Ras L’Bock Bitumineuse Assemblage 2019 Stout Américain Élevée en barils de rhum et de Bourbon 8.2%

rbbs2019La cote OO : B

Le houblon qui pousse pas loin de la route de terre et non de l’asphalte.

Les stouts sont habituellement plus opaque, et avec un nom comme Bitumineuse on pourrait penser à un liquide plus goudronné, mais c’est une bière à la limite du brun auquel on a droit.  Coiffée d’une mousse fine mais peu épaisse, les effluves montent facilement avec un bon lot de sucre brun (le rhum) et de vanille (le fût neuf de bourbon).  Le qualificatif « américain » (qui soit dit en passant s’oppose au féminin qui le succède) se déclare par un houblon vert pas du tout indigeste.  La finale est plus crasseuse (enfin, avec un tel nom…) et au final ce n’est pas une stout trop sucrée ce qui aurait pu être facile avec une partie de fût de bourbon.  Plus légère que présagé, hormis le nez on va s’en tenir principalement aux 2 premiers mots, soit « stout américain ».

Tête d’Allumette Œil du Mouton 2 Barrique Bourbon 8.2%

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La cote OO : A+

La grande nature de la grande micro, en version verre.

Pour Tête d’Allumette qui jure plus par la franchise régionale, ce nez certes des plus fins étonne par sa vanille, son orge parfumé, son lilas et son sucre brun.    Sans se rappeler de la recette exacte (donc bue à l’aveugle), le malt est enivrant, le houblon semble très bien choisi et le baril est judicieux; il serait difficile de penser à un meilleur départ.  La bouche commence de manière vanillée mais le même houblon – et probablement les levures nordiques – se poursuivent pour le plaisir des papilles, tandis que la fin est juteuse, en dehors de ce que l’on pourrait penser de Tête d’Allumette mais on parle de manière incontestable d’une des meilleures brasseries du Québec avec ici l’une de ses meilleures bières.  La Vossaol est un type… atypique mais un style que n’importe quel amateur de kveik, rauchbier, rousse ou porter devrait essayer.  Une superbe bière d’exception.

Le Presbytère Marche Impériale Stout vieillie 75 jours en fût de bourbon 8.5%

pmiLa cote OO : A

Régularité ecclésiastique à tous les dimanches.

Oooooooooooouh!  Ça pue le bon bourbon ça!  Du gros raisin sans subtilité qui se mélange à de la vanille, que même un vent de 30 km/h ne parviendrait à disperser; on est en même territoire que la russe impériale stout de Frampton Brasse ce qui est loin d’être un mauvais signe.  Dès qu’elle arrive en bouche, elle explose de tout son chocolat et de son bourbon (je dirais de Buffalo Trace) qui devait être très mouillé sur l’ancien fût.  La finale est légèrement plus poussiéreuse et longue, longue… il faut les aimer assez sucrée, mais si c’est le cas, c’est une offrande du presbytère que je prendrais en eucharistie à tous les dimanches!

Lexington Brewing and Distilling (Lexington KY) Kentucky Bourbon Barrel Ale 8.2%

 

kbba

Un peu générique d’épicerie mais après plusieurs bons commentaires à son égard, travail oblige.

La cote OO : C

 

Elle est où la frontière entre trop tôt et trop tard?

Il semble qu’à chaque fois que l’on voit une bière finie en baril de bourbon, on doit s’attendre à un liquide foncée, généralement brun ou noir.  Dans cette édition, c’est un ambré pâle qui fait lever le sourcil.  Au nez, ne serait-ce de la date sur l’étiquette – moins de 5 mois en bouteille et retrouvée dans un frigidaire pas dans un lieu semi-sombre – on pourrait se demander si la bière n’était pas périmée, avec des houblons qui semblent fatigués et du cuivre de vienna lager sur fond de planche de bois trop humide et trop longtemps dehors.  En bouche ça s’annonce d’abord bien mais on retourne dans le même baril pas très agréable.  On craint donc la finale qui se présente beaucoup plus ronde et vanillée, alors qu’enfin on peut se dire que ce n’est pas un complet échec.  De là à dire bonne? Pour sa finale, peut-être.

Eviltwin Brewing Grand Cru Cuvee Double Barrel Edition Maple Bourbon and Marsala Wine Barrel Aged Stout and Barley Wine Ale Blend 12.5%

etgccC’est du titre ça!  Parlant de titre, celle-ci titre à 12.5%, on prévoit quelque chose d’assez chaud merci alors!

La cote OO : B+

Un bel algorithme complexe, c’est de l’art pour geek.  Geek power!

Pour moi, du marsala, c’est un vin pour déglacer une poêlée de champignon, mais un baril rarement rencontré dans le vieillissement de la bière.  Peu de champignons dans cette bière qui fait assez porter merci, avec du bourbon à l’érable et un peu de sel (le marsala?) en bonus.  Puis en mettant en bouche, on est immédiatement d’accord avec le nom Grand Cru : c’est complexe à l’extrême, partageant des goût de grain, de sirop, de torréfaction, de raisin sec, de miel, de moka, de vin d’orge, puis une fois avalé, d’orge encore plus intensément caramélisée… et alcoolisé.  Quand « dangereuse » est un sous-entendu, c’est un mélange judicieusement lourd, très lourd, avec un aftertaste qui n’en finit plus de finir, et qui fait conclure au fait qu’on la laissera bien réchauffer dans le verre pour ne pas trop se réchauffer trop rapidement justement.

À la Fût Sir Wallace Hivernale Assemblage de scotch ale jeune et barriqué 13 mois en fût de rhum, bourbon et téquila 8.3%

alfswhLa cote OO : A-

Autrement aussi bon.

Contrairement à leur Sir Wallace habituelle qui pue l’orge à plein nez (comme diraient Rammstein, Du Riescht So Gut), cette version hivernale est davantage subjugée par le caramel et la vanille, ainsi qu’un petit fumet funky qui s’apparente au maguey (surement le fût de tequila y est pour quelque chose).  Ça semble assez lourd merci sans trop paraître sucré.  Pas si lourde que ça finalement, le grain paraît grillé avant que ne survienne le grain grillée d’abord sucré (pensez Glosette au raisin), puis vanillé, juste assez calmement pour ne pas tomber dans l’excès . On passera à la cerise et à la prune puis au retour de la Glosette en finale, tandis que le derrière de la langue piqué par les tanins, le bois et une petite touche de mystère piquant.  Peut-être plus prévisible que leur Sir Wallace originale, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien fait, rappelant les éditions du Sanctuaire de la microbrasseries le Castor par exemple.  Sans compter que ça fait du bien de retrouver A la Fût d’Chêne dans des versions un peu moins brettés.

Lost Nation fuzzy dark black ale aged in bourbon with sour cherries and bretts

lnfLa cote OO : A-

Pas toujours collante de sirop ou juteuse de fruit: de la cerise plutôt judicieuse.

Il est plutôt rare qu’une bière commence avec du gâteau forêt noir à la cerise noire, le tout sur un fond agricole bien équilibré.  La bouche est l’affaire de la cerise mais l’orge bien brûlé se bats avec les bretts, avant que le gateau revienne en aftertaste.  Malgré un nom comme « fuzzy » elle est précise, méthodique pour plaire à l’amateur de stout d’abord et de bretts ensuite.  Et on pourrait se demander s’il n’aurait pas été mieux de la laisser plus longtemps en fût de bourbon, mais de l’autre côté la fraîcheur est appréciable.

Le Prospecteur (bue à la Brasserie Générale) Noce de Bois (50% SS Siscoe 4 mois Tequila, 25% O’Sullivan 2018 1 an Bourbon 25% O’Sullivan 1 mois bourbon) 8.3%

bg_dec2019_3La cote OO : B+

Des cactus poussent en Abitibi?

Belle odeur de bière sûre lourde ça!   Rien à véritablement voir avec la O’Sullivan, et le côté Siscoe et plus au niveau du fruit.  Pour la bouche, rouge des Flandres où l’odeur a un rôle plus prépondérant, mais l’acidité aussi.  Finale sûre et portée sur le bois avec ne serait-ce qu’un once de téquila poivrée, c’est très varié mais superbement balancé.  Une bière juste assez piquante et de réflexion.

Brasserie Générale Old ale Assemblage Brett et Bourbon 8%

bgoaLa cote OO : B+

Parce que l’audace doit payer même avant le résultat final.

Pour une batch de Brumaire qui a supposément mal viré, le nez est super intéressant; pensez old ale sur l’acide et presque teintée de rouge.  Les bretts prennent un tournant sur la sour en arrivant sur les papilles, mais le crasseux de la old ale tient bien et s’agrippe autant qu’elle peut.  Dans le même ton, c’est l’orge qui s’accroche lui aussi pour conclure une bière parfaite pour le beer geek, à peaufiner pour avec une belle bombe potentielle.

Founders (Grand Rapids MI) Barrel Aged Series 2017 Backwoods Bastard Bourbon barrel-aged scotch ale 11.21%

fbbastardLa cote OO : B

Parce que les bières dessert c’est bien, les bières de dessert chaleureuses c’est mieux.

Brune mais très opaque, le style est difficile à déterminer au visuel alors il faut se fier au nez qui suggère un drôle d’hybride entre la porter et la scotch ale, ou alors c’est que dès lors il s’agit d’un porter emporté par le baril de finition.  La bouche est toutefois assez marqué par le grain et le moka brun, et on comprend peut-être alors la partie « bastard » du nom car c’est intense et innatendu.  La finale est dans le bourbon… je vois facilement un baril de Knob Creek avec un bon 3-4 pouces de spiritueux dans le fond de celui-ci.  Pour les gorgées subséquentes, c’est le moka qui s’incruste pour ce qui se veut fianlement une scotch ale intense mais qui ne cache vraiment pas ses 11%.