Big Slide Brewery (Lake Placid NY) #4 Bobby Oud Bruin 7.8% (aged 20 months in cellar)

What to think upfront about the possible interpretation of the oud bruin style by an fermentation avant-garde brewery such as Big Slide?  The bar is high.

OO Grade: B+

Ice pond hockey: less talent but as much as fun to watch during a nice cool weather.

Above a color that fits the brown sour Belgian style, the abundance of balsamic is very warming, albeit not as sweet as other sour brown with a big cola backbone, in fact judging by the nose alone one can expect a wild and dry experience.  Upon arrival, palate is treated by raisins before the balsamic comes back and join the party, letting even a taste of root beer in.  For such an acid and tannin-packed beer, it would be easy to expect a smooth, almost velvety mouthfeel, but Bobby’s oud bruin remains light-hearted, refreshing and even bring a little bit of liquorice heat on the tip of the tongue.  In all honesty, coming from BSB’s funk room I would have expected a little bit more of the house wild yeasts, but the drinkability of this oud bruin makes up for it.

Domaine Berthiaume Le Souffle du Dragon 11.9%

D’accord, Domaine Berthiaume est encore à la fin du 20e siècle question design de bouteille, mais il s’agit néanmoins de leur mieux réussi.

Cote OO : B+

Le souffle est chaud mais la flamme est encore plus belle.

Noire au look et opaque au niveau du nez, c’est le genre à demander une étude plus longue et exhaustive afin d’y trouver fumée de bois carbonisé, prunes, raisins secs, raisins rouges, cèdre et orge bien fermier.  La curiosité attisé on plonge en plein nuage de fumée, le sucre bien loin des papilles si ce n’est que la prune qui tente de se faire remarquer dans l’épais brouillard qui semble aussi chaud, comme si le jalapeno figurait à la recette et viendrait piquer le bout de la langue.  Le piment se veut très évident en finale (guajillo ou ancio?) et vivote bien dans une bière que se simplifie (et heureusement se sucre un peu) au fil des gorgées.  Très tempéramental mais démontre que le choix d’une bière noire et peut-être l’un des meilleurs lorsque l’on veut ajouter des piments (du chipotle finalement).  Berthiaume est loin d’être la plus connue, et ne semble pas être non plus la plus talentueuse, mais à force de sortir de tels élixirs, il faudrait finir par les prendre au sérieux.

Microbrasserie Charlevoix La Vache Folle Imperial Milk Stout (vieillie 5 ans en cellier) 9%

Cote OO :  B+

La paresse peut venir avec les années.  Un beau ptit somme par contre.

Un autre grand classique de la bière noire au Québec, sans dire qu’elle est anonyme dorénavant, elle a été dépassée depuis… ou bien alors c’est juste qu’on ne la voit plus parmi la masse?  On y plonge donc le nez pour se voir servir une grande rasade de stout un peu liquoreuse et assez fruitée pour le genre.  Le raisin rouge et sec, la crème et le café léger s’occupe ensuite des papilles, tandis que l’orge et presqu’uniquement l’orge se charge de la finale, bien torréfié tout en laissant passer un ou deux raisins secs.  Tout ce qu’on peut attendre d’un stout imperial, tandis que pour le côté lactose on sent que celui-ci s’est amenuisé avec les années en cellier.

La Fosse Flammen Sticke Alt 6.5%

Cote OO : B+

Habituellement, la recette de la sticke alt n’est jamais la même. 

Il est bien de briser les habitudes aussi.

Derrière ses effluves d’abord austère, le malt semble immédiatement langoureusement caramélisé.  Pas de surprise alors de gouter un liquide très lourd, qui saura à grain coups d’orge de convaincre la langue que les céréales sont les ingrédients principaux à une bière.  Comment réagir alors face à ce mur de sucre?  Par du houblon, assez fort et certainement européen (ou d’Inspiration européen, ne pensez pas vraiment du côté des agrumes).  Puis on recommence le cycle sucré-amer, en y découvrant des notes d’orge sablé et de houblon feuillu assez résineux.  Puis on recommence et recommence, et le verre est presque vide avant d’avoir parvenu à identifier un tant soit peu ce vieux secret.

Vrooden Gose Vieillie en fût 5%

Cote OO : B+

Renaître des cendres, dans du beau bois brûlé.

La gose est une bière qui se sent salée et celle vieillie en fût de chêne de Vrooden est assez typique malgré un vieillissement qui l’est pas mal moins. Le baril est bien vanillé et fait le bon contrepoids sucré au sel, et pourtant en bouche c’est la coriandre ensoleillée (ou bien les houblons à caractères d’agrume) qui triomphent, donnant presque l’impression d’avoir été assaisonnée.  Clôturée par le jeu des minéraux et des tannins, on aurait pu la vieillir davantage ou alors pas du tout (même si l’on préférerait la première option), reste qu’on a droit à tout une gose avec cette offrande de Vrooden.

Albion Néo-Spiciale Double Néo IPA barriquée 8%

Cote OO : B+

Elle prendrait facilement le « short bus ».  Bin bin bin spéciale donc.

Néo-jus de fruits tropicaux oui! Mangue, orange, melon de miel, un peu de kiwi et d’ananas aussi.  Aucune retenue olfactive, quant au baril, il a peut-être vanillé un peu le tout mais n’a en rien calmer les fruits.  L’amertume attaque assez rapidement en bouche et fait pétiller le bout de langue à laquelle le nez avait promis davantage de sucre, tandis que le baril roule à nouveau dans la finale très mouvementée, avec des punchs des fruits assez puissants, et un aftertaste un peu poivrée.  Quand on parle de bière multidimensionnelle, l’Albion nous surprend avec une bière fruitée chaude (tout de même à 8%) et qui mérite amplement le sobriquet Spiciale.

Boon Oude Geuze Boon à l’Ancienne 2016-2017 7%

Juste en ouvrant le bouchon avec les dents, on est déjà servi avec le rançe délicieusement sauvage de la gueuze.  Ça commence bien, même avant le commencement.

Cote OO : B+

Sans demie-mesure.

Chez certaines gueuzes, on a l’impression que les lèvres nous rentrent par en-dedans, dans celle-ci à l’ancienne ce sont les narines qui semblent le dire d’emblée.  Cuir de selle de cheval et bonbon sûr en super astringence olfactive, pour une bouche à prévoir hyper sèche.  En effet, sèche et surtout acide d’abord, puis les levures reviennent avec une vengeance, spécialement en finale où le néophyte se demanderait certainement si cette bière était encore propre à la consommation.  Un peu de pissenlit et de houblon belge très amadoué pour conclure l’expérience qui s’en veut tout une même pour l’habitué.  Trop?  Peut-être.  Mais quand on cherche une gueuze sans demie-mesure, c’est un bon choix.