Pit Caribou Paradise Point NEIPA 6.5%

pcppLa cote OO : B

Le vent frais de la plage gaspésienne.

Assez claire à l’œil, tout comme le nez (d’agrume sans surprise) mais où le raisin blanc semble assez léger; pas toujours obligé de dry hopper à mort.  La bouche est aussi calme, d’abord davantage marqué par la gazéification que par le lointain goût de raisin blanc et de gazon frais.  Il serait d’ailleurs difficile d’y trouver de l’écorce d’orange qui figure à la demande.  La finale serait évidemment dans le même « mood », totalement tranquille, et démontre à quel point il y a parfois une énorme différence entre l’IPA et la NEIPA.  Ça manque un peu de chaleur, mais justement sur le bord de la plage gaspésienne, je vois difficilement une bère qui allierait aussi bien confort, rafraîchissement et facilité.  Rien de stellaire certes, mais « chill » énorme.

Unibroue Autre Chose IPL India Pale Lager 5.5% 45 IBUs

uiplÀ défaut d’avoir autant de nouveautés que la moyenne des micros québécoises, avec À tout le Monde et sa première Autre Chose, Unibroue a su très bien visé.  Est-ce qu’on sera encore dans le mille cette fois-ci?

La cote OO : B-

Lager, c’est reposer.  Ou se reposer.

Lager ou ale, le houblon est l’élément principal du nez; normal pour une bière qui en contient 5 (Golding, Tradition, Saaz, Mandarina et Herkules).  C’est donc un nez d’IPA mais davantage claire dans cette lager.  Encore en bouche le liquide est léger mais les houblons sont lourdauds, feuillus, verts et agrumes à la fois.  La finale est un peu plus ronde et la différence entre IPA semble bien explorer.  La finale est plus facile et l’exercice est très bon, mais cette fois-ci il est à se demander qui Unibroue vise : le hophead?  Plus ou moins.  Joe-caisse-de-bière?  Pas vraiment. L’afficionado de la nouveauté?  À peine.  On ne peut pas dire donc qu’elle est mal faite, loin de là, mais n’a pas l’éclat des dernières d’Unibroue.

Ras L’Bock Vieux Dale Old Ale Sauvage 2019 Elevée en barils de chêne 8.1%

rbvdL’old ale, un autre de ces styles qui n’a jamais percé le marché québécois de la micro.  Pas qu’on ait l’impression qu’il le fasse un jour, mais toujours un  must à essayer lorsqu’on en croise.

La cote OO : B+

La quarantaine : encore jeune pour être wild mais qui se dirige vers la sagesse.

Sauvage d’abord, bien que la couleur y est au nez l’orge est surpassée par les levures qui sont certes intéressantes et se mélange bien à la vanille du baril.  La bouche est un peu molle – comme il se doit généralement pour une old ale, et le grain est à la limite du poussiéreux.  On se colle donc un peu plus sur le style comme le grain sur nos dents, et la finale est vineuse à souhait, tirant vers le caramel funky, le cognac et la prune mauve.  Si j’avais un souhait en général, j’opterais pour moins de levures sauvages, mais il s’agit d’un caprice pointilleux car elle est déjà très bonne telle quelle.

Au fil des gorgées, on découvre un aspect vineux qui dépasse de beaucoup le 8.1%, s’apparentant davantage à une bière au nord des 11.9% et qui décolle un peu de la old ale.  Alors moins de respect de style mais plus de diversité qui fitte avec le reste aussi, résultant en une bière qui hormis la gazéification s’apparenterait à un jeune armagnac (celui du Tariquet vient en tête).

 

Le Presbytère La Double à Bob Double IPA DDH 8.2%

pdabLa cote OO : B

Du houblon qui rentre dans le corps.

Houblon frais en juin?  Peut-être pas à la recette, mais au nez c’est totalement ce que ça sent, pleinement vert et un peu rance; un territoire où le Presbytère se rend peu souvent.  Et si on pouvait penser que le double dry hop mettrait l’accent sur l’aromatique davantage que l’amertume…non : l’amertume est indéniable et la finale s’annonce des plus débridées, car le bout de la langue picote fortement.  Forte oui, la tête de houblon sera comblée par cette double très fraîche et où le grain ne sert de support qu’à la plante verte, qui s’étire comme la vigne de houblon autour du fil pour la faire pousser.  On peut se douter que Bob n’est pas des plus subtils… pis c’est bien correct de même.

Le Presbytère Fruit des Champs Gose aux fraises 4.4%

pfcLa cote OO : B+

Peenemünde.  L’Allemagne du nord légère et frivole quoi.

On ne sait pas si c’est le sel, mais pour une bière qui s’appelle Fruit des Champs, tout comme la couleur l’odeur de fraises est légère et l’on a presque peur qu’elle ne goûte pas assez.  Malgré son sel et son style, sans savoir s’il s’agit de l’ajout de minéraux la bonne n’est pas si tranchante que cela et la fraise est petite (le terme « des champs » semble s’appliquer à la fraise).  Pour la finale, « Es ist ein Gose », avec son blé et son sel et le fruit qui reste sec, sans fruit.  Tant qu’à faire une gose, c’est soit nue, soit légèrement vêtue qu’on doit les faire, comme dans cet exemple du Presbytère.  Saint-Stanislas, c’est champêtre.

Kichesippi Beer Co (Ottawa ON) Heller Highwater Helles 19 IBUs

khhLa cote OO : B

Elle est où l’ambassade de l’Allemagne à Ottawa? Un bâtiment assez austère sur Waverley pour les geeks amants de la capitale.

Si un style peut s’affubler le terme « beurré » ça pourrait être la helles avec ses levures fleuries et rondes, certainement démontrées dans cette blonde allemande pas très loin de la kölsch pas son orge moelleuse et mielleuse.  Malgré cette rondeur, elle se veut rafraîchissante en arrivée, à la limite du craquant, et assez légère pour une bière de tous les jours ou « sur le side » dans le tracteur lors de la première courte.  L’orge blond mielleux est d’ailleurs la clef du reste de cette bière qui ne montre ses houblons qu’en finale – houblons à tendances germaniques il va sans dire.  Simple certes, mais juste qu’à preuve du contraire, une buvabilité supérieure à la majorité des cream ales qui traînent dans la capitale.

Brasserie Dépareillée Blanche du Magwa Blanche aux fraises, basilic et poivre noir 5.5%

bdbmLa cote OO : B

Autrement bonne.

Malgré les 3 ingrédients peu rencontrés dans une blanche, le nez est assez standard, bien porté par l’épice du blé.  Même chose en bouche où l’on doit attendre les secondes pour que la fraise sorte, mais toujours pas de basilic ni de poivre, qu’on ne sent en peine en finale.  Le basilic toutefois finit par coller pour donner une bière estivale, à ingrédients, mais qui parait toute aussi standard qu’une blanche orange-coriandre.  Ça fait du bien un peu de variété, et ici on l’a fait avec bon goût.

Roquemont La Paquet American Pale Ale 5%

paquetLa cote OO : B   

Les américains aussi peuvent respecter le malt.

Est-ce que c’est une surprise d’avoir un nez aussi peu féroce dans cette APA?  On pourrait s’attendre à plus de houblon libre et débridé, mais non, pour une pale ale américaine le malt s’en tire bien et le houblon est plus feuille qu’agrume.  La bouche est assez amère en attaque mais se calme aussi rapidement et ne laisse que du malt assez anglais en bouche.  Les secondes gorgées iront dans le même sens, plus anglais qu’américain.  Meilleure que la moyenne des bières fait par une brasserie pour un commerce, personne ne sera jeté à terre mais ne la versera non plus à la même place, il s’agit en fait d’une pale ale bien honorable.

Le Naufrageur Avignon NEIPA au Thé du Labrador 5.2%

naEst-ce que le thé du Labrador va se goûter ici?  Ça ne serait pas la première fois qu’il passe un peu inaperçu.

La cote OO : B+

La cuisine boréale en version sucrée et brassicole.  Qui colle.

Sans le savoir, cette NEIPA semble vouloir répondre immédiatement à mon défi, car le pif présente dès l’ouverture le thé du Labrador, salé, cendré et boréal à la fois.  Plus raisonnable, la bouche envoie un peu d’orange, de poire jaune et l’astrigence du thé, dans de brèves volutes avant que le thé colle aux parois de la gorge.  C’est certainement la bière au thé du Labrador la plus évidente que je connaisse, mais c’est à se demander pourquoi les autres n’y vont pas à fond, car elle est vraiment digeste.  Est-ce que la NEIPA est le meilleur style pour lui coller?  S’il ne l’est pas, j’aimerais gouter les autres.

Cap Gaspé Sandy Beach IPA Brut 6.5%

cpsbsLa cote OO : B

Michèle Richard et Michel Louvain en prendrait.

À ne pas prendre au littéral, mais le nez tient un peu du Palmolive : le côté vert des houblons west coast et de la lime donne un drôle de parfum, avec un côté plus sucré de key lime pie.  En bouche on retrouve immédiatement le côté sec et fraîcheur de l’IPA brut, on en oublie presque le goût pour y retrouver de la limonade pas trop sucrée en finale.  Une véritable IPA de plage, « amertumement » docile, celle qui se boit le plus comme un mimosa dans les premiers dimanches les plus chauds d’été.