L’Esprit de Clocher Le Grand-Duc Édition Spéciale vieilli 6 mois en barrique de whisky 9.6% 61 IBUs

ecgdvLa cote OO : B+

La part des anges du monde du whisky, cette fois-ci côté brassicole.

Si le récit du séjour en barrique était conté, on pourrait être certain qu’il contiendrait une grande incursion en forêt, d’abord de chêne vanillé se reposant au Kentucky, suivi d’une migration dans de la plaine de sucrerie québécoise (l’arbre, non l’étendue de pays plat).  C’est de la pornographie olfactive quoi mais passablement plus artistique que certaines bières à l’érable par exemple.  On carriole de plus en plus vers la cabane (à sucre) une fois le liquide en bouche, en détectant assez facilement le côté suave des flocons d’avoine à la recette, puis on avale en découvrant la pointe de moka beaucoup plus palpable dans l’édition non vieillie.  Quant aux gorgées subséquentes, elles livrent davantage la vanille et le je-ne-sais-quoi du fût de spiritueux, et énormément de volupté.  Définitivement une autre édition que l’Esprit de Clocher se devrait d’offrir en plus grande quantité, dont on pourrait mettre au défi n’importe quel amateur de bière à l’érable de troquer l’arbre pour la ruche.

À la Fût Sir Wallace Hivernale Assemblage de scotch ale jeune et barriqué 13 mois en fût de rhum, bourbon et téquila 8.3%

alfswhLa cote OO : A-

Autrement aussi bon.

Contrairement à leur Sir Wallace habituelle qui pue l’orge à plein nez (comme diraient Rammstein, Du Riescht So Gut), cette version hivernale est davantage subjugée par le caramel et la vanille, ainsi qu’un petit fumet funky qui s’apparente au maguey (surement le fût de tequila y est pour quelque chose).  Ça semble assez lourd merci sans trop paraître sucré.  Pas si lourde que ça finalement, le grain paraît grillé avant que ne survienne le grain grillée d’abord sucré (pensez Glosette au raisin), puis vanillé, juste assez calmement pour ne pas tomber dans l’excès . On passera à la cerise et à la prune puis au retour de la Glosette en finale, tandis que le derrière de la langue piqué par les tanins, le bois et une petite touche de mystère piquant.  Peut-être plus prévisible que leur Sir Wallace originale, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien fait, rappelant les éditions du Sanctuaire de la microbrasseries le Castor par exemple.  Sans compter que ça fait du bien de retrouver A la Fût d’Chêne dans des versions un peu moins brettés.

Albion Alfheim Ale fermière élevée en barrique avec des raisins Delisle et Muscat 7.5%

albion3La cote OO : A-

Parce que ce n’est pas parce qu’on fait une bière aux fruits qu’elle se doit d’être dénaturée; l’albion réussit à merveille.

Claire pour une bière avec autant d’ingrédients, mais le nez est certes dans le funky dans le tapis.  Les raisins (golden raisins) compense juste assez pour amener une équilibre à une ale fermière certes très intéressante.  En bouche plus calme, c’est le muscat qui cette fois-ci compense le côté sauvage qui n’est pas trop exubérant.  Le génie reste toutefois en finale alors que les raisins et les levures se mélangent poru turluter très longtemps.  Cette bière – qui reste bière –propose beaucoup dans le rayon du génial.

Bièropholie Mastoc Version Westley Scotch Porter Impérial 8 mois Barriques de sirop d’érable Westley 10%

mastocOn ne sait pas si c’est le sirop d’érable qui lui donne un boost, mais l’olfactive est un festival de fruits bien mûrs (prûnes, pruneaux et cerises principalement), assez fruité sans trop l’être ce qui est toujours une inquiétude pour une bière vieillie en fût de sirop d’érable.  La bouche donne un goût très poussé de porter hyper maltée et moins épicée qu’à la moyenne, et la partie scotch est définitivement reléguée au second rang.  La finale revoit l’écossaise surgit, mais en attaque contrôlée et méthodique, avec le sirop d’érable qu’elle s’est gardée en aftertaste.  Scotch ale ou porter?  Impérial pour sûr, pour ceux craintifs du sirop d’érable c’est la bière à essayer et une valeur sûre comme bière de fin de soirée.

La cote OO : A-

Parce que le style c’est juste une étiquette alors que ce soit scotch ale ou porter ça reste une bière qui montre que le sucre bien exploité est à l’opposé de lever le cœur.

Pit Caribou bière 10 ans basilic & suranné vieillie en barrique de pinot noir 3 ans

pcbs

Un must cette année.

A-  Le parfait contre-poids à la pizza margarita.

Hyper végétale, le houblon qui peuple l’olfactive est tout aussi doux que le basilic est intense, même si le baril semble vouloir arrondir le tout.  Est-ce qu’il y aura aussi de l’orge et du raisin?  Mélangée pour sûr, elle n’en demeure pas moins amusante à analyser.  Suit alors une bonne gazéification malgré un manque de mousse, et un goût de lactobacile étrangement doux et un aftertaste qui démontre que du basilic sucré ça peut marcher.  Dans les excellentes berliner weisse à valeur ajoutée, c’est une bière multidimensionnelle et parfaitement balancée, qui lie profondeur et simplicité dans une cohérence hors paire.