Rock Art Brewery Sour Vermonster American Barleywine with lambic Yeasts 10% 100 IBUs

rasvLa cote OO : B-

Trip d’intensité et de dégustation, mais pas de balance.  Un peu trop Primus à mon goût.

Très profond dans le nez, le caramel du vin d’orge rencontre celui de la oud bruin pour une expérience en dehors des sentiers battus.  En bouche elle se révèle un peu « flat » mais après 4 ans en barrique on peut comprendre, et ça peut aussi expliquer le chêne qui est si lourd, et crasseusement boisé dans la finale des plus liquoreuses.  Bien sûr, elle goûte le 15% et l’amarula un peu, mais est surtout difficile à analyser.  Puis il faut se rappeler que c’est une sour… ce qui lui manque un peu.  Après la Vermonster et à ce prix, difficile de ne pas être déçu, mais tout un challenge de papilles malgré tout.

Weyerbacher (Easton PA) Insanity Ale Aged in Oak Barrels (Barleywine) 13.3%

weyer4Si un fou devient fou, est-ce que la folie s’annule?

La cote OO : A- 

Parce que c’est probablement le plus proche qu’on peut s’approcher de la distillerie de bourbon sent que ça ne goûte ou sente le bourbon.  Une bière qui reste bière.

Après la Blithering Idiot, cette version vieillie paraît tranquille.  Sage même.  Mais même à l’ofactive on se doute que sous de dates vanillées et de pruneaux confits se tapie une folie d’orge.  Sans être fou, ce grain est pesant et amène de la mélasse un brin amer à l’exercice.  Les noix viennent se joindre en finale, tanguant du côté de la nut brown ale sur les stéroïdes l’espace d’un instant, avant de se replier sur un aftertaste franchement réussi où l’on revisite tous les ingrédients précédemment détectés.

Une des plus saines de Weyerbacher.  La folie est saine parfois.

Weyerbacher (Easton PA) Blithering Idiot (Barleywine) 11.1%

weyer3La cote OO : B+

Parce que le talent de descendance allemande n’est pas à réfuter mais à embrasser.

Peu d’odeur pour cet idiot, outre que le fruit noir et le malt qui ne se détecte qu’après une très longue respiration.  Gustativement, elle se veut plus affirmée, très syrupeuse et chaude, dans le style vin d’orge pour les soirées toutes sauf légères.  Toujours chaude et fruitée de prune bleue, on sent que c’est une recette des plus peaufinées, mais qu’on s’est aussi armé de patience pour arriver à une recette où le grain est discret, subtil mais important. Très important.

Un barleywine allemand quoi.

Definitive Brewing (Portland ME) Forever Heavy Barleywine with Coconut & Vanilla 10%

db4Un bière qui s’affiche comme lourde/intense à jamais, mais qui au niveau de ses ingrédients elle semble assez neutre.  Toutefois, au côté orge, le travail est très bien fait et cache déjà bien son 10% d’alcool.  La bouche est tout autre avec l’amertume très américaine et trop excessive, même si elle doit faire face à de l’alcool très chaud.  Suite des montagnes russes en finale alors qu’on redescend dans un léger aftertaste qui conclut une bière où le coconut et la vanille ne figure qu’au nom et non au goût.

La cote OO : C+

Parce que si le but visé est la chaleur, ça manque en finale et que si c’est d’apporter du coconut et de la vanille ça manque en totale.

Microbrasserie du Lièvre El Diablo Vin d’orge 10% (2018)

Dans la série « revisitons les classiques » … et quel classique!  Facile sur l’une des 3 marches du podium du vin d’orge québécois.  La mousse est toujours aussi compacte et la couleur d’un superbe rouge, mais que dire du nez très bien balancé et peu houblonné qui permet à l’orge de s’exprimer pleinement… c’est excessif et presque sexuel comme pif.  Pas très lourde comme d’autres vin d’orge, on poursuit la découverte du grain mielleuse, intense et juste grillé comme il le faut avant la très puissante finale où l’on comprend pourquoi le nom El Diablo est efficace, du nez jusqu’à l’aftertaste éternellement long et assez amer.  Pour les adeptes et non les débutants.

La cote OO : B+

Parce qu’elle est moins distinctive que par le passé, mais ça reste une de ces bières à prendre dans un verre ballon en l’étreignant fort fort question de l’avoir un peu plus chaude.

Big Slide Brewery (Lake Placid NY) Barleywine (2016) 9.5% 85%

bsb2017_1 Si Benedict Arnold avait son vin d’orge…

Solide, solide et solide, tout un mélange grain, caramel et houblonnage qui fait très ouest américain avec des agrumes et du pin à volonté.  Crémeuse en bouche (comme il se doit) avec sa petite pointe fraîche d’amertume ça semble être un vin d’orge traître où l’alcool se cache bien.  Coiffé de groseille en aftertaste, quand on parle de vin d’orge « full bodied » – à plein corps? – on a un très bel exemple ici.

Le Corsaire Barleywine 10.5%

cbw

Quand au magasin on me dit « cette micro là je l’aime pas sauf pour cette bière-là… »

B+  Vive la facilité.

Étonnamment claire pour un barleywine, le nez est aussi trompeur alors que celui-ci est comparable à la Stout impériale russe vieillie en fût de cognac de Frampton Brasse.  Tout aussi présent que sucré, le fruité se caramélise et se précise en bouche, dans une douceur amiable pour une bière à 55 IBUs.  L’aftertaste est le plus fin de l’expérience avec un souvenir de malt à peine rôti et une chaleur digne d’un pourcentage d’alcool dans les 2 chiffres.  Tel que lu sur le contenant comme suggestion de verre: « le crâne de ton ennemi », ce n’est vraiment pas une bière violente mais tout en douceur et en goût.

Lagunitas Limited Edition Gnarlywine 10.6%

lgB-  Ne devrait pas être vendue sous le 40e parallèle mais assez appropriée merci pour un frisquet soir d’automne.

Tout ce à quoi je peux m’attendre d’un barleywine : inondation de caramel, de tarte aux raisins secs et de cassonade.  Très, mais alors très pesant sur la langue, la réglisse noire colle par-dessus le blé et le gruau à peine perceptible, et la finale est de raisin rouge et de caramel.  Le tout avec la grosse chaleur de l’alcool… il va faire chaud tout à l’heure… c’est une puissante démonstration que j’aurais toutefois aimé plus vanillée ou avec un petit élément de surprise.

Kees Brouweri Barleywine Ale (Pays-Bas) 11.5%

kbwC-  Profond, forte, intense, tous des synonymes mais peu d’autres termes.

Super caramélisée.  Super caramélisée encore.  Quoi d’autre?  Difficile à dire.  On goûte donc immédiatement… du caramel, heureusement un peu plus léger.  On avale donc encore…BOOM!  Aucune subtilité, mais alors vraiment aucune.  Bien pour démontrer le style et illustre une bonne longueur en bouche, mais on se contente seulement d’attendre le kick de l’alcool.  La chaleur directe ne fait pas toujours la meilleure cuisine par contre.

Le Bilboquet 25 ans Barleywine Américaine 9%

b25C+  Dans la langue de Shakespeare, l’adjectif a préséance sur le nom qu’il qualifie.  Ça prend tout son sens dans cet Américain barleywine.

Caramel en effet pour le nez compact aussi marqué de petits fruits (mûres, bleuets).  Liquoreuse à l’extrême, dès la langue je crains une haute amertume, mais pour ce qui est des papilles c’est bien complexe.  Toutefois, telle que craint, la finale est très amère, surtout pour l’arrière-bouche, et le caramel n’est presque plus de la partie.  Belle interaction entre les fruits et l’amertume mais l’aftertaste beaucoup trop atteinte par les houblons me fait garder cette bière pour les amateurs d’IPA et non de vin d’orge.  On ne peut par ailleurs pas se plaindre de n’avoir été averti étant donné son nom.