Naufrageur Pilsner Impériale Vieillie en fût de Téquila 9%

npiLa cote OO : A-

Le mystère est la seule vérité.

Vanille…. et quoi d’autre?  Un peu de bière sûre en prime, un peu de mangue, aussi sans le côté poivré et cactus qu’on peut parfois sentir dans les bières vieillies en fût de téquila.  En bouche c’est tout sauf une pilsner, ça s’approche plus d’une bière un peu sûr profonde et profondément fuckée – d’accord, bizarre.  La finale est exactement dans le même ton, du yogourt à la mangue et à la mangue qui se termine sur un élan d’orge.  Puis finalement le poivre et le houblon à peine vert.  Le genre qui nécessite une suite de gorgées dans lesquels on trouvera toujours quelque chose de supplémentaire à chaque fois.  Le tout baignant dans un liquide frisant les dix pourcents, on va finir par divaguer sur son existence… cogit ergo sum.

Le Naufrageur Praha Bohemian Pilsner 4.8%

nprahaLa cote OO : A-

Vous savez une bière « qui goute la bière ».  Bièrement bonne.

Peu de grain au nez, mais au peu qu’il donne, il donne du beau grain très solide au milieu de très peu de houblon « visible » au nez.  Le grain se poursuit en bouche et comme dirait Geneviève « Citron Bibi », du beau fruité d’agrume jaune.  La finale est régulière mais longue, et pour une bière simplement pilsner, citron Bibi que c’est une bonne bière, avec des houblons de l’ancien monde qui savent garder énormément de nobilité.  Rien d’étrange, une liste d’ingrédients qui se résume à orge/levure/houblon, mais surtout, énormément de saveur, comme toutes les bières de microbrasserie – et de macros, mais on ne rêvera pas trop – devrait l’être.  Et une belle preuve que la nouvelle mode minimaliste de la saison 2020 brassicole est vraiment agréable.

Le Castor Lutine Double New England IPA 8%

castorlutinePas tranquille à 8% d’alcool.  Hâte de voir le concept en action…

La cote OO : A

Populaire, pas parce que la première ni la plus légère.

Sans dire neutre, le nez est très retenu et va vers l’ananas, en aromatique probablement.  Elle est de bon répit pour les papilles et semble assez lourde merci, a l’arrivée en bouche du moins.  La finale est exactement dans le même ton et jamais, jamais elle ne fait son taux d’alcool.  Il s’agit donc d’une NEIPA toute à fait normale mais toute à fait bonne aussi.  Peu d’amertume donc, fidèle à son style il s’agit sans contredit d’une NEIPA qui en vaut bien des plus populaires, même plus.

À la Fût Fugitive Prunes Jaunes Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffpjLa cote OO : A-

Pas seulement que le raisin qui est bon dans le Niagara.

Dès la première volute, le combat olfactif fait rage : la prune jaune est forte mais le 2 ans et demi en fermentation sauvage est loin d’être sur la défensive, tout comme le chêne vanillé du baril.  Accalmie en bouche toutefois où il faut attendre de longues secondes pour voir d’abord la levure, puis le pruneau sortir des tranchées.  Le fruit l’emportera toutefois de manière sans équivoque, tandis que la fermentation, loin d’être absente, rend les armes fièrement.  Toute une cavale pour cette fugitive, qui comparativement à la Double Kapi aux pruneaux jaunes se veut plus sèche et plus intense.  Pas que ça lui nuise, avec un A- on ne peut que conseiller d’en faire des réserves.

À la Fût Double Kapi Double IPA sûre Prunes jaunes 6.8%

alfdkpjLa cote OO :  A-

À moins de ne pas aimer les fruits, comme dirait le beauceron en moi… « garrochez-vous ».

La prune jaune c’est le bout d’arbres à fruits chez mon père et À la Fût c’est leur levure passablement funky – cowboy pourrait-on dire – servie à toutes les sauces comme dans cette IPA bien ronde bien ronde, surement par le houblon.  Ce qu’on remarquera de la bouche, c’est la transition entre les levures pas très loin de la vanille du fût, ainsi que des prunes jaunes qui sont près du chêne bien mouillé, mais encore plus du verger.  IPA plus ou moins, mais bière de fruit barriqué très bien placée… l’une des meilleures aux fruits des titois, pas au point d’accoter leur Rouge de Mékinac, mais dans la même veine de « déliciosité ».  À ne pas manquer, ce qui désole le plus sur l’étiquette est les mots « Quantité limitée ».

Waller St. Brewing The Dark Arts Imperial Stout 9.1% 40 IBUs

wsdaLa cote OO : A-

Pléonastique contrôle.

S’il existe un mélange entre les biscuit Ginger Snaps, ceux à la mélasse et le moka, celui-ci aurait probablement le nez de cette stout de l’une des meilleures micros ontariennes (et à mon humble, facilement la meilleure d’Ottawa).  La cannelle et la muscade sont donc évidemment au rendez-vous, malgré qu’en bouche on a droit d’abord à de l’orge rôtie puis un élan de cola à la Oud Bruin mais aussi la fermentation funky de Waller Street.  On conclura sur le biscuit à la mélasse et le piment pastilla qui sort particulièrement sur le bout de la langue sans être vraiment épicé.  L’une des rares bières à « épices de noël » qui réussit bien, principalement grâce à sa retenue, et sa non-retenue au niveau de ses levures.

Hermit Thrush (Brattleboro VT) 40 Mile Fun Zone Kettle Soured 100% Local Pale Ale 6%

ht40mfzLa cote OO : A

À fond ou rien.

L’étiquette sûrement mais il est facile de croire à de la pale ale agrémentée de pomme et très certainement le côté arrondi des lactobaciles.  Puis l’oiseau bien connu arrive en bouche, et on oublie immédiatement la pale ale : c’est une sour pleinement sour, à peine funky mais pleinement emportée par un maximum de levures surrissantes.  Même chose en finale, c’est une microbrasserie que l’on reconnait assez facilement et qui tant qu’à faire dans le sour, le fait pleinement.  Si j’avais à nommer 3 brasseries américaines qui réussissent la sour, Hermit Thrush volerait probablement au sommet, avec cette bière comme preuve, où les presque seuls points perdus sont dûs à l’appelation « pale ale » qui n’est que pour la recette avant toute la magie de la magnifique vermontoise.

Allagash Belfius (Assemblage saison et lambic) 6.7%

abelfiusLa cote OO : A-

Secouer sans remuer.

Servie à l’aveugle, 2 secondes sur le verre pour dire « c’est du Allagash ça » avec les levures sauvage du bord de la 95, un peu sûrie et assez sèche.  Elle viendra ensuite surprendre par son amertume assez marquée et peu commune à la signature de la maison, le tout accompagné de la pêche de la Lambic de Lindeman’s.  Il y a ensuite un je-ne-sais-quoi de difficile à décrire – la magie du poivre de la saison en version « coolshippée » peut-être, puis du beau fût de chêne très frais, très gouteux.

Dans les Allagash, c’est rarement une question de bon goût, et encore moins de qualité; dans cette Belfius tout y est et quoique moins bonne que leur stellaire Curieux, c’est une offrande que je consacrerais à plusieurs, plusieurs reprises.  Et à ceux pour qui les belges traditionnellement assez sucrée pourraient faire peur, une preuve que la grande petite (ou petite grande?) de Portland peut maîtriser les assemblages aussi.

Ferme du Tarieu Hache-Paille Grisette 4%

fthpLa grisette… pas assez connu comme style au Québec.  Pour l’instant l’espère-t-on.

La cote OO : A-

Quand on s’entend avec tout le monde, c’est généralement qu’on est très sympa.

Plus ronde qu’une saison, plus funky qu’une belge d’abbaye, cette grisette apporte du beau poivre blanc et un bouquet garni frais.  On dénote ensuite une extrême fraicheur à l’arrivée en bouche, dénué de houblon mais plutôt rempli de bel orge frais.  La finale se veut exactement dans la même voix avec du cerfeuil et de l’estragon, tandis que le poivre blanc revient en finale, assez longue mais plus douce aussi.  Immédiatement, une bière que je servirais autant avec une salade avec agrumes qu’un chop suey pas trop épicée, certainement une superbe grisette exactement comme je les aime.  Les torieux du Tarieu l’ont franchement bien réussi.

Sno Microbrasserie Nordik Snoespress 4.8%

snoesppressoUn peu mort le Grand Marché de Québec par ces temps de COVID, alors ça fait plaisir d’encore le produit maraîcher et brassicole local.  Surtout lorsque l’on a droit à la première pinte (à amener à la maison) d’une nouvelle bière.

La cote OO : A-

Un flocon habituellement noir en version blanc et fraîchement tombé.

Une blonde au café, une denrée assez rare mais dans le genre, il y a aussi celle au Cascara du Griendel par exemple.  Au nez c’est de la grosse fève de café assez fraîche merci (ça expliquerait la couleur entre autres) tandis que l’orge n’est là que pour fournir l’avant-plan.  On dénote ensuite une présence assez marquée de houblon (pas tant à l’aromatique qu’en amertume) et le grain de café devient encore plus végétal.  Et encore plus végétal en gorge alors que le mélange houblon-café atteint son paroxysme sensoriel, tandis que le plaisir est renouvelé lorsqu’on retourne au nez toujours avec le café qui se veut encore plus évident après l’avoir goûté.  Jusqu’à ce jour Sno m’avait semblé un peu trop conservatrice (versus d’autres québécoises, disons que le marché québécois brassicole est loin d’être austère), mais même au-delà de leur très bonne Philly Lager, la meilleure de Sno à ce jour.