Founders (Grand Rapids MI) Barrel Aged Series 2017 Backwoods Bastard Bourbon barrel-aged scotch ale 11.21%

fbbastardLa cote OO : B

Parce que les bières dessert c’est bien, les bières de dessert chaleureuses c’est mieux.

Brune mais très opaque, le style est difficile à déterminer au visuel alors il faut se fier au nez qui suggère un drôle d’hybride entre la porter et la scotch ale, ou alors c’est que dès lors il s’agit d’un porter emporté par le baril de finition.  La bouche est toutefois assez marqué par le grain et le moka brun, et on comprend peut-être alors la partie « bastard » du nom car c’est intense et innatendu.  La finale est dans le bourbon… je vois facilement un baril de Knob Creek avec un bon 3-4 pouces de spiritueux dans le fond de celui-ci.  Pour les gorgées subséquentes, c’est le moka qui s’incruste pour ce qui se veut fianlement une scotch ale intense mais qui ne cache vraiment pas ses 11%.

L’Esprit de Clocher : Les 2 Coquettes (2017 vs 2018)

On a donc affaire, séparées d’un an et quelques jours, aux éditions 2017 et 2018 de l’harvest ale annuelle de l’Esprit de Clocher.  Il faut savoir que ce type de bière n’est pas nécessairement la meilleure cible d’un vieillissement en cellier, mais tant qu’à l’avoir…

coquettecomp

Au nez, la 2017 surprend par sa sagesse, apportant tranquillement des notes d’houblons moitié anglais moitié californien.  Le grain de son côté est assez mielleux et bien marqué.  Ce même grain est beaucoup plus reculé chez la version 2018, et pour les houblons on semble être plus varié que la plus vieille des deux, y trouvant herbes, feuilles et bien sûr des agrumes.  Pour la bouche de la 2017, encore une fois je suis surpris de trouver une coquette bien marquée par l’orge et l’orange, avec une amertume plus que bien contrôlée.  Puis on conclue le tout avec de l’acidité à la hauteur de l’amertume, bref pour une bière qui est supposée mal vieillir, pour ce qui est de la première gorgée c’est très bien réussi.

On passe ensuite à la bouche pour la 2018, y trouvant une amertume beaucoup plus marquée et franche que la 2017.  Des nuances oui, mais seulement dans les élans d’amertume.  En gorge cette coquette se veut plus posée, laissant passer le grain plutôt vert merci.

C’est en revenant à la 2017 que je suis confondu et convaincu : qui a dit que le houblon frais était de mauvaise fréquentation en cellier?  S’agit-il alors d’une exception?  Une seule solution alors, d’en acheter une autre pour attendre l’an prochain.  Mais pour revenir à la petite nouvelle, c’est une belle démonstration que la vie de tout bon hophead (foublon?) qui se respecte n’est pas complet avant d’avoir goûté à quelques bonnes harvest ale.

La cote OO : Par soucis de transparence, puisque j’ai eû une petite implication dans la récolte du houblon frais pour l’édition 2018, l’objectivité est trop difficile et c’est pourquoi je m’abstient pour cette édition.  Toutefois il ne faut pas hésiter à y tremper les lèvres, spécialement si l’amertume vous intéresse!

La Barberie Brassin Sauvage 2017 no 1 Saison Brett 6.5%

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On va peut-être finir par y croire que la Barberie est capable de mieux.

B  Le sentier moins battu qui livrent peut-être à la terre promise.

Un peu de brett, rien pour écrire à sa mère (ou son beer buddy) mais loin d’être désagréable, si ce n’est que d’une saison on peut s’attendre à du poivre à l’olfactive.  Gustativement, c’est encore un peu neutre mais de bon goût; les bretts n’avancent pas vite mais « lentement mais sûrement ».  La finale est toujours aussi tranquille, ce qui fait croire que le brassin no 1 est soit un premier essai timide, soit une manière d’approcher le client d’épicerie et non seulement de détaillant spécialisé.  Avec une finale un peu anodine, on peut rester sur sa faim, mais quand l’on considère son prix pas très élevé (dans les 7$) ça console.

Encore du chemin à faire, mais on voit peut-être l’arrivée du succès.

Les Trois Mousquetaires Porter Baltique Grande Cuvée 2017 (élevée en fûts de bourbon & Brandy de plus de 12 ans d’âge) 10.5%

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À la suite d’un conseil d’un des grands de la bière en Amérique, définitivement la porter s’apprécie vraiment bien dans ce type de pinte.  Spécialement quand il s’agit d’une bière de ce calibre.

B+  Les Trois Mousquetaire rencontre la flèche de Guillaume Tell.

Deux ans après l’Édition 2015 un peu semblable au niveau de la finition, à quoi s’attendre cette fois-ci?  Peu de surprise à tout le moins derrière sa mousse fuyante, où l’on peut trouver du grain bien torréfié et une brève effluve de pommes; à l’instar de la 2015, le fût de brandy devait être passablement mouillé.  La bouche aussi est douce, les papilles étant visés droit au cœur par la flèche de la pomme et le souffle rapide du bois, beaucoup plus timide que le fruit.  C’est autre chose en finale où la vanille ne laisse la place qu’au grain mais ce à la suite de plusieurs (plusieurs dizaines même) de secondes.  Très facile à boire pour l’amateur du style, malgré un aftertaste un peu plus amer (ou alors pourrait-on dire plus justement « plus torréfié ») 2 ans plus tard elle est toujours semblable que confortable, ce qui est particulièrement traître pour une bière à plus de 10% d’alcool.  Une chance que le prix à quelque sous du 20$ en fait l’abus plutôt difficile.

Un conte de 2 églises sur différentes fondations : comparatif vertical du vin d’orge de l’Esprit de Clocher (2015 vs 2017)

D’un côsp1té, Sur le Parvis Vin d’Orge début 2017, de l’autre son « ancêtre » de fin 2015.  On a donc une bouteille de presque 2 ans en cellier, et une autre de 8 mois en tablette (réfrigérée) de dépanneur.

Simplement au visuel, les différences  sont subtiles mais bien là : la mousse de l’aînée est plus fugaçe mais aussi plus compacte.  Côté couleur, c’est à la benjamine de tenir un brun plus profond. Au nez, c’est une belle démonstration du vieillissement : du côté de l’édition 2015 le caramel a sû prendre la place que le houblon a toujours sur la 2017; le grain y semble plus collant et sucrée.

On y va donc d’une première gorgée de la cadette, et c’est plus ou moins les mêmes notes que lors de ma première évaluation : chaude mais pas trop, c’est un bon bouillon intense mais pour l’été, spécialement grâce à son aftertaste bien houblonné à l’instar de certains vins d’orge américains.  On laisse ensuite une minute passer afin de donner une pause aux papilles et l’on replonge dans la même édition, pour être moins brusqué par la plante amérisante.

sp2Une autre minute plus tard, on passe aux choses sérieuses (ou plutôt, plus sérieuses).  L’édition vieillie est beaucoup plus ronde (et moins pétillante, il fallait s’en douter) et plus profondément ancrée dans le malt.  Même chose en finale, où l’on retrouve presque le côté noix du grain.  L’amertume est certes moins profonde mais tout de même présente.  Deuxième gorgée et le constat est maintenant évident : le temps a très bien fait son œuvre ou du moins a permis d’accorder cette bière déjà très belle à mes goûts de vin d’orge un tantinet plus porté sur la chose anglaise.

Avant de conclure, on reviendra aux deux verres de manière séparée, et surprise, le côté plus amer de la 2017 est plus calme.  Pas de surprise du côté de la 2015 par contre, et définitivement, si je mettais B+ à l’édition « normale », l’édition vieillie se mérite très facilement un A-.  Et dire qu’il m’en reste une au cellier.  À l’an prochain!

L’Esprit de Clocher La Mauvais Sort Oktoberfest Édition 2017 5.7% 30 IBUs

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« L’ombre grandit, chaque jour perd une minute.  Baah!  Les veillées s’allongent.  C’est pour ça que tu me vois dans le bar!  Cauchemar! ».  Charlebois n’est pas loin , mais y aurait-il une petite pointe d’Hugo aussi?

B   L’Allemagne neuvilloise en septembre, autant excessive que traditionnelle.

Avec sa chevelure blanche courte et très compacte, on pourrait s’attendre à des effluves discrètes; tout le contraire avec du malt, du malt et encore du malt pour débuter de manière aussi succincte que représentative, quoique tout de même affublée d’un petit côté houblon fleuri.  Pour l’arrivée en bouche, les fleuris s’assoient tranquillement sur le bord du champs d’orge, mais une fois avalée… des fleurs?  Quelles fleurs?  Des fleurs d’orge alors, quand c’est le grain, un peu métallique parce qu’après tout c’est bien une oktoberfestbier.  Et après les longues secondes d’aftertaste, on en est encore plus convaincu.
Est-ce que c’est de l’excès analyser une bière à chaque année lorsqu’elle se mets le nez dehors?  Peut-être.  Bel excès alors.  Et dans ce cas précis, c’est la découverte d’un grain qui l’emporte peut-être sur l’eau, plus qu’auparavant.  Les goûts évoluent, les palais se raffinent par contre.  Toutefois, lorsqu’on garde la même note d’appréciation générale, on sait qu’il y a bien pire que ce mauvais sort.

2016 en revue

Ma petite revue pour l’année qui vient de se terminer…

Commençons par les fleurs.  Mes petites fleurs, en fait, mes petites préférées de 2016, dans un ordre aléatoire, affublé de commentaires sur certains aspects du marché purement non objectifs.

slkSchoune Lambic Kriek :  Ma nouvelle préférée après leur Spontanée qui serait l’une dont je vais le plus m’ennuyer (celle-ci étant remplacée par le P’tite Gueuze, vraiment pas mauvaise, plus constante mais moins extrême aussi).  On m’a aussi vanter la cassis de Schoune qui était bien, mais pas à la hauteur de cette kriek, facilement l’une des meilleures du genre.  Et ça fait du bien de voir que Schoune est passée d’une instutition douteuse (tel qu’entendu « ah moi la Schoune c’est pour leur spontanée, le reste c’est douteux ») à  une microbrasserie à surveiller.  Le rebranding de leurs bouteilles n’a certes pas nuit non plus.

bdjvBroadway Pub Don Juan Rhum + cognac : c’est fou ce qu’un pourcent de plus d’alcool et un vieillissement en fût de chêne peut faire à une bière, alors que l’édition régulière de la Don Juan m’avait laissé plus que neutre (avec une note de C+) ici on est en total terrain de succès, avec une profondeur vraiment difficile à égaler.  2016 a vu un nombre encore plus élevé de brasseries artisanales faire le saut au vieillissement en fût de chêne, souvent avec de très bons résultats.  Toutefois, j’ai toujours de la misère à justifier une bouteille à 8$, 10$ voire 20$ (spécialement celle de la Réserve du Picoleur à 375ml) alors que la Stout Impériale Russe de Frampton Brasse se détaille toujours à environ 4$ (heureusement celle de Broadway a un prix respectable).

ecsL’Esprit de Clocher La Surnaturelle Berliner Weisse :  MA bouteille tout aller, et en compagnie de la Nuit d’Automne de Frampton Brasse celle que j’ai le plus acheté en 2016.  Difficile d’ignorer la mode des bières sûres cette année, mais ici au lieu d’y aller dans la facilité et de la mélanger à des fruits, on a opté pour une levure particulière qui arrondit la bière sans pour autant la rendre ennuyante.  Un brassin sur ma liste de chasse dès qu’il revient l’an prochain (ça serait un crime de ne pas la refaire!), trippant autant pour le beer geek que pour les amateurs de petits drinks d’été.  L’Esprit de Clocher ne sont peut-être pas les plus volubiles en terme de nouvelles sorties, mais il est difficile de trouver des défauts aux potions qu’ils concoctent.

hbdh2015Hopfenstark Boson de Higgs 2015 :  Encore un brassin de malade pour une microbrasserie qui fait souvent bien mais jamais stellaire… outre son boson de Higgs.  Un mélange de berliner weisse, de rauchbier et de saison… c’est un hasard s’il s’agit de 3 de mes types de bière favoris?  Dommage – un autre crime – qu’elle soit si difficile à trouver.  Toutefois, ça paye parfois de sortir des sentiers battus; d’ailleurs, mention honorable ici à Oshlag avec ses bières de maïs bleu, on se demande où la folie va se terminer, mais sûrement l’une des micros à surveiller pour 2017.

alfevgA la Fût Vieille Gueuze Assemblage III 2011-2015 :  d’un côté des gueuzes, la Spontanée de Schoune, sèche et ô combien efficace.  De l’autre celle d’À la Fût, plus ronde et un peu plus variée.  Une bouteille sur laquelle on peut aussi se permettre d’attendre avant de déguster et pour laquelle la déception est presqu’impossible.  Seul défaut : son prix autour des 20$, mais avec une partie de la bière datant de 2011, ça explique en partie.  Avec celle-ci, leur Rouge de Mekinac maintenant en rotation plus régulière et leur Weizen sûre, À la Fût n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent.  Par exemple, Auval fait de bonnes bières, mais le hype les entourant devrait être tout aussi mérité pour les cowboys de St-Tite.

Mentions honorables.  Certes, Unibroue n’est pas la plus risqueuse mais avec Dave Mustaine et leur A Tout le Monde, ils ont sû prendre une belle tangente avec probablement l’une des meilleures collaborations musicien-brasserie.  Dans le sempiternelle combat Megadeath/Metallica, une saison hyper buvable est 100 fois meilleure qu’une pseudo-bière spéciale, de toutes les sortes peu originale possible une Budweiser.

Un beau salut à Beau’s aussi, qui continue de s’acharner à percer le marché du Québec.  À ce jour, je n’ai rien essayé qui m’a fait dépasser la note de B+ mais leurs efforts – redoublés par des lois ontariennes encore plus contraignantes qu’ici – vaut des applaudissements.

bcblhEnfin, comme j’ai trop de favorites sur un pied d’égalité au Québec cette année (Esprit de Clocher, À la Fût, Oshlag, et j’en oublie), je vais donner mon titre de microbrasserie hors Québec à Brothers Craft Distilling d’Harrissonburg en Virginie.  De la variété (ma première Sour Stout), de la solidité dans ses classiques (comme sa Helles) et de la retenue jusqu’à dans sa bière d’automne où l’on a sû se modérer sur la cannelle.  Et surtout ma première – et probablement la première au monde – « french toast ale ».  Qui goûte les french toasts mais avec une bonne dose de houblons pour bien équilibrer le tout.

Alors, on prend une pause de quelques jours, et on repars en force.  Les fermenteurs ne risquant pas de chômer en 2017, avec la nouveauté qui reste toujours un plaisir renouvelé, votre humble serviteur continue son exploration.