L’Octant L’Étoile Noire Porter Américain 6%

oenLa cote OO : B

Universelle.

Américain de style mais certain pas pour les narines : c’est un porter assez chocolaté et un peu épicé et boisé… une vieille souche maints fois délavés par  d’innombrables pluie.  Ça reste plutôt tranquille, et pour l’instant, ce n’est pas celle de Star Wars.  La bouche s’enfonce encore plus profondément dans le chocolat, c’est une étoile chocolaté d’abord mais grâce au côté épicé e légèrement boisé, on ne peut pas dire qu’on est en territoire stout non plus.  Puis on relis le contenant et on se rappelle porter « américain » : s’il y a eû forte dose de houblons, elle est assez difficile à détecter et tout de même assez limité, titrant à 37 IBUs.  On reste donc avec un « simple » porter, mais bien profond et bien gentil, avec du café gentil et propre.  Parfaite pour le déjeuner!

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L’Octant Ursa Major Double Stout 8%

oumUne première en matière de note de dégustation lue sur une bouteille : « pattes d’ours ».  Ce qui explique le nom.

La cote OO : B

Elle laisse une très bonne marque.

Double ou simple, c’est chocolaté à souhait assez boisé et plein de bel orge bien grillé.  Le fût (sans l’avoir lu, on dirait facilement de bourbon) est assez évident, plus qu’en bouche ou c’est le cacao qui semble double.  Loin d’être indigeste, elle est très intense en finale et pour tout la gravité finale qu’elle semble avoir, n’est pas excessivement sucré ce qui fait qu’on en prendrait plusieurs comme ça.  Une autre belle démonstration de la maîtrise de l’Octant, pas très connue.  Pour l’instant.

L’Octant Pélican Gose IPA 4.5%

opgiEn matière de gose IPA, Pit Caribou le fait et le fait extrêmement bien.  On entre donc plus profondément dans le golfe du Saint-Laurent pour voir ce dont Rimouski est capable.

La cote OO : B

Plus peut être bien pour faire moins.

Énormément fruitée, au premier respir on a l’impression qu’elle contien des fruits.  Beuacoup de fruist.  Ou du jus de pêche.  Même chose en bouche, mais avec du sel qui vient préciser la pêche et l’amener vers la finale où l’amertume est présente et le goût de jus plus persistant.  Encore une fois, à la limite entre bière et jeu, il faudra donc la boire très froide et elle fittera aussi bien avec le feeling que les papilles. Une bière-jus où l’on sera surpris d’apprendre qu’elle contient coriandre, thé vert, poivre blanc et lavande en plus de houblon Lemondrop en dry hop, mais qui garde une simplicité déconcertante.  Excellente première bière dans une dégustation.

À la fut Co Hop V Rouge de Mékinac 2016/03/07 vs Rouge de Mékinac 2020/01/16 5.4%

alfmk20172020« A tasting in the making » comme diraient les amoureux de Shakespeare.  D’une batch spéciale à de la grande production même disponible à l’épicerie, à quoi se compare telle alors que l’aîné vient d’être décloîtrée après plus de 3 ans en cellier?

Rarement peut-on voir autant de différence au visuel, pas seulement au niveau de la mousse mais aussi de la couleur, alors que la plus vieille arbore une robe rouge beaucoup plus profonde et moins laiteuse que l’aîné.  Certes plus invitante, la couleur n’est après tout qu’un détail alors on met coupes sous le nez.  Du côté de l’aînée, le couvert de mousse semble masquer l’odeur inébralanble de Rouge des Flandres.  Pour la plus jeune, l’odeur pique davantage et semble un peu moins porté sur la vanille du fût.  On a donc la force tranquille et la pimpante jeunesse donc pour ce qui est du nez, pas de gagnant.

En bouche, c’est un voyage dans le temps au niveau mémorial, alors que la Rouge de Mékinac était l’une des seules du genre avec la Hildegarde de Boquébière.  En finale c’est de la fraise, ultra-mûre, et le tout est arrondi par le fût qui reste bien dosé.  Pour l’édition non vieillie dès l’arrivée le liquide est un peu moins âpre mais peut-être un peu plus acide.  Elle se veut aussi un peu plus élastique en bouche (pas surprenant avec son visuel laiteux) tandis que la fin porte légèrement plus sur la cerise que la fraise, et l’aftertaste est légèrement plus vivant.  Évidemment on va ensuite intervertir les verres un peu et surement les années ont su attenuer l’acidité.

Le gagnant alors?  Très difficile à dire.  Côté note, on donnera A+ au deux.  Côté « trip d’experience », A+ toujours.  Mais ce n’est pas le but que de faire une évaluation de politicien, alors on tranchera pour la plus jeune.  Plus vivante mais aussi, à plaisir égal, celui disponible en frigo d’épicerie est plus facile que la patience pour attendre environ 3 ans et demi en cellier.

Mais le plus grand gagnant dans tout cela, c’est l’évaluateur qui aura 2 Rouge de Mékinac à évaluer.  J’en cherche mon chapeau de cowboy.

Le Castor Lutine Double New England IPA 8%

castorlutinePas tranquille à 8% d’alcool.  Hâte de voir le concept en action…

La cote OO : A

Populaire, pas parce que la première ni la plus légère.

Sans dire neutre, le nez est très retenu et va vers l’ananas, en aromatique probablement.  Elle est de bon répit pour les papilles et semble assez lourde merci, a l’arrivée en bouche du moins.  La finale est exactement dans le même ton et jamais, jamais elle ne fait son taux d’alcool.  Il s’agit donc d’une NEIPA toute à fait normale mais toute à fait bonne aussi.  Peu d’amertume donc, fidèle à son style il s’agit sans contredit d’une NEIPA qui en vaut bien des plus populaires, même plus.

À la Fût Fugitive Camerises Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffcLa cote OO : B-

Pas toutes les interprétations d’une grande recette sont aussi grandes.

Bien qu’elle est vanillée comme la Fugitive Prunes Jaunes, cette version camerises s’approchent des levures de la bière au yogourt comme celle aux Skyrs islandais.  La camerise est rarement un fruit qui s’en laisse imposer et ce n’est pas le cas ici non plus : le fruit est assez acide et fait disparaître la fermentation sauvage beaucoup plus présente dans la Fugitive Punes Jaunes.  Bonne comme bière estivale, mais avec tout le travail mis pendant plus de 30 mois, ne vaut pas autant la peine du trouble que la version Jaune.

À la Fût Fugitive Prunes Jaunes Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffpjLa cote OO : A-

Pas seulement que le raisin qui est bon dans le Niagara.

Dès la première volute, le combat olfactif fait rage : la prune jaune est forte mais le 2 ans et demi en fermentation sauvage est loin d’être sur la défensive, tout comme le chêne vanillé du baril.  Accalmie en bouche toutefois où il faut attendre de longues secondes pour voir d’abord la levure, puis le pruneau sortir des tranchées.  Le fruit l’emportera toutefois de manière sans équivoque, tandis que la fermentation, loin d’être absente, rend les armes fièrement.  Toute une cavale pour cette fugitive, qui comparativement à la Double Kapi aux pruneaux jaunes se veut plus sèche et plus intense.  Pas que ça lui nuise, avec un A- on ne peut que conseiller d’en faire des réserves.

Microbrasserie de Bellechasse Lévis Bière-Vapeur à l’érable 4.4%

mblLa cote OO : B-

Pour du sirop d’érable foncé, doux.  Pour une bière à l’érable, douce.  Douce quoi.

Pour l’ambrée à l’Érable, il faudra réussir à battre l’Étoile du Nord de l’Esprit de Clocher.  Pour Bellechasse, ça commence de manière pas très érable, pour une steam beer selon les attentes que l’on peut en avoir après un séjour en Onario où la chose semble légion (l’érable en moins).  Le malt est bon donc mais édulcoré et le tout semble assez léger.  L’érable n’est par contre certainement pas dilué en bouche quoiqu’elle disparaît vite derrière le houblon à tendance anglaise.  Subtile, à grande buvabilité mais on ne la sert pas à un amateur de Désérables.  L’érable autrement.

Brasserie Générale Dandy Blanche Witbier 5%

bgdnadyLa cote OO : B

En radeau sur l’Atlantique, assez pour sentir le houblon américain (ou beauceron dans ce cas-ci) mais aussi pour fleurer la wit belge.

La blanche est un choix simplement magnifique ou magnifiquement simple pour l’état : ça goûte la bière, ça rafraîchit et ça plaira à presque tous les palets.  Cette dandy le fait bien en servant les traditionnels orange et coriandre, mais en version « pédale douce » et accompagné de vanille à l’olfactive.  Gustativement les houblons sont plus prononcés et ses cocottes semblent très mures, ce qui se goûte aussi en finale.  Pas très loin d’une hybride pale ale et blanche, c’est un bon pari pour la Brasserie Générale afin de plaire à un maximum de personnes.  Une belle nouveauté de la BG qui peut faire dans le plus éclaté mais qui lorsqu’elle vise plus bas dans le tableau de l’originalité fait assez souvent mouche.

À la Fût Diligence (collab Maltéhops) Quadrupel Anniversaire en barrique de vin d’érable fortifié 9.2%

alfdqaLa cote OO : C+

On attend le Director’s Cut.

Scotch ale, porter vieilli longtemps en fût de cognac ou quadruple belge un peu sauvage sur les bords?  Les 3 à la fois, en rajoutant une touche d’érable subtile, comme on les aime.  C’est donc sylvicole, acéricole et ça a quelque chose du Kentucky aussi.  L’attaque est d’abord basée sur le petit côté plus sauvage des fûts à tendance belge d’À la fût, avec de l’érable brûlé en ligne défensive.  Ça tourne toutefois au gros bonbon solide légèrement anisé, de manière lourde et torréfié.  Sans dire que ça tourne au cauchemar, après un début jovial et une bouche bien variée la finale est trop tumultueuse pour parler d’une bière équilibrée.  On sent toutefois que le baril de vin d’érable y est pour beaucoup et avec 3 autres éditions à venir en 2020 on a déjà hâte à la prochaine.