Pit Caribou (Collab Broadway Pub) Black Imperial Berliner Weisse (revisite) 7%

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Toujours de la difficulté à déchiffrer l’étiquette.  Une vache avec une couronne de blé pour célébrer la principale céréale de la berliner weisse?  Peu importe, on aime bien.

On oublie jamais sa première berliner weisse.  Et quel moyen de commencer qu’avec celle-ci, l’une des premières dispos au Québec.  Maintenant, vieillie 3 ans et surtout 3 ans après l’arrivée de la vague des bières sûres au Québec, elle figure comment maintenant?

La cote OO : A

Ce ne sont pas tous les films d’horreurs scandinaves qui sont bons, mais quand ils le sont…

Le cola de l’oud bruin, de la vanille et du yogourt de certaines bières funky et un fond de fruit sauvage indéterminé ouvre les hostilités olfactives et bien que pas du tout semblable en matière de flaveurs, c’est une expérience digne de la Boson de Higgs d’Hopfenstark.  En bouche c’est le fruit qui se précise vers de la mûre… bien mure… et de l’acidité toute à fait appréciable.  La finale colle davantage aux dents, tourne au vinaigre balsamique et s’éteint sur une longue et sèche ascension.  Pour tous les goûts pas du tout, et bien que vieillie environ 3 ans en frigidaire et en cellier, elle n’a pas perdu de sa fraicheur ce qui en fait facilement, très facilement une cible de choix pour qui en trouverait encore.  On ne peut donc souhaiter qu’ils répètent l’une des meilleures collabos de micros québécoises.

Auval Pomace Orange Bière macérée sur du marc de Frangine Bière de l’arrière-pays 5.1%

apo30 minutes d’attente à l’ouverture de la micro pendant le déconfinement 2020, les attentes sont hautes mais Auval n’a pas l’habitude de ne pas livrer.

La cote OO :  A

Comment en faire énormément en n’en faisant pas trop.

Fermentation sauvage : si on avait à mettre un nez sur ces mots, ça pourrait lui de cette pomace où le marc de vin orange a été sagemment tranquilisé.  On se retrouve donc avec une olffactive de liquide qui piquera surement le bout de la langue,ainsi que d’un peu de paille chauffée qui fait lever le sourcil.  Tel que prévu, c’est une pomace hyper sèche, toujours aussi funky en bouche qu’on nez et doté d’une pointe de confiture d’orange.  La finale est toute sauvage, un peu acide, et complète le sentiemnt d’orange perçu plus tôt, mais encore là en tout sagesse.  Trop souvent les bières avec marcs s’emportent vers le vin mais ici le fin brasseur a sû l’ajouter en donannt du beau pep sans s’emporter.  Légère en alcool, pas trop poussé au niveau du goût mais beaucoup de talent là-dedans.  Bravo Auval, elle valait facilement l’attente.

Naufrageur Pilsner Impériale Vieillie en fût de Téquila 9%

npiLa cote OO : A-

Le mystère est la seule vérité.

Vanille…. et quoi d’autre?  Un peu de bière sûre en prime, un peu de mangue, aussi sans le côté poivré et cactus qu’on peut parfois sentir dans les bières vieillies en fût de téquila.  En bouche c’est tout sauf une pilsner, ça s’approche plus d’une bière un peu sûr profonde et profondément fuckée – d’accord, bizarre.  La finale est exactement dans le même ton, du yogourt à la mangue et à la mangue qui se termine sur un élan d’orge.  Puis finalement le poivre et le houblon à peine vert.  Le genre qui nécessite une suite de gorgées dans lesquels on trouvera toujours quelque chose de supplémentaire à chaque fois.  Le tout baignant dans un liquide frisant les dix pourcents, on va finir par divaguer sur son existence… cogit ergo sum.

Le Naufrageur Praha Bohemian Pilsner 4.8%

nprahaLa cote OO : A-

Vous savez une bière « qui goute la bière ».  Bièrement bonne.

Peu de grain au nez, mais au peu qu’il donne, il donne du beau grain très solide au milieu de très peu de houblon « visible » au nez.  Le grain se poursuit en bouche et comme dirait Geneviève « Citron Bibi », du beau fruité d’agrume jaune.  La finale est régulière mais longue, et pour une bière simplement pilsner, citron Bibi que c’est une bonne bière, avec des houblons de l’ancien monde qui savent garder énormément de nobilité.  Rien d’étrange, une liste d’ingrédients qui se résume à orge/levure/houblon, mais surtout, énormément de saveur, comme toutes les bières de microbrasserie – et de macros, mais on ne rêvera pas trop – devrait l’être.  Et une belle preuve que la nouvelle mode minimaliste de la saison 2020 brassicole est vraiment agréable.

Le Castor Lutine Double New England IPA 8%

castorlutinePas tranquille à 8% d’alcool.  Hâte de voir le concept en action…

La cote OO : A

Populaire, pas parce que la première ni la plus légère.

Sans dire neutre, le nez est très retenu et va vers l’ananas, en aromatique probablement.  Elle est de bon répit pour les papilles et semble assez lourde merci, a l’arrivée en bouche du moins.  La finale est exactement dans le même ton et jamais, jamais elle ne fait son taux d’alcool.  Il s’agit donc d’une NEIPA toute à fait normale mais toute à fait bonne aussi.  Peu d’amertume donc, fidèle à son style il s’agit sans contredit d’une NEIPA qui en vaut bien des plus populaires, même plus.

À la Fût Fugitive Prunes Jaunes Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffpjLa cote OO : A-

Pas seulement que le raisin qui est bon dans le Niagara.

Dès la première volute, le combat olfactif fait rage : la prune jaune est forte mais le 2 ans et demi en fermentation sauvage est loin d’être sur la défensive, tout comme le chêne vanillé du baril.  Accalmie en bouche toutefois où il faut attendre de longues secondes pour voir d’abord la levure, puis le pruneau sortir des tranchées.  Le fruit l’emportera toutefois de manière sans équivoque, tandis que la fermentation, loin d’être absente, rend les armes fièrement.  Toute une cavale pour cette fugitive, qui comparativement à la Double Kapi aux pruneaux jaunes se veut plus sèche et plus intense.  Pas que ça lui nuise, avec un A- on ne peut que conseiller d’en faire des réserves.

À la Fût Double Kapi Double IPA sûre Prunes jaunes 6.8%

alfdkpjLa cote OO :  A-

À moins de ne pas aimer les fruits, comme dirait le beauceron en moi… « garrochez-vous ».

La prune jaune c’est le bout d’arbres à fruits chez mon père et À la Fût c’est leur levure passablement funky – cowboy pourrait-on dire – servie à toutes les sauces comme dans cette IPA bien ronde bien ronde, surement par le houblon.  Ce qu’on remarquera de la bouche, c’est la transition entre les levures pas très loin de la vanille du fût, ainsi que des prunes jaunes qui sont près du chêne bien mouillé, mais encore plus du verger.  IPA plus ou moins, mais bière de fruit barriqué très bien placée… l’une des meilleures aux fruits des titois, pas au point d’accoter leur Rouge de Mékinac, mais dans la même veine de « déliciosité ».  À ne pas manquer, ce qui désole le plus sur l’étiquette est les mots « Quantité limitée ».

Waller St. Brewing The Dark Arts Imperial Stout 9.1% 40 IBUs

wsdaLa cote OO : A-

Pléonastique contrôle.

S’il existe un mélange entre les biscuit Ginger Snaps, ceux à la mélasse et le moka, celui-ci aurait probablement le nez de cette stout de l’une des meilleures micros ontariennes (et à mon humble, facilement la meilleure d’Ottawa).  La cannelle et la muscade sont donc évidemment au rendez-vous, malgré qu’en bouche on a droit d’abord à de l’orge rôtie puis un élan de cola à la Oud Bruin mais aussi la fermentation funky de Waller Street.  On conclura sur le biscuit à la mélasse et le piment pastilla qui sort particulièrement sur le bout de la langue sans être vraiment épicé.  L’une des rares bières à « épices de noël » qui réussit bien, principalement grâce à sa retenue, et sa non-retenue au niveau de ses levures.

Hermit Thrush (Brattleboro VT) 40 Mile Fun Zone Kettle Soured 100% Local Pale Ale 6%

ht40mfzLa cote OO : A

À fond ou rien.

L’étiquette sûrement mais il est facile de croire à de la pale ale agrémentée de pomme et très certainement le côté arrondi des lactobaciles.  Puis l’oiseau bien connu arrive en bouche, et on oublie immédiatement la pale ale : c’est une sour pleinement sour, à peine funky mais pleinement emportée par un maximum de levures surrissantes.  Même chose en finale, c’est une microbrasserie que l’on reconnait assez facilement et qui tant qu’à faire dans le sour, le fait pleinement.  Si j’avais à nommer 3 brasseries américaines qui réussissent la sour, Hermit Thrush volerait probablement au sommet, avec cette bière comme preuve, où les presque seuls points perdus sont dûs à l’appelation « pale ale » qui n’est que pour la recette avant toute la magie de la magnifique vermontoise.

Allagash Belfius (Assemblage saison et lambic) 6.7%

abelfiusLa cote OO : A-

Secouer sans remuer.

Servie à l’aveugle, 2 secondes sur le verre pour dire « c’est du Allagash ça » avec les levures sauvage du bord de la 95, un peu sûrie et assez sèche.  Elle viendra ensuite surprendre par son amertume assez marquée et peu commune à la signature de la maison, le tout accompagné de la pêche de la Lambic de Lindeman’s.  Il y a ensuite un je-ne-sais-quoi de difficile à décrire – la magie du poivre de la saison en version « coolshippée » peut-être, puis du beau fût de chêne très frais, très gouteux.

Dans les Allagash, c’est rarement une question de bon goût, et encore moins de qualité; dans cette Belfius tout y est et quoique moins bonne que leur stellaire Curieux, c’est une offrande que je consacrerais à plusieurs, plusieurs reprises.  Et à ceux pour qui les belges traditionnellement assez sucrée pourraient faire peur, une preuve que la grande petite (ou petite grande?) de Portland peut maîtriser les assemblages aussi.