Tête d’Allumette Tête Carrée Bitter anglaise minérale 4.1%

ta_2019_1La cote OO : B-

Carré oui, minérale oui, anglaise oui,  mais manque un peu de tête.

Bien dorée pour une bitter, c’est davantage le grain mielleux que l’on hume, plus que la bouche qui est à la limite de l’aseptisé… un peu décevant quoi, car on aurait aimé un peu plus d’houblons, malgré que le côté asséchant minérale y est bien.  Le houblon vert est tempéré en finale et prouve hors de tout doute que « bitter » a une autre signification qu’amer en Angleterre, certainement moins qu’en Amérique du côté west coast.  Non, au finale elle remplit bien le mandat même s’il ne s’agit pas d’un incontournable.

Revisite: L’Esprit de Clocher Major Tom IPA anglaise 6.2% (édition novembre 2018)

ecmt2018D’emblée, la désignation « anglaise » semble très méritée car les céréales (orge et seigle) et le sucre de ceux-ci sont mis en contradiction olfactives au milieu des houblons bien choisis (et à tendance anglais évidemment).  Un peu neutre en bouche, elle sait s’incruster de manière assez intense, mais pas autant qu’en finale où le grain s’empare de la rétro-olfaction pour ne laisser qu’un soupçon d’amertume.  L’épice du seigle sait bien jouer son rôle (amenant même un peu de graine de tournesol) et fait de cette IPA un judicieux choix pour hopheads à la recherche de variété.

La cote OO : B

Parce que le but de l’exercice réside dans la dualité houblon et grain, mais surtout l’intensité du dernier dans la longueur de l’aftertaste.  L aMajor Tom semble être l’une des petites spéciales favorites de l’Esprit de Clocher et même si elle n’est pas nécessairement dans mon style de prédilection je commence à comprendre pourquoi.

Broadway Mary Poppins Ale Brune Anglaise 4.5% 30 IBUs

bmpComme j’avais l’un des  “classiques des classiques” pour la bière brune anglaise, nous comparerons ici la nouvelle mouture de Broadway avec sa comparse anglaise.

Moins foncée (de 3 SRMs pour les fanatiques) et légèrement moins translucide, le nez plus classique en noix de la Newcastle détonne de la Mary Poppins qui parait aussi un peu plus amère (3 IBUs de plus toujours pour les fanas).  Le malt semble toutefois tout autant appétissant alors on y plonge pour y découvrir un côté plus noisette que grenoble, et de l’orge plus imposant que chez la Brittanique.  La conclusion est soyeuse, toujours sous les rennes du malt qui ne fait pas de cette bière un nut brown ale mais plutôt une brune bien honorable qui dans un autre registre me fait penser à la Sir Wallace, la scotch ale d’À la Fût qui explore très bien son grain.

La cote OO : B+

Parce que c’est bien beau le houblon, les levures et les potentiels barils de finition, mais à la base une bière c’est de l’orge mouillé.  Une bonne bière pour nous en rappeler.

Brasseurs sur Demande (Quebec, QC) Brown Ale Anglaise 5.2% 29 IBUs

bsd3Comme brune vous aurez probablement vus plus typé; le nez est toutefois doux et bien abordable, celui d’une brune parfaite pour l’amateur de bières grand marché blondes.  En bouche, elle est assez neutre et on est en terrain brune anglaise légère.  La finale est un peu plus présente mais c’est davantage l’aftertaste de malt doucement rôti qu’on retiendra.  En revenant au nez on découvrira une petite pointe de caramel intéressant, mais en revenant à la bouche on tombe sur la même bière probablement plus gênée.  Pour être gentil, on pourrait dire bien, mais pour être plus réaliste je dirais bien mais sans plus.

La cote OO : C+

Parce que seulement obéir aux règles n’amène pas d’originalité.

La Chasse-Pinte La Reine du Sébaste 6.8%

cprdsQuand un néophyte demande des bières de microbrasseries, la Chasse-Pinte est probablement la dernière à me venir à l’esprit.  Intéressante oui, mais rarement on semble s’adresser à l’explorateur débutant, au profit d’y inclure des ingrédients boréals et hétéroclites.

Ici on aurait à faire à un hybride entre une anglaise très houblonnée et une belge épicée et aromatisée; par contre au nez ça semble être une ambrée bien caramélisée et houblonnée.  Lourde et intense malgré une gazéification assez légère, on s’approche du sarrasin et au citron (à la recette) qui apporte plus de saveur que d’acidité, puis on poursuit dans le bizarre lors de l’aftertaste de rousse anglaise à laquelle on aurait ajouté de la mélasse.

La cote : B-

Parce que si on oublie que c’est une bière spéciale, on se dit qu’elle est juste un plus goûteuse.

Tête d’Allumette Tête Carrée Bitter anglaise minérale 4.1%

ta2La bitter, cette bière dont le nom demande un respect de l’amertume et non la démesure… ici c’est justement mi-agrume mi-caramel, dans un confort olfactif qui ouvre la bouche à l’amertume qui semble se cacher dans la finale.  Celle-ci garder néanmoins son amertume à un niveau plus qu’acceptable tout en conservant un caractère anglais de bière de divan de public house.  Superbe démonstration du style donc.

La cote : B+

Parce que my darling!  Les anglais s’y connaissent en matière de bière d’été, et Tête d’Allumette aussi.

La Souche Gouse Brune anglaise à l’argousier 5.1%

Blasouche  Traître.

La couleur d’une bière c’est sa carte de présentation, sa vitrine.  Ici, en la voyant on s’attend à une brune plutôt standard mais bien sûr teinté de cette nouvelle baie à la mode, mais non, c’est un fruité indéterminé rappelant la fraise, mais pas du tout ce qu’on peut goûter dans d’autres bières à l’argousier.  En bouche on continue d’être en dehors des sentiers battus avec un côté acidulé qui avoisine la nationalité anglaise du grain au cœur de cette bière.  Avec une bonne finale d’anglaise plus réglo, elle a le don de rentrer rapidement et facilement, une surprise tranquille donc.

Brasseurs sur Demande Supermarché Pierre Jobidon IPA anglaise 6.2%

bsdsjia

À l’image de son étiquette beaucoup trop générique.

C  Pour l’amateur d’IPA généraliste.

Le nez trente centimètres au-dessus du verre et déjà on respire les arômes tropicaux (goyave); très libéralement agrume je crains que l’avion ne vole vers LA au lieu de Londres.  Au moins la céréale est bonne, mais l’amertume en bouche me fait une fois de plus regarde vers l’Ouest où faire picoter le bout de la langue ne peut être mal.  Sa finale mi-terreuse mi-californienne me ramène un peu plus à l’est mais de là à l’appeler IPA Anglaise, ça doit être plus de recette que de feeling.

Le Bockale Gros Jacques Brown Ale Anglaise affinée en fût de whiskys américains 6.7% 17 IBU

bgj

Pas besoin d’un grand verre pour apprécier une grande bière.

A  Parce qu’une fusée après tout, c’est lourd.  Beaucoup de carburant dans celle-ci.

Sous un caramel assez imposant – pas loin de la scotch ale – au nez on peut reconnaître le houblonnage tout à fait anglais.  Brièvement, on pense à la Newcastle Brown mais sur les stéroïdes, mais on enchaîne la gorgée assez rapidement. Celle-ci est exactement dans le même ton mais plus intense aussi, et les dattes et la figue font valoir leur pensant de fruit.  Derechef en finale avant le fruit qui laisse emporter tout, à la manière des meilleures brown ales ou scotch ales que j’ai pû goûter à ce jour.  Une bière en crescendo, qui commence haute et fini au firmament, pas besoin d’une liqueur de malt pour se sentir enjôlé comme on peut l’être d’un whisky.

L’Esprit de Clocher Major Tom IPA Anglaise (micro coulée de 30 litres) 6.2%

B  Faire semblable mais différent.

L’ayant manqué à sa première sortie, 6 mois plus tard je n’avais pas le choix que de visiter la terrasse chauffée trop accueillante.  Très cuivrée elle est anglaise sans contredit (donc pas le nez des IPAs à la mode) et on a gardé de la place pour un peu d’orge aussi.  Ne faites pas erreur, il faut aimer les IPAs, mais pas simplement l’APA boostée au citra pour plaire aux hopheads.  Après plusieurs gorgées (et après m’être retenu pour commander les wings de l’établissement) je la trouve encore plus abordable gustativement, comme si on était parti d’une ambrée pour finir en IPA.

Un beau voyage confortablement assis quoi.