Tooth and Nail (Ottawa ON) Truce 2018 Holiday Ale brewed with dried figs, raisins and star anise 9.8%

Cote OO : A-
Le penchant temps des fêtes du brandy dans le réduit d’eau d’érable pendant le temps des sucres.

Si vous avez toujours été habitué au même gâteau aux fruits bon marché (celui de Vachon pour ne pas le nommer) et que vous tombez sur un un peu plus fancy, il se peut que vous soyiez menacés par les épices supplémentaires.  Ici, c’est le double contraire : pas menacé mais ravi, non par les épices mais les fruits secs qui sont olfactivement palpables.  La cerise verte, la noix et l’abricot séché précède l’anis en bouche mais sans même l’avoir avalé, on ne doute pas de son presque-10% d’alcool.  Réconfortante, bien qu’on la siroterait c’est une bière de noël qui se boit à grandes gorgées spécialement par l’anis étoilé qui se goûte même en bout de langue.  Une belle surprise de Tooth and Nail qui semble particulièrement exceller dans les bières d’hiver.

Middle Ages (Syracuse NY) Fearless 2018 Barrel Aged Coffee Stout 12.7%

ma4Pour une bière au café, c’est davantage la tasse qu’on sert après un bon repas que celui qui est bu au lever pour se réveiller; bien torréfié mais tranquille aussi.  Fort en bouche, il se doit d’être avalé rapidement pour ne pas trop abasourdir les papilles, et en ce faisant, l’amateur de stout est récompensé par une finale hyper longue (je parle ici dans 1% des plus longues) le tout en démontrant que le café n’est pas obligé d’être une violent expérience d’amertume.

La cote OO : A-

Parce que la douceur est le nom du jeu et la partie une démonstration de longueur d’aftertaste.

North Coast Brewing (Fort Bragg CO) Old Stock Ale 2018 12%

ncosaLa cote OO : B

Parce que la sagesse de la vieillesse est une tactique conservatrice mais réussie.

Dans une old stock difficile de ne pas apprécier un nez de chêne vineux, de cassonade alcoolisé et d’orge sage comme on peut trouver dans cette offrande de North Coast.  La bouche est imposante et encore plus boisé, alors que le grain montre de l’amertume de torréfaction mais pas vraiment de trace de houblon qui sent probablement plus d’agent de conservateur que de goût.  La finale est aisée, un peu plus poussiéreuse et pour l’aftertaste les pores du bois sont bouchés et ça me rappelle le vieux meuble de bois franc de télé de ma jeunesse, sur lequel il y aurait de la confiture de bleuets.  C’est une old ale comme on les aime, pas trop compliquée mais profonde.

Frampton Brasse DWP Das Winter Projekt Eis-Rauchbock 2018 11.9% (revisite)

fbdwp2018Tout comme la première qu’on affronte ce projet, le nez se demande ce qui se passe dans ce liquide tantôt quadruple, puis bock, eisbock et enfin rauchbier legère.  En bouche la fumée devient cendre et le grain doit être réchauffé en bouche avant de trouver la bonne vieille bock que l’on connaît bien.  La finale est enfin liquoreuse, comme il se doit puis c’est la chaleur de l’alcool qui semble au nord des 12%, davantage dans la région du 13-14-15.  L’aftertaste est un peu plus rauchbier que rauchbock, quoique l’intensité nous rappelle que c’est une bière où les céréales font rage.

La cote OO : B+

Parce que c’est la bière parfaite pour écouter une partie de football à l’intérieur alors qu’il fait 30 sous zéro à l’extérieur.

Les Trois Mousquetaires Porter Baltique vieillie 6 mois en fûts de brandy et de bourbon 10.5%

ltmpb2018Faisait partie des grands classiques brassicoles québécois, cette offrande des Trois Mousquetaires est très loin d’une bière à outrepasser si on se sent festif (et à 10.5%, à condition d’avoir un conducteur désigné).  Bien qu’éphémère au niveau de sa mousse, l’odeur hyper liquoreuse de l’orge saura charmer l’amateur de porter, avec juste la bonne note d’épices (noix de muscade et une pincée de cumin) pour tenir tête à l’imposant baril de finition (spécialement le brandy).  En bouche le cacao précédemment est plus évident mais le tout reste hyper doux, ne s’animant que par les notes de brandy et de raisin.  La finale quant à elle est très chocolaté, mais les épices sont encore assez vivante pour rappeler qu’il s’agit d’un porter et non d’un stout, et d’un vraiment porter en effet.

La cote OO : A-

Parce qu’encore une fois c’est une féérique bière qui « fitte » à merveille pour une soirée relax entre 2 party de noël.

L’Esprit de Clocher La Bonne Étoile 5% (2018)

ecbe2018Dans une Vienna Lager, on peut s’attendre à du grain plus tranchant que celui d’une rousse de tous les jours; mais non, ici c’est très rond mais à la fois aussi limpide.  Pour les papilles aussi car le grain est mielleux, et c’est davantage l’amertume qui est croquante.  Enfin c’est de manière légèrement cuivrée qu’elle s’engage en gorge pour y rester en rétro olfaction pour une bonne durée.  Hyper straight mais parfaite comme arrêt lors d’une balade en vélo, le mot qui revient du début à la fin est franchise.

La cote OO : B

Parce que si l’on cherche une bière de tous les jours, on peut faire appel à la blanche curacao/coriandre, mais quand la Vienna Lager est aussi bien réussie que cette Bonne Étoile, c’est aussi si encore plus sympa.

Trou du Diable La Blanche de Shawi (2018)

tddbshMalgré un parfum très orangé aussi fafa que rafraîchissant, c’est une blanche où le grain est très présent.  On poursuit avec un liquide très effervescent mais plus ou moins goûteux où je m’attendrais à plus que le blé qui figure sûrement à la liste des ingrédients.  La finale est plus réglo, c’est droit dans les rangs de la bière blanche avec une touche supplémentaire de blé, et de l’orange qui monte au fil des gorgées.  Une belle bière d’été pour ceux qui trouvent que la Kronenburg est trop légère.

La cote OO : B

Parce que c’est probablement pourquoi Molson Coors ont acheté le Trou du Diable : des élixirs qui sont juste assez aventurières pour garder un feeling de bière de micro, mais qui reste facilement abordable par la population en générale.

Microbrasserie du Lièvre El Diablo Vin d’orge 10% (2018)

Dans la série « revisitons les classiques » … et quel classique!  Facile sur l’une des 3 marches du podium du vin d’orge québécois.  La mousse est toujours aussi compacte et la couleur d’un superbe rouge, mais que dire du nez très bien balancé et peu houblonné qui permet à l’orge de s’exprimer pleinement… c’est excessif et presque sexuel comme pif.  Pas très lourde comme d’autres vin d’orge, on poursuit la découverte du grain mielleuse, intense et juste grillé comme il le faut avant la très puissante finale où l’on comprend pourquoi le nom El Diablo est efficace, du nez jusqu’à l’aftertaste éternellement long et assez amer.  Pour les adeptes et non les débutants.

La cote OO : B+

Parce qu’elle est moins distinctive que par le passé, mais ça reste une de ces bières à prendre dans un verre ballon en l’étreignant fort fort question de l’avoir un peu plus chaude.

L’Esprit de Clocher : Les 2 Coquettes (2017 vs 2018)

On a donc affaire, séparées d’un an et quelques jours, aux éditions 2017 et 2018 de l’harvest ale annuelle de l’Esprit de Clocher.  Il faut savoir que ce type de bière n’est pas nécessairement la meilleure cible d’un vieillissement en cellier, mais tant qu’à l’avoir…

coquettecomp

Au nez, la 2017 surprend par sa sagesse, apportant tranquillement des notes d’houblons moitié anglais moitié californien.  Le grain de son côté est assez mielleux et bien marqué.  Ce même grain est beaucoup plus reculé chez la version 2018, et pour les houblons on semble être plus varié que la plus vieille des deux, y trouvant herbes, feuilles et bien sûr des agrumes.  Pour la bouche de la 2017, encore une fois je suis surpris de trouver une coquette bien marquée par l’orge et l’orange, avec une amertume plus que bien contrôlée.  Puis on conclue le tout avec de l’acidité à la hauteur de l’amertume, bref pour une bière qui est supposée mal vieillir, pour ce qui est de la première gorgée c’est très bien réussi.

On passe ensuite à la bouche pour la 2018, y trouvant une amertume beaucoup plus marquée et franche que la 2017.  Des nuances oui, mais seulement dans les élans d’amertume.  En gorge cette coquette se veut plus posée, laissant passer le grain plutôt vert merci.

C’est en revenant à la 2017 que je suis confondu et convaincu : qui a dit que le houblon frais était de mauvaise fréquentation en cellier?  S’agit-il alors d’une exception?  Une seule solution alors, d’en acheter une autre pour attendre l’an prochain.  Mais pour revenir à la petite nouvelle, c’est une belle démonstration que la vie de tout bon hophead (foublon?) qui se respecte n’est pas complet avant d’avoir goûté à quelques bonnes harvest ale.

La cote OO : Par soucis de transparence, puisque j’ai eû une petite implication dans la récolte du houblon frais pour l’édition 2018, l’objectivité est trop difficile et c’est pourquoi je m’abstient pour cette édition.  Toutefois il ne faut pas hésiter à y tremper les lèvres, spécialement si l’amertume vous intéresse!

L’Esprit de Clocher La Mauvais Sort Oktoberfest 2018 5.7%

ecms2018Si un afficionado de bières de microbrasseries et son petit frère amateur de bière grand marché doivent trouver un terrain d’entente pour une caisse, l’oktoberfestbier est à considérer.  C’est donc avec un plaisir renouvelé qu’on essaie la version 2018 de la bière automnale cuivrée de l’Esprit de Clocher.

Bien orangée en couleur et avec un nez des plus maltés, on s’éloigne déjà certaines offrandes de la bière des festivités de septembre en Allemagne qui se voudraient trop « grand public ».  Attirante par sa simplicité donc, c’est à grandes gorgées qu’on goûte au liquide assez doux mais bien gazéifié, avec un malt plutôt lent à chatouiller les papilles.  Pour ce qui est du passage en bouche, le mot Équilibre et en tête de liste, suivi de peu par Confort.  Et bien que l’amertume soit plus tranchante en aftertaste, celle-ci ne fait pas déplacée du tout.  Pour reconfirmer, la deuxième gorgée est oui légèrement plus marquée par le malt mais aussi par l’orange, mais tout autant digeste.

Célébrant sa 4e année, cette oktoberfest est différente des 3 dernières éditions mais fait aussi un bon amalgame du côté sec et tranchant du liquide à ses 2 premières années et du côté plus malté et houblonnée de la dernière.  Et en unissant les deux force pour donner 500ml presque toutes bues pour faire l’analyse à coup de grandes et délicieuses gorgées, pas de surprise à voir une note supérieure aux 3 années passées.

La cote OO donc : B+

Parce que ce n’est pas seulement une des trop rares dans le style, mais une des trop bonnes.  Jusqu’à la preuve du contraire, la meilleure oktoberfestbier au Québec.