Beaus Channel Ocho Mexican-Spiced Dark Ale 8.9%

beauc8La cote OO: B-

Parce qu’on regarde de loin sans nécessairement sauter dans cette fiesta de bière de noël mexicaine

Pleinement lager allemande lourdaude et légèrement suspecte, comme si le piment et le blé avait tous deux un masque de luchador. Certes expansive, le liquide en est presque éthérée et on a de la difficulté à le sentir sur la langue, même lorsque fraîchement sortie du frigo.  Ça reste malgré une bière lourde en goût coiffée d’une sortie assez chaude merci (encore une fois le piment, et non le presque neuf pourcents d’alcool qui n’est pas vraiment perceptible.

Si vous hésitez toujours pour tomber en amour avec Beau’s (c’est peut-être que vous n’êtes toujours pas passé par Vankleek Hill), je passerais peut-être à la prochaine car « facilité d’approche » ne sont pas les premiers mots qui traversent l’esprit quand on pense à cette huitième chaîne.

Halcyon Barrel House (Beau’s) Gravity Well Sour Ale 9%

hbhgwAutre scène vécue de tout aficionado d’orge et de sports: vous entrez chez le détaillants et vous voulez vous gâter après une belle performance sportive.  Le prix?  Disons que raisonnable peut avoir une définition extensible.  Pourquoi ce puits de gravité alors?  Deux raisons.  Une sour ale à 9%, ça ne court pas nécessairement les rues.  Enfin, une bière sûre de Beau’s non plus… surtout que j’attends toujours le moment d’être ébloui par cette ontarienne très présente en sol québécois.

Le nez?  Ça empeste (dans le bon sens) la oud bruin ayant longtemps vieilli dans le fût de chêne qui lui amène une bonne quantité de vanille.  Autrement c’est du cola… sûr, évidemment.  Pour le goût, c’est aigre, un peu, puis passionnément… puis c’est la folie.  À ce chapitre rien à montrer aux belges au niveau de faire « rentrer les lèvres par en dedans ».  La finale est davantage posée, puis une fois le choc de l’acide passé, on se retrouve avec un hybride d’oud bruin et de stout où la gravité finale de l’orge semble en effet avoir été l’un des buts visés.  Puis on prend une seconde gorgée et c’est le baril qui est encore plus évident, amenant vanille fraîche teintée de chêne.  Pour ce qui est de l’alcool, c’est dans l’aftertaste qu’on la sent davantage mais sans que celle soit ne soit trop agressive.  En résumé?  Dans le style, de ce côté ouest de la grande mare, c’est peut-être la meilleur à ce jour.

La cote OO : A

Parce que c’est celle qu’on attendait depuis longtemps de Beau’s.  Ou plutôt d’Halcyon Barrel House qu’on recommande fortement d’ajouter au tableau de chasse, parce qu’à l’arc, on est droit dans le mille.

Beau’s Serie Farm Table Grisette Ale de style belge 4.9%

bg1Belle mousse!  Entre belge et saison au nez, c’est autant sucré que frais.  Pétillante, citronnée et poivrée sur une colonne vertébrale de sucre,le mélange est très bien accueilli en bouche et passe aussi bien en gorge où celle-ci découvre une belle grosse ration de houblons mi-anglais, mi-allemands.  Probablement ma préférée de Beau’s, la grisette est un beau style un peu à l’instar de la saison, qui allie le rafraîchissement de l’IPA américain et la douceur de la campagne belge, le tout dans un feeling qui dépasse aussi le goût.

La cote OO : A-

Parce que grisette rime avec bonne franquette.

 

bg2

To life.  And all those kind of things.

Beau’s Lug Tread The Original lagered ale 5.2%

bltPour une lager… ale lagerisée plutôt… c’est très parfumé, empruntant des fleurs de houblons tchèkes et même un peu de la banane de la kristallweizen; difficile alors de savoir à quoi s’attendre de la bouche.  Celle-ci est toute juste amère et le grain se veut mielleux, puis une poussée qui s’apparentrait à celle du maïs – qui n’est pas à la recette – vient prêter un côté acide léger.  Pour la finale on reste plus léger (un peu trop en fait) et pas très long.  On l’inscrit donc dans les bières de soif.

La cote : C+

Parce que ça étanche davantage la soif que la curiosité.

Beau’s (collab Brasserie & Distillerie Oshlag) Iron Shirt Pale Ale au vidal vieillie sur chêne 6.8%

bis

Quand on a un concept/nom comme « Iron Shirt » avec un lien loin d’être évident, un petit 2-3 lignes sur l’étiquette serait apprécié.

B  Quebec, Ontario, USA, UK : une métisée intéressante.

M’attendant à quelque chose de bizarre venant du raisin de la recette, c’est un joli nez de pale ale tout autant bien malté qu’houblonné qui attend dans le verre, derrière sa couleur orangée toute aussi attirante.  Hormis un fruité général (et des agrumes en particulier), on redoute beaucoup moins la bouche, ce qui n’était pas faire fausse route.  Oui, le raisin est bien là mais se marie particulierement bien avec les houblons américains, laissant moins de place à l’orge.  Répetez la même chose en finale et en aftertaste en crinquant encore un peu plus le houblon.  Belle bière de soif qui reste dans l’esprit de la pale ale (davantage américaine qu’anglaise) que j’aurais même prise un peu plus dénaturée (mais pas trop).

Beau’s Haters Gonna Hate Kölsch impériale 7.1%

bhghB-  Les rois les plus juste ne passent pas obligatoirement à l’histoire.

Pour une kölsh c’est ce à dont je m’attends : une blonde sur les stéroïdes de par son grain, pas très sucré et très agricole.  En bouche la fraïcheur se poursuit, on sent toujours l’intensité du grain, qu’on pourrait même dire très légèrement acidulée, aussi doté d’une amertume juste suffisante.  La finale est encore plus houblonnée et assez intense; l’aspect impériale se fait enfin sentir.  C’est un beau ménage que ce duo orge-houblon, et cette bière le démontre bien, par contre mis à part le plus au taux en alcool ce n’est pas une kölsch qu’on retiendra nécessairement (contrairenement à celle de Kruhnen par exemple).

Beau’s Tom Green Stout d’été Milk Stout Blonde 5.0%

btgse

Je sais, drôle de verre (et de couleur évidemment) mais c’est le shaker qu’on recommandait.

C+  Soit on lit les ingrédients pour s’enlever toute surprise, soit on y va à l’aveugle et on trouve cela trop bizzare.  Dans les deux cas donc une légère déception.

Limpide comme n’importe quelle blonde filtrée, au nez ce n’est pas une milk stout dans le tapis mais encore moins une bière pâle avec du grain certes grillé mais pas brûlé.  Pour les papilles pas aussi dupes que l’œil le goût est évident; par quel moyen on peut s’en foutre parce que le goût est au rendez-vous ce qui est plus ou moins le cas de la texture qui reste assez clair.  Au-delà de l’orge, c’est du cacao très pur qui teint l’expérience et qui dénature le goût en général; toutefois ce n’est pas de mauvais goût, juste davantage original.

Somme toute, en voyons les ingrédients ajoutés à la recette il y a moins de surprise, et avec un goût aussi prononcé ça reste une bière où le cerveau ne peut se permettre de prendre une pause.

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.

Beau’s Patio Saison 5.9%

bps

Est-ce que Beau’s peut faire quelque chose de standard?

B-  Dans un festival celtique dans le bout d’Ottawa, après une rude épreuve de caber toss.

Au nez, ça commence bien par une bière saison avec un petit ajout d’agrumes.  En bouche on croirait à une blanche très coriandre (mais en lisant l’étiquette, j’y lis que c’est du sureau), mais elle est légèrement raisin avec de la carbonation à l’extrême.  La finale est toujours sous le signe du sureau et d’une amertume toute juste suffisant pour rester très rafraîchissante.  On est loin de la douceur de la Saison Dupont mais pour Beau’s c’est un bel exercice de sobriété.

Beau’s (Ontario) Matt’s Sleepy Time Stout de style impérial belge serie Wild Oats 9%

bmstB-  Pas soporifique mais une bière tranquille pour le retour des fêtes.

À l’image de sa couleur, le nez est franc, opaque et avec une petite teinte de cerise sous le brûlé/torréfié assez standard du stout.  Bonne amertume en bouche, on tombe dans les épices de noël (muscade, cannelle et dattes) et on s’y retourne allègrement, avant la finale où la torréfaction redouble d’ardeur pour attaquer les épices qui s’accrochent à la langue.  Certes particulière pour une bière sans artifice (eau – orge – houblon – levure), une bière de noël sans être markettée ainsi (et encore, le côté belge est difficile à trouver aussi).  Ce n’est pas celle-ci qui va me convaincre de la superiorité brassicole ontarienne de Beau’s.