et bien touché de muscade, sans pour autant que ça ne fasse trop bière de noël.  Les épices continuent leur chemin jusqu’à la bouche où l’on se rapproche de leurs éditions double et triple plus normales.  La finale est hyper gouteux, toujours en encore la muscade, avec le baiser de houblons belges plus feuillus qu’amers (même si on parle de Strisselspalt, Simcoe et Amarillo).  Le buveur a ainsi droit à un hybride entre la bière de noël (mais en version plus subjuguée) et une double tout ce qu’il y a de plus typique (spécialement pour Charlevoix).

Menaud Poivre Bière de seigle au poivre d’aulne de Charlevoix 5.8%

Cote OO : B

Parce qu’un bon plat doit réconforter aussi.

Couleur régulière.  Nez assez régulier (et un peu faible).  Si l’olfactive aide souvent, pas ici dans cette bière rondelette et à peine touchée par les épices du seigle.  La bouche est très, très mielleuse et sucrée mais encore là assez courte, on passera donc en finale pour y trouver du poivre (m’enfin, le poivre d’aulne) qui vient contrebalancer le miel.  La force de cette bière, c’est sans contredit la balance entre ses différents éléments, ce qui en fait une bière mouvementée mais qu’on pourrait boire en bonne quantité sans se lasser.

Microbrasserie de Charlevoix 8e Jour Bière extra forte épicée 10%

Cote OO : B-

Sans damnation, ni glorification.

La Charlevoisienne ne cessera jamais de me surprendre par la couleur de ses bières, comme cette 8e Jour avec le démon à l’étiquette, à 10% et contenant des épices, mais qui est malgré tout aussi pale qu’une kristallweizen.  Il est ensuite difficile de trouver quelles épices font partie du mélange (muscade?  Estragon?) alors qu’en bouche on goûte davantage les levures belges assez fidèles de l’établissement.  Enfin, le démon se déchaîne – relativement, par rapport à l’olfactive et la gustative – mais derrière le petit élan de grain et la chaleur de l’alcool, ne subsistera qu’un filet d’houblons tirant sur les herbes séchées, et ce qui semble un faible et chaud baiser d’un piment (je dirais guajillo).  Fine et chaude et traître par un 10 qui goûte un 6 (pourcents d’alcool), mais peut-être pas suffisamment distinctive pour devenir un nouveau classique de la mythique de Baie St-Paul.

Microbrasserie de Charlevoix Dominus Vobiscum Triple 9% 17 IBUs

Cote OO :  B

Plus haute mais plus basse.  Mais plus haute que la note injuste qu’un évaluateur débutant lui donnait en 2009 (un honteux C+).

Bien que l’ordre numéraire imposerait naturellement de la boire après la Double, cette triple a un nez qui est autrement plus simple et léger que sa sœur.  Elle reste néanmoins florale, céréalière un tantinet et invitante, c’est une bière que je recommande de s’y approcher le nez à défaut de s’y plonger (un petit peu de mousse sur le nez n’a jamais tué personne).  La Karmeleit et son froment vient à l’esprit dès qu’on la goute; nul doute qu’à l’aveugle on la croirait arriver de l’autre côté de la grande marre.  Les fleurs épicées redoublent d’ardeur en finale mais le blé… ou plutôt l’orge, car le blé n’est pas à la recette, surprise qui explique toutefois la texture plutôt liquide.  Au fil des gorgées l’amabilité augmente, mais on doit par contre en arriver au constat qu’elle n’est pas à la hauteur de la double, mais un beau B, ce n’est pas comme si elle n’était pas une bonne bière.

Microbrasserie de Charlevoix Dominus Vobiscum Double (Revisite) 8% 18 IBUs

Cote OO : A-

La messe de Noël; même si vous n’êtes pas pratiquant ça peut rester un très solennel spectacle.  

Le Classique belge québécois avec un C en majuscule, toujours aussi foncé d’un très joli acajou par rapport a son frère triple.  Fortement épicée, on flirte avec la bière de noël ou de garde, spécialement que le sucre candi semble en faible proportion.  Hyper lourde – sans surprise, on y va de grands élans muscade et de cannelle, pas autant qu’en finale ou le caramel du grain et la boulange du sucre candi arrondi le tout.  C’est d’ailleurs dans cette finale qu’on a le plus de plaisir, et que l’on est rappelé que les Dominus Vobiscum (la version double au minimum) garde toujours sa majuscule, spécialement lorsque rebue avec un ou deux milliers de bières de plus.

Microbrasserie de Charlevoix Glühkriek Bière forte aux fruits épicée 8.5%

Cote OO : B-

Gâteau diète.

Le forêt noir sans le chocolat, de cerise et de moka modérément torréfié.  Or, si vous avez pensez avoir « gouté » au gâteau à l’olfactive, la gustative viendra vous montrer votre erreur alors que le chocolat est davantage cacao et que la finale de cerise non sucrée laisse passer des levures d’ale, ainsi que de la muscade (probablement le côté « épicé »).  Toutefois, c’est presque la seule note d’épice qui surviendra et bien qu’on aime les bières épicées lorsqu’elles sont plus légères, ici la modération semble avoir moins bon goût.  On la goûte donc en faisant fit de la recette, et en tant que bière noire à la cerise, le but est atteint.

Microbrasserie de Charlevoix Bizarra Gorria Blonde aux piments 4.3%

Cote OO : B

Il peut s’agir d’un dilemme : plus épicé pour les mordus ou moins épicé pour tous?  On a opté pour la seconde option ici.

À en juger de son apparence, on pourrait tanguer du côté de la blanche, toutefois il s’agirait d’une blonde, or tandis qu’on y trempe les narines le côté orangé prolonge le sentiment d’orange-coriandre.  Outrepassant le nez d’orange, l’arrivée en bouche est d’abord fruité puis c’est la démesure du piment (on pourrait dire ancho) qui pourrait rappeler directement celui de la Pepper Pale Ale de  Big Slide Pub & Brewery, mais du côté belge davantage qu’anglais.  Or, là où elle perd un peu de panache, c’est que le piment n’est pas assez persistant, on se retrouve donc avec une pale ale pimentée mais pas suffisamment chaude.  Somme toute une bière qui vaut la peine d’être goùtée mais pas assez à terme.

Microbrasserie Charlevoix P’tite Tranquille India Red Session Lager 2.5%

Cote OO : A-

Petite, mais grande.

Sûrement filtrée mais de par sa transparence, mais la couleur est très jolie et appelle de si tôt. Le nez fait très bien le trait d’union entre l’oktoberfestbier et l’IPA avec son malt orangé et son houblon… d’orange.  Pour la bouche, on pourrait croire qu’à 2.5% elle soit transparente et ce n’est totalement pas le cas : sans même l’avoir avalé on avance sur un terrain très certain d’IPA d’automne, tandis qu’en finale on est frappé de deux vagues successives d’orge très sucrée et fermement céréalière et de houblons entre l’Angleterre et les USAs.  Une très savoureuse surprise donc, spécialement si on hésitait entre les pale ales anglaises, les Vienna Lager allemande et les IPAs américaines.

Microbrasserie Charlevoix La Vache Folle Imperial Milk Stout (vieillie 5 ans en cellier) 9%

Cote OO :  B+

La paresse peut venir avec les années.  Un beau ptit somme par contre.

Un autre grand classique de la bière noire au Québec, sans dire qu’elle est anonyme dorénavant, elle a été dépassée depuis… ou bien alors c’est juste qu’on ne la voit plus parmi la masse?  On y plonge donc le nez pour se voir servir une grande rasade de stout un peu liquoreuse et assez fruitée pour le genre.  Le raisin rouge et sec, la crème et le café léger s’occupe ensuite des papilles, tandis que l’orge et presqu’uniquement l’orge se charge de la finale, bien torréfié tout en laissant passer un ou deux raisins secs.  Tout ce qu’on peut attendre d’un stout imperial, tandis que pour le côté lactose on sent que celui-ci s’est amenuisé avec les années en cellier.

Microbrasserie Charlevoix Festif! De Baie Saint-Paul India Pale Lager 4.5%

Cote OO : B-

Pas de là à faire le party.

Peu de surprise dans cette IPL bien citronnée outre qu’elle se veut plus sèche que la moyenne des pales.. ales (plus ou moins une surprise donc).  C’est « clean » et simple donc, alors on la goûte sans hésitation, puis c’est la même chose avec un peu de gazon bien frais dans une amertume qu’on pourrait qualifier de tranchante.  Moins aggressive, la finale est plus approchable quoiqu’encore plus herbeuse, et se conclut de manière assez rapide.  Une IPA franche donc, mais outre une pointe de vert et une simplicité effarante, rien qui ne veut le détour.