Auval Nova Amarillo 5.3%

anovaOn connait tous la folle engouement pour Auval; cette Nova, présente dans plusieurs épiceries de la Gaspésie, nous fais demander à quoi s’attendre pour ce qui est leur bière probablement la plus répandue.

La cote OO : B

Pas obligé d’être élitiste pour être bonne.

Outre la couleur et surtout l’opacité de cette pale ale, au nez on penserait facilement que c’est une pale ale qui pourrait provenir d’à peu près n’importe où.  Petit pif d’orange donc, joint à la hanche par de l’orge bien mielleux.  L’amertume monte en même temps que le pamplemousse sucré et on oublie d’abord le grain, avant qu’il ne revienne dans une pointe de paille.  C’est ensuite au houblon de prendre un pas de recul quand on l’avale et que l’on se retrouve avec une pale ale assez standard mais bien lourde de goût.  Question d’être franc, je n’achète pas encore toujours le buzz Auval, pas au point de faire 200-300 kilomètres (ou plus) pour aller à la micro; toutefois cette petite offrande n’est pas dénuée d’intérêt et sait bien tirer son épingle du jeu.

Auval Pomace Orange Bière macérée sur du marc de Frangine Bière de l’arrière-pays 5.1%

apo30 minutes d’attente à l’ouverture de la micro pendant le déconfinement 2020, les attentes sont hautes mais Auval n’a pas l’habitude de ne pas livrer.

La cote OO :  A

Comment en faire énormément en n’en faisant pas trop.

Fermentation sauvage : si on avait à mettre un nez sur ces mots, ça pourrait lui de cette pomace où le marc de vin orange a été sagemment tranquilisé.  On se retrouve donc avec une olffactive de liquide qui piquera surement le bout de la langue,ainsi que d’un peu de paille chauffée qui fait lever le sourcil.  Tel que prévu, c’est une pomace hyper sèche, toujours aussi funky en bouche qu’on nez et doté d’une pointe de confiture d’orange.  La finale est toute sauvage, un peu acide, et complète le sentiemnt d’orange perçu plus tôt, mais encore là en tout sagesse.  Trop souvent les bières avec marcs s’emportent vers le vin mais ici le fin brasseur a sû l’ajouter en donannt du beau pep sans s’emporter.  Légère en alcool, pas trop poussé au niveau du goût mais beaucoup de talent là-dedans.  Bravo Auval, elle valait facilement l’attente.

Auval Saison Duval Bière forte de courage 6%

asd« Bière forte de courage »… sûrement celui de s’attaquer au classique des classiques (la Saison Dupont) à qui cette Saison Duval en serait l’hommage.  Le nez est bien citronné et peu poivré mais la fraîcheur y est très certainement.  La bouche est plus ronde, moins tranchante mais plus fermière.  La finale, un tantinet plus houblonnée, amène aussi le poivre noir tant espéré mais semble oublier le citron.  Certes, elle est peut-être trop arrondie et outrepasse l’aspect tranchant auquel on peut s’attendre dans une saison, mais prise comme « petite saison de tous les jours » c’est un bel effort, très honête et appréciable de franquette et de fraternité.

La cote : B

Parce que ce n’est pas la Dupont, mais suffit d’oublier le cousin belge et le plaisir y est.

La Chouape (collab Auval) Galope Assemblage no. 1 6%

cgano1Ça comme bien, même à un pied : quand on ouvre une bière et qu’on la dépose à 35 cm sur la table de patio et qu’elle sent encore, c’est qu’on a affaire à toute une bière… ou tout un échec.  Mais ici déjà ça semble funky et à la hauteur de mes attentes, ce qui est confirmé par le nez laiteux, un peu berliner weisse en fait mais davantage porté sur les bretts.  Vivement la première gorgée donc… pour être amener en territoire plus houblonné qu’escompté, mais soutenue par la bière sûre.  Assez complexe, elle se poursuit en douceur et en acidité avant un beau bordel de bonbon sûrettes.  D’abord recrudescence des houblons en aftertaste, et les bonbons qui reviennent.  Pas nécessairement un incontournable (comme certaines autres bières un peu trop surestimées d’Auval) mais comme c’est un premier assemblage, on ne peut qu’avoir hâte aux prochaines.  De plus, j’aurais beaucoup la goûter en verticale (les deux parties de l’assemblage séparement et ensuite l’assemblage).

La cote : B+

Parce que ça me fait penser à Refused et leur album mythique de ’98 The Shape of Punk to Come : si c’est vers où se dirige la bière sauvage au Québec avec du houblon suranné québécois en prime, le marché québécois n’a pas à craindre pour son avenir.  À quand la QIPA (Quebec IPA)?

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.

Auval Grisette #1 Bière assemblée 4.5%

agB-  Entre session et saison, qui se ressemble s’assemble.

Au nez, c’est du grain bien doré, de la violette et c’est aussi rempli de levures de saison belge, rien de très distinctif mais bien fait avec sa belle orange toute juste mûre.  Très présente et effervescente en bouche, le grain est aqueux et rapide en bouche, avant l’aftertaste assez amer, plus que l’arrivée aux nasaux et aux papilles ne le laissait présager.  Bonne note pour le début de bouche et le côté rafraîchissant pour cette bière pas nécessairement facile à analyser.

Auval Framboëse 2015 Bière en barils de chêne 5%

af2015B  Parce que la vodka-jus d’orange n’est pas toujours appropriée…

Impossible à outrepasser le nez de grosse framboise fraîche; malgré son manque de carbonation, elle est certes très appétissante cette… bière?  Bon, il faut la prendre pour ce que c’est, un peu comme les Lindemans Kriek, Framboise et Faro où il faut plus que s’ouvrir aux fruits.  Avec un bon mordant, la framboise pique en bouche, toujours soutenue par le malt qui passe à travers l’amertume avant de retomber dans la framboise, toujours aussi fraîche et bien vanillée (enfin l’impact du baril).  Rien de nouveau, pas la meilleure des framboises, mais côté fraîcheur c’est plus que bien pour cette boisson où l’on est presque surpris lorsqu’on apprend qu’elle contient de l’alcool.  C’est donc une belle alternative alcool-jus de fruit.

Auval Arcane 17 IPA 5.2%

aaiB-  Une « textbook performance » n’est jamais à dénigrer, mais rarement qu’on puisse s’y emballer.

Certainement houblonnée, les agrumes (orange, ananas, fruit de la passion) sont excessivement tropicaux, ce qui fait qu’on s’attend à une amertume pas des plus subtiles.  Or, en bouche c’est mi-sucré, quart-amer et quart-grain, dans une texture un peu visqueuse (pour le style) et une évolution des saveurs plutôt moyenne outre une herbe qui apparait en finale, toujours amère mais modérée, assez courte.  Pas fâchante, c’est une bière de beaux fruits bien choisis qui souligne un bel effort.

Auval Saison Espinay Bière forte en barils de chêne 6%

aseB+  Mystérieuse ou confortable la campagne belge?

De son bel équilibre olfactif entre orge, levures et blé, c’est une bière sans flafla, très « groundée ».  Toujours des mêmes grains le pamplemousse se mêle de l’affaire en bouche où j’ai l’impression d’être entre 2 champs, un de blé et un d’orge, assez loin du reste de la civilisation belge.  D’abord standard, un sursaut de levures s’empare de la gorge pour s’éteindre doucement en aftertaste assez présent.  Un bon exemple de bière qui va intriguer le néophyte et réconforter l’aficionado.