À la Fût Fugitive Camerises Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffcLa cote OO : B-

Pas toutes les interprétations d’une grande recette sont aussi grandes.

Bien qu’elle est vanillée comme la Fugitive Prunes Jaunes, cette version camerises s’approchent des levures de la bière au yogourt comme celle aux Skyrs islandais.  La camerise est rarement un fruit qui s’en laisse imposer et ce n’est pas le cas ici non plus : le fruit est assez acide et fait disparaître la fermentation sauvage beaucoup plus présente dans la Fugitive Punes Jaunes.  Bonne comme bière estivale, mais avec tout le travail mis pendant plus de 30 mois, ne vaut pas autant la peine du trouble que la version Jaune.

À la Fût Fugitive Prunes Jaunes Fermentation sauvage barriquée 30 mois 5%

alffpjLa cote OO : A-

Pas seulement que le raisin qui est bon dans le Niagara.

Dès la première volute, le combat olfactif fait rage : la prune jaune est forte mais le 2 ans et demi en fermentation sauvage est loin d’être sur la défensive, tout comme le chêne vanillé du baril.  Accalmie en bouche toutefois où il faut attendre de longues secondes pour voir d’abord la levure, puis le pruneau sortir des tranchées.  Le fruit l’emportera toutefois de manière sans équivoque, tandis que la fermentation, loin d’être absente, rend les armes fièrement.  Toute une cavale pour cette fugitive, qui comparativement à la Double Kapi aux pruneaux jaunes se veut plus sèche et plus intense.  Pas que ça lui nuise, avec un A- on ne peut que conseiller d’en faire des réserves.

Austin Street Brewery (Portland ME) Gradation Raspberry Wild Ale 5.6%

asgrPlus d’un an en cellier, est-ce que l’aspect sauvage particulier d’Austin aura profité?  Les souliers sont grands à remplir après leur merveilleuse Gradation Peach.

La cote OO : A

À  3 centaine de mètres ou 4 du coolship d’Allagash, Austin Street sait bien répondre par la bouche de ses chais.

Si la confiture de fraise avait un enfant avec la bière belge sauvage de Bruxelles (je sais, une drôle d’allégorie), c’est à cette bière qu’elle ressemblerait : de la fraise (pour l’instant, la framboise ressortira peut-être plus tard) hyper sucrée, presque caramélisée, ainsi que des levures qui gentiment picote le bout du nez.  Contre-intutitivement, la bouche est très astringente puis acide, plaquée finement de cuivre, avant de se jeter dans le mélange framboise (finalement!) et levures fines.  C’est délicat et délirant à la fois : de la folie contrôlé pour une wild ale du Maine qui semble toute droite sortir du vieux Continent.  Coiffée de surcroit d’orge sucré, c’est un bonbon (pour adulte) de bière.

À la Fût Dolgo à Gogo Fermentation Sauvage Dolgo 5.4%

alfdgLa cote OO : B-

On préfère le Stampede de St-Tite aux pommeraies de Rougemont.

Pleinement parfumée autant de manière florale que fruitée (avec de la pomme, évidemment) c’est donc davantage du côté du verger que de la ferme.  MI-croquante mi-sucrée, on est encore loin de la bière  à la gustative… avant la finale où les bretts résonnent.  Fortement.  Du côté du fruit, je préfère la cerise de leur célèbre Rouge de Mékinac, mais cette offrande plus fraîche plaira sans aucun doute aux amateurs de cidre.

Woodland Farm Brewery (Utica NY) Wild hunt old ale 8.7%

wfwhLa cote OO : B+

Dans le sens original.

Ce ne sont certainement pas les fruits qui sont vieux dans cette old ale remplie de cerise noire et d’un certain fond vineux de chêne.  Pas si sauvage (wild) mais tout de même dans la forêt noire, alors qu’en bouche on reconnait la old ale dans son caractère de jus de chêne.  Retour du moka et de la cerise en clôture de cette belle fusion, et pour une old ale wild, elle nous ramène à l’origine du mot et non du synonyme moderne de dénaturé.

Brasserie Morin (brassée à la Brasserie Générale) 23 degrés Redux ale sauvage acidulée doublement houblonnée à froid 3.8%

m23La cote OO : A

Les enfants ont presque toujours torts à noël : pas besoin du plus extravagant des emballages pour cacher les meilleurs cadeaux.

Wow!  La balance entre le côté sauvage et le houblon fleuri est parfaitement maîtrisé, ce qui me fait demander à quoi elle goutait il y a 2 ans quand je l’ai mise au cellier.  De toute manière, un nez sec et sexy… sexe?  La bouche non plus n’est pas en reste avec une attaque de lactos suivi de joyeuse levure sauvage acide.  Avalanche de houblons à tendance nectarine, prune mauve et melon de miel en finale.  Si cette dernière a traîné plus de 2 ans dans ma cave, il est assuré qu’il n’en sert pas de même pour la prochaine… me reste à explorer les tablettes reculées de mes débits de bière de micro préféré pour retomber sur cette batch.  Dans les contenants les plus anondins souvent les meilleurs cadeaux.

Big Slide Brewery (Lake Placid NY) Finally Funked Bière de Garde 6.4%

bsbffAprès avoir visité leur funk room… à partir de la vitre qui la contemple, règle sanitaire oblige, c’est indubitablement une bière vieillie presque 2 ans que j’attendais depuis longtemps.

La cote OO : A

Parce que ce n’est pas parrce qu’on est une des meilleures qu’il faut s’asseoir sur ses lauriers.  À la limite il faut les mettre dans le brew kettle.

C’est peut-être pas gentil, limite déplacé, mais si un mot me vient à l’esprit c’est « impropre ».  Dans tout le positif que ça peut apporter à l’amateur de bière hyper, mais alors hyper sauvage.  En plus poli/plus érotique, je dirais « yeasts gone wild » avec de la selle, du sexe, du champignon, du caramel déluré… qui sans aucun doute saura déplaire tout amateur de Coors Lite.  Poursuite du nez en bouche et chose sûre, pas pour les débutants.  Qu’est-ce qui arrive lorsqu’on laisse les levures s’emballer?  Cette bière de garde, dans le meilleur de ce qu’elle peut offrir.  La finale quant à elle vire peut-être sur les fruits mais quand on parle d’une grande, grande, grande bière sauvage cette Finally Funked ferait probablement peur aux belges plus conservateurs.  Un canon, que dis-je un CANON mais qu’on doit absolument réserver aux afficionados du style.  Hallucinante, bar none.

Ray Brook Brewing Co (Ray Brook NY) Wild Integrity Wild Ale 5.8%

rayb4La cote OO : B-

Parce que même si on apprécie, le GABF me dirait de m’en tenir au style.  Mais comme dans toute évaluation, la subjectivité franche doit faire partie de l’équation.

Puisqu’on a pas lu la recette avant de la renifler, on prend le pari qu’il serait vraiment surprenant que cette wild ale soit autrement qu’affublé de fruit (de la passion) au nez.  C’est donc une wild ale sous le signe de l’American Pale Ale – amertume un moins – qui monte aux narines.  La bouche est plus neutre et fleurie (surtout pour une american pale ale) et fait demander si l’on vise les hopheads ou les amateurs de bières sauvages.  La finale est encore plus juteuse mais à force de travail les bretts font sentir leur travail, qu’on aurait aimé plus persistant, mais qui livrent bien du poivre très noir en finale.  Est-ce une déception alors?  Non, mais on aurait aimé plus sauvage pour une microbrasserie qui sait bien le faire.