Schoune La Part du Diable version double blanche assemblage d’une double blanche belge vieillie 6 mois en fut de Riesling et Sauvignon Blanc 6%

spddLa cote OO : B

Faire confiance et boire sans questionner.

Un peu funky ce qui pourrait faire penser à leur P’tite Gueuze avec du vin (blanc, riesling).  Molle en bouche mais la finale est bien goûteuse, avec l’aspect boulanger de la belge qui se veut très rond et qui évite d’amener un peu du caractère extraterrestre ou de déplacé comme certaines bières de Schoune.  Ça se boit tout seul malgré que le vin est un peu trop fort, mais s’il en reste qu’elle n’est pas très belge standard, plutôt wild quasi gueuze agrémentée de sucre candi.

Maltstrom Scotch Lager Assemblage de lagers fortes ambrées élevées en fût de chêne américain 8.2%

mslLa cote OO : B+

Grosse réunions d’écossais un hétéroclites mais ça finit par faire un beau party; comme le festival écossais de Gould où tripeux whiskies, gens de GNs, descendants écossais et gens du 3e âge se rassemblaient.

Bien que pâle pour une scotch ale, le profil de ce nez très sucré ne fait de doute : c’est d’inspiration scotch ale très certainement… mais à la maltstrom qui affectionne particulièrement les lagers.  C’est donc du scure brun tout juste suffisamment propulsé par les levures caramélisées et un peu sauvage.  La bouche est un peu hors norme par contre : un peu amère et plus clean/moins lourde que votre scotch ale habituelle, on l’avale donc sans trop savoir où l’on va et on y découvre de la fleur et du caramel, agrémenté de la vanille et de chêne en sortie.  Elle choquerait le traditionnaliste, mais une très bonne bière de fantaisie qui plaira sûrement à l’amant de bières brunes en finition de baril de bourbon.  Maltstrom semble vraiment savoir ce qu’ils font en ce n’est vraiment pas la première microbrasserie que je suggérerais pour les néophytes, pour le pire mais surtout le meilleur.

Ras L’Bock Bitumineuse Assemblage 2019 Stout Américain Élevée en barils de rhum et de Bourbon 8.2%

rbbs2019La cote OO : B

Le houblon qui pousse pas loin de la route de terre et non de l’asphalte.

Les stouts sont habituellement plus opaque, et avec un nom comme Bitumineuse on pourrait penser à un liquide plus goudronné, mais c’est une bière à la limite du brun auquel on a droit.  Coiffée d’une mousse fine mais peu épaisse, les effluves montent facilement avec un bon lot de sucre brun (le rhum) et de vanille (le fût neuf de bourbon).  Le qualificatif « américain » (qui soit dit en passant s’oppose au féminin qui le succède) se déclare par un houblon vert pas du tout indigeste.  La finale est plus crasseuse (enfin, avec un tel nom…) et au final ce n’est pas une stout trop sucrée ce qui aurait pu être facile avec une partie de fût de bourbon.  Plus légère que présagé, hormis le nez on va s’en tenir principalement aux 2 premiers mots, soit « stout américain ».

Allagash Belfius (Assemblage saison et lambic) 6.7%

abelfiusLa cote OO : A-

Secouer sans remuer.

Servie à l’aveugle, 2 secondes sur le verre pour dire « c’est du Allagash ça » avec les levures sauvage du bord de la 95, un peu sûrie et assez sèche.  Elle viendra ensuite surprendre par son amertume assez marquée et peu commune à la signature de la maison, le tout accompagné de la pêche de la Lambic de Lindeman’s.  Il y a ensuite un je-ne-sais-quoi de difficile à décrire – la magie du poivre de la saison en version « coolshippée » peut-être, puis du beau fût de chêne très frais, très gouteux.

Dans les Allagash, c’est rarement une question de bon goût, et encore moins de qualité; dans cette Belfius tout y est et quoique moins bonne que leur stellaire Curieux, c’est une offrande que je consacrerais à plusieurs, plusieurs reprises.  Et à ceux pour qui les belges traditionnellement assez sucrée pourraient faire peur, une preuve que la grande petite (ou petite grande?) de Portland peut maîtriser les assemblages aussi.

À la Fût Sir Wallace Hivernale Assemblage de scotch ale jeune et barriqué 13 mois en fût de rhum, bourbon et téquila 8.3%

alfswhLa cote OO : A-

Autrement aussi bon.

Contrairement à leur Sir Wallace habituelle qui pue l’orge à plein nez (comme diraient Rammstein, Du Riescht So Gut), cette version hivernale est davantage subjugée par le caramel et la vanille, ainsi qu’un petit fumet funky qui s’apparente au maguey (surement le fût de tequila y est pour quelque chose).  Ça semble assez lourd merci sans trop paraître sucré.  Pas si lourde que ça finalement, le grain paraît grillé avant que ne survienne le grain grillée d’abord sucré (pensez Glosette au raisin), puis vanillé, juste assez calmement pour ne pas tomber dans l’excès . On passera à la cerise et à la prune puis au retour de la Glosette en finale, tandis que le derrière de la langue piqué par les tanins, le bois et une petite touche de mystère piquant.  Peut-être plus prévisible que leur Sir Wallace originale, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien fait, rappelant les éditions du Sanctuaire de la microbrasseries le Castor par exemple.  Sans compter que ça fait du bien de retrouver A la Fût d’Chêne dans des versions un peu moins brettés.

À la Fût Série Wanted du Chai Brune Sauvage Assemblage et collabo Sutton Brouërie) 5.8%

alfbsLa cote OO : B+

La beauté dans la complexité vient avec la justesse et la sagesse, et non la folie.

Brune sauvage ou oud bruin?  Olfactivement elle ressemble vraiment à leur oud bruin, peut-être plus vanillée qu’à l’habitude et moins de cola.  Fruitée en bouche?  Que oui!  De la prune, du raisin et un peu de cerise pour une bouche complètement complexe, un peu sèche mais pas trop, avec des levures sauvages mais pas du tout fermière/étable.  La finale quant à elle révèle du chêne bien tassé, du miel et du grain un peu sablonneux, avec une pointe de grain torréfié en sortie.  D’un début un peu attendu, on sent que le fût a bien travaillé et sans être un incontournable d’À la Fût, un brassin tout à fait élégant à essayer.

À la Fût Triporter Assemblage Collaboratif (Sawdust City Brewing Gravenhurst ON) Quadrupel 11.05 & L’Porter Western 7.8%

alftLa Belgique et l’Angleterre dans une collabo québéco-ontarienne?  Why not bout d’viarge!

La cote OO :  A-

Un porter de printemps : frais et sucré.

Malgré qu’on y voit le mot quadrupel directement après le mot assemblage, ce sont les bretts et les épices de la porter qui montent au nez.  Elle arrive ensuite de manière assez sûre et fruité, on est un peu plus en territoire quadruple (pour le sucre) et on semble avoir un autre liquide en bouche que sous le nez.  Puis on avale pour retourner à la stout, surtout après environ une dizaine de seconde où seulement l’orge et les bretts ressortent.  Un superbe assemblage pour les amateurs de stouts sures, où la partie quadrupel est plus difficile à capter mais où l’on a aussi droit à une bière profonde, complexe et simple à la fois.  De l’inattendu de l’univers des cowboys de St-Tite pas du tout, mais un beau, un maudit petit voyage de papilles.

Harricana Série 7205 7205.015 Assemblage 4.7%

h7205015La cote OO : A

Assemblage sauvage.  Et savant.

Funky à souhait, sans dire trop je dirais 1. Jamais à des étrangers au brett et 2. Jamais sans s’y préparer!  C’est donc hyper, hyper funk et bien boisé, et à l’image d’autres bières qui perdent leur céréale, il est à se demander ce qui subsistera de celles-ci.   Un tantinet houblonné, les levures sauvages ne tardent pas à revenir dans une liquide hautement effervescent, qui se conclut dans un retour à l’étable dans un chemin de poivre et de nectarine.  Si Harricana s’est équipé d’un chai, ce n’est pas pour le laisser se reposer et ici l’exploitation est très réussie.  Encore du génie d’Harricana!

À la Fût (collab Bench Brewery) Dégaine Assemblage Fermentations sauvages Maple Trail Oakgrove 6.4%

alfdLa cote OO : B

Qui dégaine fort tire fort.

Même s’il s’agit d’une collab, le nez indétrônablement funky des cowboys de St-Tite est sans contredit ce qui domine malgré un fond de jus d’orange, sans contredit très funky et pas loin de la selle.  La bouche est encore plus sûre et fait picoter, voire choque la langue d’une ferveur sauvage qui même pour À la Fût semble élevé.  Peu surprenant donc que les lèvres rentrent par en-dedans alors qu’on avale ce qui s’approche d’une oud bruin sur les stéroïdes, et qui laissent des notes boisés et à peine sucré en finale.  Quelle a été la contribution de Bench Brewery difficile à dire mais en matière d’assemblage il se fait pire.

Tête d’Allumettes (collab Dunham) Bye Tab Assemblage collaboratif 4.4%

ta_2019_1La cote OO : B+

Bien entourée.

Bien qu’on a pas indiqué il s’agit d’un assemblage de quoi au juste, le nez crie BRETTS!  Légèrement pale ale herbacée aussi.  Le genre d’olfactive qui fait dire au tripeux de bretts « fait soif! ».  La bouche est en effet assez amère et très rafraîchissante mais ne jouit pas d’un développement énormément long.  La finale est joyeusement funky, surtout après la bouche amère… une belle surprise que pourtant le nez annonçait.  Et en retournant en bouche pour une seconde gorgée, c’est toujours l’amertume qui surprend.  Une collab qui assemble le funk de Dunham et les champs autour de Tête d’Allumettes.