Frampton Brasse Nuit d’Automne Bière brune extra forte vieillie 2 ans en cellier 10%

Cote OO : B+

Dans les bonnes conditions.

Probablement que c’est le séjour en cellier de 24 mois qui a un peu abasourdit sa mousse car bien fuyante, pour rapidement laisser les effluves de malt, de caramel, et d’alcool qui fait bien les 10%.  En fait, un nez parfait quand on veut bien malté.  La bouche est un peu molle et le toffee ainsi que le caramel mettent plusieurs secondes à se présenter, puis à force de la garder environ 30 secondes en bouche, on ajoute un petit côté noix de grenoble pas moche du tout.  Comme la force de cette bière a toujours été dans sa finale, le buveur patient sera content d’apprendre qu’elle est toujours aussi élégante, très ample de chocolat et de moka, et qui donne même l’impression, par son haut taux d’alcool, de sherry assez clair.  Dans quelle condition avait été l’édition précédemment goûtée (https://orgeoverdose.com/2018/10/19/frampton-brasse-nuit-dautomne-vieillie-un-an-en-epicerie-et-18-mois-en-cellier-10/)   on ne sait pas, mais avec un 24 mois « regulier » en cellier, c’est une bière élégante et de contemplation.

La Fosse Coco Velours Sûre pêche abricots et noix de coco 6%

Cote OO : B-

Simple, mais fitte bien sur le bords de la table de nuit, et/ou en-dessous des couvartes.

N’était-ce de voir « sûre » sur la cannette, on se fierait sur le visuel d’une milkshake IPA qui cacherait énormément son amertume derrière un mur autant de pêche qued’abricot, pas autant sucré que velouté par la noix de coco.  Le sûrette se mélange bien au sucre à la manière d’un bonbon sûre, présentant l’abricot plus sec derrière la langue, tandis qu’en l’avaler on y découvrir des fruits tropicaux à noyau.  Un peu aqueuse et à mi-chemin entre les sûres et les bières aux fruits, le coco s’occupe bien de la sorite de velours pour une bière suave, sans tomber dans la grosse stout dessert lourde.

Les Trois Mousquetaires Maibock 6.8%

Cote OO : B-

Très petites fleurs.

Deux raisons pour aimer les bocks : le malt et les levures.  L’olfactive de cette bock de printemps semble juteux et affublé de jeunes fleurs de lys blanc, malgré un liquide fonçée qui laisse présager une allemande gouteuse.  En bouche, non pas l’imitation des cafés d’octobre mais de la vraie citrouille qui se mêle au côté hyper céréalier de la bock, et un duo houblon/levure des plus tranquilles.  Collante, presque crasseuse sous la langue et à la limite de la belge sucre candi en frais de poids, somme toute c’est une maiBOCK.

Mikkeller Limbo Yuzu 0.3% (sans alcool… disons)

Cote OO : B-

Question de choix de perspective.

Avec les autres sorties de Mikkeller dans le territoire des sans alcool (bien que celles-ci affichent tous un taux supérieur à 0.25%), le nez de yogourt au citron inspire assez confiance.  Le citron pourrait être moins sucré en bouche, mais c’est de bonne guerre et on se contentera seulement d’attendre la finale un peu lactobacillaire pour arrondir la bière en calmant le sucre sans pour autant l’alourdir.  Là où elle fait un peu plus mal, c’est à la seconde gorgée où on se rapproche un peu trop près du Sprite Zero; c’est donc une question de choix à savoir si l’on préfère la rondeur de la bière ou le pétillant de la boisson gazeuse.

À la fût Série Wanted du Chai P’tite Rouge (assemblage Rouge de Mékinac et Grisette maturée en foudre pendant 2 mois) 4.7%

Cote OO : B-

Les coteaux plus beaux que la rivière au milieu.

Pourtant la grisette est habituellement assez sèche mais dans cet assemblage, elle semble conférer à la Rouge de Mékinac un niveau encore plus vanillé, à la hauteur d’une bagatelle de noël, sucrée à la cassonade et épicée à la cannelle.  Heureusement, la griotte de la Rouge se démarque du lot une fois à l’intérieur et se veut moins lourde, alors qu’on sent davantage le jeu de la grisette, à la limite d’un sol calcaire et un peu noir.  Il serait de mentir qu’on l’apprécie à ses 2 parties non assemblés, mais comme verre de découverte pour un vendredi soir tranquille, pourquoi pas.

Hermite Microbrasserie Lager Ambrée 5%

Cote OO : B-

Les portions plus tranquilles de la Tchécoslovaquie. 

Toute simple et à peine cuivrée, si l’ambrée est parfois ale en version lager elle est sensiblement cuivrée et teinte d’un bout de citrouille.  Même chose en bouche mais il manque un bout de feuille d’automne pour l’amener du côté vienna lager; elle serait d’ailleurs d’inspiration tchèque (polotmavé) et finale encore plus tranquille d’houblons feuillus et tranquille.  Une ambrée 100% ambrée mais aussi 100% tranquille qu’on visite sans attente et qui livre ce qu’elle a à livrer de manière limitée.

Harricana 91 Coconut Stout 4.5%

Cote OO :  B-

On peut faire compliqué pour faire simple.

Est-ce que le coconut a la capacité à absorber toute odeur?  On a certainement droit à un stout peu présent aux narines mis à part de la noix de coco chocolatée et un minimum d’orge gentiment grillée.   Peu de la noix en bouche par contre, il s’agit d’un stout tout en simplicité et intensité, noire d’orge à la limite du brulé et de bonne texture, parfaitement moyenne.  Définitivement une bière où le coconut agit davantage pour la texture que pour le goût, assez sec d’ailleurs.   Aurait-on pû y arriver sans la noix?  Peut-être, mais bonne malgré tout.

Hermite Microbrasserie Porter Impérial affiné en baril de scotch 7.5%

Cote OO : B-

Bonne bière… pour public limité.

À quand la première bière finit en baril d’Islay qui ne semble pas totalement diluée dans le whisky tourbé?  Certainement pas dans celle-ci : le côté tourbé ne fait aucunement de doute, à un tel point qu’on pourrait parier sur la provenance exacte (je dirais Bowmore ou Laphroaig).  C’est bien, mais heureusement qu’il y a un peu de raisin sec pour amener une dimension supplémentaire dans un porter où les épices ne semblent pas suffisantes, au nez du moins.  En bouche on a droit à environ 3 secondes avant le côté du Laphroaig, trop fort même en finale où c’est l’hopital au complet avec toutes les gazes disponibles, en s’étiolant sur un whisky aussi jeune qu’insolant.  Bonne oui mais seulement pour amateur de scotch (à l’image de celle de la Brasserie Générale), elle pourrait d’ailleurs être porter, stout ou bière noire indéterminée et on ne ferait probablement pas la différence.

Bièropholie (brassée par Simple Malt) Old Ale Rhum Bière Pirate 9 mois en barriques de rhum 9 mois 9%

Cote OO : B-

Rhum bière. 

Old Ale ou « bière de style anglais en fût de quelque chose qui oublie sa base »?  Il faudra faire semblant d’oublier le nez car il s’agit d’effluves de vanille de fût et de caramel de rhum industriel.  Ça semble bon, ça semble rond, mais le côté « orge funky » de la old ale semble loin.  Le rendez-vous avec les papilles est ensuite un peu maladroit, et prend une éternité (20-30 secondes) pour finalement donner assez de caramel funky pour l’appeler old ale.  Toutefois, il faut la considérer dans l’ensemble et l’ensemble, elle est trop emportée par le baril de rhum sûrement trop mouillé.

Mikkeller Limbo Riesling 0.3%

Cote OO : B-

S’il s’agissait d’une évaluation d’un mocktail bière-vin, la note serait forte, mais comme bière seule, ça manque de bière.

La première chose que l’on fait en sentant cette bière, c’est de regarder le contenant si le mot bière y figure (oui, mais dans la plus petite police de tout le contenant).  Le nez est donc étrange, et au-delà du raisin surpuissant, les levures semblent avoir pris un mauvais tournant du côté rance du jardin de rhubarbe le printemps après avoir laissé une partie de la récolte pourrir au champs.  Comme c’est Mikkeller toutefois qui ne tombe jamais (ou presque) dans l’erreur, il n’y a peut-être pas à avoir peur, donc on y plonge les lèvres et on y découvre un jus hyper fruité et passablement sucré, qui n’a plus rien à voir avec la bière outre l’impact assèchant des levures.  Agréable oui, mais certainement pas le succédané sans alcool à quelqu’un qui a soif d’une bière.