Broadway Élixir de Belphégor Bière brune extraforte (vin d’orge) vieilli en fût de chêne Extra Old Stock 10%

bwebLa cote OO : B-

Pas toutes les bières sont comme les bons vins.

Quesséça?  Old ale en version extra, extra extra old stock, où le grain semble avoir pris un drôle de tournant, à la limite du sanitaire… malgré son séjour contrôlé en cellier, je me demande un peu qu’est-ce qu’il lui est arrivé avant d’atterrir à la maison.  On passe outre le nez étrange de bois mouillé mais encore à l’intérieur, la old ale puissance 10 détonne; heureusement derrière la langue le liquide semble plus posé et on peut espérer mieux pour la finale et les gorgées subséquentes.  En effet, la finale est pas mal plus à la hauteur de mes attentes, ronde et très liquoreuse, même si je reste avec certains questionnements pour le piquant étrange sur le bout de la langue.  Le genre de bouteille à trouver à nouveau pour voir s’il lui est arrivé quelque chose de plus ou moins bonne.

Ferme du Tarieu Chiendent saison fermière (brassée chez Broadway) 6%

tcsfLa cote OO : B+

Parce que c’est le savoir-faire québécois en matière belge.  Comme de quoi le style s’apprend bien quand il y a de bons professeurs.

La farmhouse avant la saison avec une bonne ration de levures sauvages.  L’orge mielleux s’en sort bien aussi, pour une première édition du Tarieu le nez me de bons espoirs sur la suite…  Pour la bouche, on se rapproche un peu de celle de la Duvel grâce a un sucre candi un peu débridé qui a un peu trop raison des levures.  La Belgique est vraiment près…  et le poivre noir sur le dessus de la langue aussi.  Une fois avalée… tient, retour des bretts, suivi de sucre d’orge et finalement d’une pointe d’amertume.  Pour un premier essaye du Tarieu c’est plus que réussi et l’on ne peut qu’espérer qu’ils puissent faire la même recette dans leurs propres equipements.

Echo Session Ales (brassée chez Broadway) Witbier aux oranges entières 3.6% 16 IBUs

echowitLa cote OO : B-

Parce qu’elle vaut facilement n’importe quelle blanche facile européenne.

Si les couleurs du contenant font plus coucher de soleil, c’est le levé de la grosse orange sucrée au nez, a un tel point que le blé semble presque épicé.  En bouche le houblon -assez agrume lui aussi – est plus haut que dans votre witbier normale.  La finale est l’affaire du fruit mais mieux balancé, avec la céréale qui termine en aftertaste.  Si l’on ne pouvait pas nécessairement s’attendre à une bière grandiose, c’est assez marqué (spécialement pour le faible pourcentage d’alcool) pour en faire un bon choix de terrasse pas trop insipide.

Une bière qui s’achète (et se boit) en bonne quantité.

Broadway XIIe anniversaire Blonde Extra Forte fruitée affinée en fût de whisky 10% 55 IBUs

bwxiiAmusant de goûter une bière sans avoir trop de détails sur elle (de toute manière les éditions spéciales de Broadway sont très rarement ratées) mais un peu inquiétant de voir autant de matière en suspension.

bwxii2Cela dit le nez un peu sauvage et bien arrondi par la vanille du fût de whisky vient rassurer, on goûte donc sans hésitation pour y découvrir de la pomme qu’on pouvait suspecter au nez (le single malt Glengoyne peut venir à l’esprit) et le liquide n’est pas autant amer ou acide que cuivré ou rouillé.  Retour du funk sauvage en finale et c’est surtout très complexe au niveau du fruité qui se situe entre la pomme et la poire… on lit donc l’étiquette pour y retrouver… de la mangue?  Mangue verte presque, pas trop évidente mais qui « fitte » très bien avec la triple sous-jaçente.  Pour le taux d’alcool c’est davantage en aftertaste qu’on le goûte, tout comme la mangue qui revient de manière un peu trop aggressive à mon goût.

La cote OO : B-

Parce que l’adage « moins c’est mieux » est probablement vrai, ou au minimum j’aimerais beaucoup à la même bière avec le même vieillissement mais sans la mangue.

Broadway Mary Poppins Ale Brune Anglaise 4.5% 30 IBUs

bmpComme j’avais l’un des  “classiques des classiques” pour la bière brune anglaise, nous comparerons ici la nouvelle mouture de Broadway avec sa comparse anglaise.

Moins foncée (de 3 SRMs pour les fanatiques) et légèrement moins translucide, le nez plus classique en noix de la Newcastle détonne de la Mary Poppins qui parait aussi un peu plus amère (3 IBUs de plus toujours pour les fanas).  Le malt semble toutefois tout autant appétissant alors on y plonge pour y découvrir un côté plus noisette que grenoble, et de l’orge plus imposant que chez la Brittanique.  La conclusion est soyeuse, toujours sous les rennes du malt qui ne fait pas de cette bière un nut brown ale mais plutôt une brune bien honorable qui dans un autre registre me fait penser à la Sir Wallace, la scotch ale d’À la Fût qui explore très bien son grain.

La cote OO : B+

Parce que c’est bien beau le houblon, les levures et les potentiels barils de finition, mais à la base une bière c’est de l’orge mouillé.  Une bonne bière pour nous en rappeler.

Broadway Lord Sherlock Stout Impériale vieillie en fût de chêne 9%

bwlsPour l’amateur de profil olfactif de stout impérial velouté, sucré et rempli de raisin sec, de dattes et de pruneaux, on est très bien servi.  Toujours aussi douce pour la langue, le grain est un peu plus torréfié – et par le fait même moins sucré – ce qui corse l’expérience sans choquer.  La finale est un retour définitif de la vanille qui reste le chef d’Orchestre de cette symphonie de stout où l’alcool sait chauffer sans brûler.   Il ne reste donc qu’à dire Bravo à Broadway, malheureusement pas assez volubile.  Toutefois, quand ils parlent, ce n’est pas pour dire des niaiseries ou mièvreries.

La cote : A-

Parce qu’elle est certes excessive mais bien balancée.  Trop peut être mieux que pas assez.

Broadway Lubrett Ale Blonde sure 5%

blabsBlonde de couleur mais vraiment pas de nez, on a immédiatement l’impression de me retrouver les premières (et magnifiques) expériences de gueuzes d’À la Fût.  C’est donc aussi funky que sûr, avec une pointe plus ronde, comme si des lactobaciles étaient à la recette.  Difficile donc de s’empêcher de sauter dedans, pour reprendre l’expérience de gueuze, à ce point accompagnée de confiture de citrouilles pas trop sucrée, plutôt acerbe en fait toute en gardant une grande balance.  La finale tourne presque qu’en bonbon (ce que goûterait les Rockets™ s’ils étaient non sucrés) et si cette bière a un défaut, c’est d’être un peu trop bref en aftertaste.  Une réussite donc à 99.99%, qui démontre que Broadway fait partie des microbrasseries québécoises trop peu connues, un crime quand ils sont à quelques centaines de mètres de l’une des plus connues au Québec.

La cote : A+

Parce qu’on sait pas ce qu’il y a dans l’air de la Mauricie, mais côté fermentation un peu sauvage, Broadway s’ajoute à À la Fût dans le créneau des bières sauvages exceptionnelles.

Broadway Ich Liebe kölsch 4.8%

bilkAutant dorée qu’houblonnée, l’appelation « kölsch américaine » est un judicieux choix de mots, même si l’on oublie le houblon une fois que le liquide entre en bouche.  Le grain prend alors toute la place gustative – comme il se doit quand même.  On conclut ensuite avec du houblon tantôt tchèque tantôt allemand malgré qu’il s’agit de cultivars américains (Loral et Cashmere en l’occurrence), ainsi que de la pêche pas trop sucrée.  Certes, ce n’est pas l’expérience la plus intense qui soit mais c’est bonne franquette sous forme de miel, d’orge et de houblon en 3 parties égales.

La cote : B

Parce que ça représente une belle bière d’ouverture de dégustation.  Gentlemen, start your engines.

À la Fût (Collab Broadway) Nos amis barbus de Shawinigan Saison monohoublon Amarillo 5.7% 35 IBUs

alfnabsB-  On garde la barbe mais on enlève la tuque.

Avec la couleur qui fait assez saison merci, le nez ne détonne pas trop malgré un poivre discret et une pointe alléchante de feuille d’oranger et d’eau de rose.  Très rafraîchissante, l’orange se transporte en bouche et donne de belles saveurs jusqu’à ce que l’amertume ne monte.  Pas trop amère justement, la finale vient terminer de manière douce mais soutenue cette petite bière assez sympathique merci, probablement pas rédigée avec une recette très fidèle de saison (dans laquelle on a probablement emprunté que la levure).  Peut-être pas la bière qui goûte la plus expérimentale (chose qu’on rencontre assez souvent dans les collab) mais entre barbus, des fois il convient simplement de vouloir une bière simple et summer.

NDLR : quelques 30 minutes après l’évaluation originale, on a regoûté et le côté poivre sort enfin plus respectueusement au style.  Par contre ce n’est pas le genre de bière qui reste généralement plus de 30 minutes en verre.

Broadway S.P.L.A.S.H. NEIPA 5%

bwsplashneipaB  Bière de soir fancy.

Malgré qu’il a fallu la sentir directement au goulot, l’ananas, la mandarine et les abricots sont suaves et appétissants.  On migre vers de l’herbe en bouche, avec des fruits qui reviennent tranquillement après plusieurs secondes, et l’orge qui se bats très bien avec les houblons.  Comme il se doit, la finale n’est pas très amère mais c’est certes un beau mélange de cultivars, surtout bien dosée mais malheureusement un peu courte.  À 27 IBUs, c’est une bonne NEIPA qui s’achèterait bien en 6 pack.