Allagash Belfius (Assemblage saison et lambic) 6.7%

abelfiusLa cote OO : A-

Secouer sans remuer.

Servie à l’aveugle, 2 secondes sur le verre pour dire « c’est du Allagash ça » avec les levures sauvage du bord de la 95, un peu sûrie et assez sèche.  Elle viendra ensuite surprendre par son amertume assez marquée et peu commune à la signature de la maison, le tout accompagné de la pêche de la Lambic de Lindeman’s.  Il y a ensuite un je-ne-sais-quoi de difficile à décrire – la magie du poivre de la saison en version « coolshippée » peut-être, puis du beau fût de chêne très frais, très gouteux.

Dans les Allagash, c’est rarement une question de bon goût, et encore moins de qualité; dans cette Belfius tout y est et quoique moins bonne que leur stellaire Curieux, c’est une offrande que je consacrerais à plusieurs, plusieurs reprises.  Et à ceux pour qui les belges traditionnellement assez sucrée pourraient faire peur, une preuve que la grande petite (ou petite grande?) de Portland peut maîtriser les assemblages aussi.

Allagash Map 40 Belgian-style stout with cold-brewed Coffee from Speckled Ax 7.5%

am40La cote OO : C

Morning Ordinary Joe.

Pas très belge (ou Allagash), c’est du café infusé à froid d’abord et avant tout, à peine saupoudré de vanille.  On poursuivra sur les papilles à le café dans sa plus simple expression, un peu alcoolisé (on est tout de même à 7.5%) pour conclure sur finalement de l’orge, tranquillement étirée toujours avec de la vanille.  Venant d’Allagash je m’attendais à plus de leur caractère si belge mais dans cette bière on a pris la route du café et on est resté bien droit.  Pour habitués au café, le grain est bien goûtu mais une bière pour déjeuner, pas pour le diner.

Allagash (Portland ME) Coolship Pêche Aged in Oak Barrels with peaches 6.8%

acpLorsqu’on visite la salle du coolship au beau milieu des installations d’Allagash, on comprend.  Une fresque d’église brassicole quoi.  Bref, dire que mes attentes sont élevées sont un « understatement ».

La cote OO : A-

On s’en fout du taux de change.

D’emblée, le nez vient réconforter celui qui craindrait une bière trop dominée par la pêche :  celui-ci est funky à souhait, mais pas par l’étable d’une brett;  la souche plus sèche de bord Atlantique de l’état du Maine claque au nez, de manière positive évidemment.  La bouche aussi est sèche (et très pétillante), c’est donc une pêche gouteuse mais raisonnablement sucrée qui frotte les papilles plus qu’elle ne les flatte.  Conclue par de l’orge tranquille, des houblons assez présents pour le style et une levure salée et vanillée, c’est un exercice beaucoup gratuite que les exercices trop fruitées de Lindemans, spécialement sa lambic pêche. À 17$ américains, certes pas donné mais vaut chaque centime.

Allagash (Portland ME) River Trip Belgian-style session ale 4.8%

artUn style pas souvent rencontré… comment réconcilier le style habituellement lourd de la belge avec la légèreté de la session?

La cote OO : B

Voluptuosité et simplicité.

Régulière au visuel, tout comme au nez citronné et à odeur de blé non subtile.  En bouche, c’est une blanche de blé un peu plus éthérée que la moyenne mais aussi plus houblonnée sans être amère.  La finale est à saveur de coriandre, de plus en plus profonde, autant l’épice que la fine herbe.  Simple certes – et c’est probablement le but – c’est un tour de ponton sur une rivière plutôt tranquille qui se prend sans grandes tergiversations.  Le terme de session est souvent exploité dans le mondes des india pale ales mais ça ne veut pas dire qu’Allagash ne peut pas le prendre pour ses bières belges.

Allagash (Portland ME) Ganache Dark Ale fermented with Brettanomyces and Aged on Raspberries 7.5%

agLa cote OO : B

Parce qu’un dessert délicieux, ça peut aussi être un muffin avec de la crème Duncan Hines achetée au départ.

“Noire comme eul poéle » mais même si à travers la lumière du foyer on ne peut voir le moindre reflet de rouge, le nez est ce que l’on hue d’un gâteau forêt-noire quand on en atteint le cœur.  Pour la bouche, toujours le fruit mais cette fois-ci la cerise au lieu de la framboise.  Les levures arrivent enfin lorsqu’avalée, et elle se veut aussi sèche longue.  Toutefois elle a le défaut  que d’autres Allagash ont; celle de venir d’Allagash, avec les attentes trop grandes qu’on peut lui imposer un peu injustement.  Reste juste à se souvenir que ça peut servir de superbe stout d’après-midi froid et son cet angle, difficile de ne pas être satisfait d’un plus grand conservatisme de la plus vénérée de Portland.

Allagash (Portland ME) Trollekelder Dark Wheat Ale aged in peated Scotch barrels 9.8%

at1Très profonde mais pas très complexe, contrairement par exemple à la scotch de Brasserie Générale vieillie en fût d’Islay ici la tourbe semble absente.  Heureusement, la cerise est autant intense au nez qu’en bouche mais c’est surtout lorsqu’on l’avale qu’on mets finalement le pied sur Islay, j’avancerais même plus spécifiquement à Bowmore.  Bien que pour le blé ce n’est pas autant dominant qu’on pourrait l’attendre, c’est une bière qui demanderait plusieurs visiter alors ne reste qu’à espérer qu’Allagash l’embouteille au lieu de simplement la servir à leur pub.

La cote OO : B+

Parce que c’est une bière 100% au niveau du bon goût.

at2

Allagash (Portland ME) Curieux Ale aged in bourbon barrels (November 2017)

ac2017

Toujours dans le top 3.

A++  La profondeur d’un bourbon en format bière.

On revient à ce mythique classique, facilement dans mon top 3 à vie.  Toujours dangereux, mais c’est toujours bien de confirmer.

Lorsque très froide, elle a tout à fait le nez d’une belge avec du pain, des levures et du bourbon encore une fois superbement balancée.  D’abord, c’est le whisky américain (Bernheim) ainsi qu’une belle pointe de levures surprenantes, puis une finale qui garde exactement le même cap.  Beau mystère que cette bière : qu’est-ce qu’elle a en particulier pour l’aimer autant?  Même après 3 bouteilles difficile à dire : une pointe d’amertume qui s’agence particulièrement bien avec le style?  Oui mais pas seulement ça.  Du chêne vanillé?  Pourquoi pas.  Mais plus que cela.  On y est toutefois pour le but ludique et non celui de résoudre le mystère, même si c’est une bière qui se boit à grandes gorgées d’analyse.

Allagash Pastiche

B

all2
Quand on voit les chais d’Allagash, pas surprenant d’y voir sortir un tel produit.  

  Parce que l’originalité c’est bienvenu à tous les jours.

Très boisée, dès le début ça semble être l’enfant illégitime d’une scotch ale qui rencontre une bière sûre flamande.  Toujours aussi bizarre pour les papilles, c’est du papina tonitruant qui précède une finale de caramel à l’extrême et un aftertaste de caramel sauvage.  Une bière très mélangée mais qui somme toute, ça pourrait tout de même être une bière de tous les jours, avec un petit côté hétéroclite pour ceux lassés de la monotone routine.

Allagash Saison 6.1%

as2

Pour y avoir aussi goûter à la brasserie, ce n’est pas le verre plus qu’ordinaire qui coule la note.

C+  Pas désagréable, décevante.

Trop céréalière pour une saison standard, elle décontenance par son grain un peu fané et/ou de Sugar Crisps.  Même chose en bouche, accompagné d’une touche amertume bien choisie, par contre la finale est toute aussi étrange et mélangée avec du grain et du carton très aéré; au moins en la laissant respirer, ce petit défaut s’atténue un peu.  En toute franchise, je suis hyper déçu par cette bière, dans les moins bonnes d’Allagash, non pas parce qu’elle est désagréable mais un peu trop loin du style.

Allagash Pictavia Belgian Style Scotch Ale aged in scotch barrels 8.3% (disponible à la brasserie uniquement)

allagash

Chez Allagash, la finale de la visite gratuite se termine bien.  Prévoir un chaffeur désigné par contre.  Ici, la Pictavia au bout à droite.

A-  Être avant-gardiste dans un style conservateur.

Comme scotch ale, le nez fait très bière à l’érable tout en gardant le côté des levures typiques de l’établissement.  Bonbon à la tire d’érable qui colle au palais avec un brin de bière sauvage, et qui se termine avec un peu de torréfaction sur le derrière de la langue.  Avec autant d’éléments, on pourrait facilement penser que ça ne fitte pas, mais non, bien au contraire Allagash réussi encore dans une scotch ale où le baril n’amène pas nécessairement le sentiment d’un scotch (ou sinon d’un scotch très suspect à la Aberlour Abunad’h) mais celle d’une bière confortable à l’extrême.

Comme disait un grand distillateur, « Il faut s’inspirer de la traduction, et non pas être retenu par celle-ci ».