Hopfenstark Boson de Higgs Berliner Weisse Rauchbier Saison vieillie environ 3 ans en cellier 3.8%

hbdhLa cote OO :  A+              

Whatever.  Fraiche, un an, deux an, trois ans.  Whatever.

À quel point une sour ale peut-elle tenir en cellier?  On poursuit l’expérience à 3 ans avec l’une des meilleures bières au monde selon l’auteur de ces lignes.  On y trouvera un nez autant fumé que légèrement vanillé, comme s’il avait séjourner en barrique de chêne neuf un certain moment.  C’est fraîchement et franchement alléchant mais assez différent de la version fraîche.  La bouche est sûre, c’est évident, mais c’est le houblon et les levures qui ressortent plus à ce niveau… sans oublier la fumée pas très dense mais bien visible.  Pour conclure, c’est l’explosion du bois de pommier qui a chauffé l’orge, et qui me raccorde à mes anciens sentiments.  Plus amortie… pour une rauchbier… mais certainement à la hauteur de mes attentes, quoique légèrement plus houblonnée.  Un succès renouvelé donc, même après 3 ans.

Les Trois Mousquetaires Ceci n’est pas une Gueuze 2016 5.5% (vieillie 28 mois en cellier)

ltmg2016Bière sûre oui mais bière funky d’abord : un peu de pêche sucrée et juste la bonne balance entre le funk des levures et de l’acidité du moût.  En bouche, elle se veut plus acide d’abord, plus fruitée ensuite, mais pas vraiment « étable » avant la finale rance et astringente où le jus de pêche vire à l’acide.  Comme aftertaste, on a droit à une pointe de houblon qui démontre qu’avoir celui-ci en version suranné amène une dimension supplémentaire.  Confort et challenge à la fois, elle ne vaut probablement pas la peine d’attendre mais on garde l’œil ouvert pour pousser l’audace jusqu’à l’attente de 5 ans.

La cote OO :  A-

Parce que c’est un beau trip d’analyse et de différenciation, mais à la base c’est une excellente bière qui est restée excellente.

Le Corsaire Dark and Mild Édition 2016 vieillie 2 ans en cellier 5%

darkmild2016

Une brune 2 ans en bouteille, il faut se méfier de l’excédent de mousse.  Et même à ça…

Profondément chocolatée, cette mild ne semble n’avoir que la douceur dans le ton, car dark oui mais l’olfactive suggèrerait davantage « Dark and Deep ».  En bouche un mot : lenteur.  Lenteur du cola qui pénètre la langue, suivi d’une amertume toute à fait apprivoisée et suivie de cacao.  La finale tient plus de la brune anglaise standard qui emprunte aussi à la stout pour son chocolat et son cacao.  La différence entre l’édition régulière et celle vieillie alors?  Elle se trouve principalement au niveau du fruit qui est livré en plus petite quantité et plus tard dans l’expérience.  Maintenant, est-ce que le jeu en vaut la chandelle?  Oui, mais principalement parce qu’elle est facile à trouver en épicerie et qu’elle est peu onéreuse.

La cote OO : A

Parce que c’est le même bon goût, livré encore plus gentiment, mais que ce n’est pas celle qui profite le mieux des mois de vieillissement.  Mais si l’on a de la place à la stocker, pourquoi s’en priver?

L’Esprit de Clocher : Les 2 Coquettes (2017 vs 2018)

On a donc affaire, séparées d’un an et quelques jours, aux éditions 2017 et 2018 de l’harvest ale annuelle de l’Esprit de Clocher.  Il faut savoir que ce type de bière n’est pas nécessairement la meilleure cible d’un vieillissement en cellier, mais tant qu’à l’avoir…

coquettecomp

Au nez, la 2017 surprend par sa sagesse, apportant tranquillement des notes d’houblons moitié anglais moitié californien.  Le grain de son côté est assez mielleux et bien marqué.  Ce même grain est beaucoup plus reculé chez la version 2018, et pour les houblons on semble être plus varié que la plus vieille des deux, y trouvant herbes, feuilles et bien sûr des agrumes.  Pour la bouche de la 2017, encore une fois je suis surpris de trouver une coquette bien marquée par l’orge et l’orange, avec une amertume plus que bien contrôlée.  Puis on conclue le tout avec de l’acidité à la hauteur de l’amertume, bref pour une bière qui est supposée mal vieillir, pour ce qui est de la première gorgée c’est très bien réussi.

On passe ensuite à la bouche pour la 2018, y trouvant une amertume beaucoup plus marquée et franche que la 2017.  Des nuances oui, mais seulement dans les élans d’amertume.  En gorge cette coquette se veut plus posée, laissant passer le grain plutôt vert merci.

C’est en revenant à la 2017 que je suis confondu et convaincu : qui a dit que le houblon frais était de mauvaise fréquentation en cellier?  S’agit-il alors d’une exception?  Une seule solution alors, d’en acheter une autre pour attendre l’an prochain.  Mais pour revenir à la petite nouvelle, c’est une belle démonstration que la vie de tout bon hophead (foublon?) qui se respecte n’est pas complet avant d’avoir goûté à quelques bonnes harvest ale.

La cote OO : Par soucis de transparence, puisque j’ai eû une petite implication dans la récolte du houblon frais pour l’édition 2018, l’objectivité est trop difficile et c’est pourquoi je m’abstient pour cette édition.  Toutefois il ne faut pas hésiter à y tremper les lèvres, spécialement si l’amertume vous intéresse!

Les apparitions surnaturelles

Juillet 2016 et Juillet 2018.  Au niveau des températures moyennes, il n’y a pas photo, mais qu’en est-il pour le vieillissement peu commun de la Surnaturelle de l’Esprit de Clocher?  D’accord, la berliner weisse n’est certes pas le premier – ou le deuxième ou dixième – style qu’on penserait à faire vieillir.  Mais ludique le jeu en reste et voyons si au fil des années celle-ci aurait réagi de quelconque façon au temps passé en cellier.

visiteursOn commence donc par l’édition 2018, certes connue et reconnue.  Même petite pomme aigre et même blé arrondi par des levures pas toutes à fait typique.  La bouche est sèche et pimpante, et la finale toute aussi confortable que par le passé.  Un bon verre facile, rafraîchissant et léger.  On se rappelle pourquoi elle figure aisément dans le top 3 de bières sûres de la région de Québec.

Puis on se tourne vers son aînée de 2 ans, définitivement plus foncée.  Dès le nez, peut-être à la grande surprise, l’acidité est beaucoup moins présente et on se retrouve avec une berliner beaucoup plus douce, comme si la pomme avait laissé de sa place à la cannelle et la vanille.  La bouche est toutefois plus ferme, et la pomme est encore plus présente que dans la benjamine.  Côté finale, on sent que le restant de levures a pris un drôle de tournant aussi, qui sans être rébarbatif est moins invitant.  Spécialement lorsque l’on revient à l’édition la plus fraîche, on voit le manque de balance au niveau du rendu de la bière vieillie.  Est-ce que celle-ci en devient indigeste?  Pas du tout, car elle me rappelle par moment davantage la Russet Rebelle de la Brasserie Générale que la Surnaturelle.

Comme à chaque fois donc, est-ce que l’expérience en vaut la peine?  Non.  À la hauteur d’un « B » versus un « A » pour la version non vieillie, vraiment pas.  Au niveau du nez peut-être mais certainement pas pour la finale.  On ne peut donc que classer ce jeu de comparaison dans la catégorie « le savoir c’est le pouvoir » en se disant que le maximum que l’on devrait la laisser dans le cellier, c’est le temps entre les nouvelles batches.

Trou du Diable Dulcis Succubus 2015 Vieillie 7 mois en cellier

tddds2015A  Ça ne finit plus de finir mais on ne la veut pas la fin.

Très claire avec plus de mousse qu’en version non vieillie, le nez est frais, généreux de fruits (confiture de pêches) et même un peu crémeux (l’impact du baril?).  La pêche est ensuite accompagnée de vanille sur les papilles avec le grain assez liquide, dans une carbonation assez tranquille.  D’abord fruité, l’aftertaste montre des signes de vin rouge qui tourne ensuite dans l’astringence, puis dans des levures légèrement funky.  Touts azimuts, une de mes première bières québécois « très fancy » et toujours une grande bouteille, très complexe.  De plus, contrairement aux whiskies il est toujours intéressant d’y regouter une fois qu’elle a passé quelques mois de plus en vieillissement chez soi.  Challengeante mais qui en vaut aussi la peine.