Le Trou du Diable TURF Bière forte élevée en foudre de Brunello 6.6%

tddturfMis à part le taux d’alcool, il y a une différence avec leur « Foudre »?

La cote OO : B-

On surfe sur la vague, mais dans le bas de la vague.

Pour une fois de plus le Trou du Diable ne fournit pas de description, et le nez est un peu similaire avec de l’orange sucrée, un peu de vanille et de l’orge discret.  Elle est bien posée en bouche, assez longue et surtout bien ronde.  La finale est vineuse, avec un baril des plus évidents avec une acidité et une astringence digne de vin rouge imposant.  On aimerait un peu plus de profonduer et de poids sur la langue, mais à 12$ pour une 750ml vieilli en fût de brunello on ne peut pas dire que le prix est mauvais.

Allagash (Portland ME) Curieux Ale aged in bourbon barrels (November 2017)

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Toujours dans le top 3.

A++  La profondeur d’un bourbon en format bière.

On revient à ce mythique classique, facilement dans mon top 3 à vie.  Toujours dangereux, mais c’est toujours bien de confirmer.

Lorsque très froide, elle a tout à fait le nez d’une belge avec du pain, des levures et du bourbon encore une fois superbement balancée.  D’abord, c’est le whisky américain (Bernheim) ainsi qu’une belle pointe de levures surprenantes, puis une finale qui garde exactement le même cap.  Beau mystère que cette bière : qu’est-ce qu’elle a en particulier pour l’aimer autant?  Même après 3 bouteilles difficile à dire : une pointe d’amertume qui s’agence particulièrement bien avec le style?  Oui mais pas seulement ça.  Du chêne vanillé?  Pourquoi pas.  Mais plus que cela.  On y est toutefois pour le but ludique et non celui de résoudre le mystère, même si c’est une bière qui se boit à grandes gorgées d’analyse.

Two Roads Brewing (Stratford CT) Cointucky Sour Mash Ale Aged in Bourbon

cointuckyB-  Pas sur la coche, pas ratée non plus.

Difficile de ne pas être déçu par le manque de nez, spécialement pour une bière de ce genre; mince, c’est plutôt le cuivre qu’on peut y sentir au lieu de la vanille.  Celle-ci se montre enfin en bouche en se combattant avec la forte effervescence, avant une finale plus houblonnée que prévue et un aftertaste assez fruité.  Finalement, ce n’est pas une si grande déception car le goût y est, pas mal plus que le respect du style.

​Brasserie Générale La Shed Bière de fermentation mixte (en fût de chêne) 6.7%

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« Un party de cousins dans une cabane en bois ».  Nostalgie.  J’achète (enfin, j’ai acheté).

B  Même une contrée aux allures de déjà-vu vaut le détour si elle est vraiment inexplorée.

Sans surprise c’est funky sans être excessif, avec des relents de leur Bordo Birra mais encore plus de leur Russet Rebel.  Dès le nez on peut se douter que ce n’est pas celle à servir à des néophytes… et la bouche encore plus funky confirme le tout, spécialement lorsque les houblons arrivent pour mélanger encore davantage le mélange.  Comme conclusion le houblon se veut plus sec, mais l’aftertaste revient sur les levures funky qui finalement laisse une place – une très bonne place – à la céréale à la base de cette bière.  Il manque toutefois un je-ne-sais-quoi pour en faire une bière plus que remarquable, mais pour tout curieux brassicole elle vaut la peine de s’y attarder (malgré l’effervescente impressionnante à prévoir au moment de la verser.

Trou du Diable Buteuse 6 mois en barrique de Brandy édition 2016

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Combien on peut en laisser dans le baril pour que ça soit toujours légal?

B-  Un membre de la communauté écclésiastique beaucoup moins subtil que la démone.  Moins attirante aussi.

Sur une base belge qui ressemble pas mal à la Dulcis Succubus, c’est de la super pomme donné par un baril de brandy trop précis.  Heureusement, pas trop sucré.  Pour les papilles par contre le sucre est de la partie avec une fine carbonation persistante, le tout avec une pointe de blé.  La finale, plus acide pour compenser la grosse pomme très rouge, se révèle trop près du brandy liquide, comme si le baril avait toujours un fond du spiritueux.

HopEra Série Vintage Boston Marathon Bourbon Fût #11 11%

hbmB-  J’aime bien que le nom d’une bière reflète quelque chose de celle-ci; imaginez-vous donc tous les parcs de Boston réunis, mais pas vraiment le marathon.

Bien vanillée, on a bien laissé le malt grillé s’exprimer au travail du bois profond mais éloigné.  Tranquillement puissante, au goût c’est fruité, vanillé avec de l’orge qui goûte la poche de jute carbonisée, spécialement à la finale où l’amertume joue un rôle subtil, tout comme l’alcool qui ne se sent vraiment pas.  Une édition où le vieillissement est le bienvenu; on ne parle pas d’un grand classique mais plutôt d’une bonne bière qu’on se paye une fois à l’occasion.

HopEra Collabo Microbrasserie du Lac St-Jean 500 Miles vieillie en fût de bourbon #5 10%

hsv500B+  500 beaux miles au travers des champs.

Belle couleur profondément orange et noire!  Au nez, me rappelle certains porters vieillis américains (comme la Scuttlebutt Porter) avec ses épices atténuées, beaucoup de vanille et peu de café.  Très bien équilibré, les bleuets se joignent au café avec l’apport d’un houblon herbeux doté d’une très belle persistance.  Malgré une bonne amertume, une belle facilité même si celle-ci ne représente pas ce que je cherche dans un porter.  Un peu plus de bois pourrait bien l’aggrémenter je crois.

Broadway Saison Chardonnay 8.5%

bscB+  Ce que pourrait donner un mélange de whisky, d’armagnac et de CO2.

Fonçée pour une saison, on est donc pas surpris du nez un peu sûr, de raisin, de fruits des champs mais pas très fort en orge.  Du funky en bouche, on goûte des levures un peu particulières mais arrondies par la vanille du bois de vieillissement.  Finale encore moins saison avec un côté sûr fruité de bois bien approchable qui me donne l’impression de goûter à un baril de vin aux levures.  Particulier?  Il se fait rarement aussi typé… dans un type inclassable.  Définitivement trop intense pour une bière de tous les jours, donc pour une belle soirée de dégustation.

Innis & Gunn Original Original Oak Aged Beer 6.6%

igoB-  Ce qui aurait pû servir de modèle à La Phénix de la microbrasserie du Liève, en version beaucoup moins franche et peaufinée.

Très pâle pour une scotch ale, me fait plutôt penser à une lager ambrée.  Toutefois l’odeur est plus réglo avec son grain bien grillé (pas de caramel par contre).  En bouche c’est plus proche d’une lager fumée cette fois, un peu plus brûlé (des feuilles sèches d’automne par exemple).  Une belle facilité à boire mais trop aqueuse, et quand on parle de « hints of toffee, vanilla and oak » le mot à retenir est « indices ».  C’est bien mais autant pour la quantité que la qualité, il faut être à la recherche de quelque chose de léger.

À 330ml (moins qu’une cannette de Coke Zero) on ne parle pas de la plus généreuse bière côté quantité.

La Memphré Ralph Merry Old Ale affiné sur copeaux de chêne 7%

mem2A-  Tout un show de variété.

Simplement au nez, c’est plus varié que la somme de 50% des bières qui se vendent en épicerie.  Au-delà du bois qui ne fait pas de doute, du caramel, du brain de scie d’érable et de la confiture de framboise, le tout dans un ensemble assez foncé.  En bouche, elle demeure profonde et tranquille, avant que le fruit s’intensifie et fasse éclater le bois; les houblons sont vraiment bien choisi.  Pour ce qui est de la seconde gorgée, je ne sais par quelle interaction mais on pourrait croire qu’il s’agit d’une autre bière, celle-ci pas mal moins fruitée.  Un succès pas nécessairement pour les débutants mais qui reste très facile à boire.  Jusqu’à maintenant la meilleure de la Memphré, c’est une toute une bière qui en vaut la peine.

Côté graphisme, j’ai toujours été de l’école « less is more ».  Avec ce logo, on frappe vraiment dans le mille en ce qui me concerne.