Riverbend Berliner Weisse à la camerise et herbes boréales 5.6%

rbwLa cote OO : B

Des fruits de Côte-Nord.

Rubis et empreinte de la signature caractéristique mi-framboise mi-bleuet, si l’on se fie seulement à la couleur, on va vivre une expérience intensément fruitée.  Pour l’arrivée en bouche ce sont les herbes qui volent la vedette (je dirais thé des bois et armoise), spécialement quand on verse le fond de la bière avec ses sédiments, tandis que la finale est sur la camerise passablement plus sèche.  Une berliner weisse comme je les aime, non pas renversé mais appuyé par le fruit et des épices un peu difficiles à cerner, une bière de collation.

À la Fût La Blanche du Rang des Pointes Blanche à la camerise 4.2%

alfbrdpLa cote OO : B

Ptit coin confo du Range des Pointes, spécialement en digestif de travail de ferme.

Toute sauf dotée du subtilité visuelle, le nez est mieux pesé, et bien que la camerise – ce mélange de framboise et de bleuet à la gustative – est évident, le blé s’en sort vraiment pas si mal.  Toutefois là où le nez était efficace, la bouche est un peu démesurée par son fruit, et pas assez, étrangement car peu sucrée aussi.  En finale et aftertaste, la camerise revient de manière mieux sentie, un peu plus complexe aussi.  J’y préférerais la plus simple et hyper efficace Mékinoise, mais tant qu’à tomber dans les fruits la talle de camerise d’À la Fût est de bon refuge.

Brasseurs du Monde Le Festibière de Sherbrooke Gose Camerise 3.8%

bdmgcLa cote OO : C+
Parce que
l’intention peut compter pour plus que l’application d’une recette.

Bière ou jus? Camerise « all the way » au nez et pas très sèche, pas assez à mon goût à tout le moins.  Le gout est assez persistant et étonnament fleurie, et la camerise est toute sauf fleurie.  À l’image du reste, le goût est à la limite du trop sec, et ça conclue une bière à qui il manque un peu d’âme pour être vraiment mémorable.

La forge du Malt Scottish 1730 Scotch Ale à la camerise 9.5% 23 IBUs

fdms1730S’il y a un style austère auquel j’aurais peur d’ajouter des fruits, avec le barleywine la scotch ale en ferait partie.  Cependant, avec son apparence des plus réglos, on pourrait presque croire à la retenue des brasseurs en matière d’ajout de fruit.  Encore au nez, avec le caramel qui domine, le grain peut être défini comme sucré mais pas vraiment fruité, et c’est presque la même chose à la bouche qu’on goûte de manière tranquille, les deux pieds profondément enfoncés dans l’orge mouillé.  Il faudra donc attendre en finale…pour y trouver oui l’ombre du fruit, mais surtout un merveilleux grain qui me fait penser à la mauricienne Sir Wallace d’À la Fût.  Certes peu volubile, la Forge du Malt joue dans un paysage rarement exploré mais sait explorer la géographie de la camerise pour agrémenté un houblonnage généralement tranquille dans la scotch ale.

La cote OO : A-

Parce que La Forge du Malt peut jouer sobrement même à 9.5% d’alcool.  Une scotch ale aromatisée pour amateur de scotch ale et non de bière aromatisée.

Riverbend Berliner Weisse à la camerise & herbes boréales 5.6%

rbwchb

Ça me fait encore rire de voir cette photo sur leur canette, où l’on peut apercevoir la bâtisse de leur plus proche compétiteur (Le Lion Bleu pour ne pas le nommer).

Il y a rouge et rouge fluo… ça fait un peu peur.  Au nez donc pas de surprise : du gros fruit entre le raisin, la framboise et la cerise noire au fond du pot de yogourt.  Outre le tranchant de la Berlirner Weisse toutefois, plus rien ne subsiste au gros fruit qui occupe beaucoup trop la bouche comme la gorge.  Une bière?  Non.  Un drink d’été, oui.  De leurs côtés, les herbes québécoises amène une certaine séchèresse mais trop peu trop tard.  Buvable, mais on s’attend à plus de Riverbend.

La cote OO : C+

Parce que c’est du confort, mais le coussin n’est pas très profond.

Corsaire La Mi-Centenaire Berliner Weisse Argousier et Camerise 4.5% 9 IBUs

cmcBière sûre à l’argousier aux 2 fruits à la mode… bon pas la plus originale en fin 2018 mais le mélange doit fitter il semble.

La couleur est dans le ton à tout le moins mais l’odeur semble plus reculée, ou alors moins sucrée.  Pour le blé sous-jacent, on peut le sentir davantage dans une autre bière mais on ne peut pas dire qu’il est totalement absent.  La bouche est assez surette et si déjà à ce point il faudrait lever la main d’un gagnant il s’agirait de la camerise qui l’emporte sur le plus docile argousier, quoiqu’on inverse le tout encore une fois en aftertaste.  Certainement pas une bière pour déplaire, sauf peut-être pour l’amateur de Berliner plus traditionnelle.

La cote OO : B

Parce qu’elle est bonne, mais qu’un peu de lactobacile de plus comme l’Esprit de Clocher n’aurait pas fait de tort (on décrit ça comment des lactos?  Si les bretts sont funkys, les lactos sont… rondes et sèches?).  Reste que c’est une bière pour tous les âges.

L’Esprit de Clocher La Surnaturelle bière surette à la camerise 3.8%

ecsc

Quelque part, quelque chose d’incroyable attend d’être connu.  Du Carl Sagan sur une bouteille, le geek en moi apprécie presqu’autant que la Boson de Higgs d’Hopfenstark (bon, je suis davantage physique quantique que cosmologie).

La 3e visite des visiteurs… les extra-terrestres aiment Neuville et/ou Neuville aime les extra-terrestres?  Pour ce voyage ils ont certainement amené plus d’une soucoupe de camerise car le liquide rouge/rose s’éloigne dangereusement de la bière normale, ce qui pourrait faire demander à l’observateur « serait-ce la fois que l’Esprit de Clocher va déborder de sa sage retenue.  Le nez vient rassurer car d’accord le fruit est présent mais c’est le petit côté lactobacile rond qui règne, encore plus que dans celle à l’argousier.  D’abord sèche le fruit n’est pas si retenue que ça mais loin d’être éhontément sucré.  Même chose en finale où l’on vient conclure par le même petit côté rond des levures et du blé vert.  Certes, on ne peut s’attendre à une bière avec un aftertaste qui s’étire aussi long que des années-lumière , mais la camerise sait rester sur le derrière de la langue de belle manière.

Et puisque dans le frigidaire de l’Esprit de Clocher il restait toujours celle à l’argousier, il fallait bien comparer un peu.  Plus sèche et un peu moins goûteuse, l’argousier est aussi un fruit plus subtil alors pour les départager, à mon humble avis il faut se rendre à l’aftertaste : si on préfère ses berliner weisse plus sèche, privilégiez la plus pâle des deux.  Si vous voulez davantage explorer la planète du fruit, choisissez la camerise.

La cote OO : B+

Parce que le choix des aliens étaient judicieux, la main est resté tout de même assez légère, mais que la langue de l’argousier était plus compatible avec l’allemand de berliner que la camerise.  Malgré tout, c’est une visite qu’on appréciera facilement lorsque l’on cherche très goûteux et très facile.

Corsaire Queen Anne’s Revenge Blanche aux Fruits Camerise & Hibiscus 4.9%

cqarchB-  Un party où les invités arrivent tard mais arrivent tous.

Avec une couleur aussi… incertaine?… le nez lui aussi indéterminé entre le fruit et les fleurs est loin d’être rébarbatif; ce n’est pas comme si le sucré et le fragrant était des flaveurs peu invitantes.  En bouche, bien vivante par une bonne gazéification, le sucré (melon d’eau) attaque rapidement mais le côté fleur, moins végétal qu’astringent, vient mettre son grain de sel.  La finale est alors un combat de ses deux éléments d’où une amertume modérée mais surprenante semble sortir de nulle part.  On a enfin droit à un aftertaste assez long où le grain vient lui aussi se pointer le nez.  Est-ce que tout cela fait de cette blanche une incontournable probablement pas, mais on est sûrement pas mécontent de la voir arriver sur la terrasse.