Robin Bière Naturelle Saison du Coteau Marc de Raisin Frontenac 7%

Cote OO : A-

De beaux vallons.

Belle petite teinte rosée ça!  Belle effervescence aussi, dommage que la mousse est autant éphémère.  Le nez est velouté et à la limite du crémeux – pas besoin de s’avancer beaucoup pour y trouver le marc de raisin, davantage en texture qu’en odeur de bière de fruit légèrement « lactobacilée ».  Difficile de passer outre la grande séchèresse de la bouche après le moelleux de blé de la bouche, c’est donc avec bonheur qu’on accueille le marc de raisin souvent trop poussé dans ce genre de bière, mais pas dans celle-ci.  Puis une autre surprise au moment de l’avaler : des levures passablement plus sauvages pas très loin de la brett, qui revient égaliser le tout avant une dernière vague de vanille de fûts. Une saison hyper variée – en fait facile d’oublier qu’il s’agit d’une bière saison ne serait-ce qu’un trait de poivre noir – qui démontre que nul besoin d’avoir des grosses cuves pour livrer de grands produits.

Maltstrom Soleil Soleil India Pale Lager à la clémentine Collection Sour 6.2%

Cote OO : C+

Probablement la moins sûre de la collection.

Trouble comme une NEIPA et agrumée comme une IPA à la clémentine, pour ce qui est de l’aspect sûre… on est pas sûr.  Elle commence en effet comme une IPA très axée sur les agrumes, et heureusement l’acidité de la sour vient un tant soit peu contrôlée l’amertume débridée de la partie IPL.  La finale semble encore plus profondément ancrée sur le houblon et ne laissera de sûr qu’un souvenir en bouche.  Pour ce qui est de la clémentine, elle se goute mais ne se sent pas; c’est l’affaire du houblon et presqu’uniquement du houblon.  À boire pour l’aspect India Pale Lager et non la partie sûre.

Hermite Microbrasserie Lager Ambrée 5%

Cote OO : B-

Les portions plus tranquilles de la Tchécoslovaquie. 

Toute simple et à peine cuivrée, si l’ambrée est parfois ale en version lager elle est sensiblement cuivrée et teinte d’un bout de citrouille.  Même chose en bouche mais il manque un bout de feuille d’automne pour l’amener du côté vienna lager; elle serait d’ailleurs d’inspiration tchèque (polotmavé) et finale encore plus tranquille d’houblons feuillus et tranquille.  Une ambrée 100% ambrée mais aussi 100% tranquille qu’on visite sans attente et qui livre ce qu’elle a à livrer de manière limitée.

Harricana 96 Cherry Smoke Millésime 2020 8.3%

Cote OO : B

Pas juste un show de boucane.

Elle est où la fumée?  Pour l’instant c’est du moka aux cerises dans un stout assez régulier, mais avec bon nombre de bières, le feu est souvent gardé pour la bouche.  La cerise arrive très fortement, puis la fumée cendrée semble se coller à elle, tandis que l’orge ne sert que de solide base.  Puis les volutes s’effritent pour disparaître en finale, concluant une bière qui aurait peut-être bénéficier de davantage de grain fumée au bois de pommier pour viser l’amateur de rauchbier.  Suffit alors de prendre un pas de recul afin de simplement jouir d’une stout à la cerise pas trop sucrée mais bien marquée, avec du chêne qui prend aussi les devants sur son ancien contenu de bourbon et de vin rouge. 

Le Naufrageur Sparrow IPA aux fruits 5.75%

Cote OO : B

Pas toujours besoin d’une 7e corde dans les breakdowns.

IPA ou bière aux fruits?  On semble exactement à mi-chemin entre les deux avec ce Sparrow de la gang de Carleton-Sur-Mer qui tire beaucoup du côté de la mangue.  Bonne amertume en bouche, mais le pamplemousse arrive facilement et rapidement, tandis que le côté vert des houblons se chargent de la finale.  Beau mélange de frutis qui fait forte opposition à l’IPA sous-jaçent, et surtout au final une bière de fruits qui laisse pleinement son caractère de bière en bonne et due forme.  L’ananas a beau être que peu présent, c’est du fruit très solide.

Brasseurs sur Demande Sûre Guimauve-Cerise 5.8%

Cote OO : C+

Bonbon liquide qui manque de corps.

D’accord, je pensais que leur Sour Fuzz était trop puérile, mais encore moins de subtilité dans cette bière à la cerise où la guimauve n’ajoute qu’un faible sucrée au travers de la framboise, du cassis et du reste de ses fruits.  Les papilles ne détecteront que la framboise d’abords puis la cerise ensuite, poursuivant l’expérience rectiligne, avec le cassis qui vient donner une touche d’acidité assez souhaité.  Elle est où alors la guimauve?  Peut-être dans la vanille du nez et l’aspect un peu plus sec, mais pas dans le goût.  Il en résulte encore une fois une sûre pas très loin de la liqueur aux fraises qui se boit bien mais qui descend de manière trop transparente.

Harricana 91 Coconut Stout 4.5%

Cote OO :  B-

On peut faire compliqué pour faire simple.

Est-ce que le coconut a la capacité à absorber toute odeur?  On a certainement droit à un stout peu présent aux narines mis à part de la noix de coco chocolatée et un minimum d’orge gentiment grillée.   Peu de la noix en bouche par contre, il s’agit d’un stout tout en simplicité et intensité, noire d’orge à la limite du brulé et de bonne texture, parfaitement moyenne.  Définitivement une bière où le coconut agit davantage pour la texture que pour le goût, assez sec d’ailleurs.   Aurait-on pû y arriver sans la noix?  Peut-être, mais bonne malgré tout.

Le Presbytère (Collab Guy Bellemare) Réserve de Noël Quadrupel aux épices 9.3%

La bonne vieille bière de noêl.  Bon, disons, vieille bière de noël car pas toujours bonne.  Des épices oui mais pas obligé de répandre le pot au complet de nous.

Cote OO : B+

Davantage un voyage qu’une fête annuelle.

Sur la cannette, on voit le mot quadrupel avant épices et c’est justement ce qu’on retrouve au nez légèrement anissé et de cannelle modérée.  La texture est molle, un peu caramélisé et emprunte de la signature olfactive particulière au sucre candi.  Toutefois, qui dit quadrupel dit beaucoup de matière et celle-ci était réservée pour la finale, teinte par les mêmes 2 épices et la rondeur de l’alcool, avec l’anis étoilé qui s’en sort bien en restant balancé, LE mot pour définir cette bière de noël.  Trop souvent, on voit trop épicée (spécialement avec trop de muscade et de cannelle) ou trop sucrée (sirop d’érable, cassonade), ici Francis du Presbytère et Guy Bellemare ont sû bien misé, en s’inspirant davantage du côté belge de la chose.

Hermite Microbrasserie Porter Impérial affiné en baril de scotch 7.5%

Cote OO : B-

Bonne bière… pour public limité.

À quand la première bière finit en baril d’Islay qui ne semble pas totalement diluée dans le whisky tourbé?  Certainement pas dans celle-ci : le côté tourbé ne fait aucunement de doute, à un tel point qu’on pourrait parier sur la provenance exacte (je dirais Bowmore ou Laphroaig).  C’est bien, mais heureusement qu’il y a un peu de raisin sec pour amener une dimension supplémentaire dans un porter où les épices ne semblent pas suffisantes, au nez du moins.  En bouche on a droit à environ 3 secondes avant le côté du Laphroaig, trop fort même en finale où c’est l’hopital au complet avec toutes les gazes disponibles, en s’étiolant sur un whisky aussi jeune qu’insolant.  Bonne oui mais seulement pour amateur de scotch (à l’image de celle de la Brasserie Générale), elle pourrait d’ailleurs être porter, stout ou bière noire indéterminée et on ne ferait probablement pas la différence.

Le Presbytère Hymne à la Mort Imperiale Berliner Weisse 9.7%

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut faire face à une berliner weisse qui frise le 10%.  On espère certainement qu’elle va nous défriser un peu!

Cote OO : A-

Parce que même très froide la bière ça peut marcher sur une peau d’ours.

Ça fait toujours du bien de voir une berliner weisse de couleur et de nez normal; oui trouble et oui remplie, mais alors remplie de lactobaciles mais pas de flaflas outre une rondeur qui semble déjà palpable au nez.  Bon, tel que prévu, la bouche est lourde, un peu agrume et le blé pesant, mais on touche juste la bonne note d’acidité aussi.  Et si l’on voulait être convaincu de l’alcool, une fois en gorge aucun sceptible ne serait pas confondu-du-du : avec des notes de sucre candi et de pain de certaines belges, on peut goûter à quel point les levures ont travaillé fort, et même lorsque bue très froide elle saura vous réconforter même si elle ne goûte pas si l’alcool que cela (lire ici, chaude mais traître aussi).  On conclura par une berliner weisse un peu orangée, qui fait belge à la limite; elle se révèlera donc difficile à size, mais pour les plus puriste du style un délice.