Ras L’Bock Bitumineuse Assemblage 2019 Stout Américain Élevée en barils de rhum et de Bourbon 8.2%

rbbs2019La cote OO : B

Le houblon qui pousse pas loin de la route de terre et non de l’asphalte.

Les stouts sont habituellement plus opaque, et avec un nom comme Bitumineuse on pourrait penser à un liquide plus goudronné, mais c’est une bière à la limite du brun auquel on a droit.  Coiffée d’une mousse fine mais peu épaisse, les effluves montent facilement avec un bon lot de sucre brun (le rhum) et de vanille (le fût neuf de bourbon).  Le qualificatif « américain » (qui soit dit en passant s’oppose au féminin qui le succède) se déclare par un houblon vert pas du tout indigeste.  La finale est plus crasseuse (enfin, avec un tel nom…) et au final ce n’est pas une stout trop sucrée ce qui aurait pu être facile avec une partie de fût de bourbon.  Plus légère que présagé, hormis le nez on va s’en tenir principalement aux 2 premiers mots, soit « stout américain ».

Big Slide Brewery (Lake Placid NY) Barreled Aged UBU 2019 10% 45 IBUs

bsbauLa cote OO : A++

Parce que l’évaluateur en perd ses mots.  Ayoye.  Elle est hallucinante, c’est toute.

Ça sent le paradis cette bière!  De la bière bien maltée et du bourbon, bref une « english strong ale » du Kentucky qui garde son côté sauvage.  En bouche c’est l’exploration / l’explosion du malt sucré modéré qui ne demandait qu’à être bue de manière peu sage malgré ses 10%.  Encore plus dans le ton, la finale c’est wow.  Re wow.  Tout simplement.  Une bombe de bière, avec l’impression de croquer le grain et de lécher le baril simultanément. Si la Ubu seule est excellente, il ne reste qu’à chercher le superlatif de l’excellence.

L’Esprit de Clocher Le Vent du Large Gose Acidulée 3.8% (2019) (revisite)

ecvl20192 ans moins 2 mois après sa sortie initiale, l’Esprit de Clocher retourne en mer au gré de leur Vent du Large, qui à l’époque avait sû me charmer.  Qu’en est-il de leur seconde édition et tant qu’à devoir se sacrifier à y goûter, pourquoi pas essayé la version vieillie en cellier, en sachant for bien que la gose n’est pas un style très approprié pour le vieillissement?

À tout seigneur tout honneur, commençons donc par la petite nouvelle qui se veut résolument plus trouble que l’édition vieillie.  Le nez, toujours aussi bien arrondi par les levures, vient peut-être rassurer celui qui pourrait trouver le style trop tranchant.  Pour la gustative, c’est le sel qui attaque fermement et chaudement, alors que la gazéification semble un peu moins serrée qu’à mon souvenir.  La finale revient le sel donner un coup de main à l’orge qui jusqu’alors avait été plus que discret, dans une longueur suffisante pour le style.  Le constat général?  Outre le houblon qui semble moins présent (au niveau du goût d’orange) c’est le même exercice de confort rafraîchissant.

La cote OO : B

Parce que c’est la bière parfaite que l’on ouvre dans un spot de pêche que l’on a pas visité depuis plusieurs années, et qui même s’il ne produit pas la pêche miraculeuse des pêche miraculeuse saura plus que bien satisfaire la nostalgie du pêcheur-buveur.

Puis l’on va à la version vieilli.  Ce qu’on remarque immédiatement, c’est le côté des levures qui est beaucoup moins présent; un peu normal peut-être donc de les voir flotter en partie à la surface.  Au goût même chose alors que les houblons sont plus perceptible mais où l’ensemble est définitivement plus austère.  La finale est par contre plus ronde, mais au lieu du grain c’est encore une fois le citron confit du Sorachi Ace qui vient napper le tout, de manière pas mauvaise du tout.

Est-ce que le vieillissement vaut la peine?  Si on a la place pour se le permettre, oui, pour voir à quel point le temps peut altérer les différents éléments de la bière. Pas au point d’être une meilleure bière, mais une bière différente et surtout intéressante.