Le Naufrageur EL Jefe Double Stout Café 7%

ndsejLa cote OO : B

Pas toujours obligé d’organiser un coup d’état pour créer une révolution.

Sans être automatiquement café, ce stout semble pleinement végétal – on croirait presqu’à un côté piment fort – mais pas si café que cela.  En bouche, elle se veut syrupeuse mais on a toujours le même sentiment de piment fort (je dirais ancho), mais en l’avalant il y a énormément de belle vanille et de grain de café tranquille.  Et malgré ce côté épice (on avait flairer l’astuce, il y a véritablement du piment fort), au fil des gorgées elle se sucre et se caramélise tranqullement.  Au final on a droit à un stout (qui ne parait pas très « double ») au doux café, mais très nuancé.

D’ailleurs, la Brûlerie du Quai est tout autant un must à Carleton-Sur-Mer que sa microbrasserie.  Un véritable artisan torréfacteur, et l’un des meilleurs cafés filtre bu à ce jour.

Le Corsaire Davy Jones Nitro Stout 5.5%

cdjLa cote OO : B

Parce que  les pirates peuvent agir stratégiquement aussi.

Peut-être l’odeur de café dans la pièce, mais quand on approche le verre (de bière) on y trouve du stout vanillé, à peine teinté par le raisin sec, à la fois profond et léger.  Ce qui en choquera d’autant les papilles alors que la torréfaction du grain ne laisse aucune ambiguité, mais surtout permet de faire le lien vers le café si on l’a déjà bu.  Tranquille, toutefois pour une nitro stout c’est beaucoup plus goûteux et moins limpide que… vous savez cette autre nitro stout bien connue, malgré que le côté avoine soit plus ou moins palpable (peut-être l’effet du nitro?).  Se coiffant d’une belle note soutenue d’amertume en aftertaste, d’accord, on n’oserait lever le pavillon du meilleur stout québécois mais pour rester dans le thème, je le qualifierais de bon port d’attache pour amateur du genre.

Et bon, puisqu’on avait le café en main, ça donne quoi de passer de l’un à l’autre?  L’élément plus funky du café (l’arrosage à la stout après la torréfaction) semble absorbé, et qui on goûte à la boisson chaude c’est le cacao qui ressort davantage.  Puis on revient à la bière pour la trouver encore plus vanillé, et surtout très sucrée et fruitée en finale.  Certes un délicieux trip à se payer si l’on est amateur des 2 boissons!

Griendel Ceci est un autre nectar (collabo J.P. Barbeau) Saison café et cascara 6.2%

g_dec2018r1Premièrement, bravo de faire une bière au café dans un autre style que la bière noire.  On ne sait pas par contre si c’est une si bonne idée que ça avec un nez ultra bizarre où le cascara semble vert comme le grain de café.  Celui-ci semble aussi donner des effluves de groseilles mélangées à la framboise puis à du gingembre et enfin de la citronnelle.  On goûte donc avec curiosité pour y découvrir une bière finalement crasseuse puis graisseuse mais toujours mystérieuse…la finale est plus ronde et joviale, presque veloutée en fait.  La force de cette bière réside principalement dans l’équilibre entre le mystère et la buvabilité.  Bravo pour le guts!

La cote OO : A-

Parce que même après 2 verres je ne la comprends pas encore mais que j’en veux encore.

Griendel Dehors Novembre (collabo Bière POP, Pyrophyte et les sans-tavernes) Saison noire au café 7.5%

g_dec2018r1Comme l’album du même nom (dans les meilleurs de l’histoire de la musique québécoise) on va assez droit au but et si elle était servie chaude et à l’aveugle, on devinerait pas mal plus café que bière.  Il est donc impossible d’y détecter autre chose que du grain violemment torréfié, et c’est la même chose en bouche où l’orge est à peine perceptible l’espace d’un instant avant que le café ne vienne abasourdir les sens.  Les papilles étant fatiguées, la finale est plus abordable et un bois de chêne se heurte à du lait au cacao.  À réserver pour les très grands amateurs de café, ou pour réveiller le buveur.  Et/ou le choquer.

La cote OO : C

Parce que c’est comme si je faisais une poutine avec 4 frites, de la sauce à pizza et 89 tranches de pepperoni.

Saint-Pancrace Pointe Noire Stout au café 5.1%

sppnscCe n’est pas tant le café qui ouvre la curiosité que le grain doucement torréfié à l’odeur de cacao doux, dans rien qui ne sorte de l’ordinaire.  Même si j’utilise 2 fois le thème de douceur auquel j’additionnerait « velouté ».  Au goût, j’ai une fois de plus le cacao à l’esprit qui flotte dans une faible carbonation.  On finit toutefois presqu’à croire le café en aftertaste avec une pointe d’amertume qui semble autant venir d’houblons très bien choisis que du grain.  Franchement, c’est une bonne bière de noël qui tiendrait autant sinon plus la route que les bières épicées à la muscade de manière éhontée.  Donc par rapport à la vieille version, pas de changement important mais pourquoi changer une recette gagnante.

La cote : A

Parce que c’est ma meilleure bière au café, toute provenance confondue.  Et je n’aime pas le café.

La Confrérie Crema Stout à l’avoine Café à froid / Vanille / Lactose 5.4% 30 IBUs

ccB+  Pour vous réconcilier.

Trop souvent, peut-être pas sa trop grande ressemblance, le café vient dénaturé une bière; un peu de vanille et de lait c’est bien mais quand j’ouvre une bière… je veux une bière, pas une boisson chaude.  Voir ici de mauvais exemple à la Stout café vanille de Brasseurs de Montréal.  Ceci dit, au nez la torréfaction ne semble pas trop venir du café mais de l’orge, le tout aggrémenté de la rondeur de l’avoine qui s’agence parfaitement avec le petit goût de lait.  Loin d’être amère, l’arrivée en bouche est toute en douceur, sucrée comme il se doit avec que le café vienne terminé l’équilibre entre le sucre et l’amer.

Pas trop aggressive, c’est toujours de cette manière qu’on devrait aborder la boisson matinale lorsqu’on veut la marier avec de la bière.

Kona Brewing Pipeline Brewed with 100% Hawaiian Kona Coffee 5.3%

kpB-  Pour une bière grand marché, ça bats la Guinness côté goût mais non côté texture.

Plutôt épicée, pour une bière brassée avec le grain du café ça ne parait pas au nez.  Douce au goût, le café est très noir mais très peu amer, et livre peu de variété outre le cola.  En finale, en « ah, d’accord », le café fait moins de doute en restant bien accompagné de lait, mais côté texture j’aurais aimé plus de velouté (il n’y a pas probablement pas ou très peu de gruau dans la recette).  Somme tout ce n’est pas une mauvaise porter, qui aurait toute fois bénéficié d’une meilleure tenue en bouche.

St-Pancrace Pointe Noire Stout au café 5%

sppnA  Un échec parce qu’elle n’est pas assez café ou bien une réussite parce qu’elle est juste assez café?

Moins café et plus moka, pensez à un café vanille française plutôt qu’un triple expresso.  Du beau grain d’orge, pas de café, bien rôti. L’arrivée surprend par sa froideur calculée, de vanille vêtue, sans amertume, qui tombe ou explose en moka surpuissant et en café très abordable pour ce qui préfère le thé ou le Red Bull.  Une vraie stout – assaisonnée certes – dans les règles de l’art.

Sierra Nevada Brewing Pale Ale 5.6%

sierranevada

B-  Comme la Corolla dans le style petite berline familiale, se choisit bien dans le style IPA mais ce n’est pas une grande performance de course.  Beau parfum non surpuissant entre acide du citron et sucre de l’orange.  Très fraÎche en bouche grâce à beaucoup de CO2, la finale quant à elle flirte avec l’amertume sans l’embrasser.  Petit défaut au niveau de l’aftertaste qui me fait penser à une session beer, que l’on excuse en buvant goulûment et cette bière trop confortable mais pas assez performante.

Bear Republic Racer 5 IPA 7.5%

racer5B+  Non pas le Nascar à Loudon mais une balade furtive dans le sud de la Floride en Rolls Royce Phantom.  Indéniablement IPA avec ses notes d’orange, d’oranges et d’Oranges, ça commence en course effrénée dans le gros bol à punch.  Sèche en bouche, le grain se goûte mais dès qu’on l’avale, l’amertume revient avec ses oranges et une finale un peu herbeuse.  Difficile de ne pas parler de réussite malgré qu’on ne fasse vraiment pas dans la subtilité; la balance est assez hors-paire et me fait conclure à un jalon avec lequel je jugerais dorénavant les autres IPAs.