Brouhaha Arrakis Saison au poivre des dunes 4.5%

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Peut-être que c’est parce que ça m’a trop marqué dans ma jeunesse, mais c’est Tremors que cette cannette!

La cote OO : B-

Parce qu’elle rappelle bien que le poivre des dunes québécois est un poivre « à part ».  Dans cette version, du bon côté. 

Belle mousse bien dense mais déception de ne pas y voir des chatons de poivre; le nez vous dira la même chose alors que les levures sont bien présentes mais pas le poivre noir usuel.  À défaut d’être habituel au niveau des effluves on ne peut pas dire que le côté rafraîchissant ne semble pas au rendez-vous.  Au goût, le poivre si particulier se présente et accentue le houblonnage qui semble assez élevé, surtout alors que ce n’est pas la marque de commerce de la saison.  Même chose en finale : pas très longue mais bien goûteuse, c’est avoir mis trop de poivre dans sa sandwich aux tomates pain blanc dégusté à la fin du rang de roches à ramasser sous un beau soleil de printemps.

Brouhaha Cuvée des Saveurs

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Quand on parle d’un achat à l’aveugle… faute de colle sur l’étiquette la surprise n’en sera que plus grande.

Douce avec une touche de muscade et du sucre candi, autant au niveau du visuel que de l’olfactive on semble être en territoire belge.  Même chose en bouche : bien sucrée, bien ronde, on vogue tranquillement vers une finale assez houblonnée et teintée de cannelle, de muscade et de poivre noir.  Avec un gros élan d’amertume presque citronnée, on a quitté le vieux continent pour se retrouver en Amérique et ce qu’elle a de moins subtile.

La cote OO : C+

Parce que lorsqu’on parle de cuvée « Des Saveurs » on a raison au niveau du nombre, mais on voit aussi assez facilement des cuvées plus homogènes.

Brouhaha Sergent Ripin Chardonnay Saison vieillie en fût de chardonnay 6.5% (brassée chez Mabrasserie)

bsrcB  Les ordres de velours dans une bouteille de cran.

Je ne sais pas par quelle alchimie, mais il y a vraiment une signature olfactive particulière d’une bière vieillie en fût de chardonnay, et celle-ci n’échappe pas à la règle : un peu citronné, à tendances quasi-bretts, tantôt s’approchant de la gose aussi, le poivre de la levure saison est peut-être enseveli mais néanmoins bien compensé.  Assez amère sur les papilles, le fût apporte toutefois une touche mieilleuse qui parvient à conserver le caractère de saison, et l’aftertaste, un retour aux éléments détectés par le nez empreint la gorge d’un sentiment de complétion.  Probablement plus lourde et plus amère que votre saison favorite (on pourrait facilement suggérer la Dupont), elle se rapproche tout autant de la blonde de caractère que de la légère brett.

Brouhaha Coup de Soleil Blanche aux framboises, canneberges et bretts 4.5%

bcdsC+  Bière en minuscule avec FRUITS en majuscule.

Canneberges et tout le reste…sauf l’orge.  Une bière?  Boisson de malt assez sèche avec la framboise qui ressort aux papilles et qui semble départir l’intérieur des joues de toute sa salive.  Retour de la canneberge en finale, accompagnée de levures brett qui n’ont pas assez de pep pour être remarquable.  Correcte mais trop unidimensionnelle, ne laissera pas de souvenir outre le cahier de notes.

Broue Pub Brouhaha Saison Voatsiperifery au poivre sauvage de Madagascar 6%

bsvB-  L’excès peut être mère de l’invention?

Je l’avoue, je suis un fan fini de poivre (mon poivre des dunes du Labrador passé au mortier est le meilleur).  Toutefois au nez, malgré une bière bien limpide sans le moindre grain visible, l’odeur de poivre noir moulu est indéniable, mais me fait craindre le « too much ».  Les céréales (principalement l’orge) s’en sortent tout de même avec un côté belge sans son sucre, et sont toujours propulsé par le poivre noir qui devient très puissant.  Trop puissante et mal balancée, c’est très certainement un super beau tremplin vers d’autres expérimentations; pourquoi les blanches auraient l’exclusivité de la coriandre?  Cette saison serait-elle aidé par un houblonnage plus végétal.  Beaucoup de questions que j’espère voir répondues par Brouhaha dans le futur.

Brouhaha Gaz de course vin d’orge 11.9%

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Enfin une bière de Brouhaha, qui me semble plus pub que brew. 

B+  Derrière une couleur particulièrement fonçée pour une barleywine, le nez se révèle fortement houblonné et plus près de l’IPA que du vin d’orge.  En bouche les raisins prennent bien leur place même si l’amertume demeure, et pour ce qui est de la finale on fait converger les voies d’IPA et de Barleywine dans un vin d’orge américain.  Dotée d’un aftertaste de pâtisserie et de gelée de baies, c’est une bière où l’on a sû contrôler le houblonnage tout en gardant la pédale profondément enfoncée dans l’alcool et le caramel.  Un beau bravo pour un style qui me fait parfois peur.

Difficile de donner moins de détails sur le contenant mais belle illustration par contre. 

HopEra Serie Vintage IS Radical Cognac Fût #8 11% (collaboration Brouhaha)

hisrc   Un spectacle de bonnes chansons dans un mauvais système de son.

Bois surpuissant au nez, on dirait de la pâte de bois de baril à peine mouillée par une stout où la vanille est absente mais où le raisin finit par sortir après avoir pris son air d’aller.  Par contre, ça demeure un beau parfum.  Douce en bouche, toujours axée sur le raisin, c’est une bière crasseusement glissante, avec le grain de la stout qui se fait goûter avant d’être emporté par le raisin.  Côté subtilité de vieillissement, on repassera; c’est une bière maladroitement ficellée mais si on se fie au plaisir en général, ça passe bien, du moment qu’on soit amateur de stout foncée.  Donc à classer dans le rayon curiosité intéressante pour une soirée de découverte ou un salon des bières, tant qu’on sait qu’elle n’est pas de tout repos.

Ok, on gagnera pas de concours de design pour la bouteille ou l’étiquette ici.