Le Malbord Laflibuste Stout à l’avoine 4.5%

mlLa cote OO : C

Trop, c’est trop.

Ça va sonner étrange, mais la liqueur aux raisins de la défunte Idéal Sport, et de la Racinette (root beer) d’A&W.  Très fruitée, on ne sait réellement pas quoi en faire.  En bouche, l’amertume et l’acidité sont toutes deux assez élevées, tandis que l’avoine n’est pas très perceptible.  La finale viendra atténuer et régulariser le tout, on verra donc au cours des gorgées ce que ça donnera pour l’ensemble.  C’est heureusement (ou malheureusement?) la même chose dans les autres gorgées : on croit vraiment à un stout pimpé à l’anis ou la réglisse noire – ou avec de l’orge beaucoup trop grillée, et pas assez soyeuse (malheureusement finalement).  Pas la meilleure de Malbord, un stout plutôt étrange.

Robin Bière Naturelle Saison Avoine & Miel 7.7%

rsamUn concept qui vient chercher le curieux : la fraîcheur de la saison en version céréale avoine et miel.

La cote OO : B-

N’hésitez pas pour rassasier votre curiosité.

Mais quel nez, ô mais quel nez!  Les bretts un peu hors norme, mais la rondeur du miel fleuri et du lointain jus de citron qui dépeint tout un portrait olfactif.  Un pas de recul à l’arrivée en bouche : c’est hyper frais mais aussi hyper clean, alors que je m’attendais à trouver la douce texture de l’avoine.  On aimera donc vraiment plus la finale toujours fraîche et plus funky que le nez, qui amène de la pomme bien verte.  On pourrait facilement se demander à quoi on aurait à faire si le miel et les lactobaciles n’étaient pas de la partie car c’est une saison sèche mais autrement totalement dénaturée, avec du houblon qui sort au fil des gorgées.  À l’image de certaines autres offrandes de Robin, une bière pour la curiosité d’abord et un goût intéressant ensuite, mais pas nécessairement le genre à débourser environ 20$ pour la quille.

À la Fût Bête Noire Stout à l’avoine 4.8% (revisite)

alfbnrevLa cote OO : B

Parce qu’un homme simple se satisfait dans la simplicité.

Ne me demander pas pourquoi, mais j’aime bien une oatmeal stout par temps de canicule.  Et comme la ptite bête noire d’À la Fût est assez facile à dénicher.

Du raisin de l’impériale russe, de l’orge bien sucrée, de la vanille et du café bien tassé; aux narines la bête se veut plus généreuse qu’agressive.  Pour l’amertume une fois sise sur les papilles réveillent les sens et on sent les soubresauts de la torréfaction du grain, le tout dans une texture facilement apparentée à l’avoine.  Pour la finale, on migre d’abord sur le moka puis le cacao, mais c’est avec un baiser d’orge plus naturelle et nue que cette stout nous laissera.  La meilleure stout au Québec non mais avec beaucoup plus de caractère que d’autres dans le frigo des dépanneurs, c’est une bête que l’on ramène facilement à la maison un soir où l’on veut un peu d’action douce.

Korrigane Cornik Stout Avoine 4.2%

korrig1Avec un visuel hyperstandard, le nez de café au lait est dans le bon ton: intense, profond mais aussi doux.  L’arrivée est presque sucré mais l’amertume de la torréfaction semble attendre de l’autre côté de la porte de la gorge.  Mais non, on continue du côté lait du café au lait, qui garde les cordons de la bourse gustative.  Avec 2 bonnes pelletées d’avoine, elle saura plaire à l’amateur de Guinness et probablement aussi au néophyte brassicole.

La cote OO : B+

Parce que cette bière est un peu à l’image de la brasseuse de la Korrigane, une douceur dans un monde normalement un peu plus rustre.

Le Castor Stout à l’Avoine (2017) 5%

csaB  Est-ce que Mozart réussirait au 21e siècle?  Sûrement, mais dans quelle mesure?

Redécouvrir des classiques… toujours le danger de décevoir ou de surprendre.  Le nez est toutefois tout à fait tel que prévu : du malt, du malt et du malt, qui sans être brûlé est certainement bien chauffé.  Un nez ultra typique donc, ne manque que la texture de l’avoine, qui en bouche est à la hauteur des attentes.  Avec un houblonnage (plutôt anglais) qui semble plus fort que dans mes souvenirs, le malt un brin chocolaté est bien contrebalancé et prépare pour un aftertaste assez amer, mi-feuillu mi-torréfié.  Est-ce que cette castor est véritablement un grand classique québécois?  Non mais pour une bière qui passe maintenant presqu’inaperçu dans les dépanneurs spécialisés, c’est une sélection facile et judicieuse pour un après-midi tranquille.

À l’Abri de la Tempête Sable Noir Imperiale Lager noire à l’avoine 9%

atpsnB  Plaire en restant mystérieuse.

Ni trop amère ni trop sucrée, olfactivement c’est bien réussi dans tout ce qu’il y a de plus stout à l’avoine, où l’orge est aussi bien marqué.  L’intensité de la torréfaction est aussi bien démontré augoût en voguant sur des nuages de chocolat, d’amandes, de bois aussi.  Enfin, crémeuse et affirmative en aftertaste, à la limite d’être sèche elle amène un peu de café et de vanille.  Peut-être mieux construite qu’à mon goût c’est une bière qui challenge mais qui ne décoit pas.

Brasserie Générale Ténébris Stout à l’avoine de Fermentation Mixte 8.5%

bgt

Trop buvable, un chef d’oeuvre pour tous.

A  Ténébris pour la couleur, paradis pour le goût.

Ayant d’abord un assez sauvage (au niveau de la fermentation) avec un peu de mousse assez compacte, l’odeur en devient presque civilisée, et laisse une stout à tendance russe s’exprimer davantage. Crémeuse, les levures prennent un autre pas de recul laissant le raisin bleu pour la langue, à peine altéré par un côté sauvage (mais pensez davantage oud bruin que brett/selle de cheval).  Parlant d’oud bruin, la finale s’en rapproche encore plus, mais une fois de plus c’est la stout qui finit par avoir le dernier mot, dans une finale digne de certaines grandes belges avec le noble grain de la stout anglaise.  Du haut de Charlesbourg, dès ses premiers essais Brasserie Générale vise pas mal dans le milieu avec la fermentation et le vieillissement en baril, et quand on voit ce qu’ils sont devenus à comparer à la Barberie qui semble à peine se tenir la tête hors de l’eau, on voit le talent est où dans la ville de Québec avec cette Ténébris qui est peut-être la meilleure des deux établissements combinés.

La Confrérie Crema Stout à l’avoine Café à froid / Vanille / Lactose 5.4% 30 IBUs

ccB+  Pour vous réconcilier.

Trop souvent, peut-être pas sa trop grande ressemblance, le café vient dénaturé une bière; un peu de vanille et de lait c’est bien mais quand j’ouvre une bière… je veux une bière, pas une boisson chaude.  Voir ici de mauvais exemple à la Stout café vanille de Brasseurs de Montréal.  Ceci dit, au nez la torréfaction ne semble pas trop venir du café mais de l’orge, le tout aggrémenté de la rondeur de l’avoine qui s’agence parfaitement avec le petit goût de lait.  Loin d’être amère, l’arrivée en bouche est toute en douceur, sucrée comme il se doit avec que le café vienne terminé l’équilibre entre le sucre et l’amer.

Pas trop aggressive, c’est toujours de cette manière qu’on devrait aborder la boisson matinale lorsqu’on veut la marier avec de la bière.

La Voie Maltée La Gigonne Stout à l’avoine 4% 20 IBU

vmgB-  Qui boit une oatmeal stout pour que ce soit difficile?

Oui oui, c’est bien une stout à l’avoine avec son gruau olfactif qui enterre presque l’orge malté.  Douce et crémeuse (sans surprise à ce point) on s’approche du raisin sec sans l’embrasser.  La finale est davantage moka vanillé et chocolaté, dans une texture toute soyeuse du gruau et super facile en bouche.  Du début à la fin on ne peut pas dire que c’est mauvais ou difficile, mais excitant?  Une bière en pyjama où le confort prime.

Microbrasserie Le Castor Stout à l’avoine bio 5%

csaB Si on aime pas, c’est qu’on aime pas le style. Et/ou le café.

Grain brulé ni trop moka ni trop café; une belle balance olfactive avec un peu de vanille sexy. La texture est étrangément claire pour le genre, avec tout juste assez d’amertumé et de grain brûlé. La finale : trop-rréfaction? Bien que ça se calme en aftertaste, la bouche est juste assez un bon défi pour servir de stout d’intro, avec un très bon coefficient de buvabilité.