Le Naufrageur Doppelbock Sure Forte aux bretts 10.5%

ndsQuand on arrive dans une micro et qu’il y a une douzaine de nouveautés jamais goûtées, il y en a toujours une qu’on « spotte » immédiatement.  Au Naufrageur en été 2020, c’était celle-là.

La cote OO : B+

Parce que « du gros jus » ça s’applique aussi à la bière.

C’est juste moi ou elle a une jolie teinte rouge?  Ça lui va bien car le nez est justement en brune et rouge des Flandres, particulièrement porté sur le cola.  Aux cerises je dirais.  Les bretts sont aussi présentes, mais subtilement : on est loin de penser qu’on est derrière la ferme.  En bouche, elle décape un peu, puis l’orge de la doppelbock jusqu’alors tranquille se déchaîné; de la Belgique on passe à l’Allemagne.  Puis on avale et on retourne en Belgique, davantage sûre que brettée.  Pour conclure, le grain revient contrebalancé par les levures, triomphant ici d’une doppelbock qui cache très bien ses 10% et plus d’alcool.  Dangereuse donc, quand on parle de bière multidimensionnelle, on y est totalement.

Les Trois Mousquetaires Hors Série Saison Brett Pêche 7%

ltmsbpLorsqu’on a une bonne bière comme la Saison Brett des Trois Mousquetaires, pourquoi l’affublé de fruits?  D’accord, d’accord, pour aller chercher un plus grand public – féminin particulièrement (et c’est souvent le cas des Berliner Weisse).

La cote OO : B

Comment ne pas scrapper.

Ça donne quoi une tarte bien fruité sur le bord d’une fenêtre dans une mansarde campagnarde belge?  Ça ou bien une fusion Georgia-Bruxelles.  De la pêche donc, assez épaisse (venant probablement d’un sirop) et de la belle brett bien franche.  La bouche est presque cheval, tandis que le fruit vivote, virevolte et finit par se poser sur la langue.   Une fois avalée, c’est la ferme à grosse gorgée mais encore là, la pêche, toujours sirupeuse mais avec plus de noyau (les pêches y sont mises au complet), compense bien jusqu’à l’aftertaste où la langue picote d’excitation – et peut-être du poivre de la levure saison qui arrive enfin à se faire goûter.  Posée à la suite de plusieurs gorgées, elle souffre peut-être finalement de l’ajout de la pêche qui enlève une certaine magie à la recette originale.  Less is More, but more can be good too.

Brasserie Générale Old ale Assemblage Brett et Bourbon 8%

bgoaLa cote OO : B+

Parce que l’audace doit payer même avant le résultat final.

Pour une batch de Brumaire qui a supposément mal viré, le nez est super intéressant; pensez old ale sur l’acide et presque teintée de rouge.  Les bretts prennent un tournant sur la sour en arrivant sur les papilles, mais le crasseux de la old ale tient bien et s’agrippe autant qu’elle peut.  Dans le même ton, c’est l’orge qui s’accroche lui aussi pour conclure une bière parfaite pour le beer geek, à peaufiner pour avec une belle bombe potentielle.

Oshlag Brett Cassis 7% 15 IBUs

obcConcept conservateur pour Oshlag qui fait habituellement dans le pas mal plus débridé.

La cote OO : C+

Parce que à qui sont les bretts?  À qui sont les bretts?

Si à l’olfactive on a du cassis qui domine, le côté velouté de yogourt est le bienvenu tandis qu’il semble enlever un peu du sucre.  Fraîche mais toujours portée sur le fruit pas très sucrée, celui qui s’attend à du funky trouvera plus une bonne pointe d’amertume, avant une finale sèche qui livre ce qui semble être du baril de gin vieilli (mais non, ce n’est pas à la recette).  Oshlag ne pouvait faire dans le simple ou l’attendu, mais pour cette Brett Cassis la partie brett est trop lointaine.

Two Rivers (Easton PA) Six Fingers Sam Saison (chardonnay barrels with brett yeasts) 6%

tri2La cote OO : B

Parce que le poivre noir n’est peut-être pas un absolu dans le style saison.

Pour une saison d’une microbrasserie à apparence autant traditionnnel, on s’attend à quelque chose d’un peu trop abasourdi.  Vivement d’être positivement impressionné.

Avec un nez aussi houblonné, le petit côté fruité a de quoi surprendre si ce n’est de décevoir; où est le poivre noir des levures?  Il faudra donc se rendre au goût pour dénicher une blonde fraîche, à la frontière de l’orange mais généralement assez éloignée de la saison traditionnelle.  Toutefois, outre le style le goût est plus qu’agréable et mérite peut-être à lui seul le détour de la grande Weyerhaser pour le centre-ville d’Easton, Pennsylvania.  La finale donne quant à elle l’impression d’être arrondie par des lactobacilles, tout en gardant le côté presque sec du style.

Sans tenir le style, on garde l’esprit de bière d’été.

Microbrasserie du Lac St-Jean Zodiaque du Lac ESB vieillie sur Brett Carcajou ascendant haguissable 6%

lsjzdlesbQuand on parle d’un concept intéressant… ESB et vieillissement sauvage sauront nous la faire choisir dans les nouveautés du moment.

La cote OO : B

Parce que c’est la traversée de la manche direction continentale en sens unique, mais sans contredit une belle croisière.

Se versant presque comme un vin d’orge très épaisse et dotée d’une couleur brune rougée très opaque, on ne sait vraiment plus où se diriger lorsque l’on fait face (ou nez) au profond funky du nez où le malt ne se démarque que par son caramel.  La bouche est encore plus sauvage et il est facile de croire que la ESB ne servait que de base plutôt que de destination.  On tombe donc dans les cerises, le rance, le foin un peu trop jaune et toujours le côté syrupeux du visuel qui revient hanter le bout de la langue.  La finale est dans le même ton mais accompagné d’un poivre noir qui rend le tout plus sec, toujours sans donner le moindre signe de son inspiration anglaise.

Très certainement le marché visé est celui de l’amateur de brett, j’aurais donc de la misère à la servir à un anglais qui ne veut pas sortir des sentiers battus.

Brasserie Générale Eis Kirschen Brett Brett & Cerises 8.8%

bgekbLa cote OO : A-

Parce que c’est une bière d’anniversaire (ou au très gros minimum, une fête pour les papilles).

Par un dimanche de fin d’hiver où il neige alors qu’on devrait faire bouillir, ça prend un petit réconfortant; quoi de mieux qu’un style chaleureux comme la stout et des cerises?  Elle commence très rapidement à charmer avec du grain tout juste torréfié et de la cerise assez sucrée, et ce bien arrondi par le baril de finition.  On voudra alors évidemment goûter immédiatement, et c’est ainsi qu’on y découvrira un liquide pas très sucré, où la torréfaction est très présence et où la cerise donne un aspect de gâteau forêt noir à l’ensemble.  La finale est dans la même veine et s’il y avait un gâteau au chocolat et à la cerise qui pouvait être passé au moulin et matûrer, cette Eis Kirschen en serait le résultat.  Une belle stout fruitée, pas très brett (mais pas grave aussi) comme il ne s’en fait pas assez, il n’y a pas à dire que Brasserie Générale est facilement l’une des plus talentueuses de la région de Québec avec cette bière.  Et s’il s’agit d’une descendante de leur ancienne Glace Noire, il n’y a pas à dire qu’elle s’est grandement amélioré avec les générations.

Frampton Brasse Stout Impériale russe version « brett » 10.5%

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Pas seulement parce qu’elle est excellente, mais une bière que je vais me rappeler longtemps, la dernière bue avec Toby a mes pieds.  Un bon gros pitou qui faisait aussi le charme de la micro.  À l’instar de la Ubu Ale, j’attends la « Toby » de Frampton Brasse.

Décembre.  2PM.  -17 Celsius au thermomètre.

Devant le poêle chez Frampton Brasse c’est me sentir un peu chez nous.  On me propose donc une Stout impériale russe qui serait « brett ».  On la commande évidemment pour y trouver du funky olfactif, comme si le moka traditionnel de leur stout était accompagné par un fond de leur Rouge des Appalaches.  Docile en bouche, c’est le grain qui est ascendant en intensité et qui se transforme en chocolat, avant la finale qui me laisse vraiment croire à l’ajout de brett.  Sans le cola de la Oud Bruin, il y a un côté sûrette qui fait belle opposition au toffee chocolaté.  Dommage que la batch est presqu’épuisé, je me serais trouvé un growler à quelque part (j’en ai d’ailleurs un dans mon auto, c’est juste de la bonne prudence).

La cote OO : A-

Parce que si j’avais une Frampton Brasse à servir à l’aveugle pour surprendre et ravir à la fois, ça serait mon choix.

Lagabière Funkymothé Saison Brett aux fruits de la passion 6%

lfQuand on parle de fusion de style… brett saison fruitée, pourquoi pas?  Le but de l’exercice résidera probablement dans la balance, ou le manque de celle-ci.  Pour ce qui est des effluves, oublions le poivre de la saison et le funky de la brett : tropiques, fruits de la passion, jus Delmonte.  Pas vraiment de rapport avec la bière proprement dite.  Le goût démarre de manière aussi décevante mais avec la patience de la garder une quinzaine de secondes en bouche, le funky des bretts apparaît timidement et laisse espérer mieux pour la finale.  Celle-ci est 80% fruits de la passion et 20% brett, et s’il y a la moindre ressemblance avec la saison c’est dans le rafraîchissement qu’elle procure.

La cote OO : B-

Parce que les levures bretts ne peuvent pas triompher contre un déluge de fruits de la passion.  Au moins elle reste amusante, sans plus.

Sutton Brouërie Robuste Porter Iroquois 6.3%

sbrpiDisons que la combinaison porter/brett n’est pas des plus communes alors le choix de cet Iroquois n’a pas nécessité une longue réflexion.

Au nez c’est entièrement et uniquement le grain qui se présente dans tous les flaveurs de café qui peuvent exister à moins que celui-ci figure réellement à la recette.  Orge torréfiée donc et si les levures ont un impact, c’est le petit côté fruité comme si le liquide avait séjourné en baril de brandy.  Méthodique, l’arrivée sur les papilles est lente mais la torréfaction monte pour s’arrêter juste avant de basculer dans l’excessif et en laissant un peu de place à la muscade, le raisin et encore une fois l’orge bien saisie.  On conclut encore plus dans le déjeuner avec l’orge noircie de manière très intense, trop intense pour rappeler l’apport des bretts si ce n’était du même petit côté fruité qu’en bouche.  En frais de porter robuste on trouve plus approchable mais pour une expérience en terrain plus… robuste, le terme est bon, cette offrande de Sutton saura en rassasier plus d’un.

La cote OO : A-

Parce que de un, elle montre que la brett, traité de manière respectueuse, ne fait pas que seulement amener funkyness à la bière.  Mais surtout parce que de deux, c’est une très solide porter qui décontenance un peu à la première gorgée mais qui nous apprivoise parfaitement avec les gorgées subséquentes.  Et tant qu’à faire de trois parce qu’elle plaira aux amateurs de café particulièrement, tout en restant très buvable pour les autres aussi.